Pourquoi les adolescents se rebellent-ils contre l'autorité parentale ?
Réponse du Guichet
A l'adolescence, le corps, le cerveau et les hormones subissent une brutale mutation. L'enfant cherche une nouvelle place dans la famille, ne correspondant pas toujours à celle que ses parents continuent de lui assigner. Cette recherche de limites peut créer incompréhension et tensions.
Bonjour,
L'adolescence est un moment de profond bouleversement, à l'échelle de l'adolescent et de sa vie, de son rapport à lui-même, au groupe, à sa famille, mais aussi une période de profonde mutation du cerveau et de bouleversement hormonal - ce qui explique en grande partie les tentatives de rébellion des adolescents contre l'autorité parentale.
Dans Ados [Livre] : le décodeur / Estelle Denis et Stéphane Clerget, ce dernier, pédopsychiatre, indique :
"Alors que les changements physiques éclosent à peine, on peut observer de brutaux changements de tempérament. Mon enfant, qui était calme, obéissant, serviable et respectueux des règles, devient un ado de mauvaise humeur, opposant, égocentrique et rebelle. Ces manifestations sont variables d'un individu à un autre, mais se rencontre fréquemment. La sécrétion des hormones sexuelles et des hormones de croissance sont souvent responsables d'une forme d'agressivité et de tensions internes. Les remaniements psychiques expliquent le reste. En effet, lors de cette nouvelle phase de croissance cérébrale, les pulsions de la petite enfance, qui avaient été mises sous contrôle à l'âge de 2-6 ans (grâce à l'éducation) et durant toute la période dite de latence (qui correspond au temps de l'école primaire), réapparaissent. On retrouve alors l'enfant de 2 à 5 ans qui, après avoir été un bébé plus ou moins tranquille, disait non à tout, lançait ses premiers gros mots, nous tenait tête, pensait que tout le monde tournait autour de sa personne et se conduisait comme un tyran. Tout cela ressemble à une immense régression qui se comprend si l'on considère que l'adolescence est une nouvelle naissance, avec un nouveau corps et un cerveau en devenir.
Si les raisons pour lesquelles le jeune se soustrait à l'autorité sont multiples, dans tous les cas, ce refus doit être interprété comme une réponse à l'Autre qui forme son entourage (parents, famille, école, lycée, société...). Qu'il le veuille ou non, le sujet demeure l'enfant de ses parents et même un "enfant" à leurs yeux. Se soustraire à leur influence, devrait être pris pour le signe d'une certaine maturité et d'une indépendance salutaire. Pourtant, beaucoup de parents interprètent cette prise de distance comme un rejet. La soustraction à l'autorité porte sur la limitation de l'influence de l'Autre et le nécessaire détachement du mineur à son endroit. [...]En fait, les déclarations d'indépendance de la part des enfants sont faussement considérées comme un refus d'autorité ; elles constituent une étape décisive, qui les conduit à se passer des parents à condition de s'en servir, c'est-à-dire s'appuyer sur leur autorité - et non de les servir.
Les auteurs soutiennent que l'agressivité est une recherche de réponse de l'autorité de l'adulte - mais d'une autorité qui ne doit pas être confondue avec le pouvoir, puisque désormais l'ado a besoin d'en évaluer la légitimité.
DANS NOS COLLECTIONS :
Ça pourrait vous intéresser :
Je cherche de la documentation sur l'obsolescence scientifique...
Estime de soi et fin du monde