Question d'origine :
quels étaient les examens ou diplomes scolaires avant 1914?
Réponse du Guichet
Le 16/12/2011 à 10h06
Bonjour,
Le décret napoléonien de 1808 est un tournant important pour l’histoire des diplômes :
« Décret du 17 mars 1808 : Napoléon rétablit la maîtrise ès-arts sous le nom de baccalauréat ès-lettres et ès-sciences. Les grades dans chaque faculté sont au nombre de trois : baccalauréat, licence et doctorat qui sont conférés par les facultés à la suite d’examens et d’actes publics. Ce décret exige que l’on soit bachelier ès-lettres pour être gradué dans une autre faculté. »
Source : archivesnationales.culture.gouv.fr
Une question précédemment posée au Guichet du savoir, intitulée Le baccalauréat au 19ème siècle, a permis d’élaborer la chronologie suivante :
"17 mars 1808 : création du baccalauréat
1821 : création d'un baccalauréat ès-sciences
1830 : introduction de la première épreuve écrite (composition française ou traduction d'un auteur classique)
1853 : introduction d'une épreuve de langue vivante
1874 : le baccalauréat ès-lettres est scindé en deux séries d'épreuves à passer à une année d'intervalle (origine des deux parties)
1902 : le grade de bachelier confère les mêmes droits, quels que soient la nature, le nombre des séries ou les mentions, option philosophie et option mathématiques élémentaires
1927 : trois séries pour la première partie (A latin-grec, A' latin-langue vivante, B langues vivantes
1946 : apparition de sept séries de première partie (quatre classiques, deux modernes, une technique)"
L’ouvrage La promotion sociale en France par Claude Dubar et Charles Gadéa (Presses universitaires du septentrion, 1999) traite de « L’expérimentation des diplômes (1901-1945) et de la timide réforme de 1900 :
Deux diplômes sont créés pour valider les acquis : le « certificat », décerné au terme d’une année de cours, et le « diplôme d’études du Cnam », obtenu par un système complexe de cumul de certificats annuels et de deux cycles de cours annexes de trois ans. (…) Malgré son caractère facultatif, la formule connaît un succès immédiat auprès des auditeurs : la « demande d’examens » progresse de 1000 en 1904, à 2000 en 1914. Toutefois, les professeurs n’entendent pas céder à cet engouement pour le parchemin et distribuent les certificats annuels avec parcimonie (… 145, soit 7 % en 1914) (…) quand au diplôme d’études, il est distribué à l’unité avant 1914 et tombe en désuétude dès le milieu des années 1920 ». (Page 103)
Pour conclure, deux ouvrages sur le sujet sont disponibles à la Bibliothèque municipale de Lyon :
- Histoire du baccalauréat de Marie-Odile Mergnac, Cécile Renaudin (Paris, Archives et culture, 2009)
- Histoire des diplômes de l'enseignement technique et professionnel, 1880-1965 : l'État, l'école, les entreprises et la certification des compétences de Guy Brucy (Paris, Belin, 1998)
Le décret napoléonien de 1808 est un tournant important pour l’histoire des diplômes :
« Décret du 17 mars 1808 : Napoléon rétablit la maîtrise ès-arts sous le nom de baccalauréat ès-lettres et ès-sciences. Les grades dans chaque faculté sont au nombre de trois : baccalauréat, licence et doctorat qui sont conférés par les facultés à la suite d’examens et d’actes publics. Ce décret exige que l’on soit bachelier ès-lettres pour être gradué dans une autre faculté. »
Source : archivesnationales.culture.gouv.fr
Une question précédemment posée au Guichet du savoir, intitulée Le baccalauréat au 19ème siècle, a permis d’élaborer la chronologie suivante :
"17 mars 1808 : création du baccalauréat
1821 : création d'un baccalauréat ès-sciences
1830 : introduction de la première épreuve écrite (composition française ou traduction d'un auteur classique)
1853 : introduction d'une épreuve de langue vivante
1874 : le baccalauréat ès-lettres est scindé en deux séries d'épreuves à passer à une année d'intervalle (origine des deux parties)
1902 : le grade de bachelier confère les mêmes droits, quels que soient la nature, le nombre des séries ou les mentions, option philosophie et option mathématiques élémentaires
1927 : trois séries pour la première partie (A latin-grec, A' latin-langue vivante, B langues vivantes
1946 : apparition de sept séries de première partie (quatre classiques, deux modernes, une technique)"
L’ouvrage La promotion sociale en France par Claude Dubar et Charles Gadéa (Presses universitaires du septentrion, 1999) traite de « L’expérimentation des diplômes (1901-1945) et de la timide réforme de 1900 :
Deux diplômes sont créés pour valider les acquis : le « certificat », décerné au terme d’une année de cours, et le « diplôme d’études du Cnam », obtenu par un système complexe de cumul de certificats annuels et de deux cycles de cours annexes de trois ans. (…) Malgré son caractère facultatif, la formule connaît un succès immédiat auprès des auditeurs : la « demande d’examens » progresse de 1000 en 1904, à 2000 en 1914. Toutefois, les professeurs n’entendent pas céder à cet engouement pour le parchemin et distribuent les certificats annuels avec parcimonie (… 145, soit 7 % en 1914) (…) quand au diplôme d’études, il est distribué à l’unité avant 1914 et tombe en désuétude dès le milieu des années 1920 ». (Page 103)
Pour conclure, deux ouvrages sur le sujet sont disponibles à la Bibliothèque municipale de Lyon :
- Histoire du baccalauréat de Marie-Odile Mergnac, Cécile Renaudin (Paris, Archives et culture, 2009)
- Histoire des diplômes de l'enseignement technique et professionnel, 1880-1965 : l'État, l'école, les entreprises et la certification des compétences de Guy Brucy (Paris, Belin, 1998)
Réponse du Guichet
Le 16/12/2011 à 10h51
Dans la réponse précédente à ma question, on ne parle que du Baccalauréat; or je suis intéressée aussi et surtout par les autres examens comme le Certificat d'études primaires et le Brevet élémentaire. Merci
Réponse du Guichet
Le 16/12/2011 à 15h14
Bonjour,
Voici un complément de réponse à votre question.
