Je cherche des documents sur la disqualification de la parole des mineures non accompagnés
Question d'origine :
Bonjour,
Je cherche de la documentation, essentiellement numérique, en lien avec l'anthropologie sociale si possible, pour répondre à cette problématique: Comment la parole des mineurs non accompagnés est-elle écoutée, traduite et parfois disqualifiée dans les dispositifs de protection ?
Merci
Réponse du Guichet
Voici une bibliographie non exhaustive sur la parole des mineurs non accompagnés du point de vue de l'anthropologie sociale, ce qui est assez large.
Bonjour,
Les jeunes dont il est ici question ont récemment changé d’appellation. Ils ne sont plus désignés comme des mineurs isolés étrangers, mais comme des mineurs non accompagnés. Ce glissement sémantique n’a rien d’anecdotique. Le sigle mie rassemble trois facteurs de vulnérabilité, lorsque celui de mna nous renvoie à une aporie, comme s’ils pouvaient souffrir de ce que nous, intervenants psychosociaux, pouvoirs publics, leur infligeons.
Le Défenseur des droits remplit quatre missions : défendre les droits et libertés individuels dans le cadre des relations avec les administrations ; lutter contre les discriminations et promouvoir l’égalité ; veiller au respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité ; défendre et promouvoir l’intérêt supérieur et les droits de l’enfant consacrés par la loi ou par un engagement international régulièrement ratifié ou approuvé par la France, au premier rang desquels la Convention relative aux droits de l’enfant (cde). Il est assisté dans cette mission par une adjointe, la Défenseure des enfants.
Le Défenseur des droits dispose de trois moyens d’action pour exercer ses missions :
– l’instruction des saisines individuelles adressées au Défenseur des droits ;
– la promotion des droits de l’enfant, sous diverses formes, et notamment à travers un rapport annuel thématique consacré aux droits de l’enfant, remis au président de la République, au président de l’Assemblée nationale et au président du Sénat, lors de la Journée internationale des droits de l’enfant, le 20 novembre ;
– la possibilité de proposer des réformes de textes législatifs ou réglementaires pour que le droit soit adapté aux évolutions de la société et que cessent les iniquités.
C’est ainsi, dans le cadre de la promotion des droits de l’enfant, que trois rapports ont été rendus depuis la nomination du Défenseur des droits en juin 2011 : le premier rapport était intitulé « Enfants confiés, enfants placés : défendre et promouvoir leurs droits » ; le deuxième, au titre de 2012, était consacré aux « Enfants et écrans : grandir dans le monde numérique »…
Ce chapitre est en accès conditionnel.
Les mineurs non accompagnés constituent une population vulnérable au carrefour de deux situations critiques : adolescence et migration. Nous nous sommes intéressés aux modalités de filiation, d’affiliations et de gestion des différences des liens entre le pays d’origine et le pays d’accueil et avons rencontré pour cette étude cinq jeunes suivis en psychothérapie. La méthode a consisté en deux entretiens semi-structurés avec interprète et l’utilisation d’un outil narratif, le self dialogique. L’analyse phénoménologique des entretiens permet de déterminer plusieurs thèmes. D’une part, le lien aux éducateurs est comparé aux liens aux parents alors que les liens aux amis s’apparentent à des liens fraternels. D’autre part, les liens à l’école et au travail semblent centrés sur la performance. Enfin, l’étude des différences entre le pays d’origine et le pays d’accueil a fait apparaître plusieurs notions : une non comparabilité, les notions de perte et de gain, une relative stabilité des représentations antérieures, ainsi qu’une tentative d’explication des différences et des stratégies d’adaptation à l’œuvre.
Notre recherche porte sur le récit post-migratoire des mineurs non accompagnés (MNA) comme alternative au passage à l’acte et sur la manière dont il rend compte du parcours migratoire, des tentatives d’élaboration de vécus traumatiques, et de réappropriation subjective. Hypothèses : Pour ces jeunes, le passage à l’acte aurait une fonction de contenance et de défense contre les affects dépressifs. La création serait une tentative de symbolisation autour d’une aire potentielle d’expérience. Résultats : Les trajectoires individuelles des jeunes montrent une difficulté à exprimer la souffrance qu’ils ont accumulé durant le parcours migratoire.
Les mineurs non accompagnés (MNA) sont de jeunes étrangers, présents sur le sol français sans représentants légaux et qui, lorsqu’ils sont reconnus mineurs par l’État français sont pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), au titre de la protection de mineurs vulnérables (Etiemble, 2002). Pour une part d’entre eux, ils intègrent alors des structures d’accueil de type collectif (MECS, foyers…) ou « familial » – des familles d’accueil, principalement. Le quotidien prend alors une place singulière dans l’accompagnement, à la fois dans l’appropriation de nouvelles logiques culturelles, mais également dans la constitution d’un nouveau « tissu relationnel » en situation d’isolement.
