Que dit la presse des activités en Chine de Dominique de Villepin ?
Question d'origine :
Bonjour,
France Inter a consacré une émission aux activités chinoises de Dominique de Villepin. Est-ce que le quotidien Ouest-France a traité de ce sujet dans son journal ? Est-ce que le Monde, Le Parisien ont traité ce sujet ?
En vous remerciant.
Bien cordialement
Réponse du Guichet
Possible candidat à la présidentielle 2027, Dominique de Villepin a multiplié ces dernières années ses activités en Chine : conférences rémunérées dans le cadre de sa société Villepin International, conseils à des entreprises chinoises, promotion des “nouvelles routes de la soie”... Cette proximité, à l'égard du régime chinois autoritaire de Xi Jinping, interroge plusieurs médias français, et notamment France Inter, avec son Podcast Révélations, qui note que Dominique de Villepin n’aborde jamais le sort des Ouïgours ou des Tibétains dont les droits sont bafoués par Pékin.
Les intérêts seraient réciproques, selon Paul Charon de l'Inserm, car en contrepartie du "business" florissant de Dominique de Villepin qui est une référence dans les milieux d'affaire chinois, la Chine s'offre une forme de légitimation de sa posture sur la scène internationale. Les journaux Ouest France, Le Parisien et Le Monde ont publié quelques articles évoquant eux-aussi des liens politiques, économiques et personnels (même artistiques) de Dominique de Villepin avec la Chine.
De quoi, pour certains, poser la question de sa « neutralité » lorsque l’ancien patron du Quai d’Orsay s’exprime sur les questions de politique internationale. Soupçons de complaisance que Dominique de Villepin tente de dissiper dans la presse.
Bonjour,
Vous souhaitez savoir si les périodiques Ouest France, Le Parisien et Le Monde, ont traité des "affaires chinoises" de Dominique de Villepin, au sujet desquelles France Inter a proposé une émission.
Elodie Guéguen et Géraldine Hallot (de la Cellule investigation de Radio France) ont enquêté pour le podcast France Inter Révélations, sur "les affaires chinoises de Dominique de Villepin". Possible candidat à la présidentielle 2027, ce dernier a multiplié ces dernières années ses activités en Chine (conférences, conseils à des entreprises, promotion des “nouvelles routes de la soie”...) où il est très populaire et se montre très élogieux à l'égard du régime chinois. Cette proximité, développée ci-dessous, interroge, au regard du virage autoritaire de Xi Jinping :
Dominique de Villepin se voit proposer la présidence de l’APCEO. Ce qu’il accepte. “J’avais pressenti que cette région [la Chine, ndlr] serait là où se jouerait l’avenir du monde, nous explique-t-il lors de l’entretien qu’il nous a accordé. Son importance justifiait qu'on ne se contente pas de quelques lectures dans les journaux mais qu’on essaye de rentrer dans le logiciel. L'intérêt d'une association comme APCEO, c'est de mieux comprendre l'intérieur de la Chine. [...]
Dans les années qui suivent et jusqu’à récemment, l’ancien Premier ministre multiplie les déplacements en Chine. Il donne de nombreuses conférences et prononce des allocutions dans tout le pays. Nous en avons listé une cinquantaine. On le retrouve à la foire-expo d’Asie du Nord-Est à Changchun, au salon des logiciels à Nankin, à la foire commerciale et d’investissement de Chine centrale à Wuhan, au Forum de la paix, au Sommet mondial de l’internet, ou encore au salon nautique de Nansha Bay, dont il devient membre honoraire... “90% de ces événements sont bénévoles !”, assure Dominique de Villepin. Au moins cinq agences proposent pourtant ses services comme “speaker” à l’international. Selon nos informations, l’une d’entre elles facture une intervention en Asie de l’ancien Premier ministre 85 000 euros, frais d’agence inclus.
Au-delà de cette activité de conférencier -relativement classique pour un ancien chef de gouvernement-, Dominique de Villepin a travaillé au service d’entreprises chinoises : l’agence de notation UCRG en 2013, le fonds d’investissement Minsheng en 2021, le fonds hong-kongais Cedarlake en 2021... A chaque fois, il devient membre de leur conseil consultatif, voire il le préside. “Un conseil consultatif réunit des personnalités pour réfléchir sur ce que pourraient être les développements du monde”, souligne-t-il. “Ce n’est pas un comité exécutif ni un conseil d'administration”. Au sujet de sa rémunération, il affirme avoir reçu de ces entreprises “une allocation” dont le montant ne serait pas “substantiel”. [...]
