Je cherche des informations sur le maquis de Pilon-Pinet dans le Beaujolais
Question d'origine :
Bonjour,
Je cherche des informations sur le maquis du Pilon-Pinet dans le beaujolais vert à proximité d'Amplepuis.
J'aurais aimé connaitre sa localisation et son histoire.
Merci d'avance
Réponse du Guichet
L'histoire de ce maquis a été peu documentée.
Bonjour,
Malgré nos recherches, nous n'avons pas trouvé beaucoup d'éléments d'information sur ce maquis. Nous supposons qu'il devait s'agir d'un petit maquis ou pré-maquis qui est venu grossir le maquis Berthier dirigé par Louis Challéat.
Le Maquis Berthier : Ce maquis est l’oeuvre de Louis Challéat (« Berthier »), lieutenant d’artillerie militant à l’ORA, qui en prend le commandement le 1er novembre 1943. Il va regrouper et encadrer des groupes de maquisards dispersés de Thizy et Amplepuis à Ste-Foy-l’Argentière et St-Symphorien-sur-Coise. Il compte aussi le moment venu sur des résistants sédentaires, pour former une troupe cohérente de 800 hommes environ.
source : Libération de l'Ouest lyonnais - Les différents groupes de résistants
Dans Résistance en Secteur III du Rhône : 1941-1945 / Récits rassemblés, recueillis ou écrits par Pierre Gouttard, on trouve un extrait du rapport de Berthier qui raconte sa "prise de poste" à la tête du maquis de Tarare qui s'étendra au secteur d'Amplepuis (pages 23-24). On trouve également des photographies représentant le maquis du Pinet en page 26 et celui du Pilon en page 31.
Louis Challéat a également rédigé un article publié dans Amplepuis et sa région : histoire du département du Rhône : actes des Journées d'étude 1984 / Union des sociétés historiques du Rhône en pages 47 à 69 dans lequel on retrouve le "rapport d'Avril 1945 adressé par le Capitaine Challéat aux activités militaires".
En voici un court extrait :
"Fin 1943, je fus désigné par le Commandant Pasteur (Calmette) qui était officiellement Chef d'Etat-Major à la subdivision de Lyon et qui assumait les fonctions d'adjoint du régional Didier dans l'A. S., pour prendre à Tarare le commandement d'un maquis qui avait l'air assez nébuleux. (..;]
Thozet, chef du secteur de Tarare, mon chef direct, m'avait bien averti que le maquis auquel j'étais destiné n'était pas le "Pérou". A tous points de vue il avait raison.
A la ferme de Charveyron, dans la neige, je trouvais 8 jeunes gens (Athos, Porthos, Aramis...) un révolver modèle 1892 et ... aucune organisation. Tenir le maquis dans ces conditions était chose périlleuse. Je me mis à la tâche : trouver des chefs créer l'ambiance, faire admettre la discipline nécessaire, tout cela était relativement facile avec les jeunes dont je disposais et qui constituaient d'excellents éléments.
Petit à petit, les effectifs augmentaient ; trop rapidement à mon gré car j'étais tourmenté par le problème "cadres" qui a été le plus grand problème de la résistance, comme il est encore le problème de la France. [...]
Le 15 décembre, Thozet ayant été nommé chef du IV Bureau de la sous-région, j'étais désigné pour lui succéder. Immédiatement, je tirais les sonnettes d'alarme pour mon malheureux maquis. [...]"
Plusieurs articles de journaux pourront vous intéresser. Quelques extraits :
Martial Pfefferkorn pousuivit : « Il y a soixante ans, nous étions en 1944. Pour nous c'était avant-hier, pour la jeunesse c'est à des années lumière... Depuis le monde a changé. Nous avons le devoir de nous adapter à la vie de ce vingt et unième siècle, mais si cela nous parait difficile et quelques fois surréaliste, nous devons aussi réagir lorsque nous estimons qu'il y a dérive. »
Puis le secrétaire évoqua la guerre entamée en septembre 1939, qui paraissait interminable, la faim, le froid de l'hiver, les déportés politiques, les déportés de la Résistance et ceux au titre du Travail Obligatoire, l'occupation nazie pesant de plus en plus sur la population.
