Question d'origine :

Bonjour. Qu’est devenu le corps de Landru après son exécution ? Le sait-on ? (Les autorités ont peut être redouté une vénération du criminel par des personnes aux intentions « spéciales »). Sa famille a t elle pu récupérer le corps pour l’inhumer ? Au moment de son procès, Landru était il toujours propriétaire de la maison de Gambais où avait elle été saisie ? Cordialement.

Réponse du Guichet

Avatar par défaut bml_civ - Département : Civilisation
Le 21/07/2021 à 13h10
Bonjour,

A l’aube du 25 février 1922, au bout d’un long procès, Henri-Désiré Landru est guillotiné. Les gendarmes ont acheminé son corps sur un fourgon mortuaire au cimetière des Gonards de Versailles.
L’inhumation a eu lieu dans un emplacement réservé aux suppliciés.

Fin octobre 1927, la concession n’ayant pas été renouvelée au terme des 5 ans, les ornements de la sépulture sont retirés par l’administration du cimetière, selon les informations contenues dans le journal La Presse du 1er Novembre 1927. Le sort de ces ossements ne semble pas connu avec certitude. On peut trouver l’information qu’ils ont été récupérés par la famille, comme l’avaient mentionné les chroniqueurs du Petit Journal dans un article du 26 février 1922.
Où que se trouve sa sépulture, si celle-ci existe toujours, il est peu probable que son nom y figure. Fréquemment inquiétée et importunée, sa famille a changé de patronyme, certains de ses membres l’ont même fait plusieurs fois.

Le célèbre serial killer avait loué une maison à Gambais pour y mettre en place ses funestes projets. La Gazette de Gambais du 24 août 1920 rapporte qu’elle a été mise à la disposition de la justice après son arrestation. Le lieu du crime, où onze victimes avaient trouvé la mort entre 1915 et 1919, est devenu une attraction pour de nombreux "touristes" qui l’ont dévastée et pillée. Le propriétaire de la maison, Monsieur Tric, a demandé au charron de la barricader, mais cela ne suffit pas. Quelques jours plus tard, des curieux brisèrent les chaînes pour y pénétrer à nouveau, selon le journaliste de la Gazette. Il décrit l’état déplorable de la "maison de Barbe-Bleue" dans un article en date du 24 août 1920 :


« Décidément, Landru fut un locataire bien désagréable pour son propriétaire. Non seulement le souvenir des incinérations demeure attaché à la villa de Gambais, mais cette maison, neuve et riante, a été mise en piteux état. (…) De plus, des touristes sans pitié sont venus, à qui mieux mieux, piller la maison pour emporter un souvenir.
Comme il n’y a pas de gardien, chacun entre, visite et dégrade ; il n’y a plus de vitres, les portes ont été dépouillées de leurs serrures, les marbres de cheminées cassées, etc. (…) M. Tric demande qu’on lui rende sa villa. N’a-t-il pas raison ? »


Quatre ans plus tard, après une mise en vente, la maison finit par trouver un acquéreur qui y ouvrit un restaurant, appelé, avec une pointe d’humour, "Au grillon du foyer". Fermé en 1940, le bâtiment proposé à la vente pour la modique somme de 450 000 euros, a trouvé un nouvel acquéreur en 2018.



Pour aller plus loin :

Le dossier sur Landru proposé par la BnF sur Gallica ;
Landru : l’élégance assassine de Bruno Fuligni, éd. Monaco Rocher, 2020 ;
Landru 6h10 temps clair : les pièces du dossier, textes d’Eric Young, sous la dir. D’Estelle Gaudry, Paris, Télémaque, 2013.

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