nihilisme
DIVERS
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Le 03/07/2006 à 02h35
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Question d'origine :

Réponse du Guichet

A priori, il n’existerait pas actuellement, d’associations, de clubs, de cercles ou de partis se réclamant du nihilisme. De même, il n'existerait pas de philosophes ou de mouvements qui se revendiquent nihilistes. Toutefois, des mouvements ou des groupes révolutionnaires issus du nihilisme russe du 19ième siècle et prônant le terrorisme comme Action Directe ou Les Brigades Rouges apparaissent.
Peu de mouvements ont revendiqué ce terme ouvertement pour les décrire, à part « dada » au début du siècle ou le « situationnisme » dans les années 60-70.
L’explication tient à ce que le « nihilisme » est d’abord et avant tout un concept philosophique et politique. En fait, le terme nihilisme (du latin nihil, signifiant rien) fut popularisé par l'écrivain russe en 1862 Ivan Tourgueniev dans sa nouvelle Pères et fils pour décrire, au travers de son héros Bazarov, les vues de l'intelligentsia radicale russe.
D'abord simple critique sociale née en Russie au XIXe siècle, elle évolua vers une doctrine politique n'admettant aucune contrainte de la société sur l'individu et prônant le terrorisme. Bien qu'éphémère, ce mouvement politique aura soulevé des questions auxquelles s'intéresseront les penseurs de tous horizons. De ces interrogations naîtront une doctrine philosophique en relation avec l'absurde sociologique, la négation des valeurs morales et plus généralement, la négation de l'existence d'une réalité substantielle.
Le premier philosophe qui a véritablement étudié le nihilisme est Friedrich Nietzsche. Pour lui, le nihilisme proviendrait d’une crise de la civilisation. Il distingue deux formes de nihilismes :
un nihilisme des faibles : « Un nihiliste est un homme qui juge que le monde tel qu'il est ne devrait pas exister, et que le monde tel qu'il devrait être n'existe pas. Donc vivre (agir, souffrir, vouloir, sentir) n'a pas de sens : ce qu'il y a de pathétique dans le nihilisme, c'est de savoir que tout est vain », - et ce pathétique est encore une inconséquence chez le nihiliste";
un nihilisme des forts, lorsque les croyances s'effondrent du fait qu'elles sont dépassées. (source : Wikipedia : le nihilisme)
C’est l’origine de la célèbre phrase de Nietzsche « Dieu est mort » et l’objet de son livre « Ainsi parlait zarathustra » écrit en 1882.
Mais Nietzsche, n’est pas un philosophe nihiliste. Toute la philosophie de Nietzsche est une réaction au nihilisme, contre le nihilisme, et pour l’envie de vivre. En fait le nihilisme avance masqué et c’est le rôle du philosophe de le mettre à jour. C’est ainsi que Nietzsche peut définir Schopenhauer comme un philosophe nihiliste.
Leo_Strauss participe de ce combat en analysant le nihilisme allemand qu’il considère comme la base culturelle du nazisme dès 1941. [I]« le nihilisme pourrait signifier « velle nihil » vouloir le rien, la destruction de tout y compris de soi, et par conséquent principalement une volonté d’autodestruction » (extrait de l'ouvrage Nihilisme et politique)
De nos jours un autre philosophe Michel Onfray lutte ainsi ouvertement contre le nihilisme, qu’il retrouve dans l’histoire de la philosophies, l’art contemporain et en religion. Sous le nihilisme, Michel Onfray (wiki) analyse la pulsion de mort à l’œuvre dans tous les systèmes et qu’il décrypte dans tous ses ouvrages ainsi que dans le cadre de son Université Populaire.
Sources et pour en savoir plus :
- www.cosmovisions.com
- Pourquoi l'Art ? de Denys Trussel
- nihilisme et art contemporain de Lucien-Samir Oulahbib
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