Question d'origine :

Bonjour Cher Guichet, En partant du principe que plus de 9 candidats sur 10 ont été admis à « l’examen national » du baccalauréat depuis plusieurs années, ce qui semble être un taux de réussite infiniment supérieur au taux d’il y a une quarantaine d’années : Cela signifie t-il que les lycéens actuels sont beaucoup plus intelligents que leurs aînés si l’on en juge par la profusion des mentions par exemple ? Sinon comment expliquer ce phénomène ? Par une alimentation sur-vitaminée, par des conditions d’étude optimales…? Certains analystes évoquent des sujets moins difficiles sanctionnés par une échelle de notation "bienveillante"…Qu’en penser ? Des études fiables existent-elles sur les conséquences de l’afflux de jeunes étudiants dans l’enseignement supérieur, leur appréciation de l’efficacité de parcoursup et leur taux de réussite dans des parcours formatés souvent "à l’ancienne" ?

Réponse du Guichet

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Le 21/07/2021 à 13h31

La proportion de bacheliers ne cesse d'augmenter : résultat d'une volonté politique et du développement des filières professionnelles. L’Etudiant reconnait qu’il « reste difficile de connaître la satisfaction réelle des candidats » concernant leur orientation dans le supérieur, mais se montre plutôt rassurant sur les taux d’admission.

Bonjour,



Le Baccalauréat qu’ont passé les lycéens cette année n’est pas le même que celui qui existait il y a 40 ans.

Depuis sa création, le Baccalauréat n’a cessé d’évoluer.

Par ailleurs, rappelons que la situation sanitaire actuelle a nécessité des aménagements particuliers, ce qui a pu avoir une influence sur les résultats.



Mais, Covid ou non, la tendance est réelle : le taux de réussite au bac a connu une progression constante depuis les années 80 comme l’illustre le graphique de l’Express : 1968-2018: un demi-siècle de progrès scolaires en chiffres.



Parallèlement, un autre chiffre a augmenté : la proportion de candidats au bac :



« Depuis sa création en 1808, le baccalauréat n’a cessé de se démocratiser. Alors que dans les années 1960 à peine plus d’un jeune sur dix y était candidat, c’est aujourd’hui celui qui ne l’a pas qui fait figure d’exception.



L’objectif de 80% d’une génération au bac enfin atteint



Il aura fallu 34 ans pour que la promesse des 80% d’une génération bachelière, faite en 1985 par le ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Jean-Pierre Chevènement, s’accomplisse. À l’époque, seulement 30% d’une classe d’âge passait le baccalauréat. Pourquoi cette ambition de 80%? La raison est d’abord économique. Le ministre cherchait le moyen de résorber un chômage important et le retard technologique de la France, qui s’expliquaient alors par un trop faible accès des jeunes à l’enseignement supérieur.

Jean-Pierre Chevènement avait aussi une motivation sociale. À travers cet objectif très ambitieux, il cherchait à offrir aux enfants des classes populaires une promotion par les études. Après un passage de 30% à 60% de bacheliers entre 1985 et 1995, leur nombre stagne ensuite à 65%. Les chiffres ne repartent à la hausse qu’en 2011, grâce à la réforme de la filière professionnelle. Une grande partie des élèves jusqu’alors orientés vers des CAP et BEP, suivront dorénavant un cursus de baccalauréat en trois ans.

En parallèle d’un accès démocratisé aux épreuves, le taux de réussite est lui aussi devenu très élevé: 9 candidats sur 10 décrochent aujourd’hui leur bac général et 8 sur 10 leur bac professionnel. »

Source : Tout savoir sur le baccalauréat en 4 graphiques, etudiant.lefigaro.fr



C’est donc une volonté politique, et le développement des filières professionnelles, qui ont contribué à démocratiser le baccalauréat au point que le passer soit devenu la « norme ».



Que deviennent les bacheliers après l’obtention de leur diplôme ? Les vœux d’orientation post bac varient fortement selon les filières : par exemple cette année, L’Etudiant observe que « 42,6% des vœux formulés par les élèves de terminale générale concernent une licence, contre 14% de ceux émis par les lycéens de la filière techno. Elles représentent seulement 5,8% des choix validés par les élèves de la filière pro. Les vœux de ces derniers se concentrent largement en BTS, qui leur réserve des quotas (76,7% des vœux) et en DE (8,8%). Quelques-uns (1,9% des vœux) tentent également leur chance en BUT (ex-DUT), tandis que toutes les autres formations sont ignorées (0,1% en CPGE ou en école de commerce, 0% en école d’ingénieurs).

La tendance est à peu près similaire similaire en lycée technologique : 49,4% des vœux de cette population concernent un BTS, 9,1% un DE. Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), qui représentent 1,5%, les écoles d’ingénieurs (0,6%) et de commerce (0,5%) ont moins la cote. À noter toutefois que 17,7% des vœux formulés par les lycéens technologiques sont à destination des BUT. Une part plus importante qu’en BTS, alors que cette formation leur réserve pourtant des quotas.

Finalement, seuls les lycéens généraux répartissent leurs choix d'orientation sur l’ensemble des types de formation : en plus de la licence, 10,8% de leurs vœux concernent les BUT, 8,3%, les BTS, 9,8%, les CPGE, 3,6%, les DE, 4,2%, les écoles d’ingénieurs et 1,8%, celles de commerce. »



Y a-t-il de la place pour tout le monde dans les établissements d’enseignement supérieur ?