Reste que sa proximité avec les autorités interroge. Régulièrement, il adresse dans la presse chinoise des messages de félicitations au président Xi Jinping. Comme en 2017, à la suite de sa réélection à la tête du PCC. "Le 19e congrès du Parti communiste chinois a été un moment important pour la Chine et pour le monde, déclare alors Dominique de Villepin à la chaîne de télévision CGTN. Nous avons besoin d'une Chine forte (...). La Chine est de retour, et elle est de retour pour de bon”. Or lors de ce congrès, le virage autoritaire de Xi Jinping s’est confirmé. Il a fait inscrire sa pensée dans la constitution du parti, comme l’avait fait avant lui un certain Mao Zedong. Interrogé sur ses propos, l’ancien Premier ministre explique qu’il “connai[t] bien le président Xi Jinping” et que cela fait partie des usages de féliciter les dirigeants étrangers après leur élection.
Dominique de Villepin ne s’en tient pas qu’aux félicitations diplomatiques. Il fait également la promotion du projet phare du président chinois, les “nouvelles routes de la soie”.
Source : Les affaires chinoises de Dominique de Villepin (France Inter, 5 décembre 2025)
Selon Paul Charon, directeur du département influence et renseignement de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem), la Chine cherche à travers ses rapports avec l'ancien dirigeant Dominique de Villepin, à légitimer son pouvoir sur la scène internationale :
“Solliciter des personnalités du monde politique, culturel, artistique ou universitaire fait partie intégrante des stratégies d’influence chinoises. La Chine recherche une forme de légitimation de sa posture sur la scène internationale : elle entend démontrer qu’elle est reconnue dans son rôle de grande puissance, voire de future première puissance mondiale. Que ce discours soit porté par un ancien Premier ministre ou un ancien président étranger lui confère un tout autre poids”
-Paul Charon- (Source : France Inter). Sur ce sujet, il peut être intéressant de lire un rapport sur les opérations d’influence chinoises (dont Paul Charon est le co-auteur).
Le site Franceinfo.tv s'est également fait l'écho de cette enquête :
- Révélations sur les affaires chinoises de Dominique de Villepin
- Activités à l’étranger de Dominique de Villepin : des secrets bien gardés
Nous vous conseillons de lire aussi Retour sur l’enquête « Les affaires chinoises de Dominique de Villepin » et le travail de la cellule investigation de Radio France sur Radio-France La médiatrice :
Emmanuelle Daviet : La cellule d’investigation de Radio France s’est plongée dans les voyages et déclarations de Dominique de Villepin depuis son départ de Matignon en 2007. Des conférences rétribuées par les autorités chinoises, un travail de conseil auprès de plusieurs entreprises et une proximité affichée avec le président chinois. Première question, Benoît Collombat, pourquoi avoir choisi d’enquêter sur les activités de Dominique de Villepin en Chine ?
Benoît Collombat : Eh bien, d’abord parce qu’il se présente lui même comme un candidat probable à la prochaine élection présidentielle. Il vient d’ailleurs d’inaugurer les locaux de son parti, La France humaniste. Et ensuite, parce que c’est important de savoir d’où il parle. Il a une société de conseil, Villepin International, mais il est toujours resté discret sur ses clients. Il était donc légitime de questionner la nature de ses activités. Pour qui y travaille t-il ? Dans quel pays ? On a beaucoup parlé du Qatar. Elodie Gueguen et Géraldine Hallot ont enquêté et c’est donc en Chine qu’elles ont découvert qu’il était très présent. [...]
Benoît Collombat : Et j’ajoute que Dominique de Villepin est également très enthousiaste vis à vis des Nouvelles routes de la soie. C’est le projet phare du président Xi Jinping. C’est un immense projets d’infrastructures et télécommunications destiné à promouvoir les produits chinois. Sauf que les financements mis en place par Pékin ont fait exploser la dette de nombreux États avec des morceaux de territoire qui passent sous pavillon chinois, ce qui quand même pose un problème. On a également noté que Dominique de Villepin n’abordait jamais le sort des Ouïgours ou des Tibétains dont les droits sont bafoués par Pékin. Alors Dominique de Villepin explique, lui, qu’il le fait bien, mais pas en public. Bref, tout ça pose la question de sa distance vis à vis des autorités chinoises.
