Question d'origine :
Bonjour,
Les humains sont dotés de 5 sens comme nous le savons tous (le toucher, l'odorat, la vue, l’ouïe et le goût).
Quels sont les autres sens connus dont disposeraient d'autres espèces animales ?
Merci d'avance
Coco
Réponse du Guichet
Le 01/02/2016 à 10h02
Bonjour,
Il est effectivement communément admis que l'être humain possède cinq sens (le toucher, l'odorat, la vue, l’ouïe et le goût).
Mais certains scientifiques en ajoutent d'autres.
Pourtant les neurophysiologistes et les psychologues ne s'accordent pas sur ce chiffre cinq. Pour eux, l'homme serait bien pourvu d'un sixième sens, et même d'un septième, d'un huitième, voire d'autres encore. Parmi ces sens supplémentaires, on trouve le sens de l'équilibre, la proprioception, qui nous renseigne sur la position relative des membres de notre corps ou encore le sens de l'effort. Quels sont donc les arguments qui permettent de défier ainsi le sens commun ?
L'idée que nous avons cinq sens nous vient d'Aristote. Pour ce philosophe grec du IVe siècle av. J.-C., un sens nécessite un objet déterminé (une couleur par exemple) et un organe propre capable de le percevoir (ici la vue). Dans le traité De l'âme, il nie expressément qu'il en existe plus de cinq et affirme qu'avec ces cinq sens nous pouvons percevoir tous les objets « sensibles » qui existent dans notre environnement. « Rien dans notre intelligence qui ne soit passé par nos sens », ajoute-t-il dans La Métaphysique.
Aujourd'hui, une autre définition fait davantage consensus : un sens est un procédé par lequel un stimulus de l'environnement (couleur, forme, son, température, etc.) est perçu par un organe sensoriel, transformé et conduit sous forme d'influx nerveux vers le cerveau, où il est interprété.
source : Combien de sens avons-nous ? / Florence Heimburger - Dossier spécial cerveau dans mensuel La Recherche n°477 daté juillet 2013 à la page 38
Nous vous laissons consulter cet article dans son intégralité.
Dans cet autre article proposé par le site www.allodocteurs.fr, Florian Gouthière indique : si notre vue, notre ouïe, notre odorat, notre goût et notre toucher sont bien cinq portes ouvertes sur le réel, elles sont loin d'être les seules ressources physiologiques qui permettent à l'homme de ressentir le monde... et il cite :
- Lathermoception , l'aptitude à percevoir la température, sens sollicité en permanence par l'immense majorité des animaux.
- Lanociception (ou "sens algique"), la perception de la douleur
- L'Equilibrioception (ou "sens vestibulaire"), le sens de l'équilibre
- La proprioception , le fait de ressentir et de localiser, sans utiliser la vue, nos différents membres et organes.
Un sens étant caractérisé par l'existence d'un récepteur, d'un influx nerveux et de sa transcription en perception au niveau du cerveau, certains auteurs jugent un peu courte la liste des neuf sens que nous venons d'achever.
Le comptage exhaustif de nos sens est d'autant plus difficile qu'ils sont en interaction : la perception est toujours une expérience multisensorielle...
Là aussi nous vous laissons consulter cet article dans son intégralité.
Et chez les animaux ?
Dans l'article Ces sens que nous n'avons pas écrit par Gautier Cariou (Dossier spécial cerveau - dans mensuel La Recherche n°477 daté juillet 2013 à la page 72) l'auteur présente quelques sens dont certains animaux sont dotés :
L'électro-réception
Vol, danse ou marche, lors de leurs activités, les abeilles génèrent un champ électrique, qui, pour certains, participerait à leur communication. Une étude, publiée fin mars 2013, précise pour la première fois comment il est perçu.
Ces insectes ne possèdent pas d'organe d'émission du champ électrique à proprement parler, mais accumulent de l'électricité statique par friction des parties de leurs corps entre elles ou pendant le vol. Les charges positives emmagasinées restent piégées dans la couche de lipides isolante qui tapisse leurs corps. C'est par des mouvements du thorax et des frictions de leurs ailes que les abeilles se déchargent et génèrent en permanence un champ électrique qui varie en intensité et en fréquence selon leur activité.
En revanche, elles possèdent bel et bien un organe de la réception électrique. « Sous l'action d'un champ électrique, les antennes vibrent, précise Mathieu Lihoreau, spécialiste des abeilles à l'université de Sydney, en Australie. Cela stimule les cellules mécanoréceptrices de l'organe de Johnston, situé au niveau des antennes. » [...]