Or, si le quotidien représente une grande part du travail fait auprès des enfants et adolescents confiés à l’ASE, il correspond en revanche à une portion congrue des travaux théoriques qui portent sur l’éducation spécialisée. Ainsi, même dans des travaux dédiés à la question du quotidien, les activités concrètes qui composent ce dernier sont souvent réduites à des listes de tâches (laver, ranger, soigner, nourrir, etc.), donnant à penser que le principal est toujours ailleurs (Rouzel, 2015). Il me semble, au contraire, qu’il est nécessaire d’aller dans les détails du quotidien pour comprendre comment le symbolique émerge, précisément, de la matérialité de l’expérience vécue, notamment en ce qui concerne les usages de langues.
Afin d’accéder à la protection de l’enfance, le mineur non accompagné doit être évalué : entretien social d’évaluation de la minorité et de l’isolement, expertises médicales, authentification des documents d’état civil, fichier national biométrique. Durant l’entretien social, l’évalué doit se raconter de façon acceptable aux yeux de l’évaluateur, en lui présentant les « bons indices ». D’un état de forte passivité face aux contraintes situationnelles à des tentatives de résistance souvent tenues en échec par le manque de soutien matériel, les MNA en situation d’évaluation doivent improviser dans un contexte d’injonction narrative et de soupçon. Cet article étudie les effets de ce contexte qui peut mener à une forme d’éclatement narratif.
La Convention Internationale des Droits de l'Enfant (CIDE) de 1989 a reconnu aux enfants le droit d'expression, le droit d'opinion et le droit d'association (articles 12 à 15). À l'occasion du 25e anniversaire de ce grand texte juridique (2014), estimant la parole de l'enfant « innovante et nécessaire », l'UNICEF a donné la parole à des enfants du monde afin qu'ils puissent dire leurs rêves et leurs souhaits pour le XXIe siècle. La journée internationale des droits de l'enfant du 20 novembre 2017 a été placée par l'ONU sous l'égide de la question : « Êtes-vous prêts à entendre ce que les enfants du monde ont à dire ? ». Au-delà de ces manifestations ponctuelles qui donnent lieu à des actes symboliques très politiques et médiatiques, le recueil de la parole des enfants est aujourd'hui considéré comme un des enjeux forts de l'effectivité des droits de l'enfant. L'objectif de cet ouvrage est de confronter les diverses formes de prise en compte de la parole de l'enfant avec la notion d'agentivité des enfants, c'est-à-dire - au-delà de leur expression - leur capacité à être des agents actifs de leur propre vie, à exercer un contrôle et une régulation de leurs actes. La notion d'intérêt de l'enfant se trouve ainsi au cœur du dialogue interdisciplinaire et des réflexions portées par les auteur.e.s de ce volume. Dans les différentes contributions, les enfants sont perçus comme des acteurs et non comme des êtres passifs, dépendants ou incomplets ; comme des membres à part entière de la société et pour ce qu'ils sont en tant qu'enfants aujourd'hui, et pas seulement pour ce qu'ils seront demain. Les différentes sciences sociales mobilisées (droit, science politique, linguistique, archivistique, sociologie, psychologie, sciences de l'éducation, géographie) abordent les questions de la parole des enfants selon des angles variés (apprentissages, genre, famille, justice, migrations, travail) et à différentes échelles (locales, nationales, transnationales), en privilégiant l’expérience quotidienne de ces derniers. (site OpenEdition)
PREMIÈRE PARTIE.
LA PAROLE DES MINEURS DANS LES SPHÈRES JURIDIQUE, JUDICIAIRE ET ADMINISTRATIVE
Juliette Halifax
Diffusion de leur parole et protection de leurs intérêts
Sarah Przybyl et Marie-Françoise Valette
Adélaïde Laloux
« Ces papiers ne sont pas des papiers, mais des vies d’hommes »
Les archives françaises en tant que lieux de parole de l’enfant
DEUXIÈME PARTIE.
LES PAROLES DES ENFANTS AU CŒUR DES ENJEUX DE(S) FAMILLE(S)
Jacques Marquet et Laura Merla
La parole de l’enfant face aux ruptures et recompositions familiales en Belgique
Jean-Christophe Coffin
L’enfant des couples homoparentaux : une parole d’adultes au début du xxie siècle en France ?
TROISIÈME PARTIE.
L’AGENTIVITÉ DES ENFANTS À L’ŒUVRE : RETOURS D’EXPÉRIENCES
Annick Bonomeau et Emmanuèle Facq
Une contribution à l’apprentissage du langage dans les établissements de la petite enfance montpelliérains (France)
Bruno Hubert et Manuela Braud
Le récit d’enfants pour entendre leur expérience de l’école en France
Nicolas Mabillard et Mélanie Jacquemin
Trajectoires éducatives, travail et droits de l’enfant
Paroles d’enfants : premiers retours de terrains croisés (Dakar et Ziguinchor, Sénégal)
L’objectif de ce chapitre est d’attirer l’attention sur la part bébé des mineurs dits non accompagnés appelés ici jeunes du monde, du fait de la diversité de leurs provenances géographiques et culturelles. La réflexion porte sur cette part occultée par le système juridico-institutionnel de la Protection de l’enfance, au détriment de la tâche primaire de cette institution qui est de protéger et d’accompagner ces enfants et adolescents en difficultés sociales et familiales et éprouvés dans leurs environnements primaires et secondaires.
