Je cherche des fictions adultes qui parlent de soupes et de bouillons
Question d'origine :
je recherche des fictions adultes qui parlent de soupe ou de bouillon.
Merci beaucoup
Réponse du Guichet
Nous avons rédigé pour vous une bibliographie et une filmographie autour de la soupe, le potage, le bouillon même si cela n'est pas chose aisée car il est difficile de savoir dans quelle mesure ces œuvres ont la soupe pour thème central. Cet élément peut avoir davantage une présence plus symbolique que thématique.
Bonjour,
Vous recherchez des fictions adultes sur le thème de la soupe ou du bouillon sans nous préciser le support. Livre ou film ? Nous vous proposons donc plusieurs ouvrages et quelques films dont un célébrissime.
Romans
Mange ta soupe et joue ton piano / Anne Loesch, 1967. Numérisation Google livres.
Dure et nouée comme ces oliviers qui ne font pas la richesse de l’Ifrigya, Frédérique Spinelli, héroïne et narratrice de cette histoire, pèse et soupèse ses seize ans et ses quarante-deux kgs. Elle observe ses parents, Suzanne et Vincent. Elle scrute l’avenir. Elle a appétit de tout, sauf de nourritures terrestres... La Tunisie, décor d’opérette où il fait bon passer quinze jours de vacances, est un cul-de-sac où s’agglutinent Corses, Italiens, Juifs, Russes Blancs et Maltais. Les Arabes, dix ans après l’Indépendance, continuent à faire de la figuration. Frédérique, pourtant, les aime : si seulement ils ne nous singeaient pas et osaient être eux-mêmes !... "Mange ta soupe et joue ton piano !" répète Suzanne Spinelli à sa fille : elle espère ainsi, à la fois, en faire une artiste et une femme dodue... Pour faire grossir Frédérique, on va jusqu’à l’interner dans une clinique psychiatrique : "anorexie mentale" ont décrété les médecins. Ils préconisent en cœur un "retrait du milieu familial" dont nul ne veut, surtout pas Suzanne, moins encore sa fille, que Tout-Tunis, petit monde cocasse et étriqué, ne tarde pas à qualifier de "folle". Suzanne, qui avait rêvé d’être une cantatrice, fiance Frédérique avec un pianiste dont le nom s’inscrit déjà sur les affiches en lettres de dix centimètres : Charles Sabban. Mais Frédérique, comme un animal encagé, guette le moment où elle pourra bondir et s’échapper, tout en essayant de tirer de ses "fiançailles" quelques enseignements sur elle-même. Elle travaille son piano et prépare son bachot, désormais, de son plein gré, c’est-à-dire avec une frénésie de prisonnier préparant son évasion. Charles éliminé, les garçons se succèdent auprès d’elle sans l’émouvoir : ils l’étonnent ; qu’a-t-elle donc qui les jette à ses pieds ? Mais un jour, elle a maintenant dix-huit ans, la chenille devient papillon. L’auteur de cette métamorphose se nomme Vladimir. Comme le remarque Frédérique : "On n’aime qu’une fois pour la première fois..." C’est aussi, puisque c’est le début d’une vraie femme, la fin de ce roman d’une jeune fille exigeante... Que faut-il le plus admirer, dans ce troisième livre d’Anne Loesch : la vitalité forcenée ? Un style décapant qui rappelle l’apparition de Christiane Rochefort ? L’intrusion dans nos lettres modernes d’un "ton pied-noir" d’une saveur merveilleuse ? Tout cela à la fois, sans doute, c’est-à-dire la confirmation, après trois années de silence, du talent d’Anne Loesch qui, quand elle publia à vingt ans, en 1963, La valise ou le cercueil, étonnant document sur les derniers jours de l’Algérie française, nous avait appris qu’il faudrait désormais compter avec cette mince personne passée, dans la folie d’une époque folle, des études de lettres et de philosophie aux commandos de la moribonde O.A.S. Revenue en France, ayant fait retraite et réflexion, Anne Loesch devrait appartenir désormais, tout entière, au roman.
Source : Google livres
Un repas en hiver / Hubert Mingarelli, 2012. Babelio en propose des critiques et extraits.
