Par qui la France a-t-elle été condamnée pour son intervention en Nouvelle-Calédonie ?
Question d'origine :
Bonjour,
La France a été condamnée par une instance de l'ONU pour la maitrise de l'insurrection en Nouvelle Calédonie.
Quelle est cette instance ? quels sont les pays qui composaient cette instance et son président ?
Merci.
Bien cordialement
Réponse du Guichet
Dans un avis adopté en assemblée plénière le 29 janvier 2026, la CNCDH pose un regard crtitique sur la gestion par l'état français de la crise survenue en Nouvelle-Calédonie en 2024 et ce, au regard des obligations de la France en matière de respect et de protection des droits fondamentau. Cet avis s'inscrit dans un historique marqué par plusieurs alerte d'experts des Nations Unies depuis 2024.
Bonjour,
La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) a en effet vivement critiqué, dans un avis adopté en janvier 2026, la gestion par l’État français de la crise survenue en Nouvelle-Calédonie en mai 2024. Elle y dénonce une répression des autorités ayant entraîné un affaiblissement des droits fondamentaux, particulièrement pour la population kanak. Ce contexte, marqué par des discriminations structurelles, des inégalités sociales et une remise en cause du processus d’autodétermination, a exacerbé les tensions.
La CNCDH souligne que les interventions policières et judiciaires pendant et après la crise ont soulevé des préoccupations majeures : conditions d’intervention des forces de l’ordre, traitement des interpellations, et conditions de détention. Ces éléments ont fragilisé l’effectivité des droits fondamentaux et renforcé le sentiment d’injustice au sein de la population kanak.
Rappelant le statut spécifique de la Nouvelle-Calédonie — collectivité d’outre-mer non décolonisée selon l’ONU —, la CNCDH insiste sur la nécessité d’un processus politique inclusif, garantissant la participation et le respect des droits fondamentaux pour rétablir une paix durable.
Face à ces constats, la CNCDH appelle l’État à :
- Respecter pleinement le processus de décolonisation prévu par l’Accord de Nouméa et le droit international.
- Prendre des mesures concrètes contre les discriminations et inégalités systémiques subies par les Kanaks.
- Garantir des enquêtes indépendantes sur les agissements des forces de l’ordre en 2024.
- Assurer la dignité des détenus, le retour des transférés en Nouvelle-Calédonie, et la fin des mesures perçues comme des représailles collectives.
Ces alertes s’inscrivent dans une série de mises en garde internationales :
- Août 2024 : Des experts de l’ONU dénoncent le non-respect des droits fondamentaux des Kanaks, notamment leur droit à la participation et au consentement libre et éclairé.
- Octobre 2024 : Le Comité des droits de l’Homme de l’ONU interroge la France sur les violences policières, les restrictions des libertés, et l’escalade répressive en Nouvelle-Calédonie depuis mai 2024. Un expert souligne l’intensité disproportionnée de la réponse étatique et ses conséquences dramatiques (morts, blessés, arrestations massives). Il questionne aussi les mécanismes de consultation des peuples autochtones, en Nouvelle-Calédonie comme en Polynésie française, dans un contexte où les mesures antiterroristes post-2015 ont progressivement érodé les droits et libertés.
Quelques ressources pour aller plus loin :
Nouvelle-Calédonie et droits fondamentaux : une analyse de la crise de 2024
Emeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie : la «répression violente et disproportionnée à l’encontre des Kanak» épinglée - Libération
La Commission nationale consultative des droits de l’Homme dénonce la "répression violente" de la crise insurrectionnelle de 2024 en Nouvelle-Calédonie - France Info Nouvelle Caledonie
Nouvelle-Calédonie : les raisons d'une crise - érie radiophonique de France Culture
Un pouvoir malhonnête