Les mineurs dits « non accompagnés » accueillis en institution ont-ils été une fois bébés dans leur vie ? La question peut surprendre mais elle mérite d’être posée eu égard aux différentes façons dont cette patientèle mondialisée (Derivois, 2021) est désignée dans nos sociétés et institutions d’accueil. Au carrefour de trois politiques – politique d’immigration qui en fait des migrants, politique de demande d’asile qui les perçoit comme des étrangers, politique de la protection de l’enfance censée les accueillir comme des enfants/ adolescents – ces jeunes du monde sont suspendus à la prise de conscience par les professionnels de l’impact de ces politiques sur les pratiques d’accueil, d’écoute et d’accompagnement dans le champ de la protection de l’enfance...
Ce mémoire porte sur les mineurs migrants non accompagnés (MNA) qui tentent d’entrer aux États-Unis par Tucson, une ville frontalière américaine située dans l’État de l’Arizona (AZ). La question principale de recherche est la suivante : Comment les discours narratifs au sujet des MNA aux frontières mexico-américaines affectent-ils leur trajectoire migratoire et comment s’y adaptent-ils selon le point de vue d’informateurs clés ? Les objectifs de cette recherche sont d’identifier les discours narratifs présents aux frontières et les représentations sociales qu’ils véhiculent ; d’identifier leurs conséquences sur les MNA ; et d’étudier les stratégies adaptatives mises en place par ceux-ci pour contrer les violences qui font obstacle à leur mobilité. Les causes de la migration sont nombreuses, mais elles ont toutes un point commun : il s’agit du manque de perspective quant au fait que l’on puisse vivre avec respect et dignité dans son propre pays. À leur arrivée aux États-Unis, les MNA subissent également des violences. Leurs identités sont souvent réduites à celles de menaces pour la sécurité nationale (possibles atteintes à l’économie, à la criminalité, à l’invasion ou au terrorisme) ou encore de victimes (enfants abandonnés). Ces représentations sociales exercent une influence considérable sur leur accueil aux États-Unis ainsi que sur la façon dont les Américains perçoivent ces personnes. Lorsqu’elles arrivent aux frontières, les jeunes doivent prouver leur identité pour avoir le droit de rester sur le territoire : elles subissent alors des actes de violence directement reliés à ce statut. Ce mémoire explorera le rôle joué par l’État et les médias dans la perpétuation de la culture du silence autour de cette situation grâce à des méthodes d’observation ethnographiques et d’entrevues semi-dirigées avec des intervenants qui travaillent avec des MNA. Plus largement, il est question d’étudier comment la tension entre les discours sur la gestion des migrants et le droit universel à la protection de l’enfance affecte la mobilité des mineurs non accompagnés, et comment ceux-ci naviguent cette situation.
Les mineurs non accompagnés (MNA) sont des migrants de moins de 18 ans, sans famille proche ni représentant légal dans le pays d’arrivée. En France, ils sont pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) et accompagnés par des structures institutionnelles et des associations. Enquêter auprès de cette population demande des spécificités que nous proposons d’analyser ici. Cet article s’appuie sur deux recherches menées en région Centre-Val de Loire pour faire émerger le non-dit des MNA en associant des entretiens à une pratique basée sur l’écriture et sur les arts visuels. Cette étude se rattache à la démarche heuristique des Childhood Studies qui met la liberté d’expression et le vécu des jeunes au cœur du dispositif de recherche. La présentation et l’analyse de ces deux expériences montrera comment le point de vue des migrants, leur parole et leur imaginaire sont reconnus et mis en lien avec les contingences auxquelles ils sont soumis. L’analyse mettra en évidence deux postures possibles pour recueillir et faire évoluer une parole difficile, lacunaire ou stéréotypée, générée par le contexte et les attentes des politiques, des médias ou des éducateurs. Les pratiques d’enquête ont été développées individuellement sur un temps long ou collectivement sur du temps court. Elles questionnent l’implication des chercheurs et le rôle du faire (écrit ou plastique) pour faire surgir la parole puis la partager sur une plateforme numérique (migra-tude). L’objectif est de développer le dialogue entre les acteurs de la recherche, le grand public et une population rarement invitée à exprimer son ressenti. Du point de vue de la recherche, il s’agit de mettre en avant les liens entre une méthode empirique et un public dont les modalités d’expression sont encore à découvrir. Ceci permettra également d’étayer une réflexion sur la place des humanités et des arts pour observer et reconnaître les enfants et adolescents migrants.
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