Dans un article publié en octobre 2020, L’Etudiant reconnait qu’il « reste difficile de connaître la satisfaction réelle des candidats », mais se montre plutôt rassurant sur les taux d’admission :



« Les statistiques le confirment : en 2020, 827.998 candidats ont reçu au moins une proposition d’admission (+ 7% par rapport à 2019). Mieux : 665.998 ont accepté une proposition, soit une augmentation de 9,7% par rapport à l’an dernier. Qu’importe leur filière d’origine, les nouveaux bacheliers sont plus nombreux à avoir reçu une proposition : 97% des bacheliers généraux (contre 96,1% en 2019), 90% des technologiques (87,6%) et 79,8% des professionnels (78,2%).

Ces bons résultats ne masquent pas les inégalités persistantes : on le voit, les bacheliers professionnels ont toujours moins de chance que les autres d’accéder à une formation de l’enseignement supérieur. Et ce malgré le financement, en 2020, de 21.500 places supplémentaires, dont 5.700 en BTS. Autre inconnue que ces honorables statistiques ne suffisent pas à cacher : la satisfaction des candidats. Sans un classement des vœux au préalable, difficile de savoir combien ont accepté une formation qu’ils voulaient vraiment suivre et combien ont accepté une proposition par dépit ou dans la crainte de ne pas avoir mieux.



Mission accomplie pour les CAES



Avec la crise sanitaire, il est d’ailleurs permis de penser que cette situation a pu arriver plus souvent qu’à l’ordinaire. Le bac 2020 ayant été attribué sur la base du contrôle continu, les taux de réussite ont explosé et de nombreux "bacheliers surprise" se sont inscrits en catastrophe à la phase complémentaire de Parcoursup. L’année 2020 a ainsi consacré 48.000 bacheliers de plus que le précédent millésime. Pour eux, Parcoursup a joué un rôle d’autant plus important que "l’offre à l’extérieur de la plateforme, comme l’emploi ou les séjours à l’étranger, s’est contractée après la crise", a constaté Jérôme Teillard.

A ce sujet, l’accompagnement des candidats a été très fonctionnel, surtout étant donné la quantité de personnes en ayant besoin. Après la procédure complémentaire, rallongée de plusieurs semaines pour l’occasion, 85.013 candidats parmi les 123.377 ayant formulé un vœu voyaient leur cas réglé. Soit 3 candidats sur 10 encore en situation de refus. Au total, 34.831 candidats ont saisi une commission d’accès à l’enseignement supérieur (CAES), 34% de plus qu’en 2019.

Une augmentation qui s’explique encore une fois par la situation sanitaire, mais également par les efforts déployés en matière de communication. "Parcoursup a envoyé 30 millions de mails et 6,3 millions de SMS", compte Jérôme Teillard, qui ajoute que "10 campagnes d’appels" ont été organisées pendant l’été pour ne pas perdre les candidats. Si une partie des personnes contactées n’ont pas donné suite, cela a permis de récupérer près de 9.500 personnes, indique le chargé de mission.

Finalement, seuls 591 candidats suivis étaient encore sans solution à la fin de la procédure Parcoursup, fin septembre. Ceux-ci sont toujours en contact avec les CAES, qui courent jusque fin octobre. Les solutions existent, affirme le ministère, notamment en apprentissage, dont le calendrier est décalé par rapport aux formations classiques. »

Source : Parcoursup 2020 réussit le pari de l’accompagnement, et après ? letudiant.fr



Concernant les taux de réussite dans les études post bac, on peut difficilement juger de l'efficacité de Parcoursup puisque sa mise en place est encore trop récente pour dresser des constats. Mais vous serez peut-être intéressé par cette étude réalisée en 2016 par l'Insee : Les jeunes et l’enseignement supérieur : s’orienter, réussir, s’insérer, Isabelle Kabla-Langlois.





Pour aller plus loin :



Histoire du baccalauréat, Marie-Odile Mergnac, Cécile Renaudin

« Au Moyen Âge, un bachelier, c'était un jeune homme aspirant à devenir chevalier. Mille ans plus tard, les dragons à terrasser ne sont plus que de papier et la bravoure ne se démontre qu'à la pointe du stylo... Au départ conçu comme le premier grade universitaire et jugé par des professeurs d'universités, le baccalauréat est désormais perçu par la plupart des élèves comme le diplôme sanctionnant leurs études secondaires et confirmant (ou non) leurs qualités. D'une trentaine de bacheliers par an dans les années qui suivaient sa création à plus de 600 000 aujourd'hui, il est passé du statut d'un parchemin qui ne servait pas à grand-chose et pas à grand monde à celui de fourches caudines au passage obligé. À l'occasion de la 200e promotion de bacheliers en juin 2009, cet ouvrage brosse l'histoire de ce colossal monument éducatif. Les enseignants y retrouveront quand et comment leur matière y est apparue, l'importance qu'elle y a prise et l'évolution des systèmes de notation et de rattrapage. Les élèves y découvriront les modalités, tantôt plus simples, tantôt plus complexes, des épreuves à subir. On détaille aussi l'ouverture du baccalauréat aux filles, les records, les fraudes... Bref : tout ce que vous vouliez savoir sur le bac (et même plus) est rassemblé ici ! »



Bonne journée.

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