Question d'origine :
Je suis en possession de quelques pièces de monnaie et je voudrais connaître leur histoire, leur parcours, leur vie...
côté pile : bon pour 1 franc et tout autour : chambres de commerce de France
côté face : tout autour : commerce industrie et comme date j'ai 1921 et 1923
le personnage au centre est assis sur une caisse (on dirait!!) et il y a des accessoires que je n'identifie pas.
Merci de me donner des explications.
Réponse du Guichet

Pour commencer une définition :
Le franc : dénomination de l’unité monétaire contemporaine de la République française, de la Confédération helvétique, du Royaume de Belgique, du Grand Duché du Luxembourg et d’un certain nombre de pays d’Afrique francophone issus des anciennes colonies françaises.
Le terme provient du franc d’or à cheval, monnaie frappée en vertu de l’ordonnance de Compiègne du Roi de France Jean II Le Bon (5 décembre 1360), libéré des geôles de Londres par le roi d’Angleterre contre une formidable rançon, le mot franc évoquant cet état de liberté retrouvée.
Quelques éléments du contexte historique pour la période concernée par les pièces en votre possession :
Au sortir de la guerre de 14-18, la France est épuisée. Le traité de Versailles (juillet 1919) prévoyait le versement par l’Allemagne à la France d’indemnités de réparations. Leur paiement devait s’étaler jusqu’en 1988. Pendant cette période d’après guerre, on s’acharna à maintenir l’étalon-or. En vain. Le 13 mars 1919 les Alliés se désolidarisent de la France. Stable jusque là, le franc commence à baisser sur le marché des changes. En décembre 1919 le dollar vaut 11 francs (5 francs avant la guerre), en 1920 il en vaut 16. Le franc a donc perdu les 2/3 de sa valeur.
Un bref redressement intervient en 1920 à la faveur du commencement de la crise mondiale qui entraîne une chute du prix des matières importées. En avril 1921, le dollar repasse à 11 francs, soit 50% de sa valeur en 1914.
En 1923, l’Allemagne suspend le paiement des réparations. En mesure de rétorsion Poincaré fait occuper la Ruhr, occupation qui s’accompagne du naufrage du mark et d’une spéculation contre le franc. La dépréciation de la monnaie et la déroute du franc furent un élément fondamental de la crise morale qui mina la Troisième République à partir de 1919.
Il faut savoir que le premier effet visible de la guerre de 14-18 fut l’émission énorme de billets de banque pour compenser le retrait des pièces d’or.
A cette période, le gouvernement frappa une grande quantité de pièces d’argent de 50 centimes, 1 et 2 francs à partir de la refonte des pièces de 5 francs.
Le nickel, métal principal de ces pièces, était nécessaire aux besoins de la guerre et donc indisponible en quantités suffisantes.
C’est pourquoi la Monnaie fut obligée de continuer la frappe des pièces de 1, 2, 5 centimes en cuivre. Comme il y avait une forte thésaurisation, les pièces disparaissaient très vite de la circulation.
De ce fait il fut décidé de mettre en circulation des jetons qu’en 1914 les chambres de commerce furent autorisées à émettre : en carton, zinc, aluminium.
En 1916 il existait plus de 1200 émissions différentes dont beaucoup tiraient leur origine de la fierté de communes dont le nombre d’habitants était inférieur à la centaine.
Pendant l’entre deux guerres le gouvernement dût s’en tenir à la circulation des billets de banque et de pièces en métal commun. On abolit les jetons locaux pour les remplacer par une gamme uniforme de jetons ayant pour valeur 50 centimes, 1 franc et 2 francs. Ils étaient frappés sur un alliage de bronze et d’aluminium et leur modèle était de DOMARD qui les avait conçus sous le règne de Louis Philippe.
Concurremment avec ces jetons se poursuivit l’émission de pièces de cuivre et de cupro-nickel.
Il faut avoir plusieurs points en tête, lorsqu’on examine une pièce de monnaie :
Sa légende : généralement circulaire, elle indique l’alphabet en usage, le nom de l’unité monétaire et le nom que se donne le pays ; elle donne également le titre officiel du souverain
Son millésime : apparu récemment sur les monnaies, il est un indice de rareté des pièces car à chaque millésime correspond un tirage.
Son atelier : outre la provenance géographique des pièces c’est, combiné au millésime, un autre élément d’information sur la rareté. Le signe représentant l’atelier peut être accompagné de « différents » du directeur ou du graveur.
Sources et documents auxquels nous vous renvoyons que vous pouvez consulter à la Bibliothèque municipale de Lyon :
Dictionnaire de numismatique sous la direction de Michel Amandry
Histoire de la monnaie
Monnaies modernes de 1789 à nos jours d’ Anthony Dowle
La consultation de l’ouvrage « Le franc, argus des monnaies françaises 1795-2001 » (édition 2001) permet de recueillir des éléments concernant les pièces en votre possession :
F218 1 Franc Chambres de commerce
Avers : atelier de gravure d’après Joseph François DOMARD (1792-1858)
Revers : atelier de gravure
Création par décision ministérielle du 22 novembre 1921
Retrait par décret du 5 août 1949
type : chambre de commerce
métal : aluminium et bronze
diamètre : 23 mm
poids : 4 grammes
Tranche cannelée
Total fabrication : 444 275 216
Les pièces où une partie des lettres de la signature DOMARD INV manque sont rares. Cela est dû à un coin obstrué à l'emplacement du détail manquant. A noter que l'on n'a jamais vu de monnaie où la signature était totalement absente. Un gros travail a été fait par l'Ami du franc, Emmanuel Kontos, à qui les variétés exceptionnelles doivent être signalées.
Il a été égalemet signalé un exemplaire avec le cercle central du revers manquant. Il existe également des variétés de 2 "fermées"; il ne semble pas qu'il ait été rencontrée la pièce 1921 avec lle 2 "fermé".
Les faces et piles mentionnées dans cet ouvrage correspondent à votre description.
La cote est déterminée selon l’état. Les différentes appellations correspondent aux états suivants :
B = beau
TB = très beau
TTB = très très beau
Sup = superbe
Spl = splendide
Fdc = fleur de coin
Vous pouvez avoir une idée de la valeur de vos pièces en examinant leur état
TB = le drapé sur le bras gauche se distingue encore en relief
TTB = l’oreille du Mercure est encore visible. Le pied ne se confond qu’en parie avec le socle de l’exergue
SUP = le pétase ailé de Mercure est parfaitement net
SPL = la surface originale est intacte sauf à la tête, la poitrine et aux mains de Mercure. La plus grande partie du velours de frappe est encore présente
FDC = pièce pratiquement parfaite avec sa surface d’origine
pièce de 1 F datant de 1921 :
54 571 959 pièces émises
valeur en francs : TB = 1; TTB = 4; SUP = 30; SPL = 70; FDC = 140
pièce de 1 F datant de 1923 :
140 137 683 pièces émises
valeur en francs : TB = 1; TTB = 8; SUP = 25; SPL = 140; FDC = 300
A noter que l’année 1923 est l’année du plus grand nombre d’émission (entre 1920 et 1927)
Nous vous conseillons d’aller sur le site des « Editions Chevau Légers » pour plus d’information.
pièce de 1 franc de 1921
pièce de 1 franc de 1923
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