Que signifie être "emballeur" au XIXe siècle ?
Question d'origine :
Bonjour. Que signifie être "emballeur" au XIXe siècle ? (cf un acte d'état civil d'un ancêtre qui était emballeur au 6 rue d'Amboise à Lyon) Avez-vous des précisions sur ce métier ? Etait-il répandu ? Merci d'avance
Réponse du Guichet
L'emballeur est celui qui emballait les marchandises, notamment les objets de luxe.
Bonjour,
Dans le Dictionnaire des métiers oubliés des villes et de la campagne / Albine Novarino , la définition générique de l’emballeur est : « personne qui a pour métier d’emballer les marchandises.». Il pouvait s’agir de denrées périssables comme d’objets de valeurs (vêtements, meubles, bijoux). Pour les denrées périssables, les emballages étaient souvent en osier, les formes des paniers étaient très variables selon les produits transportés ("panier à œufs", "tortue à cerises", "manne haute pour choux-fleurs"...). Pour l'emballage des objets, on utilisait le bois, ce qui rapprochait le métier d'emballeur de celui de menuisier. On découvre aussi dans le dictionnaire que le métier d’emballeur s’appelait avant layetier : «fabricant de layettes, coffres, caisses et divers emballages en bois blanc». Le mot layetier existe depuis 1582. Mais au XIXe siècle «les deux termes de «layetier» et «emballeur» sont associés pour désigner une même profession. L’emballeur prend la cote de tous les objets à transporter et crée sur mesure une caisse. Contrairement à l’ébéniste traditionnel, l’emballeur n’utilise pas d’assemblage mais réunit avec des clous, éventuellement des lames métalliques, des petits liteaux et parfois une charnière et une serrure» (p.403)
D'après le Dictionnaire illustré et anthologie des métiers : du Moyen Age à 1914 / Daniel Boucard, l’ancêtre de l’emballeur fut aussi le crocheteur. Si les crocheteurs étaient avant tout des porteurs, «ils faisaient aussi les emballages pour assurer un transport sécurisé avant la création d’un office d’emballeurs» (p. 192). Le dictionnaire nous dit aussi p. 230 dans sa définition de l’emballeur: «le crocheteur faisait l’emballage de la marchandise qu’il transportait. Mais Louis XIV créa, pour améliorer ses finances, vingt-quatre charges d’emballeurs qui devaient faire tous les emballages des douanes dans les faubourgs et la ville de Paris. Le terme s’adresse à toutes les personnes qui préparent des marchandises avant de les expédier.»
Au XIXe siècle, le développement des transports maritimes et ferroviaires, ainsi que des objets de mode, va rendre le métier d'emballeur plus important.
Voir cet extrait de l’ouvrage Louis Vuiton, une saga : Un vrai métier. En effet, Louis Vuitton fut layetier-emballeur avant de devenir malletier.
Dans cet article sur Nicolas Lambert, l’emballeur vous trouverez une définition détaillée du métier d’emballeur au XIXe siècle, tirée du Dictionnaire des arts et métiers.
Sur l’évolution du métier au XIXe siècle, voir cet article : « Les modes sont si fragiles ! Cartons, boîtes et malles pour robes et accessoires. Un défi pour les emballeurs du XIXe siècle », par Françoise Tétart-Vittu. On y apprend qu'à Paris " les layetiers-coffretiers-emballeurs – 219 inscrits sous ce titre en 1842, pour 376 en 1872 – n’apparaissent plus que sous la rubrique « Emballeurs » à compter de 1888 et « Articles de voyage » en 1890".
Nous n'avons pas trouvé de chiffres plus précis permettant de savoir si le métier était répandu. Au vu des chiffres parisiens, il semble que le métier d'emballeur était contrôlé et réservé à certains types d'emballages liés aux objets de luxe.
La BnF a répondu à une question sur l’art du métier de layetier-emballeur
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