Question d'origine :
Bonjour,
Qui étaient donc ces peuples :les barbares et les vandales, qui ont laissés , dans la mémoire collective, un souvenir aussi célèbre et terrifiant, quand on voit le sens qu'on pris ces termes , en devenant des noms communs ?
Le moins qu'on puisse dire, est qu'ils n'ont pas spécialement laissé le souvenir d'hommes de paix ou de grands batisseurs !!!
Méritaient ils totalement cette renommée historique ?
Réponse du Guichet

Voici une première réponse assez complète, extraite de Lexique d’histoire et de civilisation romaine, de Jean-Luc LAMBOLEY
« Barbares : les populations qui vivent au-delà des frontières de l’Empire. A partir de 161 ils menacent l’Empire et les Empereurs devront sans cesse mener des campagnes contre eux pour garantir la sécurité des limes. A noter cependant que tous les barbares ne sont pas des ennemis ; beaucoup d’entre eux se sont intégrés à l’Empire par le biais notamment des armées romaines où ils s’enrôlent. Liste des principaux peuples barbares que les Empereurs ont dû combattre :
- les Parthes au nord est de l’Iran, avec la Dynastie des Arsacides ;
- les Perses en Mésopotamie avec la dynastie des Sassanides
- les Nobades et les Blemmyes au sud d’Assouan en Egypte ;
- les Maures et les Garamantes en Afrique
- les Calédoniens en Ecosse (Scots et Pictes) ;
- les Francs, saxons et Lanobards en Germanie septentrionale et Pannonie ;
- les Marcomans, Quades, Suèves en Germanie occidentale ;
- les Alamans et les Chattes en Rhétie et germanie supérieure ;
- les Burgondes,Vandales, Semnons, Alains en Germanie centrale et orientale ;
- les Goths , carpes, Samates, Lazyges au nord du Danube et de la Dacie ;
- les Gépides en Germanie scandinave ;
- les Costoboques dans la région du Pont ;
Les Barbares intégrés à l’Empire vivent sous le régime du colonat. »
Du monde et du « beau monde » donc….
Quelques extraits du « Que sais-je ? » Les royaumes barbares en Occident, de Magali COUMERT et Bruno DUMEZIL
«Les Barbares qui vécurent en Europe entre le 1° et le VII ° siècle de notre ère ont très mauvaise réputation. La faute en revient aux penseurs de La Renaissance, pour qui la disparition de Rome représentait le naufrage de la seule véritable civilisation. Dès l’époque de Montaigne et de Rabelais, le mot de « Barbare » constituait une insulte en langue française. Tous les peuples jugés responsables de la chute de l’empire romain furent ainsi couverts d’opprobre. Les italiens au XIX ° siècle utilisaient pas exemple le terme de « gothique », estimant que seuls des Goths avaient pu autant s’éloigner des canaux artistiques de l’Antiquité. Au XVII ° siècle, on créa également le néologisme « vandalisme » à partir du nom des Vandales, barbares qu’on accusait d’avoir pris plaisir à dévaster les biens d’Eglise.
Les prétendus destructeurs de l’Empire Romain retrouvèrent une image positive à la fin du siècle des Lumières et surtout, pendant le premier au XIX° siècle. L’Europe vivait alors la création des premiers Etats-Nations et les historiens en vinrent à considérer que la naissance des pays occidentaux devait fort peu à Rome et beaucoup aux obscurs barbares. Les Angles n’avaient-ils pas donné leur nom à l’Angleterre ?, les francs à la France ? Tous ces peuples firent dès lors l’objet de savantes recherches. » P.3
« Pour les anciens grecs, puis pour les Romains, le mot désigne les populations qui ne maîtrisent pas la langue grecque ou latine. Leurs moyens de communications se réduisent à des borborygmes inarticulés, qui leur valent ce surnom des « barbar ». L’incapacité à pouvoir exprimer clairement leur pensée les empêche de développer un raisonnement logique. Sauvages et irrationnelles, ces tribus s’avèrent potentiellement dangereuses. Heureusement elles vivent dans un espace lointain et distinct, le Barbaricum, le « pays des barbares », qui est situé en dehors de la civilisation du bassin méditerranéen.
Si les chercheurs actuels ont abandonné les présupposés moraux qui sous-tendaient cette définition ancienne, ils en sont réduits à reconnaître que les populations vivant au nord du Rhin et du Danube ne maîtrisaient pas l’écrit pendant toute l’Antiquité. Elles ne nous ont ainsi laissé ni livre, ni inscription, ni monnaie, autant de sources qui sont le matériau ordinaire de l’historien. Jusqu’à la fin du V) siècle, l’existence des Barbares se réduit donc à ce que veulent bien nous en dire les écrivains méditerranéens, qui leur sont tous globalement hostiles. » P.4
(Auxquels on peut ajouter les données des fouilles archéologiques)
Pour en savoir plus, il faut lire ce « Que sais-je ? », très instructif qui s’attache notamment à répondre à la question : Sont-ils les ancêtres des peuples du Moyen-âge, voire des nations de l’époque moderne?
Mais vous pouvez aussi vous procurer un autre livre Les Barbares expliqué à mon fils, de Bruno DUMEZIL, très accessible , qui permet d’apprécier l’héritage que nous ont laisse les peuples barbares :
« L'épopée des Barbares ne se résume pas à la violence de guerriers armés de haches, buvant leur bière dans le crâne de leurs ennemis. Autour de rois et de reines hors du commun, ils ont mis en place une société riche et complexe, dont on retrouve encore la marque aujourd'hui.
Brutes sanguinaires ? Seigneurs des anneaux ? Qui sont les Barbares ? C'est à ce passionnant retour aux origines de notre civilisation qu'invite Bruno Dumézil dans cet ouvrage. »
Vous trouverez quelques éléments dans une interview sur le site d’Hérodote,
Enfin, les éditions Autrement, proposent un Atlas de Rome et des Barbares, III°-VI° siècle, fort intéressant aussi
Une carte parmi de nombreuses autres des "invasions barbares":

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