Le Journal Ouest France et Le Parisien
La plateforme Cafeyn, disponible avec un abonnement à la BmL, donne accès à des numéros récents et plus anciens (15 ans d'ancienneté) de plus de 2500 journaux et magazines français et internationaux, dont le journal Ouest France et Le Parisien. Vous trouverez ci-après les références des articles publiés dans ce journal, au sujet de Dominique de Villepin. Les articles sont à lire en intégralité via la plateforme Cafeyn. Nous vous en offrons ici quelques extraits :
- Présidentielle 2027. Dominique de Villepin à « Sud Ouest » : « Rien ne me fait peur : le goudron et les plumes, j’ai donné » (Samedi 13 décembre 2025, Ouest France, par Jefferson Desport) :
L'international est l'une de ses marques de fabrique. Et l'un des angles d'attaque contre lui, en particulier sur ses revenus : "il n'y a rien", martèle t-il; en référence à ses affaires à l'étranger où ses relations en Chine, en Russie et au Moyen-Orient parasitent déjà.
- Villepin accélère pour 2027 (Mardi 16 décembre 2015, Le Parisien, par Olivier Beaumont)
Une récente enquête de Radio France est venue soulever un autre lièvre : des conférences rémunérées dans le cadre de sa société Villepin International, pour des entreprises en Chine qui sont liées au pouvoir central de Xi Jinping. Compatible avec un possible mandat présidentiel ? "Dans mes activités présidentielles j'ai travaillé en Chine, comme je l'ai fait en Inde, au Brésil, ou aux États-Unis par le passé, pour des fonctions consultatives. Jamais exécutives. À la différence d'autres, soucieux de garantir mon indépendance, se raidit-il, comme il rappelle avoir été "parmi ceux qui ont été les premiers à qualifier le Hamas de formation terroriste au début des années 2000".
Le Journal Le Monde
La Plateforme Europresse qui fait également partie des l'offre numérique de la BmL, donne accès aux articles du Monde, dans leur intégralité (à partir de 2001). Nous vous fournissons quelques extraits d'articles du Monde, traitant des relations de Dominique de Villepin avec la Chine :
- M. Villepin défend un nouvel ordre économique... pour le compte d'une agence chinoise (Le Monde.fr, vendredi 11 octobre 2013)
L'homme a l'air tellement sincère dans sa noble colère qu'on en oublierait presque qu'il est en fait là pour faire la promotion de ses nouveaux employeurs, UCRG (Universal Credit Rating Group), une agence de crédit "universelle", dépendant de la première agence de notation chinoise, Dagong Global Credit rating, autorisée en Europe depuis juin. Dagong s'était fait remarquer à sa création en 2010 en osant donner une assez mauvaise note à la dette américaine, qu'elle évalue actuellement au même niveau que la dette espagnole. Dominique de Villepin vient d'être nommé, "il y a 24 heures", président du comité de conseil international de UCRG.
Bien que l'un de ses enfants vive et travaille à Hong Kong, le "sans-culottes" Dominique de Villepin affirme ne pas avoir l'intention de s'y installer. Il y viendra simplement "une fois par mois". Pour suivre et soutenir la révolution, du haut de sa tour, en plein centre, entre l'ancien et le nouvel immeuble de la Banque de Chine.
- À Hongkong, de nouveaux galeristes nommés Villepin père et fils (Le Monde (site web), lundi 9 mars 2020, par Roxana Azimi)
Pendant que son père vaquait aux affaires de la France avant de s’occuper des siennes en courant le monde, du Qatar à la Chine, en qualité de conférencier et consultant chèrement tarifé, lui montait une franchise de la start-up YellowKorner, spécialisée dans l’édition et la distribution de photographies d’art bon marché, et, sur un créneau similaire, une bouture de Carré d’artistes, galerie d’art grand public et abordable implantée dans le monde entier. En 2012, avec son partenaire Thibault Pontallier, il créait aussi Pont des Arts, une société associant le monde de l’art et celui des liquoreux, avec une particularité : les étiquettes des bouteilles mises en vente sont réalisées par des artistes.[...]
