Question d'origine :

Bonjour, Pouvez vous me conseiller sur un ouvrage (ou plusieurs) décrivant le mythe et l'ésotérisme du Pélican? Peut-on y voir un symbolisme laïc ? D'avance merci

Réponse du Guichet

Avatar par défaut bml_civ - Département : Civilisation
Le 02/05/2006 à 11h44
Réponse du département Civilisation


Nous vous renvoyons d’abord à une réponse précédemment faite qui nous paraît donner des éléments de réponse à votre question.
Pélican, le bon père

Pour compléter, nous vous proposons l’article « Pélican » du Dictionnaire de la Franc-maçonnerie :

Le pélican est un grand palmipède doté d’un long bec, plat et très large ; il possède une poche logée sous la mandibule inférieure, dans laquelle il emmagasine sa nourriture, constituée essentiellement de poissons. qui y subit un commencement de digestion.
Lorsqu’il a des petits, il les alimente en comprimant cette poche avec son bec, et régurgite ainsi le contenu. Des observateurs inattentifs ont, de loin, pu croire ou imaginer que le pélican se déchire la poitrine pour nourrir sa progéniture de sa chair et de son sang. De là, vraisemblablement, l’origine de sa légende dont s’est inspiré Musset dans la Nuit de mai.
Les pélicans ayant leur habitat au voisinage des fleuves et des marais du littoral oriental de la méditerranée, la vallée du Nil, l’Asie Mineure, l’Iran et l’Inde, il est fort probable que le leu d’origine de la légende se situe dans ces régions. Certains auteurs en ont fixé la source en Egypte. Pourtant le pélican ne figure ni parmi les hiéroglyphes, ni dans les peintures et sculptures de la haute époque. Toutefois, dans les papyrus, se rencontrent des représentations qui ont des analogies avec la légende du pélican. Par exemple Georges Ory rapporte cette formule : « Puisse ce vin devenir le sang d’Osiris » (Cahiers Ernest Renan, 4° trimestre 1964, le christianisme et les mystères, p. 69) ; mieux encore cette citation de Guignebert : « Osiris, représentée sous la forme d’une coupe de vin, donnant son sang à boire à Isis et à Horus » (Le christ, p 373). L’oiseau n’apparaît pas mais l’idée du « don du sang est bien présente.
L’origine hébraïque a ses partisans : par exemple dans « L’art religieux au XIII° siècle (p. 393, n.3), Emile Male écrit : « C’est David avec le pélican symbolique dont il a parlé dans les psaumes et qu’on représentait près de lui dans les vitraux du XIII° siècle ».
D’Egypte et de Judée, le mythe du pélican a cheminé vers la Grèce et fut adopté par le christianisme qui lui a fait une large place, tant dans sa littérature que dans les sculptures de ses édifices.
[…]
Dans le symbolisme chrétien deux interprétations sont données : le pélican alimentant ses petits de sa chair et de son sang est le symbole de l’eucharistie ; mais il est parfois représenté comme redonnant la vie à sa progéniture, par exemple dans le spéculum ecclesiae d’Honorius d’Autun (de Paschali Die, coll. 936) : »Le pélican après avoir tué » ses petits, les fait revivre au bout de trois jours en s’ouvrant la poitrine et en les arrosant de son sang, comme Dieu a ressuscité son fils le troisième jour. » Là, le pélican est manifestement l’emblème de la passion.
Le pélican n’est pas un symbole spécifiquement maçonnique : il est totalement ignoré des grades bleus. C’est au 18° degré qu’on le retrouve, à commencer dans son titre : Souverain Prince Rose-Croix, ou chevalier de l’Aigle et du Pélican, cf. ce mot.
C’est bien entendu par le rosicrucisme qu’il a été introduit, par une voie à la fois chrétienne et hermétiste : cette dernière origine se déduit du fait que en alchimie, le pélican est donné comme emblème de la pierre philosophale, et aussi parce qu’il est le plus souvent représenté avec sept petits au lieu de trois, nombre normal : or, sept est le nombre de l’Homme puisqu’il réunit en lui ses deux natures par l‘addition de trois, nombre de l’esprit, et de quatre, nombre de la matière.
Eclairé de la couleur rouge du grade, le symbole se rattache aussi au troisième terme de sa devise : Foi, Espérance, Charité (Caritas). Son sens en maçonnerie est donc manifeste : le pélican est l’emblème de l’Amour (amour du prochain, amour de l’humanité) poussé jusqu’ ‘au sacrifice.
Par la concision de son énoncé, cette interprétation (dont toutes les autres peuvent se déduire) n’appelle pas de commentaire.
Le symbole du pélican fait du 18° grade le novicial de la sainteté à laquelle atteindra (au moins symboliquement) le franc-maçon au 3°, celui de chevalier Kadosch.
On a pu soutenir que contrairement à l’opinion communément admise, « Pie, Pelicane, Jesu, Domine », ou « Lorsque le Pélican lassé d’un long Voyage », il résulterait de manuscrits se trouvant à la bibliothèque de Bruxelles qu’il s’agirait non du pélican mâle mais du pélican femelle. Les jeunes pélicans se révoltant contre leur père lui ont crevé les yeux. Le papa pélican tue ses enfants. La mère pélican s’ouvre les flancs non pas pour les nourrir mais pour les asperger de son sang et les ressusciter. C’est tout la valeur de la Mère Universelle et du culte mariale.
Avatar par défaut Commentaire de André82 : Publié le 29/11/2016 à 18:45
Bonjour, pour faire suite à votre réponse du département Civilisation, le 02/05/2006 à 13:44 excusez du peu, à la fin vous parlez de sources Bruxelloises. vous dites: " il résulterait de manuscrits se trouvant à la bibliothèque de Bruxelles qu’il s’agirait non du pélican mâle mais du pélican femelle. Les jeunes pélicans se révoltant contre leur père lui ont crevé les yeux. Le papa pélican tue ses enfants. La mère pélican s’ouvre les flancs non pas pour les nourrir mais pour les asperger de son sang et les ressusciter." combien de petits pélicans furent tués par le père dans cette légende? merci de votre réponse cordialement André

Réponse du Guichet

Avatar par défaut bml_civ - Département : Civilisation
Le 02/12/2016 à 13h58
Bonjour,

Vous aimeriez savoir combien de petits pélicans sont tués par leur père dans la légende qui figure à la fin de l’une de nos anciennes réponses. Cette dernière reproduisait un extrait de l’ouvrage : Dictionnaire de la franc-maçonnerie sous la direction de Daniel Ligou.

Le dernier chapitre de l’article du livre mentionné ci-dessus fait allusion à des manuscrits qui se trouveraient à la bibliothèque de Bruxelles.
Il n’est malheureusement pas indiqué de quel manuscrit il s’agit. Nous ne pouvons donc pas demander d’aide à nos collègues de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur Eurêkoi.


Mais d’après ce même dictionnaire, il semble bien que la/les légendes afférentes mentionnent toujours ( ?) 3 petits, comme d’ailleurs dans la plupart des représentations picturales (ou autres), par exemple :


Source : storage.canalblog.com



Source : wikimedia.org

etc.


… sauf quand il est un symbole de la tradition hermétiste car il est alors accompagné de 7 petits :


Source : over-blog-kiwi.com


C’est bien entendu par le rosicrucisme qu’il a été introduit, par une voie à la fois chrétienne et hermétiste : cette dernière origine se déduit du fait que en alchimie, le pélican est donné comme emblème de la pierre philosophale, et aussi parce qu’il est le plus souvent représenté avec sept petits au lieu de trois, nombre normal

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