Question d'origine :

Bonjour. Dans une famille, couple hétéro avec deux garçons dont un mineur, l'un des frères veut changer de genre. Il est suivi par son benjamin qui commence à se faire   pousser les cheveux, à prendre des allures féminines. Il parle également de vouloir faire comme son aîné.

Ma question est peut-être mal posée : y-a-t'ildes possibilités de "transmission" du désir de transformation du sexe, ou est-ce passager ?

Merci d'avance.

 

Réponse du Guichet

Avatar par défaut Point G - Département : Point G
Le 23/09/2021 à 15h30

L'identité de genre est un sentiment profond qui peut s'écarter du sexe assigné à la naissance sur la base de l'anatomie. Chaque trajectoire est individuelle.

Bonjour,

 

Permettez-nous tout d’abord de revenir sur la notion d’identité de genre. Elle peut être conforme au sexe assigné à la naissance sur la base de l’anatomie (on parle d’identité cisgenre), mais elle peut également s’en écarter tandis que se développe la personnalité (identité transgenre) : une personne peut alors ressentir profondément une appartenance au genre masculin, féminin ou hors de cette dualité stricte (genre non binaire).

 

Ce sentiment profond, singulier, ne se «transmet» pas à la manière d’une maladie. Il peut s’accompagner ou pas d’un souhait de transformation physique nécessitant le recours à des hormones et à la chirurgie. Si les parcours de vie et de transition sont eux aussi éminemment variables, comme le montre le sociologue Emmanuel Beaubatie dans son ouvrage récent Transfuges de sexe grâce à des entretiens menés auprès de personnes transgenres de générations (de 19 à 62 ans) et de milieux divers, ils sont aussi conditionnés par des facteurs sociaux, y compris matériels.

 

Le documentaire de S. Lifschitz Petite Fille est une approche plus intime au cœur de la vie de Sasha, 7 ans, assignée garçon à la naissance, et de sa famille qu’il a filmées pendant un an. La candeur et la spontanéité de l’enfance confrontées aux épreuves sociales, les inquiétudes et les combats de sa mère déterminée à permettre à sa fille «d’avoir la vie qu’elle veut».

 

Plus ancienne, la fiction Tomboy («garçon manqué») de Céline Sciamma donne à voir la remarquable plasticité du genre dans le jeu de la jeune actrice, mais aussi la contrainte du secret et la violence qui menace de s'abattre dès l’enfance pour toute personne ne se conformant pas, par incapacité, choix ou identité de genre à une assignation sociale déterminée par l’anatomie.

 

En plus de l'ouvrage de sociologie cité ci-dessus, deux autres ouvrages pourraient vous intéresser : le témoignage d’Elisa Bligny Mon ado change de genre, et celui de Camilla Vivian Mon fils en rose.

 

Le film de S. Lifschitz, comme ces deux ouvrages donnent à voir des contextes familiaux et fratries divers ne permettant pas de supposer une influence déterminante de l'environnement direct.

 

Enfin, cet article de la Revue Médicale Suisse, «Adolescents transgenres et non binaires : approche et prise en charge par les médecins de premier recours.Recommandations aux médecins » propose une synthèse assez simple d’accès et pouvant être utile aux parents autant qu’aux praticien-nes de santé dans la compréhension de ce que vivent les adolescent-es trasngenres. Il n’aborde cependant pas la question d'éventuelles fluctuations temporaires de l'identité de genre et il nous est difficile de répondre pour votre situation spécifique.

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