Question d'origine :

Bonjour, Dans l'enceinte de la Marbrerie Générale du Rhône (MGR), il y a une enseigne en pierre avec l'information de "FIACRES FEILLET". Je n'ai pas trouvé d'informations sur cette "société". Est-ce que vous pourriez m'aider à retrouver l'origine de ces fiacres SVP (localisation, entreprise à quelle période, s'est-elle reconvertie,...) ? D'avance merci pour votre aide. Si besoin, voici une photo de cette enseigne sur ma page FaceBook : https://www.facebook.com/jeris.castelbo ... 4392042087

Réponse du Guichet

Avatar par défaut bml_reg - Département : Documentation régionale
Le 11/12/2020 à 10h02
Réponse de la documentation régionale

Bonjour,

Nous avons tout d'abord commencé notre investigation sur cette enseigne à partir
de la piste « Fiacres Feillet » en recherchant du côté des sociétés de transports hippomobiles lyonnaises fin 19e-début 20e.

Pour cela nous avons consulté des ouvrages sur l'histoire des transports lyonnais :
- Les transports en commun à Lyon / Roland Racine, 2009
- Histoire des transports à Lyon / Jean Arrivetz, 1965
- Au bon vieux temps des diligences / Henri d'Almeras, 1936
- La vie illustrée à Lyon de 1900 à 1937 / Pétrus Sambardier, ed 2003 . Un article est consacré au dernier fiacre à Lyon en 1936 avant l'arrivée massive de l'automobile qui l'éradiquera.

Toutefois, aucun nom d'entreprises de fiacres à Feillet n'est ressorti.

Alors, nous avons pensé au Musée de l'automobile de Rochetaillée-sur-Saône comme lieu ressource sur ce sujet ; celui-ci nous a orienté sur le Musée National de la voiture au Château de Compiègne qui est davantage spécialisé dans les transports hippomobiles (fiacres, calèches, carrosses..) que celui de Rochetaillée qui est consacré plutôt à l’automobile, aux cycles et à la moto.

Parallèlement, nous avons également consulté d'autres ressources documentaires à notre disposition dans les collections de la bibliothèque à la Part-Dieu. Nous pouvons faire des recherches par nom de personnes ou d'entreprises dans les annuaires commerciaux de Lyon et du Rhône (Annuaire Fournier et Indicateur Henri) de la fin 19e jusqu'aux années 1970 ; voici le résultat concernant le nom « FEILLET »  dans l'Annuaire général du Commerce de Lyon (annuaire Fournier) de 1869 :
-Feillet, propriétaire Clos-Suiphon , 1
-Feillet, vins au détail, Mazenod, 110

Enfin nous avons poursuivi nos recherches dans la presse lyonnaise du XIXe-début XXe : Le Courrier de Lyon, Le Salut Public. Ce dernier est désormais accessible en ligne sur le site Lectura.
C'est ainsi que nous avons obtenu cet article dans Le Salut Public du 25 février 1872 sur la vente de la maison du couple Feillet-Seigle avec description de la propriété :
Une grande maison. Rue Mazenod, au 110, angle de la rue du Clos-Suiphon, construite toute en pierre et maçonnerie. La façade rue Mazenod, 110, est percée, au rez-de-chaussée, de trois larges ouvertures éclairant le café qui était exploité par M. Feillet.
Au deuxième, à la fenêtre du milieu, est un balcon entouré d'une balustrade en fer. Au-dessous de ce balcon est une sculpture représentant un fiacre attelé de deux chevaux, avec cocher sur le siège. Au coin supérieur, à gauche de cette sculpture, est l'inscription suivante : Aux Fiacres. FEILLET--
La façade, rue du Clos-Suiplion est percée de six fenêtres et le rez-de-chaussée, à gauche, de trois grandes ouvertures éclairant et complétant le café du défunt, portant cette-enseigne Aux Fiacres, FEILLET, marchand de vins ; à droite, de deux grandes ouvertures éclairant un magasin occupé par un coiffeur.

On comprends donc que l'inscription « Aux fiacres  Feillet » est celle de l'enseigne du café-cabaret du sieur Théodore Feillet.

Et c'est en allant consulter l’Etat Civil des Lyonnais disponible en ligne sur le site des Archives municipales de Lyon que nous trouvons l'Acte de mariage entre Théodore Feillet et Marguerite Seigle le 2 décembre 1852 où l'on apprend que Théodore Feillet demeurant alors au 9, rue St Jean dans le 5e  était cocher de son état à cette époque là.

On peut donc émettre l'hypothèse que l'enseigne commerciale qu'il choisit pour son cabaret était tout simplement une allusion nostalgique et métaphorique de son métier d'avant.

A ce propos, vous pouvez lire à la bibliothèque, L'enseigne à Lyon : son histoire, sa philosophie, ses particularités, les boutiques, les maisons, la rue, la réclame commerciale / John Grand-Carteret ; dessins de Gustave Girrane. Un chapitre est consacré aux enseignes de la beuverie lyonnaise :
« Tous cabarets à enseignes classiques ou à inscriptions plus ou moins pittoresques sur la devanture ; notant ici certains usages locaux, là une habitude particulière à la maison. Tous cabarets par leur spécialité, par le genre dont ils se rapprochent mais se présentant sous des qualificatifs multiples ».


Au final, la piste de départ des fiacres Feillet n'était pas la bonne...il fallait bien lire l'inscription « Aux fiacres. Feillet ».
On peut donc en conclure que l'enseigne qui se trouve aujourd'hui dans l'enceinte de la Marbrerie Générale du Rhône installée dans le 9e arrondissement de Lyon a pu être rapportée de cette maison du sieur Feillet.

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