Ce jour-là, trois hommes prennent la route, avancent péniblement dans la neige sans autre choix que de se prêter à une chasse à l'homme décrétée par leur hiérarchie militaire. Ils débusquent presque malgré eux un Juif caché dans la forêt, et, soucieux de se nourrir et de retarder le retour à la compagnie, procèdent à la laborieuse préparation d'un repas dans une maison abandonnée, avec le peu de vivres dont ils disposent. Les hommes doivent trouver de quoi faire du feu et réussir à porter à ébullition une casserole d'eau. Ils en viennent à brider les chaises sur lesquelles ils sont assis, ainsi que la porte derrière laquelle ils ont isolé leur proie. Le tour de force d'Hubert Mingarelli, dans ce roman aussi implacable que vertigineux, consiste à mettre à la même table trois soldats allemands, un jeune Juif et un Polonais dont l'antisémitisme affiché va réveiller cher les soldats un sentiment de fraternité vis-à-vis de leur prisonnier.
Source : 4e de couverture
L’occurrence soupe revient souvent dans les romans de Philippe Claudel.
Parfums, 2012. 4 occurrences soupe sur Google livres.
Une soixantaine de fragments qui évoquent les souvenirs de l'auteur des parfums de son enfance et son adolescence : l'après-rasage, la crème solaire, les Gauloises et les Gitanes, la cannelle, le charbon, l'encre, le foin, le pull-over de l'oncle... Ces évocations rendent hommage aux origines de P. Claudel, à sa famille et à la ville où il est né. "En dressant l'inventaire des parfums qui nous émeuvent, ce que j'ai fait pour moi, ce que chacun peut faire pour lui-même, on voyage librement dans une vie. Le bagage est léger. On respire et on se laisse aller. Le temps n'existe plus : car c'est aussi cela la magie des parfums que de nous retirer du courant qui nous emporte, et nous donner l'illusion que nous sommes toujours ce que nous avons été, ou que nous fûmes ce que nous nous apprêtons à être. Alors la tête nous tourne délicieusement."
Critiques et extraits de Babelio.
Les âmes grises, 2003. 4 occurrences soupe sur Google livres.
Durant la Grande Guerre, à côté des milliers d'hommes qui meurent chaque jour, des jeunes enfants, des femmes et des médecins sont assassinés dans l'ombre. © Electre
La petite fille de Monsieur Linh, 2005. 6 occurrences soupe sur Google livres.
Monsieur Linh est un vieil homme. Il a quitté son village dévasté par la guerre, n'emportant avec lui qu'une petite valise contenant quelques vêtements usagés, une photo jaunie, une poignée de terre de son pays et avec dans ses bras, un nouveau-né, Sang Diû, sa petite-fille qui a perdu ses parents. Après un long voyage en bateau, il arrive dans une ville froide et grise, avec d'autres réfugiés.
Le rapport de Brodeck, 2007. 7 occurrences soupe sur Google livres.
Le métier de Brodeck consiste à établir de brèves notices sur l'état de la flore, des arbres, des saisons, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal. Le maréchal-ferrant du village lui demande de consigner les évènements de la guerre sans ajouter de détails inutiles.
Fantaisie allemande, 2020. 11 occurrences soupe sur Google livres.
Un roman décomposé évoquant l'histoire, la guerre et la perte à travers les destins de personnages qui reviennent, comme dans une ronde : un soldat, déserteur ou rescapé, un homme âgé, ressassant un passé qui n'en finit pas, un certain Viktor, une fille cruelle qui maltraite le pensionnaire d'un hospice, un homme paisible qui chantonne à son heure des marches nazies. © Electre
Autres auteur·ices :
Une soupe à la grenade / Marsha Mehran ; roman traduit de l'anglais par Santiago Artozqui, 2021
Trois jeunes soeurs ayant fui la révolution iranienne trouvent refuge à Ballinacroagh où elles ouvrent le Babylon Café. Bientôt, les effluves ensorcelantes de la cardamome, des amandes grillées et du miel bouleversent la tranquillité de la petite ville d'Irlande. Car la cuisine persane fait fleurir les rêves de ceux qui la goûtent et leur donnent envie de changer de vie. © Electre 2021
Critiques et extraits de Babelio.
Vous pourriez également être intéressé·e par Une soupe aux herbes sauvages d'Emilie Carles sorti en 1979.
" Roman misérabiliste, récit larmoyant ? C'était l'écueil.