Il s'attarda sur la Résistance à Tarare : « 'Radio 41'diffusait en clair des messages d'espoir de la BBC, le maquis de Charveyron à Joux, repéré par la Gestapo et la Milice obligeant les maquisards à se diriger soit vers le Vercors, soit vers de nouveaux maquis qui voyaient le jour dans la région à Valsonne, Saint-Appolinaire, le Pilon, le Pinet, mais aussi le Val d'Azergues, Villechenève ou Montchal. » Il rappela que les responsables, notamment Albert Giron pour l'administratif et Louis Challéat (commandant Berthier) pour l'opérationnel, avaient pris beaucoup de risques : « Certains connurent les prisons, d'autres furent déportés, souffrirent ou moururent dans les camps d'extermination. » ajouta-t-il
Ce fut aussi l'aménagement de terrains de parachutage comme celui de Saint-Cyr-de-Valorges où un tragique accident causa le 27 avril 1944 la mort d'aviateurs américains. Mais ils en ont beaucoup d'autres de souvenirs les anciens combattants, qui sont autant de messages à transmettre aux générations actuelles et futures... Notre édition de demain s'en fera donc l'écho.
source : Monde combattant : c'était il y a vingt ans / H.G. - Le Progrès - Lyon - Rhône, mardi 10 février 2004
Martial Pfefferkorn était connu pour son engagement au sein de la Résistance. En effet, il avait rejoint le maquis du Pinet, aux confins d'Amplepuis, de Ronno et des Cassettes, en 1943, persuadé que c'était la seule solution pour contrer les Allemands.
Membre des « Bidulards », petit groupe d'intervention tararien, et du bataillon Berthier, il gardait en mémoire des faits liés à la Résistance comme celui de la libération de Lyon à laquelle il avait participé.
Il était resté actif au sein de l'ANACR (Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance), puisqu'après avoir été le président, il fut vice-président et également secrétaire général du comité de Tarare.
source : La Ville rendra hommage, samedi, à l’ancien résistant membre du Maquis du Pinet - Le Pays - 25 juillet 2019
Voir aussi les articles du Maitron suivants :
Le mémorial du Maquis Pilon Pinet a été photographié et les noms relevés sur Généawiki et Wikimedia Commons.
Nous n'avons malheureusement pas trouvé plus d'informations dans les divers documents que nous avons pu consulter. Quelques exemples :
- Du côté de Ronno / Groupe de recherches archéologiques et historiques d'Amplepuis
- Un chasseur à la sécurité militaire/ Général Pierre Thozet ; édition établie et annotée par Marie Thozet
- Luttes sociales et politiques à Villefranche et dans le Beaujolais. 2ème partie : Guerres et résistances, 1914-1944/ Lucien Béatrix, Jean Large, Serge Laurent... [et al.]
- Chroniques de la Résistance en Beaujolais/ Christophe Gallet
- Résistance et Contre-Résistance à Lyon et en Rhône-Alpes/ Marcel Ruby
...
Nous avons toutefois contacté la bibliothèque du Centre Historique de la Résistance et de la Déportation de Lyon. Nous vous tiendrons informé de sa réponse dès qu'elle nous parviendra.
Bonne journée.
Complément(s) de réponse
La documentaliste du CHRD, que nous remercions ici, vient de nous répondre.
Elle indique qu'elle n'a pas d’éléments supplémentaires à indiquer et vous invite à venir sur place consulter les collections de la bibliothèque.
Elle précise toutefois qu'un témoignage de Louis CHALLÉAT est disponible sur leur portail ainsi qu'un gros fonds dans leurs archives.
Complément(s) de réponse
Louis Challéat parle de la création des maquis aux alentours de 50 minutes de cette vidéo.
Il précise que les maquis du Pilon et du Pinet ont été créés le 1er juin 1944.
Métropoles et périphéries : qui les habitent ?