Bien sûr, Villepin père et fils n’ignorent pas que le marché chinois est en net recul à cause du ralentissement, voilà deux ans, de l’économie chinoise et de la lutte anticorruption, qui a réduit l’appétit spéculatif des acheteurs locaux. La Chine a même vu fermer quelques galeries majeures, comme Long Gallery et la bouture pékinoise de la puissante enseigne américaine Pace. Mais les Villepin disent réfléchir à long terme. Leur objectif ? Former de futurs collectionneurs, en les initiant à l’art notamment par des rencontres avec des créateurs, la publication de beaux livres et l’organisation de deux longues expositions annuelles.
- Un businessman nommé Villepin (Le Monde, site web, vendredi 11 janvier 2013 par Emeline Cazi et Ariane Chemin)
Ex-secrétaire général de l’Elysée, ex-ministre des affaires étrangères, ex-premier ministre… Aujourd’hui à la tête de la discrète société Villepin International, l’ancien homme politique met à profit son carnet d’adresses. Et monnaie, son influence, du Golfe à la Russie. [...]
Seuls quelques indices permettent de deviner le volume des affaires de Villepin International – à défaut de leurs contours. Ainsi cette indiscrétion, volée en 2009, lors du premier procès Clearstream. A la barre, « DDV » déclare quelque « 29 000 euros » mensuels. Il y a aussi ces bureaux, rue Fortuny, rachetés plus de 3 millions d’euros en 2010, au bout de deux ans d’exercice. [...]
Pour tous salariés, Villepin International ne compte pourtant que la fidèle comptable Nadine Izard – rompue aux ministères les plus sensibles, elle est l’assistante la plus discrète du monde des affaires – et un jeune normalien agrégé d’histoire, Daniel Arlaud, « beaucoup plus à gauche que moi, communiste, presque », a coutume de plaisanter Villepin. [...]
Ses affaires, DDV les mène autant au bar anglais du Plaza ou du Bristol, à Paris, que dans les capitales de pays non alignés où l’on est encore sous le charme de son discours de 2003 prononcé à l’Assemblée générale de l’ONU contre la guerre en Irak : « Un Obama blanc », salue son ancien ministre Azouz Begag. On croise aussi le gérant de Villepin International là où aujourd’hui se font les affaires : le Richemond ou le Mandarin oriental, au bord du lac Léman à Genève, le hall du Four Season’s, rendez-vous des businessmen français à Doha, ou encore le Radisson de Djerba, un palace international à l’authenticité néo-mauresque qui a accueilli d’étranges visiteurs au cœur de la crise libyenne. [...]
Il faut dire que Villepin n’a jamais ménagé ses compliments au peintre d’origine chinoise. « Zao Wou-Ki rassemble l’héritage de la peinture et son désir forcené de donner à voir et à comprendre », écrit-il enthousiaste dans la préface des Carnets de voyages 1948-1952 de l’artiste, publiés chez Albin Michel. Et quand la seconde femme du peintre, l’ancienne conservatrice de musée Françoise Marquet, décide l’an passé d’emmener le vieil homme de 92 ans vivre en Suisse, pour réduire les droits de succession, ses amis Villepin sont là avec d’autres pour attester que l’épouse n’a pas contrevenu à ses désirs, a raconté Charlie Hebdo. Pour les Villepin, Zao Wou-Ki n’a pas seulement peint des menus. On retrouve aussi un dessin de l’artiste sur les coffrets de grands crus français que le fils de « DDV », Arthur de Villepin, 24 ans, vend depuis Hongkong, sous le label Pont des arts, avec son associé Thibault Pontallier, le fils du directeur général de Château-Margaux. C’est également Wou-Ki qui a dessiné l’ex-libris du catalogue de la vente de la bibliothèque impériale réunie par Villepin, chez Drouot, en 2008. « Mais j’ai eu l’idée du soleil et de la lune » qui figurent ses initiales, précise le bibliophile. Estimée à 400 000 euros, la collection s’est finalement vendue plus du double.
