L'ordre moral
DIVERS
+ DE 2 ANS
Le 11/10/2010 à 17h41
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Question d'origine :
Bonjour,
Pourriez-vous m'expliquer en quoi consistait l'ordre moral sous le gouvernement de Broglie, et surtout, quelles ont été les mesures prises par ce gouvernement, en relation avec l'ordre moral ?
Merci beaucoup !
Réponse du Guichet
Le 13/10/2010 à 10h28
Réponse du service Guichet du Savoir
Les ouvrages de notre fonds qui couvrent la période qui a suivi le Second empire (1852-1870) et précédé le XXe siècle, ne sont guère bavards à ce propos.
Quelques lignes dans La France de 1870 à nos jours :
3. L'ordre moral et l'échec de la restauration (1873-1879)
Mac-Mahon est un militaire, non un homme politique comme l'était Thiers; il laissera donc gouverner ses ministres; élu par l'Assemblée nationale, il s'est toujours considéré comme son mandataire; monarchiste, il met un point d'honneur à ne pas utiliser sa fonction pour favoriser la restauration de la monarchie ; mais il obéit à l'Assemblée et à sa propre conscience, quand il déclare : «Avec l'aide de Dieu... nous continuerons... le rétablissement de l'ordre moral dans notre pays, nous maintiendrons la paix intérieure et les principes sur lesquels repose la société. »
A. L'ordre moral
L'ordre moral, en effet, est assuré par le ministère du duc de Broglie, nommé vice-président du Conseil. Gouvernement des centres, qui revient à la doctrine du parti de l'ordre de 1849, il entend enrayer les progrès du radicalisme, assurer le respect de l'ordre social, épurer l'administration et la magistrature, mettre en pratique le régime parlementaire, s'appuyer sur l'Eglise : en mai 1873 une centaine de députés conduisent un pèlerinage au
couvent de la Visitation à Paray-le-Monial, où la France est consacrée au Sacré-Cœur, tandis que les légitimistes prennent l'initiative de l'érection d'une basilique sur la colline de Montmartre où avaient eu lieu les premiers martyres chrétiens et les premières morts de la Commune.
... ainsi que dans le "Que sais-je ?", La Troisième République : 1870-1940 :
Déjà les assomptionnistes avaient exalté les dévotions particulières, ressuscité la pratique médiévale des pèlerinages. En 1873, ils les multiplièrent : au Sacré-Cœur, à Paray-le-Monial, à la Vierge, à la Salette et à Lourdes. Les légitimistes l'y compromirent, et compromirent l'Assemblée en voulant s'associer à l'érection de la basilique parisienne du Sacré-Cœur. Les catholiques des centres pouvaient bien observer ces manifestations d'un œil critique : les républicains, omettant de nuancer, dénonçaient ensemble royalistes et catholiques, coupables d'avoir livré Montmartre à la dévotion, en offense à Paris, disaient-ils. A mi-voix, car l'idée de Broglie était, en attendant le vote de lois constitutionnelles, de faire renforcer les pouvoirs de Mac-Mahon, rempart des « honnêtes gens ». A ce plan délicat, il fallait du silence : silence de l'Assemblée, bientôt mise en vacances ; silence surtout de» républicains contre qui le duc prêche 1' « Ordre moral ». Thiers et Gambetta doivent se taire, les journaux ne seront plus « criés », les anniversaires républicains sont omis, l'Université surveillée, les fonctionnaires révoqués, déplacés. Et lorsqu'on septembre le dernier Allemand repasse la frontière, défense de célébrer l'événement, défense d'en faire hommage à Thiers.
Peu de choses également sur internet :
- Ordre moral / wikipedia
- Naissance d'un régime durable / ac-reunion.fr
- Les épreuves de la République : 1870-1879 / andurand.net
- Le droit sous Vichy / Bernard Durand , Jean-Pierre Le Crom page 333
- L'ordre moral sur TSR archives
Les ouvrages de notre fonds qui couvrent la période qui a suivi le Second empire (1852-1870) et précédé le XXe siècle, ne sont guère bavards à ce propos.
Quelques lignes dans La France de 1870 à nos jours :
3. L'ordre moral et l'échec de la restauration (1873-1879)
Mac-Mahon est un militaire, non un homme politique comme l'était Thiers; il laissera donc gouverner ses ministres; élu par l'Assemblée nationale, il s'est toujours considéré comme son mandataire; monarchiste, il met un point d'honneur à ne pas utiliser sa fonction pour favoriser la restauration de la monarchie ; mais il obéit à l'Assemblée et à sa propre conscience, quand il déclare : «Avec l'aide de Dieu... nous continuerons... le rétablissement de l'ordre moral dans notre pays, nous maintiendrons la paix intérieure et les principes sur lesquels repose la société. »
A. L'ordre moral
L'ordre moral, en effet, est assuré par le ministère du duc de Broglie, nommé vice-président du Conseil. Gouvernement des centres, qui revient à la doctrine du parti de l'ordre de 1849, il entend enrayer les progrès du radicalisme, assurer le respect de l'ordre social, épurer l'administration et la magistrature, mettre en pratique le régime parlementaire, s'appuyer sur l'Eglise : en mai 1873 une centaine de députés conduisent un pèlerinage au
couvent de la Visitation à Paray-le-Monial, où la France est consacrée au Sacré-Cœur, tandis que les légitimistes prennent l'initiative de l'érection d'une basilique sur la colline de Montmartre où avaient eu lieu les premiers martyres chrétiens et les premières morts de la Commune.
... ainsi que dans le "Que sais-je ?", La Troisième République : 1870-1940 :
Déjà les assomptionnistes avaient exalté les dévotions particulières, ressuscité la pratique médiévale des pèlerinages. En 1873, ils les multiplièrent : au Sacré-Cœur, à Paray-le-Monial, à la Vierge, à la Salette et à Lourdes. Les légitimistes l'y compromirent, et compromirent l'Assemblée en voulant s'associer à l'érection de la basilique parisienne du Sacré-Cœur. Les catholiques des centres pouvaient bien observer ces manifestations d'un œil critique : les républicains, omettant de nuancer, dénonçaient ensemble royalistes et catholiques, coupables d'avoir livré Montmartre à la dévotion, en offense à Paris, disaient-ils. A mi-voix, car l'idée de Broglie était, en attendant le vote de lois constitutionnelles, de faire renforcer les pouvoirs de Mac-Mahon, rempart des « honnêtes gens ». A ce plan délicat, il fallait du silence : silence de l'Assemblée, bientôt mise en vacances ; silence surtout de» républicains contre qui le duc prêche 1' « Ordre moral ». Thiers et Gambetta doivent se taire, les journaux ne seront plus « criés », les anniversaires républicains sont omis, l'Université surveillée, les fonctionnaires révoqués, déplacés. Et lorsqu'on septembre le dernier Allemand repasse la frontière, défense de célébrer l'événement, défense d'en faire hommage à Thiers.
Peu de choses également sur internet :
- Ordre moral / wikipedia
- Naissance d'un régime durable / ac-reunion.fr
- Les épreuves de la République : 1870-1879 / andurand.net
- Le droit sous Vichy / Bernard Durand , Jean-Pierre Le Crom page 333
- L'ordre moral sur TSR archives
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