CERTIFICAT D’ETUDES PRIMAIRES
« C'est le 20 août 1866 que sous l'impulsion de Victor Duruy, une circulaire met en place un certificat d'études primaires.
En 1882, celui-ci est institué par la Loi Jules Ferry du 28 mars 1882, qui rend l'instruction primaire obligatoire de 6 à 13 ans. L'article 6 précise :
« Il est institué un certificat d'études primaires ; il est décerné après un examen public auquel pourront se présenter les enfants dès l'âge de onze ans. Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d'études primaires, seront dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer. »
C'est ainsi que pendant longtemps, pour la majorité des lauréats, il marque la fin de l'instruction obligatoire et l'entrée dans la vie active. Le certificat d'études primaires sanctionnait une scolarité primaire plus longue que celle d'aujourd'hui (2006). Il couronnait un cursus de sept ans : après les deux années de cours moyen, il y avait encore deux années de Classe de fin d'études primaires, suivies par des élèves qui n'étaient pas entrés dans l'enseignement secondaire. (…)
En 1867, l'examen comporte trois épreuves écrites (orthographe, style, calcul) et cinq épreuves orales (lecture, histoire sainte, grammaire, calcul au tableau, système métrique). L'écriture est évaluée sur le texte de la dictée. L'examen est obtenu si le candidat obtient la moyenne à l'ensemble des épreuves et s'il n'a pas fait plus de dix fautes à la dictée.
En 1897, l'examen comporte trois épreuves écrites (dictée, calcul, rédaction portant sur la morale, l'histoire-géographie ou les sciences), une épreuve de couture pour les filles, une épreuve de dessin ou d'agriculture pour les garçons, des épreuves orales (lecture-récitation, histoire-géographie). L'examen est obtenu si le candidat obtient la moyenne aux épreuves écrites et la moyenne à l'ensemble des épreuves. Le zéro est éliminatoire. L'écriture est évaluée sur le texte de la dictée. »
Source : Wikipedia
L’Institut Français de l’Education complète ces données historiques.
Bibliographie :
Les écoles de la République : livre mémoire/ par Renaud Alberny, Denis-Armand Canal, Thomas Laurenceau, Dominique Voisin (Niort, Trévins de Chauray, Eclectis, 1993)
Histoire du certificat d'études primaires : textes officiels et mise en oeuvre dans le département de la Somme, 1880-1955... / Claude Carpentier (Paris, Montréal, l'Harmattan, 1996)
La République du certificat d'études : histoire et anthropologie d'un examen, XIXe-XXe siècles/ Patrick Cabanel (Paris, Belin, 2002)
LE BREVET ELEMENTAIRE
« Le Brevet Elémentaire est un Brevet de Capacité pour l'Enseignement Primaire. C'est aussi l'examen que pouvaient passer les élèves de Troisième, en fin de premier cycle d'études secondaires ou primaires supérieures, avant l'instauration du BEPC (1947), lui-même remplacé en 1987 par le Brevet des Collèges. »
Source : aspage.chez-alice.fr
Bibliographie :
Histoire du brevet élémentaire et des écoles primaires supérieures (les trois années réunies) / par A. Ammann et E.-C. Coutant, Georges Huisman,... (Paris, F. Nathan, [1923?])
