Question d'origine :
que doit-on penser des injections d'acide polylactique? quels sont les inconvénients pour la santé, y-a-t-il un risque ? j'ai vu sur télématin un sujet à ce propos, ils en disaient du bien. cela me tente mais ça à l'air nouveau alors... j'aimerai un autre avis.
Réponse du Guichet
Le 25/03/2011 à 10h45
« Produit également récent dans les produits de remplissage des rides : le Newfill©.
Ce produit constitué d’acide polylactique est injecté sous l’épiderme et semble provoquer, par un processus inflammatoire et une néocollagénose, la création de tissu dermique. Il semble agir également comme « volumateur » des pommettes, lèvres, joues creuses… Pas d’allergie ; dont aucun test n’est nécessaire. Dans les suites immédiates de l’injection, il faut noter la présence d’œdème et de rougeurs plus ou moins importantes pendant quelques jours. Un test sur l’avant-bras est souhaitable, l’apparition (réversible) de nodules ayant été retrouvée par fois dans les études. Deux à trois séances peuvent être nécessaires espacées d’au moins 15 jours. Après six mois, les résultats semblent intéressants et ceux-ci dureraient environ une année. Ce produit est également utilisé comme alternative aux injections de graisse dans le cadre des lipodystrophies (fonte graisseuse) des malades traités contre le sida.
Cela dit, le recul est encore insuffisant pour l’instant du fait d’une commercialisation récente en esthétique (1999) même si ce produit est connu depuis longtemps dans d’(autres indications. Les quelques études cliniques actuellement disponibles ne recouvrent qu’une centaine de patients suivis pendant 20 mois au plus, ce qui est insuffisant.
Noter par exemple une étude effectuée chez 50 patients atteints du sida montrant de bons résultats esthétiques globaux avec, cependant, 44% d’entre eux présentant des nodules sous-cutanés invisibles mais palpables. Certains de ces nodules ou granulomes peuvent être visibles.
Qui plus est, certains médecins commencent à décrire des réactions indésirables comme celui-ci s’exprimant dans un forum médical : « J’ai eu de très gros ennuis avec le Newfill© - et nous sommes nombreux à en avoir eu. C’est un produit très réactogène qui provoque quasi systématiquement en deuxième injection une très forte réponse (je ne connais pas le mécanisme de cette réaction et le labo est pour le moins discret sur la physiopathologie). Cela pose peu de problèmes en profondeur mais est catastrophique en superficie. C’est un produit que je n’utilise plus. »
• Cette étude rétrospective portait sur les malades séropositifs pour le VIH ayant une lipoatrophie faciale ; ils ont été traités entre 1999 et 2004 par injections sous cutanées d'acide polylactique (Newfill®). Ont été évalués :
- l'efficacité du traitement
- le nombre d'injections
- les modalités thérapeutiques
- ainsi que les effets secondaires.
« Résultats
Quatre-vingt-trois malades ont été traités entre 1999 et 2004. Chez chaque malade, trois à 4 séances en moyenne, d'injections en zone sous-dermique d'une ampoule de Newfill par joue, ont été réalisées. Une mesure par échographie du derme en regard de l'os malaire a été réalisée chez 45 malades et a montré une augmentation de l'épaisseur du derme atteignant 3 à 7 mm d'épaisseur. Après les injections survenait systématiquement un œdème qui persistait 1 à 2 jours. Cinq malades ont eu des hématomes aux points d'injection. Deux malades ont eu une asymétrie persistante pendant 4 mois ayant nécessité une correction. Quatre malades ont eu des granulomes non inflammatoires, 2 d'entre eux n'étaient pas visibles mais palpables, l'ensemble de ces nodules a régressé après 4 mois.
Discussion
L'efficacité du traitement par injection d'acide polylactique (Newfill®) pour le traitement des lipo-atrophies faciales du VIH est observée chez la majorité des malades. Ce traitement nécessite un apprentissage pour améliorer son efficacité et sa sécurité. Il faut noter des difficultés techniques qui ont entraîné une évolution des pratiques : usage systématique de masque avec lunettes de protection et de seringues à verrou du fait d'aiguilles bouchées dans plus de 20 p. 100 des cas responsables d'éclaboussures ; passage de 3 à 5 ml de la dilution et usage d'un centrifugeur afin de mieux homogénéiser la solution, et enfin usage de lidocaïne en remplacement d'eau pour préparation injectable afin de limiter la douleur ressentie par les malades. »
"Traitement par injections d'acide polylactique (Newfill®) des lipoatrophies faciales chez les malades infectés par le VIH" , I. BODOKH, P. SIMONET
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