Pouvons-nous avoir une influence sur les adultes au même titre que sur des enfants ?
Question d'origine :
Le monde exterieur influence donc chacun...comme nous faisons partie de ce monde exterieur nous avons donc aussi une influence sur les autres? Nous sommes a la fois influences par le monde exterieur mais comme nous faisons partie de ce monde nous avons aussi une influence? Avons-nous une influence meme sur les adultes meme si les adultes sont peut-etre moins influencables que les enfants et les adolescents? Pouvons-nous avoir une influence meme sur les adultes?
Réponse du Guichet
Enfants, adolescents, adultes peuvent s'influencer les uns les autres. L'influence est inhérente aux interactions sociales. On la nomme influence sociale.
Bonjour,
Votre question porte sur l'influence que les adultes peuvent avoir les uns sur les autres. Nous avons déjà traité de ce sujet dans Nous influençons-nous les uns et les autres ? et vous écrivions que : Autrui a effectivement une influence sur nos décisions et comportements. Partout où des interactions sociales existent, des relations d'influence opèrent. Il est donc logique que, même si les adultes sont peut-être moins influencables que les enfants et les adolescents, ils peuvent être influencés.
Vous pourriez lire ce propos :
Les Influences Sociales : Concepts, Recherches Et Applications / Nugier Armelle, 2e Édition, 2025
Ce bref essai illustre les différents processus d'influence sociale, la manière dont les individus adhèrent aux normes sociales ou modifient leurs comportements et pensées. © Electre
Mugny, G., Falomir-Pichastor, J.-M., Manuel Falomir Pichastor, J. et Quiamzade, A. (2017). Influences sociales. Presses universitaires de Grenoble.
Une analyse très complète du processus de l’influence sociale, pour comprendre toute la complexité de ce phénomène.
Nous revendiquons rarement le fait d’être influençables. Pourtant, en 1956, des études célèbres de Solomon Asch ont mis en lumière le fait que la vie en société nous met en permanence sous influence, qu’on en soit d’ailleurs conscient ou non.
L’influence, ce n’est pas forcément de la manipulation : on peut être influencé par imitation, volontaire ou inconsciente. Dans la construction d’un consensus, on peut être influencé par la fonction normative, conformisante du groupe. L’influence participe ainsi du contrôle social, et crée de l’adhésion. On peut encore être influencé dans le cadre d’échange d’idées, d’acquisition de connaissances, de débats et de construction contradictoire d’opinions. L’influence concerne donc aussi l’apprentissage, l’innovation et la créativité.
Cet ouvrage permet de découvrir et d’approfondir le concept d’influence sociale. Il intéressera à la fois étudiants et chercheurs en psychologie, en communication, en management, en marketing, mais aussi tout public intéressé par la compréhension de ces phénomènes.
Vous pouvez télécharger le chapitre 2. Les processus constitutifs de l’influence sociale de cet ouvrage.
Nous examinerons dans ce chapitre un large éventail d’explications qui pour être très diverses n’en sont pas moins toutes pertinentes. Nous évoquerons d’abord l’imitation et des processus automatiques, puis nous développerons les diverses formes de dépendance ainsi que les processus identitaires qui peuvent sous-tendre des dynamiques d’influence.
L’imitation remplit deux fonctions. L’une concerne l’apprentissage par reproduction, l’autre la facilitation de l’interaction. En tant qu’influence sociale, l’imitation est l’un des processus de l’acquisition de connaissances nécessaires à l’adaptation (Baldwin, 1897) et au progrès (McDougall, 1908). Grâce à elle, l’acquisition est accélérée et facilitée comparativement à un contexte d’apprentissage classique sans modèle (Bandura et Walters, 1963).
L’apprentissage par reproduction imitative a été mis en évidence tant chez l’homme que chez d’autres espèces (Miller et Dollard, 1941). Dit en termes simples, un premier individu (qui sert de modèle) apprend à répondre adéquatement à une situation (un stimulus) et est récompensé lorsqu’il répond correctement. Un second individu (l’observateur), qui ne sait pas résoudre la tâche ou répondre adéquatement au stimulus, est récompensé pour des réponses similaires à celles du modèle…
Fischer, G.-N. (2020). Chapitre 4. L’influence sociale. Les concepts fondamentaux de la psychologie sociale (p. 117-158). Dunod.
L’influence est un des mécanismes fondamentaux dont se préoccupe la psychologie sociale. En effet, toutes les études qui tentent de saisir ce processus mettent en évidence une dimension essentielle de la relation avec autrui ainsi que de la relation entre individu et société, et d’une certaine manière, tous les autres aspects en découlent.