La vision infrarouge
Certains serpents voient double. À leur vue traditionnelle se superpose une vision infrarouge, ce qui leur permet de voir leurs proies dans la nuit, comme le ferait une caméra thermique. Chez les serpents à sonnette, l'organe de cette vision thermique est la « fossette sensorielle », qui peut détecter des changements de température de l'ordre de 0,003 °C. Les pythons et les boas sont pourvus d'un organe similaire mais cinq à dix fois moins précis : la « fossette labiale », qui est apparue indépendamment d'un point de vue évolutif. Ces organes sont situés de part et d'autre de la tête du reptile, entre les yeux et les narines. Ils sont constitués d'une membrane pourvue de détecteurs de chaleur, les récepteurs TRPA1, capables d'activer des cellules nerveuses qui génèrent à leur tour un signal à destination du cerveau.
L'écholocation
Le dauphin ne plonge pas au hasard pour chasser ses proies. Il les repère par écholocation. Les odontocètes, dont il fait partie avec le cachalot, émettent des cliquètements grâce à des membranes phoniques : les « lèvres de singe ». Celles-ci claquent l'une contre l'autre et propulsent le son via le melon, masse graisseuse située à l'avant du crâne. Une partie du son émis « rebondit » sur les obstacles et revient vers l'animal. Selon la nature de la cible, l'écho sera différent. Pour les chauves-souris, capables elles aussi d'écholocation, comme pour les odontocètes, l'organe récepteur de cet écho est l'oreille. Mais au contraire des chauves-souris, le conduit auditif des mammifères marins est fermé, et le son se propage à travers la mâchoire qui agit comme un diapason et fait vibrer l'oreille interne. Selon le principe de l'échographie, le cerveau traduit cet écho en une topologie précise de l'environnement sondé.
La perception du champ magnétique
Lors de leur migration, les oiseaux migrateurs s'orientent par magnétoréception, un sens qui consiste à capter le champ magnétique terrestre. Quelle est l'origine de cette capacité ? Deux mécanismes qui, selon les biologistes, pourraient coexister. Le premier fait intervenir des molécules sensibles à la lumière situées dans l'oeil, les « cryptochromes », qui deviennent sensibles au champ magnétique pour certaines longueurs d'onde. L'oiseau visualiserait alors une image du champ magnétique terrestre superposée à sa vision normale. Le second implique des cristaux de magnétite, un oxyde de fer. Localisée au niveau des fibres nerveuses, la magnétite agirait comme l'aiguille d'une boussole dont la force de rotation permettrait aux oiseaux migrateurs de ressentir l'intensité du champ magnétique. En 2012, une étude a toutefois remis en question la présence de cette magnétite dans le bec du pigeon voyageur. À l'instar de la truite, elle pourrait se trouver dans des cellules de l'épithélium olfactif.
Lire aussi :
- Wikipedia : Sens (physiologie)
- Perception et communication chez les animaux de Stéphane Tanzarella.
- L'électroréception, le sixième sens de notre ancêtre / Bruno Scala, Futura-Sciences - 16-10-2011
- Les grands dauphins percevraient le champ magnétique / Andréa Haug, Futura-Sciences - 12/11/2014
Bonne journée.
Il est effectivement communément admis que l'être humain possède cinq sens (le toucher, l'odorat, la vue, l’ouïe et le goût).
Mais certains scientifiques en ajoutent d'autres.
Pourtant les neurophysiologistes et les psychologues ne s'accordent pas sur ce chiffre cinq. Pour eux, l'homme serait bien pourvu d'un sixième sens, et même d'un septième, d'un huitième, voire d'autres encore. Parmi ces sens supplémentaires, on trouve le sens de l'équilibre, la proprioception, qui nous renseigne sur la position relative des membres de notre corps ou encore le sens de l'effort. Quels sont donc les arguments qui permettent de défier ainsi le sens commun ?
L'idée que nous avons cinq sens nous vient d'Aristote. Pour ce philosophe grec du IVe siècle av. J.-C., un sens nécessite un objet déterminé (une couleur par exemple) et un organe propre capable de le percevoir (ici la vue). Dans le traité De l'âme, il nie expressément qu'il en existe plus de cinq et affirme qu'avec ces cinq sens nous pouvons percevoir tous les objets « sensibles » qui existent dans notre environnement. « Rien dans notre intelligence qui ne soit passé par nos sens », ajoute-t-il dans La Métaphysique.
Aujourd'hui, une autre définition fait davantage consensus : un sens est un procédé par lequel un stimulus de l'environnement (couleur, forme, son, température, etc.) est perçu par un organe sensoriel, transformé et conduit sous forme d'influx nerveux vers le cerveau, où il est interprété.
source : Combien de sens avons-nous ? / Florence Heimburger - Dossier spécial cerveau dans mensuel La Recherche n°477 daté juillet 2013 à la page 38
Nous vous laissons consulter cet article dans son intégralité.
Dans cet autre article proposé par le site www.allodocteurs.fr, Florian Gouthière indique : si notre vue, notre ouïe, notre odorat, notre goût et notre toucher sont bien cinq portes ouvertes sur le réel, elles sont loin d'être les seules ressources physiologiques qui permettent à l'homme de ressentir le monde... et il cite :
- La
- La
- L
- La
Un sens étant caractérisé par l'existence d'un récepteur, d'un influx nerveux et de sa transcription en perception au niveau du cerveau, certains auteurs jugent un peu courte la liste des neuf sens que nous venons d'achever.
