Y a t-il beaucoup de gens qui cachent leur tristesse, leur dépression ?
Question d'origine :
Y-a-t-il beaucoup de gens qui vivent en 'Mal etre', qui sont malheureux sans dire a quelqun -sans parler a un psychologue- qu'ils sont en 'Mal etre', qu'ils sont malheureux? Y a t-il beaucoup de gens qui cachent leur tristesse, leur depression?
Réponse du Guichet
55% des français déclarent avoir traversé des épisodes de souffrance psychique mais moins d’un tiers des personnes concernées (28%) ont consulté un professionnel (d'après un sondage Ifop).
Un adulte sur six (16%) a vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des 12 derniers mois. Parmi eux, plus d’un sur deux (56%) n’a pas consulté de professionnel de santé (d'après le baromètre de Santé publique France).
Bonjour,
Une enquête IFOP réalisée en août 2025 indique que la proportion de Français déclarant avoir traversé des épisodes de souffrance psychique reste stable mais à un niveau préoccupant : 55 % en 2025. Pourtant, moins d'un tiers des personnes concernées (28 %) consultent un professionnel de santé mentale :
La proportion de Français déclarant avoir traversé des épisodes de souffrance psychique au cours des douze derniers mois reste stable, mais à un niveau élevé : 55%, dont 16% de manière régulière et 39% de façon occasionnelle. Les jeunes sont particulièrement touchés (63% des moins de 35 ans sont concernés, contre 36% seulement des 65 ans et plus). Sur cette exposition à la souffrance psychique, la différence entre hommes et femmes se resserre (53% contre 57%), suggérant une diminution d’un écart de genre sur le sujet par rapport à 2024 (respectivement 42% des hommes et 63% des femmes étaient concernées).
2. Un recours limité aux professionnels de santé mentale et des freins marqués par un tabou persistant
Si la majorité de la population déclare avoir été en souffrance psychique au cours de l’an passé (55%), moins d’un tiers des personnes concernées (28%) ont consulté un professionnel. Ce recours est néanmoins plus fréquent parmi ceux qui souffrent de manière régulière (42%) que chez ceux dont la souffrance est occasionnelle (22%). Les femmes de moins de 35 ans apparaissent aussi plus enclines à solliciter un suivi (43%, + 15pts par rapport à la moyenne).
Le premier motif invoqué par ceux qui ne consultent pas réside dans la conviction de ne pas en avoir besoin (50% de citations). Cette perception varie selon les profils : 57% des hommes l’avancent, contre 44% des femmes ; les seniors citent cette raison à 66%, contre 46% des jeunes de moins de 35 ans.
À cette cause subjective s’ajoute la contrainte plus objective du manque de moyens financiers – cité par 29% des Français.
Enfin, 21% évoquent la peur d’avoir recours à un professionnel. Cette dernière dimension illustre le poids persistant du tabou autour de la santé mentale : 72% des Français considèrent que consulter un spécialiste reste un sujet difficile à évoquer –chiffre stable depuis la première vague de l’enquête-, et 65% estiment que cette démarche demeure socialement mal perçue.
source : Les Français et leur bien-être mental / Ifop Opinion
Plus d'une personne sur deux concernée par un épisode dépressif caractérisé n’a pas consulté de professionnel de santé en 2024 :
Le Baromètre de Santé publique France dresse un panorama des épisodes dépressifs caractérisés (EDC) chez les adultes de 18 à 79 ans vivant en France. Ces résultats pour l’année 2024 révèlent que près d’un adulte sur six (16%) a vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des 12 derniers mois.
Les jeunes adultes de 18 à 29 ans sont particulièrement concernés (22%), ainsi que les femmes (18%, contre 13% des hommes). La prévalence des EDC est trois fois plus élevée parmi les personnes percevant leur situation financière comme difficile (28%) par rapport à celles se déclarant à l’aise financièrement (9%). Les chômeurs (25%), les inactifs (24%) et les étudiants (22%) sont aussi plus exposés que les actifs en emploi (15%), tout comme les personnes vivant seules (19%) ou en famille monoparentale (21%).
Pourtant, le recours aux soins reste limité : plus d’une personne sur deux (56%) concernée par un EDC au cours des 12 derniers mois n’a pas consulté de professionnel de santé. Cette proportion est plus marquée chez les hommes (65%) que chez les femmes (50%).
Les résultats du Baromètre de Santé publique France révèlent des disparités persistantes et un accès inégal aux soins. D’après l’enquête Coviprev (2023)1, les principaux obstacles à la consultation sont : le coût, la peur de la stigmatisation (réticence à se confier ; crainte que l’entourage l’apprenne) et le manque d’information sur les ressources disponibles.
La prise en charge des troubles psychiques en France semble donc se caractériser par un sous-recours significatif aux soins, marqué par des obstacles structurels, financiers, culturels et informationnels qui freinent la réponse aux besoins.
source : Résultats du Baromètre 2024 et campagne « À qui ressemble » : Santé publique France s’engage pour la santé mentale / Santé publique France
Vous pouvez consulter dans le détail les résultats de l'édition 2024 du Baromètre de Santé publique France : Épisodes dépressifs : prévalence et recours aux soins. Quelques extraits :
Plus de la moitié des actifs de la catégorie des agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise et de la catégorie des ouvriers n’ont pas de prise en charge thérapeutique
Parmi les actifs occupés de 18 à 64 ans qui déclarent un EDC, le non-recours aux soins (ni consultation, ni psychothérapie, ni prise de médicaments) est différent selon la catégorie socioprofessionnelle (Tableau 5).
Les agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise (54,3 %), ainsi que les ouvriers (55,0 %) sont, en proportion, plus nombreux que les autres catégories à déclarer ne pas avoir eu de recours thérapeutique, en
particulier les hommes (62,0 % et 59,4 % respectivement).Plus de la moitié des cadres et professions intellectuelles supérieures et des professions intermédiaires déclarant un EDC indiquent consulter un professionnel
Les cadres et professions intellectuelles supérieures et les professions intermédiaires ayant vécu un EDC au cours des 12 derniers mois sont, en proportion, plus nombreux à déclarer avoir consulté un professionnel pour
des raisons de santé mentale que les autres catégories (respectivement 53,6 % et 50,9 %). Les femmes, dans ces catégories, ont beaucoup plus consulté que les hommes (Tableau 5).
Ce sont également les cadres et professions intellectuelles supérieures qui ont davantage suivi une psychothérapie, suivis par les professions intermédiaires (respectivement 31,6 % et 27,9 %) (Tableau 5).
Enfin, la prise de médicaments (comme des tranquillisants, des somnifères ou des antidépresseurs, etc.) est plus importante chez les employés (42,9 %), suivis des cadres et professions intellectuelles supérieures (40,1 %) et des
professions intermédiaires (36,9 %) (Tableau 5).
Un site de référence à consulter pour en savoir plus : Santé mentale Info service. Nous ne saurions trop inciter toute personne en souffrance de contacter un professionnel. Retrouvez l'annuaire des psychologues conventionnés sur le site de l’Assurance Maladie.
Bonne journée.
Estime de soi et fin du monde