Guide du brevet élémentaire / par P. Lebucheur (Paris, Hatier, 1917)
Brevet élémentaire (impr. J. Dumoulin ; libr. Gedalge, 75, rue des Saints-Pères (VIe), 1927)
L'Enseignement du français à l'école primaire: 1880-1939 de Pierre Coll (Institut national de recherche pédagogique, 1995, France)
Nouveau code de l'instruction primaire d’Aldric Emmanuel Pichard (Librairie Hachette, 1911)
Lois et règlements sur l'enseignement primaire et sur les différents services de l'enfance qui ne dépendent pas du Ministère de l'instruction publique (France, Ministère de l'instruction publique, Imprimerie nationale, 1890)
Atlas de l'enseignement en France, International Examinations Inquiry, French committee , Commission française pour l'enquête Carnegie, par Auguste Desclos (1933)
Voici un complément de réponse à votre question.
CERTIFICAT D’ETUDES PRIMAIRES
« C'est le 20 août 1866 que sous l'impulsion de Victor Duruy, une circulaire met en place un certificat d'études primaires.
En 1882, celui-ci est institué par la Loi Jules Ferry du 28 mars 1882, qui rend l'instruction primaire obligatoire de 6 à 13 ans. L'article 6 précise :
« Il est institué un certificat d'études primaires ; il est décerné après un examen public auquel pourront se présenter les enfants dès l'âge de onze ans. Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d'études primaires, seront dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer. »
C'est ainsi que pendant longtemps, pour la majorité des lauréats, il marque la fin de l'instruction obligatoire et l'entrée dans la vie active. Le certificat d'études primaires sanctionnait une scolarité primaire plus longue que celle d'aujourd'hui (2006). Il couronnait un cursus de sept ans : après les deux années de cours moyen, il y avait encore deux années de Classe de fin d'études primaires, suivies par des élèves qui n'étaient pas entrés dans l'enseignement secondaire. (…)
En 1867, l'examen comporte trois épreuves écrites (orthographe, style, calcul) et cinq épreuves orales (lecture, histoire sainte, grammaire, calcul au tableau, système métrique). L'écriture est évaluée sur le texte de la dictée. L'examen est obtenu si le candidat obtient la moyenne à l'ensemble des épreuves et s'il n'a pas fait plus de dix fautes à la dictée.
En 1897, l'examen comporte trois épreuves écrites (dictée, calcul, rédaction portant sur la morale, l'histoire-géographie ou les sciences), une épreuve de couture pour les filles, une épreuve de dessin ou d'agriculture pour les garçons, des épreuves orales (lecture-récitation, histoire-géographie). L'examen est obtenu si le candidat obtient la moyenne aux épreuves écrites et la moyenne à l'ensemble des épreuves. Le zéro est éliminatoire. L'écriture est évaluée sur le texte de la dictée. »
Source : Wikipedia
L’Institut Français de l’Education complète ces données historiques.
Les écoles de la République : livre mémoire/ par Renaud Alberny, Denis-Armand Canal, Thomas Laurenceau, Dominique Voisin (Niort, Trévins de Chauray, Eclectis, 1993)
Histoire du certificat d'études primaires : textes officiels et mise en oeuvre dans le département de la Somme, 1880-1955... / Claude Carpentier (Paris, Montréal, l'Harmattan, 1996)
La République du certificat d'études : histoire et anthropologie d'un examen, XIXe-XXe siècles/ Patrick Cabanel (Paris, Belin, 2002)
LE BREVET ELEMENTAIRE
« Le Brevet Elémentaire est un Brevet de Capacité pour l'Enseignement Primaire. C'est aussi l'examen que pouvaient passer les élèves de Troisième, en fin de premier cycle d'études secondaires ou primaires supérieures, avant l'instauration du BEPC (1947), lui-même remplacé en 1987 par le Brevet des Collèges. »
Source : aspage.chez-alice.fr
Histoire du brevet élémentaire et des écoles primaires supérieures (les trois années réunies) / par A. Ammann et E.-C. Coutant, Georges Huisman,... (Paris, F. Nathan, [1923?])
Guide du brevet élémentaire / par P. Lebucheur (Paris, Hatier, 1917)
Brevet élémentaire (impr. J. Dumoulin ; libr. Gedalge, 75, rue des Saints-Pères (VIe), 1927)
L'Enseignement du français à l'école primaire: 1880-1939 de Pierre Coll (Institut national de recherche pédagogique, 1995, France)
Nouveau code de l'instruction primaire d’Aldric Emmanuel Pichard (Librairie Hachette, 1911)
Lois et règlements sur l'enseignement primaire et sur les différents services de l'enfance qui ne dépendent pas du Ministère de l'instruction publique (France, Ministère de l'instruction publique, Imprimerie nationale, 1890)
Atlas de l'enseignement en France, International Examinations Inquiry, French committee , Commission française pour l'enquête Carnegie, par Auguste Desclos (1933)
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