Mais la vieille dame n'est pas de la race qui se lamente ou qui s'apitoie. Elle promène une force tranquille, une santé à toute épreuve, une joie même étonnante. Dans ce monde des campagnes qui ne croit qu'à Dieu et à l'autorité, elle professe féminisme, anarchisme et pacifisme. Comme ses petits-enfants, aujourd'hui. Elle n'accepte aucune fatalité, aucune soumission. Et se bat au nom d'un idéal que rien n'entamera."Janick Jossin, L'Express
" Que l'on n'attende pas de cette Soupe aux herbes sauvages une aimable collection d'historiettes pittoresques, un florilège de traits campagnards, vieilles tisanes et vieilles lunes. Emilie Carles, au terme de ses jours, a pris la plume comme on prend son épée : pour combattre les préjugés, pourfendre les puissants et les riches, dire leur fait aux malins."Bruno Frappat, Le Monde
" Son livre est formidable.
Elle ne cherche pas à faire littéraire, et elle y est en plein, du premier coup. Allez-y carrément."Cavanna, Charlie Hebdo
La Soupe aux choux / René Fallet, 1980
Claude Ratinier, dit le Glaude, et Francis Chérasse, dit le Bombé, le premier sabotier et le second puisatier, vivent dans leur hameau campagnard du Bourbonnais, nommé les Gourdiflots, très en retrait de la vie moderne. Une nuit, à la suite d'un concours de pets auquel se sont livrés les deux amis, un extraterrestre que le Glaude nommera la Denrée débarque en soucoupe volante de la planète Oxo dans le jardin de celui-ci. Le Glaude lui offre alors à manger de la soupe aux choux. L'extraterrestre appréciant le potage, il en emporte sur sa planète.
Le voisinage s'émeut des aller-retour du visiteur mais le Glaude et la Denrée se lient d'amitié. Peu après, l'extraterrestre lui propose de venir le rejoindre sur sa planète pour qu'il fasse bénéficier tous les Oxiens des bienfaits de la soupe aux choux, mais le Glaude refuse en mettant en avant son amitié avec le Bombé. Pourtant, rattrapés par les péripéties de la vie moderne, nos deux acolytes envisagent de plus en plus sérieusement de migrer sur la planète Oxo.
Source : La soupe aux choux (roman), Wikipédia
Films
La soupe aux choux / réal. de Jean Girault. Adapté du roman de René Fallet.
Nous avons également sollicité l'aide de l'IA Perplexity qui nous propose les résultats vérifiés suivants :
Romans
- La Soupe aux choux / René Fallet : Roman humoristique et rural, adapté au cinéma, où la soupe rassemble les personnages et sert même de lien avec l’extra-terrestre de l’histoire.
- Le restaurant de l’amour retrouvé / Ito Ogawa : À travers la redécouverte de la cuisine, l’héroïne reconnecte avec sa ville natale, ses émotions, et soigne ses proches, notamment via des plats simples et réconfortants comme la soupe. Cette dernière information n'apparaît pas ou plus sur le site du Facteur livre cité comme source par l'IA. Mais Google livres donne 18 résultats à l'occurrence soupe.
Dans l’univers du roman culinaire, d’autres titres traitent de cuisine en général et abordent des scènes de potage ou de bouillon :
- Dîner avec Edward / Isabel Vincent. 11 occurrences soupe sur Google livres
- Mangez-moi / Agnès Desarthe. 4 occurrences soupe sur Google livres
- Dans ma bouche / François Simon. Aucune occurrence sur Google livres mais le livre n'est pas entièrement numérisé.
Films
- La Soupe aux choux (1981) / Jean Girault : Comédie culte française où la soupe partage la vedette avec des extra-terrestres ; adaptation fidèle du roman de René Fallet.
- Tampopo (1985) / Jūzō Itami : Véritable « western du ramen », ce film japonais célèbre l’art de la soupe de nouilles et sa quête perfectionniste.
- Tortilla Soup (2001) : Relecture hispanique de « Eat Drink Man Woman », l’émotion familiale se concentre autour de soupes et bouillons partagés. Ceci n'est pas confirmé par les sites IMDB ou Sens critique.
- Soupe au canard (1933) : Une comédie des Marx Brothers, dont le titre original, « Duck Soup », évoque la soupe, même si le plat occupe un rôle plutôt symbolique.
- Le Bouillon (court-métrage) / Stéphanie Lagarde : Un huis clos dans un vieux café où le bouillon devient prétexte à l’introspection et aux échanges humains.
À noter
Les œuvres ci-dessus traitent la soupe, le potage ou le bouillon comme plat identitaire, lien social, ou moteur narratif, notamment dans le cinéma japonais et la littérature française populaire. Certaines œuvres culinaires évoquent la soupe parmi d’autres plats, mais y reviennent comme symbole de partage, de mémoire ou d’émotion.
Bon souper.
Chair