Je cherche des renseignements sur la contre-monnaie frappée à Lyon en 1873.
Question d'origine :
Bonjour, je recherche des renseignement sur des essais de monnaie appelées CONTRE-MONNAIE et frappées à Lyon en 1873 par un certain "GACHE" .
J'en connais plusieurs valeurs: 5 et 10 centimes, 50 centimes, 1 franc et 10 francs.
Tout ce que vous pourrez me trouver sur le sujet sera fort apprécié.
Bien cordialement
RG
Réponse du Guichet
En septembre 1870, Jean Gache propose d'organiser "l'Impôt unique" et d'utiliser une contre-monnaie se rattachant à la création de la Société appelée Comptoir terrestre de l'homme et de la femme.
Bonjour,
Jean Gache est le créateur du comptoir terrestre de l'homme et de la femme. Pour lui, la solution du problème social passe par la mise en place de l'Impôt Unique, basé sur l'emploi d'une contre-monnaie.
Ce sont des jetons de cuivre ou d'autres métaux, chacun représentant une couleur différente pour l'or, l'argent et le cuivre. Ces jetons serviraient à faciliter les transactions et à collecter l'impôt unique.
On en retrouve une description dans le document intitulé L'Impôt unique, présent aussi à la bibliothèque municipale de Lyon L'impôt unique : au point de vue de Lyon, consultable sur Gallica et Numélyo :
La contre-monnaie consisterait dans un jeton, soit de cuivre, soit d'un autre métal quelconque ; l'or, l'argent, le cuivre, seraient représentés chacun par une couleur différente. Ces jetons n'auraient pas de valeur monétaire, mais sur l'un des côtés il y aurait : Nation Française, CONTRE-MONNAIE. De l'autre côté se trouverait aussi le poinçon de l'État, qui seul garantirait cette valeur. Il y aurait autour du cercle : LA LOI PUNIT LE CONTREFACTEUR, plus le chiffre de la valeur du jeton : 5 c. 10 c. ou 1 fr. De même pour les billets de banque : on ferait des contre-billets, revêtus également du timbre de l'État. Pour les billets il y aurait une griffe qui inscrirait ces mots : CONTRE-BILLET. Les jetons dont il s'agit auraient pour destination de contrôler les transactions continuelles et réciproques qui auraient lieu entre les citoyens.
Voici une présentation de "L'impôt unique" par NotebookLM :
Ce document présente la première partie d'un ouvrage de 1871, rédigé par Jean Gache, qui expose son ambitieux projet de réforme fiscale et sociale intitulé « L'Impôt unique ». Ce système économique repose sur l'adoption d'une monnaie transactionnelle spécifique, la « contre-monnaie », soumise à une taxe de 10% lors de son acquisition auprès de l'État, dont l'usage permettrait de financer de vastes opérations nationales. L'auteur propose notamment de rembourser la dette publique, de lever une armée, et de remplacer tous les impôts existants par cette seule imposition proportionnelle. Socialement, le plan vise à mettre fin au conflit entre le capital et le travail par la création d'une association universelle nommée le « Comptoir terrestre de l'homme et de la femme ». Les avantages pour les sociétaires incluent la garantie d'une rente journalière pour l'éducation des enfants jusqu'à l'âge de quinze ans et l'établissement d'un salaire minimum uniforme à travers la France. Ce projet est présenté comme une solution pour assurer le bien-être de tous les individus en harmonisant production et consommation, tout en se basant sur les idéaux républicains.
A la Bibliothèque nationale de France, sont conservés deux exemplaires de :
- La Contre-monnaie, moyen financier offert à la nation / par Jean Gache, neveu
- La Contre-Monnaie, moyen financier offert à la nation / par Jean Gache neveu
Le Prospectus de la société de production et de consommation ayant pour titre le Comptoir terrestre de l'homme et de la femme / [signé Jean Gache, neveu] est également consultable sur Gallica.
Voici quelques extraits de journaux de l'époque :
source : LA MASCARADE, Quatrième Année - N°157 - 4 février 1872

source : Le Petit Journal - 2 décembre 1870
source : Journal de Lyon - 21 avril 1874
En mai 1874, il semble avoir été victime de censure et s'en plaint auprès de l'Assemblée nationale : Feuilleton / Assemblée nationale.
Bonne journée.
Question d'origine :
Contre-monnaie 1873
Bonjour, avant tout merci pour les éléments de réponse à ma question du 27/11.
Pour compléter ma demande sur ces pièces, sait-on qui a réalisé la frappe de ces monnaies?
En vous remerciant par avance,
Cordialement
Reformulation :
Réponse du Guichet
Les ateliers monétaires apposent une marque qui leur est propre sur les pièces de monnaie. C'est grâce à celle-ci que nous pouvons connaître le nom de l'atelier qui a frappé telle ou telle pièce.
Bonjour,
Le site la Bourse du collectionneur donne quelques informations sur Les marques d’atelier. Celles-ci sont des marques, des signes, qui désignent l’atelier dans lequel la pièce a été frappée. Ces informations sont fournies codées en raison de la taille des pièces de monnaie qui laisse peu de place aux inscriptions. On y apprend aussi que :
De nombreuses pièces ne portent aucune marque d’atelier, vraisemblablement parce que cette information n’est pas utile. Différentes situations sont possibles lorsque de telles marques sont inscrites. La première est celle d’un pays qui frappe lui-même ses monnaies dans un unique atelier. On a alors tout au long des années la même marque qui se retrouve. La seconde situation est celle où un pays a plusieurs ateliers de frappe. [...] La troisième situation est celle où un pays fait frapper ses pièces à l’étranger. C’est souvent le cas des anciennes colonies, mais cela peut se produire pour des pays plus anciens ou, inversement, pour des pays nouvellement créés.
Chaque atelier monétaire avait sa lettre. Voir Listes des ateliers français après 1789 sur Wikipédia. Lyon portait la lettre D.
Les pièces de contre-monnaie que nous avons pu voir sur des sites commerciaux de numismatique ne semblent pas comporter de lettre laissant l'atelier inconnu.
Vous pourriez peut-être vous renseigner auprès de spécialistes en numismatique comme par exemple le Cercle Lyonnais Numismatique ou ce forum collaboratif, Le projet de numismatique collaborative.
Bonne journée
Lug, pionnier lyonnais des super-héros