Comment comprendre cette expression trouvée dans la traduction du conte Sinbad le Marin ?
Question d'origine :
Bonjour,
Je travaille sur Sindbad le marin et, dans le récit du 3e voyage dans la traduction d'Antoine Galland, je rencontre une expression que je ne comprends pas; je la souligne:
« Le soleil se couchait, et, tandis que nous étions dans l’état pitoyable que je viens de vous dire, la porte de l’appartement s’ouvrit avec beaucoup de bruit, et aussitôt nous en vîmes sortir une horrible figure d’homme noir, de la hauteur d’un grand palmier. Il avait au milieu du front un seul œil, rouge et ardent comme un charbon allumé ; les dents de devant, qu’il avait fort longues et fort aiguës, lui sortaient de la bouche, qui n’était pas moins fendue que celle d’un cheval, et la lèvre inférieure lui descendait sur la poitrine. »
Auriez-vous un éclairage à m'apporter?
Merci de votre aide,
Isabelle de L.
Réponse du Guichet
La bouche du monstre semble être aussi fendue, c'est-à-dire aussi grande, que celle d'un cheval.
Bonjour,
Dans son 3e voyage, Sindbad et ses compagnons sont emprisonnés dans le château d'une créature humanoïde gigantesque. Ce monstre semble avoir une bouche très large, fort grande.
Le Dictionnaire de l'Académie française indique que l'adjectif "fendu, fendue" est utilisé pour qualifier quelque chose qui a la forme d'une fente :
3. Qui a la forme d’une fente. Des yeux fendus en amande. Des yeux bien fendus, des yeux grands et un peu longs. Une bouche bien fendue. Avoir la bouche fendue jusqu’aux oreilles (fam. et par exagération), avoir une bouche fort grande. Ce cheval a les naseaux bien fendus, il a les narines très ouvertes.
C'est le sens qui est retenu dans ces extraits de traducteurs différents :
Une bouche aussi profonde que celle d'un cheval (source : Les aventures merveilleuses de Sindbad le marin / adaptation par Mlle Latappy)
Une bouche fendue jusqu'à des oreilles (source : Sindbad le marin - Un conte des mille et une nuits / de Daniel Royo)
On en trouve d'ailleurs une illustration de Albert Robida assez parlante dans Gallica :

source : Les mille et une nuits : contes arabes / illustrés par A. Robida
Bonne journée.
Le boom des retraductions