Le comptage exhaustif de nos sens est d'autant plus difficile qu'ils sont en interaction : la perception est toujours une expérience multisensorielle...
Là aussi nous vous laissons consulter cet article dans son intégralité.
Dans l'article Ces sens que nous n'avons pas écrit par Gautier Cariou (Dossier spécial cerveau - dans mensuel La Recherche n°477 daté juillet 2013 à la page 72) l'auteur présente quelques sens dont certains animaux sont dotés :
Vol, danse ou marche, lors de leurs activités, les abeilles génèrent un champ électrique, qui, pour certains, participerait à leur communication. Une étude, publiée fin mars 2013, précise pour la première fois comment il est perçu.
Ces insectes ne possèdent pas d'organe d'émission du champ électrique à proprement parler, mais accumulent de l'électricité statique par friction des parties de leurs corps entre elles ou pendant le vol. Les charges positives emmagasinées restent piégées dans la couche de lipides isolante qui tapisse leurs corps. C'est par des mouvements du thorax et des frictions de leurs ailes que les abeilles se déchargent et génèrent en permanence un champ électrique qui varie en intensité et en fréquence selon leur activité.
En revanche, elles possèdent bel et bien un organe de la réception électrique. « Sous l'action d'un champ électrique, les antennes vibrent, précise Mathieu Lihoreau, spécialiste des abeilles à l'université de Sydney, en Australie. Cela stimule les cellules mécanoréceptrices de l'organe de Johnston, situé au niveau des antennes. » [...]
Certains serpents voient double. À leur vue traditionnelle se superpose une vision infrarouge, ce qui leur permet de voir leurs proies dans la nuit, comme le ferait une caméra thermique. Chez les serpents à sonnette, l'organe de cette vision thermique est la « fossette sensorielle », qui peut détecter des changements de température de l'ordre de 0,003 °C. Les pythons et les boas sont pourvus d'un organe similaire mais cinq à dix fois moins précis : la « fossette labiale », qui est apparue indépendamment d'un point de vue évolutif. Ces organes sont situés de part et d'autre de la tête du reptile, entre les yeux et les narines. Ils sont constitués d'une membrane pourvue de détecteurs de chaleur, les récepteurs TRPA1, capables d'activer des cellules nerveuses qui génèrent à leur tour un signal à destination du cerveau.
Le dauphin ne plonge pas au hasard pour chasser ses proies. Il les repère par écholocation. Les odontocètes, dont il fait partie avec le cachalot, émettent des cliquètements grâce à des membranes phoniques : les « lèvres de singe ». Celles-ci claquent l'une contre l'autre et propulsent le son via le melon, masse graisseuse située à l'avant du crâne. Une partie du son émis « rebondit » sur les obstacles et revient vers l'animal. Selon la nature de la cible, l'écho sera différent. Pour les chauves-souris, capables elles aussi d'écholocation, comme pour les odontocètes, l'organe récepteur de cet écho est l'oreille. Mais au contraire des chauves-souris, le conduit auditif des mammifères marins est fermé, et le son se propage à travers la mâchoire qui agit comme un diapason et fait vibrer l'oreille interne. Selon le principe de l'échographie, le cerveau traduit cet écho en une topologie précise de l'environnement sondé.
Lors de leur migration, les oiseaux migrateurs s'orientent par magnétoréception, un sens qui consiste à capter le champ magnétique terrestre. Quelle est l'origine de cette capacité ? Deux mécanismes qui, selon les biologistes, pourraient coexister. Le premier fait intervenir des molécules sensibles à la lumière situées dans l'oeil, les « cryptochromes », qui deviennent sensibles au champ magnétique pour certaines longueurs d'onde. L'oiseau visualiserait alors une image du champ magnétique terrestre superposée à sa vision normale. Le second implique des cristaux de magnétite, un oxyde de fer. Localisée au niveau des fibres nerveuses, la magnétite agirait comme l'aiguille d'une boussole dont la force de rotation permettrait aux oiseaux migrateurs de ressentir l'intensité du champ magnétique. En 2012, une étude a toutefois remis en question la présence de cette magnétite dans le bec du pigeon voyageur. À l'instar de la truite, elle pourrait se trouver dans des cellules de l'épithélium olfactif.
Lire aussi :
- Wikipedia : Sens (physiologie)
- Perception et communication chez les animaux de Stéphane Tanzarella.
- L'électroréception, le sixième sens de notre ancêtre / Bruno Scala, Futura-Sciences - 16-10-2011
- Les grands dauphins percevraient le champ magnétique / Andréa Haug, Futura-Sciences - 12/11/2014
Bonne journée.
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