Question d'origine :
bonjour, je cherche des dates précises concernant la création des "brevets d'affaires", thème amusant mais peu d'informations fiables, merci pour vos recherches et la qualité de vos réponses.
Réponse du Guichet
Le 31/10/2013 à 17h53
Bonjour,
Le brevet est un acte par lequel le roi accordait une faveur sans lettres scellées ni enregistrées au parlement. Les « ducs à brevet » ne pouvaient prendre ce titre qu’avec la permission du roi, et ne se confondaient point avec les héréditaires. On appelait « brevet de retenue », le brevet par lequel le roi donnait une certaine somme sur le prix d’une charge, d’un gouvernement, etc., à la femme, aux héritiers ou aux créanciers du titulaire.
Source : Dictionnaire historique des institutions : moeurs et coutumes de la France
Si l'on trouve fréquemment des allusions aux chaises perçées royales, la date de création (et d'arrêt) de ces fameux "brevet d'affaires" ne sont pas mentionnés dans les documents que nous avons pu consulter.
Ainsi, dans La vie quotidienne à la cour de Versailles aux XVII et XVIIIe siècles, nous apprenons que ce cérémonial était en place sous Louis XIV :
[...]les gentilshommes favorisés qui ont obtenu le »brevet d’affaires » en vertu duquel il est loisible d’entrer dans la chambre du roi quand celui-ci se trouve sur sa chaise d’affaires. Sujet délicat. Il faut reconnaître que nos aïeux n’avaient pas, sur ce point, les mêmes pudeurs que nous. Il ne leur semblait inconvenant de recevoir en cette posture..
... et ne l'était plus sous Louis XV.
Sous Louis XVI, le procédé est différent :
Et que penser des feutiers, des deux porte-chaises d’affaires qui n’ont plus grand-chose à faire depuis que
D'autres précisions sont données dans l'ouvrage Les lieux : histoire des commodités :
Très utile, le pot de chambre n’est guère confortable, même installé sur une chaise. Le XVIIe siècle va voir se répandre, dans toutes les classes possédantes, une belle pièce d’ébénisterie déjà appréciée dans les maisons royales, la chaise percée. Un inventaire de Versailles, sous Louis XIV, a donné le chiffre de 274 chaises d’affaires, 208 simples avec le bassin en dessous ; 66 à layette, le bassin étant contenu dans un tiroir fermé. Livrés par des tapissiers, ces meubles de qualité sont recouverts de velours bordé de crépines ; ils renferment un bassin de faïence ou d’argent et comportent parfois un guéridon permettant de lire et d’écrire. Certains se présentent avec le siège en forme de gros livres portant l’inscription suivante : « Voyage aux Pays-Bas. » Chaque chambre dispose de sa chaise, elle est rangée dans une pièce attenante, la garde-robe.
Mais s'il recevait déjà de cette manière, rien ne nous est dit sur les "brevets d'affaires" qui vous intéressent. Par contre, il existait à l'époque d'Henri IV et probablement sous Louis XIII des serviteurs spécialisés :
Depuis quand les monarques français ont-ils eu à leur service des valets de chambre pour s’occuper spécialement de leur chaise d’affaires, autrement dit des «
Si nous ne pouvons dire avec certitude que le privilège du "brevet d'affaires" n'a vécu que sous Louis XIV, il semble que ce soit quand même le cas.
DANS NOS COLLECTIONS :
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir commenter.
Se connecter
Tekoha.