Question d'origine :
bonjour.je souhaiterais obtenir une liste des mystiques chrétiens contemporains. merci d'avance.
Réponse du Guichet
Le 07/10/2005 à 07h37
Malgré sa simplicité, votre question en soulève beaucoup d’autres : comment définir l’appellation « mystiques » ? Comment recenser l’ensemble des « mystiques chrétiens » (catholiques, orthodoxes, protestants…) contemporains ? Comment délimiter la période contemporaine ? Qui décide de classer tel ou telle grand(e) spirituel(le) chrétien(ne) dans la catégorie « mystique » ? Et quelles sont les conditions à remplir pour en faire partie ? etc.
Bref, il nous semble difficile sinon impossible d’établir la « liste des mystiques chrétiens contemporains » que vous nous demandez ; elle sera forcément incomplète ou discutable. Elle suppose que nous nous entendions sur la définition des termes. Nous retiendrons celle que donne du terme « mystique » le dominicain Jean-Pierre Jossua dans son livre : Seul avec Dieu : l’aventure mystique, Gallimard, 1996.
Selon lui, peuvent être appelés mystiques ceux qui ont transmis par écrit l’expérience qu’ils ont faite d’« une union à Dieu, par une forme de prière, union qui n’est ni complète ni durable, mais néanmoins éprouvée avec une sorte de certitude intérieure. Elle suppose un dépouillement radical dans la prière, ainsi qu’une mise à l’écart des images, des sentiments, des pensées. Elle suppose aussi une ascèse rigoureuse dans l’existence même, portant sur les sens, l’affectivité, la vie de l’esprit et finalement la personnalité tout entière. Cette expérience est spécifique. Il y a de vrais chrétiens, des saints et même de grands orants ou de rigoureux ascètes qui ne l’ont pas connue. » (p. 15).
Cette définition de la mystique chrétienne est complétée par le pasteur protestant Michel Cornuz, dans son livre : Le ciel est en toi : introduction à la mystique chrétienne, Labor et Fides, 2001. Il fait remarquer que les auteurs mystiques expriment l’union à Dieu dans deux registres différents : la mystique du dépouillement qui insiste sur la « déprise » et la mystique amoureuse qui insiste sur la double « extase » : « Dieu sort de lui-même vers l’homme pour permettre à l’homme de sortir de lui-même vers Dieu » (p. 184). Enfin, M. Cornuz retient un autre point commun à tous les mystiques chrétiens : « La vie trinitaire de Dieu reste le point de référence indépassable pour rendre compte de l’expérience d’union » (p. 189)
Si nous prenons appui sur les définitions de ces deux auteurs et que nous limitons la période contemporaine à la fin du 19e siècle et au 20e siècle, nous pouvons peut-être nous risquer, avec toutes les réserves requises, à considérer comme « mystiques » les dix chrétiens suivants, qui figurent tous au Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, Beauchesne, 1937-1995, selon leur année de naissance :
Charles de Foucauld (1858-1916), prêtre ermite
Thérèse de Lisieux (sainte ; Thérèse Martin, 1873-1897), carmélite
Elisabeth de la Trinité (Elisabeth Catez, 1880-1906), carmélite
Silouane de l’Athos (saint ; 1886-1938), starets, moine orthodoxe
Padre Pio (Pie de Pietrelcina, 1887-1968), capucin
Thérèse-Bénédicte de la Croix (sainte ; Edith Stein, 1891-1942), philosophe et carmélite
Maurice Zundel (1897-1975), prêtre suisse
Marthe Robin (1902-1981), du Tiers-Ordre franciscain
Simone Weil (1909-1943), philosophe
Thomas Merton (1915-1968), moine cistercien
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