Question d'origine :

Cher Guichet je t'ai déjà posé la question du changement de la finale de D en T pour Aristide Bruand dit Aristide Bruant. La raison de cette modification, qui semble mineure, a peut-être un rapport avec l'émergence d'Aristide Briand comme homme politique et avocat sur la place publique à la même époque? Pourriez vous explorer cette piste éventuelle? Il y a également une autre hypothèse qui pourrait être avancée:En argot, bruant signifie tonnerre. (première attestation : 1596) C'est peut-être ce qui a plu à Aristide, qui était, je crois, un fort en gueule. De plus le bruant est un oiseau chanteur. Source : https://www.languefrancaise.net/Bob/. Vous serait-il également possible de rechercher de possibles traces en ce sens? Évidemment ces questions concernent plus les départements littérature/ linguistique/ histoire que le département musique sollicité la fois précédente. J'ai bien conscience de vous demander là un travail de recherche approfondi, et je vous en remercie bien chaleureusement par avance. Avec l'espoir qu'un peu de lumière puisse être faite, sur cette "curiosité" un peu agaçante tant qu'elle n'est pas levée. Bon courage cher GdS, mes encouragements les plus chaleureux t'accompagnent. Bien cordialement. iannaki

Réponse du Guichet

Avatar personnalisé gds_et - Département : Equipe du Guichet du Savoir
Le 14/04/2021 à 12h55
Bonjour,

Après vérification dans Gallica, nous trouvons des mentions d’Aristide Bruant dans la presse en 1880 par exemple dans Le Rappel ou encore dans La Chanson, alors qu’Aristide Briand est encore un jeune anonyme de 18 ans. Le changement de lettre final n’a donc vraisemblablement pas de rapport avec un souci de se distinguer d’Aristide Briand. Nous pouvons écarter cette piste.

Il nous est malheureusement plus difficile de vérifier votre deuxième hypothèse au-delà des sources déjà explorées par nos collègues du département Musique qui dans leur précédente réponse à votre question apportaient les précisions suivantes :

« Dans son livre Bruant et l'argotographie française, qui est un ouvrage d'analyse érudite du Dictionnaire français-argot d'Aristide Bruant (consultable en ligne sur Googlebooks) Denis Delaplace, cite Pierre Merle, qui émet l'hypothèse (page 135) que Bruant, influencé par un ouvrage antérieur

"de l'argot XVIè siècle [il] tirera l'idée de transformer BruanD en BruanT (tonnerre), car il est douteux qu'il ait voulu s'assimiler à ce petit passereau nichant à terre , qu'est le bruant'

Delaplace, semble sceptique et - sans plus de preuves définitives - penche plutôt pour l'idée d'une assimilation du chanteur, au bruant, qui est un oiseau chanteur.

Dans Bruant, le maitre de la rue Henri Marc déclare :
"Aristide n'a pas pris un pseudonyme, il a seulement préféré le T au D . On n'a jamais su pourquoi. pourquoi pas, comment dira plus tard son contemporain le Commandant Charcot. Bruand rime avec truand. Mais Bruant avec tonitruant ... "

Faute de déclaration de l'intéressé, des conjectures mais rien de conclusif donc. »


Bonne journée.

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