Pouvez-vous confirmer la traduction de ces vers de Marie de France selon Françoise Morvan ?
Question d'origine :
Grand merci pour la rapidité et la précision enrichie de votre réponse.
J'en profite encore - si ce n'est pas abuser - pour vous demander la traduction, toujours par Françoise Morvan, d'un passage du prologue de ces mêmes Lais de Marie de France.
Les vers 23 à 42 qui, dans une traduction pas très satisfaisante, donnent :
Celui qui veut se protéger du vice
doit se consacrer à l’étude et s’efforcer
d’entreprendre une oeuvre exigeante :
c’est là la meilleure façon de s’écarter du vice
et de se libérer d’une grande souffrance.
C’est pourquoi j’ai d’abord formé le projet
de raconter, en français,
une belle histoire tirée du latin.
Mais ce travail ne m’aurait guère valu de considération :
tant d’autres l’ont déjà fait !
Je m’intéressai alors aux lais que j’avais entendus.
je ne doutai pas, j’en étais même certaine,
que ceux qui les avaient inventés
et légués à la postérité
les avaient composés
pour conserver la mémoire
des aventures qu’ils avaient entendues.
J’en ai entendu raconter un certain nombre,
je ne veux pas les laisser tomber dans l’oubli.
Je les ai mis en vers et en rimes ,
j’y ai consacré bien des heures de veille !
Bonne journée et merci encore.
Stéphane
Réponse du Guichet
Voici la traduction de ce passage du prologue de Marie de France par Françoise Morvan dans les "Lais" édités chez Actes sud en 2022.
Bonjour,
En complément de votre précédente question, nous vous retranscrivons ces vers du prologue des Lais de Marie de France selon la traduction de Françoise Morvan tels que rencontrés dans l'édition Actes Sud (2022) :
Qui du vice se veut défendre
Se doit d'étudier, de comprendre,
Puis en œuvre ardue s'engager
Afin de pouvoir éloigner
La douleur et s'en délivrer.
Ainsi ai-je d'abord pensé
Prendre en latin un bon récit,
Puis le mettre en français uni ;
Mais on l'aurait fort peu prisé :
Tant d'autres l'ont déjà tenté !
Je me suis souvenue des lais
Dont je pensais, dont je savais
Que ceux qui les avaient fait naître
Et par le monde fait connaître
Voulaient remembrance garder
Des aventures racontées.
Nombreux sont ceux que j'ai ouïs
Et pour qu'ils ne soient en oubli
Poème en ai-je fait, rimé,
Ce qui souvent m'a fait veiller.
Source : Lais de Marie de France (Actes Sud, 2022) (p. 22-23).
Bonne journée.
Combats de fille