Question d'origine :
Bonjour
Où puis-je trouver le texte de la chanson de Roland et éventuellement son
interprète ?
Bien cordialement
Réponse du Guichet
Le 18/09/2006 à 14h08
Ces exploits ont une base historique assez mince. En 778, Charlemagne entreprend une expédition militaire en Espagne pour venir en aide à un chef musulman qui s’était révolté contre l’émir de Cordoue. Deux armées traversent donc les Pyrénées, dont l’une commandée par Charlemagne, s’empare de Pampelune, mais est tenue en échec devant Saragosse. A ce moment, apprenant une révolte des saxons, son chef regagne la France en toute hâte et, au passage des Pyrénées, son arrière-garde est massacrée le 15 août 778 par des montagnards basques ou gascons. Parmi les disparus de marque, Eginhard (830) signale Roland, duc de la Marche de Bretagne. L’expédition n’avait duré que quelques semaines.
Ces faits vont donner naissance à un formidable texte épique.
Anonyme comme presque toutes les chansons de geste – à moins qu’on ne considère le mystérieux Turoldus du dernier vers comme l’auteur de l’œuvre – la Chanson de Roland est le prototype du genre. Elle compte 4002 vers(décasyllabes). Elle relate la mort de Roland, neveu de Charlemagne et des douze pairs qui l’accompagnent, lors de la bataille de Roncevaux à la suite de la trahison de Ganelon. La première partie de l’œuvre, qui s’achève sur la mort du héros, dont l’âme est emportée en paradis par l’archange Gabriel, oppose la démesure de Roland qui refuse de sonner du cor pour rappeler l’armée dont ses troupes constituent l’arrière-garde, à la lucidité d’Olivier, conscient des enjeux politiques de la bataille. La seconde partie décrit la vengeance de Charlemagne sur l’armée sarrasine, puis sur les traîtres, avant son départ pour de nouveaux « travaux ».
Composée donc très tôt, la Chanson de Roland appartient de droit au Cycle du Roi, la première des trois grandes catégories de chansons de geste. Cette légende dans sa version la plus ancienne nous est transmise par le manuscrit d’Oxford de la Bibliothèque bodléienne (dernier quart du XIIe siècle). Elle représente à merveille les conflits de l’idéologie féodale et « l’esprit de croisade » qui caractérise le genre. Bien qu’elle ait suscité une abondante critique, elle pose encore de nombreux problèmes non résolus, en particulier celui de la composition des chansons de geste : à la théorie du « créateur de génie » solitaire s’oppose celle d’une composition collégiale, d’abord sous forme orale, de fragments tardivement rassemblés pour former l’œuvre que nous avons conservée.
La Chanson de Roland est la plus sévère des chanson de geste, mais aussi celle qui offre les lignes ples plus pures et dont la noblesse de ton ne fléchit pas. Cette souveraine continuité, assez exceptionnelle, classe Roland à part et au-dessus des autres gestes, dont la texture est plus mêlée. Roland plane au-dessus du concret quotidien, survole la géographie réelle. C’est la vision grandiose et lumineuse d’une réalité extraordinaire, d’un triomphe militaire qui intéresse Dieu et les hommes. D’une noble élévation, la chanson n’est pas uniforme. Elle est composée de contrastes calculés et animée d’une vie psychologique intense.
(D’après
Vous pourrez trouver différentes éditions de la Chanson de Roland à la Bibliothèque municipale de Lyon en usuel, en prêt ou en consultation sur place. Voir à ce sujet notre
OPAC
En ce qui concerne les interprètes de la chanson de Roland, il s’agit bien sûr d’une transmission orale avec tout ce que cela suppose d’incertitude :
Joseph Bédier dans les quatre volumes qu’il consacre aux légendes épiques (Champion 1912) tente de retrouver la formation et la trace de ces chansons dans les monastères qui jalonnent les grands pèlerinages du XIe siècle. En s’acheminant vers St-Jacques de Compostelle, les pèlerins s’arrêtant dans les monastères auraient entendu de la bouche des moines des récits pseudo-historiques en même temps qu’ils auraient vu à diverses étapes les vestiges de l’expédition de Charlemagne. Ces données éparses, rassemblées, recomposées, dramatisées par un conteur de génie nous auraient valu le chef-d’œuvre qu’est la Chanson de Roland.
Cette thèse est combattue par les partisans d’une tradition populaire orale s’appuyant sur une matière historique susceptible d’être retrouvée dans les œuvres. Ce serait le sommet de la longue évolution d’un genre qui, parti d’un niveau assez bas, celui de l’événement, serait parvenu par des échelons historiques, puis lyriques jusqu’au niveau épique. Il y auarait donc eu transmission orale de la chanson de geste avec apport ou enrichissement selon la formation, le goût, le talent de chaque jongleur (trouvère ou troubadour) ou encore selon ses facultés d’adaptation à son auditoire
Il existe des enregistrements sonores de la Chanson de Roland. Voyez aussi notre OPAC
Nous pensons avoir répondu à votre demande pour la Chanson de Roland à moins qu 'il ne s'agisse de l'enregistrement du groupe techno Nova-Nova !
DANS NOS COLLECTIONS :
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Momoko