Question d'origine :
Je trouve très peu d'informations sur la Clinique Lumière fondée par Auguste et qui se trouve à l'angle de la rue Villon et de la rue St Nestor dans le 8ème.
C'est un bâtiment des années 30 mais il avait apparemment déjà crée une sorte de clinique dès les années 1910 à cet endroit... Cela reste flou...
C'est aujourd'hui un site des HCL mais impossible de savoir depuis quand...
Réponse du Guichet
Le 14/11/2015 à 13h31
Bonjour,
Dans l’ouvrage
« Auguste aménage, dès 1896, à ses frais, un laboratoire de physiologie expérimentale et de pharmacodynamie relativement rudimentaire, dans une guinguette, l’Hôtel du Chalet, située en face de l’usine Lumière. Il travaille avec un interne en médecine, Auguste Billiard, qui prendra, par la suite, le nom d’Alexis Carrel. Ses recherches visent à améliorer la microchirurgie en concevant des instruments adéquats, et il réalise sur un chien la première suture vasculaire au monde. En 1908, il réussit aussi la première autotransplantation rénale chez le chien. Ses travaux lui valent l’obtention du prix Nobel de médecine en 1912. Auguste demeurera en relations amicales avec Alexis Carrel une fois que ce dernier aura acquis une notoriété scientifique internationale. On sait pourtant quel sera l’itinéraire politique sulfureux d’Alexis Carrel qui défendra des thèses eugénistes dans son livre L’Homme cet inconnu (1935), adhérera au parti populaire français de Jacques Doriot et se compromettra définitivement dans l’aventure sinistre de Vichy.
En 1896, Auguste Lumière crée aussi un laboratoire pharmaceutique, la Société anonyme des brevets Lumière, cours de la Liberté à Lyon. Il en confie la direction à Marius Sestier qui, après avoir été diplômé en pharmacie, a été l’un des opérateurs Lumière envoyé aux Indes et en Australie. L’affaire s’avère prospère, elle met sur le marché des spécialités inédites : la Persodine, une solution stable de sulfates alcalins pour rendre l’appétit, en 1899, l’Hermophénil que remplacera plus tard le Mercurochrome. En 1904, la Société des brevets Lumière crée la revue L’Avenir médical qui vise à informer les médecins et un complément familial, Le Foyer médical. De nouveaux laboratoires de recherches sont inaugurés en 1910 sur un terrain de plus de cinq mille mètres carrés, rue Villon, non loin des usines Lumière. L’ensemble est d’envergue : quinze chercheurs travaillent dans les cinq grands domaines : chimie, physique, histologie, sérologie, analyses, et disposent du matériel le plus perfectionné ainsi que d’une bibliothèque scientifique de trente mille volumes. Des locaux aménagés permettent, en outre, d’entreposer les animaux vivants destinés aux expériences. Sont aussi créés simultanément les Laboratoires Lumière qui emploient cent cinquante personnes et sont chargés de fabriquer les produits mis au point par les chercheurs des brevets. Enfin, est fondé, rue Villon, un dispensaire que dirige le beau-frère d’Auguste, le docteur Gélibert. Ce dernier joue un rôle important de formateur, il l’initie à l’examen des malades, à l’auscultation, à la discussion qui permet d’établir un diagnostic et une thérapeutique. Dès 1936, au dispensaire succède une clinique Lumière qui recourt à des méthodes thérapeutiques qui lui sont propres. Une centaine de malades s’y presse chaque jour pour y subir un examen de santé complet, ce qui est peu fréquent à l’époque. Le personnel de la clinique est composé d’une cinquantaine de personnes dont une quinzaine de médecins qui, pour chaque patient, établissent un relevé d’observations. Auguste se livre lui-même à l’examen de chaque malade, vérifie le diagnostic des médecins, voire suggère des modifications au traitement proposé. »
Nous n'avons pas trouvé à partir de quelle date la clinique a été intégrée aux Hospices Civils de Lyon, mais il est à noter qu'Auguste Lumière est nommé administrateur des Hospices Civils de Lyon à partir de 1904.
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