Le phénomène de l’influence sociale montre à la fois l’emprise que le social exerce sur l’individu et les modifications qu’elle entraîne au niveau du comportement.
Le terme d’influence sociale englobe un ensemble de phénomènes très variés et désigne de manière très large le fait que la pression d’une personne devient une prescription pour l’orientation de la conduite d’une autre personne. On peut donc dire que l’influence sociale recouvre tout ce qui produit un changement de la conduite en vertu d’une relation dynamique entre des pressions dominantes dans un contexte donné et l’adaptation des individus.
Ce chapitre a pour but de décrire les principaux mécanismes qui montrent la force des pressions de l’influence sociale et d’expliquer les effets les plus significatifs de ces mécanismes. Les points suivants seront successivement abordés : les bases de l’influence sociale, les formes de l’influence sociale, les conséquences de l’influence sociale.
L’étude des phénomènes sociaux révèle la tendance des systèmes à l’intégration et à l’uniformisation sociale par la capacité des individus à incorporer les éléments dominants dans une culture…
Chapitre 6. Stades de la moralité et moralisation. L’approche cognitive-développementale. 7. L'influence de l'environnement sur le développement moral ?, p.162, Psychologie du jugement moral : textes fondamentaux et concepts / Laurent Bègue, Laurent Bachler, Catherine Blatier, ...[et al.], 2013, Dunod.
Dans ce chapitre, nous présenterons une vue d’ensemble de la théorie cognitive-développementale de la moralisation, telle qu’elle a été élaborée dans nos études des stades de la moralité. Nous présenterons d’abord une description théorique des six stades de la moralité, suivi d’un exposé du développement de notre méthode pour identifier et évaluer un stade. Ayant présenté une image de ce qu’est le développement moral, et comment l’établir, nous poursuivrons en présentant la théorie de la moralisation qui rend le mieux compte de cette image du développement moral, et nous distinguerons cette théorie d’autres approches qui voient le développement moral comme un résultat de la socialisation ou de l’apprentissage social.
En ce sens, ce chapitre représente une mise à jour des présentations antérieures de notre théorie des stades du développement moral (Kohlberg, 1969b). Toutefois, dans ce chapitre, nous n’avons pas tenté de passer en revue toutes les recherches. Des revues de ces recherches ont paru antérieurement (Kohlberg, 1964, 1969b) ou sont à venir (Kohlberg, en préparation). Les présupposés philosophiques et les implications de notre théorie de stades ne sont traités que brièvement, ayant été examinés ailleurs de manière approfondie (Kohlberg, 1971a).
Pour comprendre les stades de la moralité, il est utile de les comparer à une séquence du développement de la personnalité. Nous savons que les individus passent à travers les différents stades, l’un après l’autre, en progressant du stade le plus bas (stade 1) au stade le plus haut (stade 6)…
G. Mugny, L. Souchet, C. Codaccioni, A. Quiamzade, Représentations sociales et influence sociale, Psychologie Française, Volume 53, Issue 2, 2008, Pages 223-237, ISSN 0033-2984
Puisque le contenu et la structure des représentations sociales sont déterminés par des communications, leur lien avec l’étude de l’influence sociale devrait éclairer la compréhension des dynamiques représentationnelles. Trois axes de recherche sont présentés. Dans la tradition des études sur l’influence sociale, le premier montre qu’une source majoritaire produit une influence manifeste et la minorité une influence plus latente. Le deuxième confirme à propos d’une source experte que les sources de haut statut social encourent le risque d’une influence plutôt superficielle et montre que ces obstacles au changement proviennent d’enjeux identitaires. Le troisième examine l’influence réciproque que les représentations sociales peuvent exercer sur les processus d’influence eux-mêmes.
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Comment la société pèse-t-elle sur les individus ?, France culture, 2023 - 5 épisodes :
- Épisode 1/5 : Interaction et jeu social
- Épisode 2/5 : La contrainte sociale d'Émile Durkheim
- Épisode 3/5 : Qu'est-ce que la sociologie compréhensive ?
- Épisode 4/5 : Faut-il ressusciter la notion de structure sociale ?
- Épisode 5/5 : Sommes-nous dans une société de plus en plus individualiste ?
Les sciences sociales montrent en général que les individus sont le fruit de la société. Que ce soit par les structures, les socialisations, ou nos interactions, comment la société nous façonne-t-elle ? A-t-elle moins de poids aujourd'hui ?
Être influençable, est-ce vraiment grave ?, France inter, 2019
On a un peu de mal à l'admettre, mais on est influençable. On a du mal à l'admettre parce qu'on a l'impression d'être manipulé. Mais, d'un autre côté, comment ne pas être influencé quand on vit avec les autres ?
Bonne journée
French Theory