eau écarlate
DIVERS
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Le 16/08/2005 à 15h39
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Question d'origine :
bonjour,
Pouvez-vous me dire d'où vient l'expression " eau écarlate" en parlant de cette eau qui est censée enlever les taches sur les vêtements?
Merci d'avance
Réponse du Guichet
Le 17/08/2005 à 12h30
Eau Ecarlate est une société française spécialisée dans la fabrication et la distribution de produits détachants pour textile. Aux côtés du détacheur liquide traditionnel, la société a étendu la gamme de ses produits pour couvrir tous les aspects du détachage (détacheurs à sec, détacheurs avant lavage, détacheurs spéciaux, aides au lavage, …). Parallèlement, d'autres segments ont été développés comme les nettoyants lunettes, les pastilles javel et les désodorisants spécifiques.
source : Argot Soditic
L'Eau Ecarlate est donc une marque, plus ou moins passée dans le langage courant pour désigner un produit détachant. Son origine est assez obscure, il semble que ce soit un produit relativement ancien (milieu du XIXème siècle) remis au goût du jour dans les années 1980.
Le terme "écarlate" mérite quelques précisions. Avant de qualifier uniquement une couleur rubiconde, il pouvait désigner un tissu de qualité supérieure, pas nécessairement rouge, ou encore des draps multicolores : escarlate est attesté dès 1168 : « étoffe précieuse de couleur variable » (CHRÉTIEN DE TROYES, Erec et Enide, éd. M. Roques, 2061) ; Du latin médiéval scarlata « drap écarlate de différentes couleurs éclatantes » (1100 dans NIERM.) ;
emprunté à une forme ar. sikirlat ou saqirlat (cf. les formes mozarabes attestées dans des documents de 1001 et 1197, s.v. escarlaat, et les formes attestées en persan : siqillat, saqallat, saqirlat, sagirlat [cette dernière forme à la fin du XIIIe siècle] « certain tissu de laine fabriqué dans le pays des Chrétiens », « tissu de laine ou de lin, décoré de hawatim, c'est-à-dire de cachets ou de sceaux ou de bagues » (VIIe siècle) lui-même emprunté à une forme grecque médiévale (attestée au début du IXe siècle), et celle-ci au bas latin sigillatus « (en parlant d'un vêtement ou d'une étoffe) orné de sigilla [petites figures] », déjà en latin classique au sens de « orné de figurines, de reliefs, ciselé » dér. de sigillum « petite figure, figurine, statuette ; motif décoratif représenté en peinture ou en broderie sur un tissu ; cachet, sceau ». L'usage de décorer un tissu au moyen de sigilla est attesté chez les Romains (cf. Ovide, supra) et également chez les Arabes : « [en parlant d'une étoffe] bigarré ; consistant en figures blanches quadrangulaires et octogones sur un fond bleu » [fin du XIIe - début du XIIIe siècle]). Le sens « tissu décoré de sigilla » du bas latin s'est estompé au profit du sens « tissu au fond de couleur bleue » dans le monde oriental. En Occident arabe puis en Occident chrétien, l'écarlate vint à désigner un tissu riche de n'importe quelle couleur, puis un tissu rouge du fait de l'utilisation de la teinture à base de cochenille (au XIIe siècle, Almeria en Espagne fut l'un des centres de production les plus importants), de là le sens actuel de « couleur rouge ».
source : Trésor de la langue française informatisé.
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