Pour aller plus loin, l'ouvrage issu de nos collections La France made in China [Livre] / Régis Soubrouillard et Pierre Tiessen (2019),
enquête sur l'expansion économique et sociale de la Chine sur le territoire français, notamment au regard des très nombreux investissements et rachats d'entreprises occidentales réalisés ces dernières années. Les auteurs présentent le nouveau dilemme de la France : attirer ces nouveaux investisseurs tout en protégeant les savoir-faire stratégiques. (c) Electre
La revue parlementaire revient sur le contenu de cet ouvrage et notamment sur le fait qu'en France, la Chine sait pouvoir compter sur ses « amis », à commencer par Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin :
L’ancien patron du Quai d’Orsay a marqué l’histoire diplomatique française par son discours prononcé à l’ONU en 2003 au moment de la crise irakienne. L’homme qui a dit « non » aux Américains a été largement célébré par les médias chinois. « Villepin le lettré » est depuis considéré par Zhongnanhai comme une référence. Un « ami » de la Chine. Une amitié qu’il sait entretenir depuis sa prise de distance de la vie politique française. Dominique de Villepin, aujourd’hui consultant international, est en effet une référence dans les milieux d’affaires chinois. Il est à la tête de deux sociétés enregistrées à Hong Kong dont Villepin International China Limited. Cette entité locale de Villepin International est gérée par son fils Arthur Galouzeau de Villepin, résidant à Hong Kong, par ailleurs à la tête de Pont des Arts, une société d’export de grands vins français.
De quoi, pour certains, poser la question de sa « neutralité » lorsque l’ancien patron du Quai d’Orsay s’exprime sur les questions de politique internationale […].
Ce n’est pas la première fois que l’ancien Premier ministre fait profiter les organismes économiques chinois de sa réputation. Sa reconversion dans le privé a presque commencé à Pékin. En 2013, il demande en effet à toucher sa retraite de diplomate, pour devenir président du conseil consultatif international de UCRG, la première agence de notation chinoise, dont l’ambition vise à cette époque à concurrencer les agences de notation occidentales. UCRG est détenue par Dagong, une institution financière mais aussi une émanation du pouvoir chinois, pour laquelle Dominique de Villepin a déjà effectué des missions de conseil. La notoriété internationale de l’ancien Premier ministre français représente un atout non négligeable pour cette agence qui a l’ambition de lutter contre l’alignement américain des milieux financiers. […]
[…] L’ancien Premier ministre intervient toujours régulièrement dans les médias officiels pour y commenter la vie politique chinoise. En novembre 2017, il est ainsi l’invité du China Global Television Network au moment du 19ème congrès du PCC qui consacre la « réélection » de Xi Jinping pour un nouveau mandat de cinq ans. Pour Dominique de Villepin, il s’agit d’un « moment historique. […] Nous avons vu la plus importante action politique de ces dix dernières années ». Puis il défend le modèle de parti unique qu’il estime tout à fait adapté au « format » chinois. « Pour les Occidentaux, il est parfois difficile de comprendre pourquoi un Parti comme le Parti communiste chinois a autant de responsabilités mais je crois qu’il est réellement adapté au format de la Chine. Vous ne pouvez pas diriger 66 millions de personnes comme vous dirigez 1,5 milliard d’habitants. » Contacté par nos soins pour commenter ses paroles, Dominique de Villepin nous répondra par e-mail que celles-ci « doivent être appréciées dans leur contexte évoquant les nécessités de la modernisation du pays et de structuration de la société et de la nation chinoises, autant que le contexte de prise de responsabilités mondiales pour la sécurité de l’ordre international ».
Dominique de Villepin récuse tout soupçon de complaisance à l'égard du régime de Xi Jinping, comme le rapporte Le Journal du Dimanche qui titre le 17 décembre 2025 : Accusations de liens avec le Qatar et la Chine : Dominique de Villepin se compare au «loup mal aimé» d’Intermarché.
Dominique de Villepin misera également sur son « expérience » et sa « connaissance », comme il l'a expliqué en se comparant au loup d'Intermarché dans la publicité devenue virale ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Dans ce court film d'animation, le prédateur « mal aimé » tente de renouer avec les autres animaux en devenant végétarien. « Le loup a pris beaucoup de coups, il fait peur. Il est amené à changer », a argué Dominique de Villepin au micro de nos confrères.
« Moi, j'ai subi beaucoup d'accusations – Clearstream, la Chine, le Qatar – sans que je comprenne très bien de quoi il s'agissait. Et à la fin, tout ça se dissipe et il devient l'ami du village, à force de servir, de convaincre qu'il n'y a pas d'autre objet à son engagement que de servir», a-t-il assuré. Régulièrement visé pour ses liens présumés avec le Qatar, l’ancien ministre des Affaires étrangères a récemment été mis en cause par une enquête de Radio France portant sur des conférences et activités rémunérées en Chine. Il récuse toute complaisance envers le régime de Pékin. « Je n’aurais aucun complexe à dire ce que j’ai à dire à la Chine », s'est-il à nouveau défendu.
Bien à vous
Racismes