Quelles sont les relations diplomatiques entre le Vatican et Israël depuis 1958 ?
Question d'origine :
Cher guichet,
Quelles sont les relations diplomatiques entre le Vatican et Israël depuis 1958? Avant cette date, je crois qu'il n'y en a pas.
Y a-t-il des nonces à Tel Aviv et des ambassadeurs israéliens agréés auprès du Vatican ?
Quand est-il auprès de l'État palestinien ?
Merci
Réponse du Guichet
Les relations diplomatiques entre Israël et le Vatican n’ont officiellement débuté qu’après l’accord fondamental du 30 décembre 1993. Depuis 1994, il y a un ambassadeur d’Israël auprès du Saint Siège et un nonce apostolique à Tel Aviv. Depuis 2017, il existe aussi une ambassade de Palestine auprès du Saint-Siège, après la reconnaissance de l’État de Palestine par le Vatican en 2015. Le nonce apostolique en Israël est également délégué apostolique pour Jérusalem et la Palestine.
Bonjour,
D’après les documents que nous avons pu consulter, les relations diplomatiques entre Israël et le Vatican n’ont réellement débuté qu’en 1994, après la reconnaissance de l’État d'Israël par le Vatican. Mais c'est à partir de 1973 que se nouent des relations entre papes et dirigeants israéliens.
«29 septembre 1994 : la résidence de Castelgandolfo est le théâtre d'une cérémonie peu banale ; le chef de l'Église catholique y reçoit les lettres de créances du premier ambassadeur de l'État d'Israël auprès du Saint-Siège. L'événement fait suite à la nomination le 15 juin du premier nonce apostolique auprès de l'État d'Israël. Ce double événement est d'importance : il marque la fin d'une période de quarante-six années - depuis la création de l'État d'Israël le 15 mai 1948 - de tensions et malentendus entre les deux intéressés. Il aura donc fallu près d'un demi-siècle pour que les deux protagonistes conviennent de l'opportunité d'établir des relations diplomatiques pleines et entières. C'est dire la longueur du chemin parcouru et la difficulté probable des obstacles à franchir. Cet échange historique de diplomates constitue en réalité la première concrétisation significative de l'accord fondamental signé à Jérusalem le 30 décembre 1993 entre le Saint-Siège et l'État d'Israël et si l'échange de diplomates mérite d'être souligné comme un événement symbole, le texte qui en constitue le fondement juridique et politique appelle, pour sa part, un commentaire approfondi.»
L'accord fondamental du 30 décembre 1993 entre le Saint-Siège et Israël, Marie-Pierre Lanfranchi, Annuaire Français de Droit International, Année 1994, 40 pp. 326-355
Voir aussi p.334. Les évolutions successives de la politique vaticane à l'égard de la reconnaissance de l'État d'Israël, qui permet de mieux comprendre les relations Vatican-Israël avant les relations diplomatiques officielles, et la délicate question religieuse, particulièrement prégnante sur ces lieux que chacun juge sacrés ("Terre sainte").
Dans la recension Histoire secrète des relations entre Israël et le Vatican, Mare Nostum, on peut lire aussi :
«Le pape et la matriarche, dernier ouvrage du journaliste Michaël Darmon, spécialiste reconnu de la géopolitique et des relations internationales, offre un éclairage inédit sur l’histoire fascinante et méconnue des relations entre le Vatican et Israël. S’appuyant sur une documentation riche et des sources de première main, l’auteur retrace les coulisses d’une rencontre historique entre deux figures emblématiques : Golda Meir, Première ministre d’Israël, et le pape Paul VI, le 16 janvier 1973 au Vatican.
Au-delà de l’importance symbolique de cette entrevue, la première entre un pape et un dirigeant israélien depuis la création de l’État hébreu, Darmon explore les enjeux diplomatiques, mémoriels et les intrigues qui ont façonné les relations entre le Saint-Siège et Israël. À travers un récit captivant, il dévoile une histoire faite de secrets, d’espionnage et de coopération inattendue, qui s’étend jusqu’à la reconnaissance officielle d’Israël par le Vatican en 1994, et au-delà.[…].L’auteur souligne d’emblée le caractère exceptionnel de cette rencontre, la première entre un pape et un dirigeant israélien depuis la création de l’État d’Israël en 1948. Pour Golda Meir, cette visite au Vatican revêt une importance capitale, tant sur le plan symbolique que politique. Elle y voit l’occasion de faire avancer la reconnaissance diplomatique d’Israël par le Saint-Siège, mais aussi de nouer un dialogue constructif avec l’Église catholique.»
D'autres informations sont à lire dans :
Le Saint-Siège, l'état d'Israël et la paix au Moyen-Orient, Frédéric Yerly, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Année 1996, 51 pp. 3-14, article essentiel.
Histoire secrète de la diplomatie vaticane, Éric Lebec, informations générales sur l'influence du Vatican dans le monde.
Israël-Palestine : la diplomatie vaticane et la solution à deux états, Marie Levant, podcast sur KTO
Pour ce qui est de la Palestine, là aussi, il faut attendre logiquement la reconnaissance d'un état de Palestine par le Vatican :
«L’Ambassade de Palestine auprès du Saint-Siège a officiellement été inaugurée le 14 janvier [2017] dernier. Le président de l’État de Palestine Mahmoud Abbas – en visite au Vatican pour l’occasion – a ainsi rencontré le Pape François. Cette ouverture officielle est consécutive à l’accord signé en 2015 entre l’État de Palestine et celui du Saint-Siège, peu après la reconnaissance de l’État de Palestine de la part du Vatican. Le président palestinien et le secrétaire général de l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP) se sont ainsi rendus à Rome.»
La Palestine inaugure son ambassade au Vatican, terresainte.net 17/01/2017
Depuis 2017, le Nonce apostolique en Israël et Chypre est également délégué apostolique pour Jérusalem et la Palestine selon l’article L’arrivée en Terre Sainte de Mgr Leopoldo Girelli, nouveau représentant pontifical.
Selon Wikipédia, «Le délégué apostolique est un prélat pouvant être aussi en même temps nonce apostolique, mais qui est nommé en tant que délégué représentant du Saint-Siège dans certaines organisations, notamment internationales, ou encore quand il n'est pas accrédité auprès des autorités gouvernementales en question».
Il n'aurait donc en Palestine pas de rôle diplomatique à proprement parler.
Plus de détails dans l'article Délégués apostoliques et ordinaires de missions, de la Nouvelle Revue Théologique, p.3.
Bonnes lectures !
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