Question d'origine :

Bonjour, A part Muybridge et Etienne-jules Marey, quels sont les autres photographes qui se sont intéressés, à cette époque là, à l'étude du mouvement par la photographie ? Bien à vous. Alex.

Réponse du Guichet

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Le 21/04/2021 à 12h19
Réponse du Département Arts et Loisirs

Dans les années 1850 et 1860 si Etienne-Jules Marey (médecin physiologiste) et Edouard Muybridge (photographe) sont les deux acteurs connus, reconnus de la chronophotographie , il existe aussi de nombreux scientifiques, chercheurs, photographes … mus très tôt par le désir d’expérimenter, de saisir le mouvement (écart temporel et visuel), le reproduire ou en donner l’illusion.

A titre introductif et plus, L’image paradoxale, fixité et mouvement de Caroline Chik en entreprend l’étude dans la photographie à la fois historiquement, techniquement et artistiquement offrant une rare analyse et synthèse de son traitement.
Ainsi dans le chapître titré « le mouvement d’une image à l’autre » on trouve une approche du portrait d’une très grande modernité. Le mouvement décomposé du modèle dit l’usage novateur de la photographie. Deux noms sont alors évoqués : Disderi et Nadar

« Avec le portrait carte et ses formes dérivées l’image photographique était démultipliée dès la prise de vues. Disderi avec la chambre photographique à objectifs multiples invente, obtient quatre, huit, dix ou douze portraits d’un même modèle, sur une même plaque photographique. Il s’agit de prises de vue soit successives, soit simultanées.
Dans le cas des prises de vues successives, on pourrait parler d’une première forme de séquence (tandis que les prises simultanées relèvent davantage de la série)
".

l’exemple de séquence photographique le plus remarquable et le plus moderne est sans doute celui de L’autoportrait tournant de Nadar. "Il s’agit bien d’une séquence, les images étant liées dans une chronologie temporelle et d’une expérimentation récréative".
Voici d’autres noms, d’autres usages aussi : Louis Jules Dubosq (utilisation de figures dessinées), Simon Stampfer (illusion du mouvement), Antoine Claudet , Henry Cook et Gaetan Bonelli, Joseph Plateau ainsi que les photographes et éditeurs Furne et Tournier.

A noter, souvent les vues stéréoscopiques animées sont rarement traitées dans l’histoire de la photographie car ne relèvent pas uniquement de celle-ci et sont plutôt mises en lien avec le cinéma…
Etienne-Jules Marey conçoit une séquence d’images photographiques prises à de très courts intervalles de temps inspiré par l’invention de l’astronome français Jules Janssen.
Edouard Muybridge démultiplie les appareils photo qui vont se déclencher successivement.
Marey inspiré par Ernest Onimus marquera Ottomar Anschütz
et Albert Londe qui recourent à des méthodes similaires. Ce dernier met au point en 1891 un appareil rassemblant en une seule imposante machine douze chambres photographiques dont le déclenchement en cascade peut être plus ou moins rapproché.
Le propre assistant de Marey Georges Demenÿ , passionné de gymnastique, s’intéresse à l’analyse de la locomotion humaine.
"Lorsqu’en 1902 il est nommé professeur de physiologie à l’École normale de gymnastique et d’escrime de Joinville-le-Pont, il y installe à son tour un studio dans lequel il va prendre de nombreuses chronophotographies d’athlètes(-) une véritable anthologie visuelle des techniques sportives accomplies en parfaite synthèse dans le temps et dans l’espace. Elles permettent l’étude de la force, de la vitesse, de l’adresse et de la souplesse des athlètes en action et ont conduit Demenÿ à donner une base scientifique à l’enseignement de l’éducation physique et à établir les fondements de ce qu’on appellera plus tard la biomécanique. "

Enfin, l’ouvrage de Pierre-Jean Amar, Histoire de la photographie révèle Edward Antony (1811-1888) et Ferrier et Soulier notamment.
Pour poursuivre, nous vous livrons ces titres:
L’homme photographique Michel Frizot;
Avant le cinématographe, la chronophotographie Michel Frizot;
La photographie animée Eugène Trutat;
L'enregistrement du mouvement au XIXe siècle : les méthodes graphiques et chronophotographique Laurent Mannoni
La photo fait du cinéma Sylvain Roumette

Raymond Bellour dans l’introduction de son texte « Du photographique » écrit : "À la fin de ce siècle de techniques que fut le XIXe siècle l’histoire de l’image mécanique s’achève une première fois sur un clivage qui a semblé former dès lors une sorte de point de vérité. D’un côté, l’image photographique, désormais instantanée, arrête vraiment un instant abstrait mais vivant du temps qui peut paraître ainsi d’autant plus immobile. De l’autre, le cinématographe, pour la première fois, restitue le mouvement de la vie».

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