Je cherche la signification des mots "ayzines" et "eyrial" dans de vieux actes notariés
Question d'origine :
Bonjour et merci pour vos réponses sur l' impot du vingtième
Je reviens vers vous pour demander ce que sont les "ayzines" et l'eyrial( alors qu'on n'est pas dans les Landse mais en Périgord.
Ce sont dse mots que je trouve dans les Reconnaissances Générales ou dans les actes notariés qui décrivent dse propriétés.Il y a aussi le garde-paille
Merci beaucoup
Claire V.
Réponse du Guichet
Les termes ayzine et eyrial semblent avoir une origine occitane. En revanche nous ne trouvons pas celle du mot garde-paille mais nous pouvons vous donner sa définition.
Ayzine : maison en avant, endroit commode, grenier, servitudes, petite cour, pradelle, souillarde, clos, cellier... S'écrit aussi aisine et eisine : terme utilisé dans l'ancienne province de Guienne pour désigner des terrains vacants ou du moins communs entre des propriétaires voisins, bordant leurs immeubles et servant à des dépôts momentanés de récoltes, d'instruments de culture, charrettes...
Eyrial ou airial : espace libre autour d'une maison ; cour de ferme. Il était planté de chênes, de pins parasols et d'arbres fruitiers. La ferme et ses dépendances se déployaient sur ce terrain qui ignorait les murs et les clôtures.
Garde-paille : paillasse
Bonjour,
Ces termes peu communs de nos jours en tous les cas
AYZINES probablement ayzine au singulier
Nous avons cherché en vain ce terme dans différents dictionnaires :
Dictionnaires juridiques puisque vous évoquez des actes notariés :
- Dictionnaire du notariat. Tome 1 / par les notaires et jurisconsultes rédacteurs du "Journal des notaires et des avocats" / Journal des notaires et des avocats (Paris), 1854-1868
- Dictionnaire occitan en ligne
- Lou Trésor dou Félibrige ou Dictionnaire provençal-français : embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne.... T. 1, A-F ni Lou Trésor dou Félibrige ou Dictionnaire provençal-français : embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne.... T. 2, G-Z / Frédéric Mistral ; avec un suppl. établi d'après les notes de Jules Ronjat / Frédéric Mistral ; avec un suppl. établi d'après les notes de Jules Ronjat / Mistral, Frédéric (1830-1914), Ronjat, Jules (1864-1925), M. Petit (Raphèle-lès-Arles), 1979
- Dictionnaire provençal-français, ou Dictionnaire de langue d'oc ancienne et moderne ; suivi d'un Vocabulaire français-provençal.... 1, A-D / par S.-J. Honnorat,..., Repos (Digne), 1846-1848
Traité théorique et pratique du contrat de louage à colonat partiaire ou bail à métairie / Baudoin, Administration du journal des notaires et des avocats (Paris), 1890 :
Formulaire ( I ).
Par-devant Me, etc.,
A comparu :
M. , propriétaire, demeurant à
Lequel a, par ces présentes, donné à titre de bail à colonat partiaire, à moitié profits et pertes, pour cinq années entières et consécutives qui commenceront à courir le huit septembre prochain, pour finir le huit septembre de l'année A M. métayer, et à Mme son épouse demeurant ensemble à , tous les deux à ce présents et qui acceptent, la femme avec l'autorisation de son mari.
Désignation.
1° Un domaine connu sous le nom de situé dans l'étendue de la commune de canton de d'une étendue approximative de hectares consistant, en : bâtiments d'habitation et d'exploitation, aisines, terres labourables, prés, vignes, bois et autres natures de fonds.
Essais généalogiques périgourdins, par le Cte de Saint-Saud... / Saint-Saud, Aymard de (1853-1932), 1934 :
VII. — Pierre de Jehan, chev., sgr de la Jaubertie puis de Jovelle et d’Autefaye par sa femme (1).
Celle-ci, Marie de La Croix, fille de François, sgr de Jovelle etc., et de Marie du Bays, fut épousée le 4 nov. 1749.
Pierre, né en 1726, mourut en 1762 (F. Périg.), le 27 janv., au château de Jovelle, où il alla demeurer après avoir vendu ses biens de Sorges. Il fut capitaine au régiment de Montmorin, puis à celui d’Isle de France. — Enfants, outre plusieurs morts jeunes :
1. François-Antoine, qui suit.
2. ALEXIS-Jean-Baptiste, baptisé à la Tour-Blanche le 19 sept. 1755. Il servit dans la Garde, comme garde du Corps.
3. Bernard, baptisé le 19 déc. 1756. Le 22 nov. 1790, il s’allia avec sa cousine, Marie-Thérèse de La Croix-St-Cyprien, fille de François et de Thérèse de Vassal.
4. Etienne, sgr de Saint-Projet. Baptisé le 24 juillet 1 760, il fut lieutenant de chasseurs au bataillon des Ardennes. Le fief dont il portait le nom était une petite maison dans les faux bourgs de la Tour-Blanche, avec grange, cour, aisines, jardin, pré et chénevières. Son père l’avait achetée en février 1756 et avait obtenu, en janv. 1 769, du baron de la Tour-Blanche, que ce fut érigé en fief, sous l’hommage d’une branche de laurier, sous la dénomination de maison noble de Saint-Projet « pour asseoir sous cette nouvelle glèbe un nom porté par la famille depuis l’an 1 290 et qu’elle a illustré par de grands exploits. » (F.).
5. François-Robert, aliàs Hubert, baptisé en nov. 1761, curé du Chadeuil.
6. Isabeau, aliàs Elisabeth, baptisée le 25 août 1 754, mariée religieusement, le 25 nov. 1 785, à Etienne du Rousseau de Magnac, sgr de la Mercerie, fils d’Etienne et d’Esther Marchand de La Bouissière.
7. Anne, baptisée le 9 mai 1 759. Son mariage avec Etienne de Manny, fils de Pierre, sgr de la Barre, fut bénit à la Tour-Blanche (Reg. par.) le 7 juin 1785.
Certains autres détenaient des biens au titres de métayers perpétuels et en partageaient les revenus avec le seigneur, qui restait toujours propriétaire du fond. Ces biens pouvaient être transmis par héritage aux descendants dudit métayer, bien qu'il ne les tienne. « que précairement et nu profit et utilité dudit, Seigneur conformément aux reconnaissances », et dans le cas où « ledit métayer ou les siens malverseraient et. ne cultiveraient lesdits biens en père de famille, ledit seigneur et les siens pouront, l'expulser et prendre iceux comme leur appartenant ».
L'agronome anglais Arthur Young, avait bien remarqué cette situation précaire des paysans de notre région et il n'a pas manqué de la décrire dans ses Voyages en France pendant les années 1787 à 1790 (1). « Dans le Limousin, dit-il, les métayers ne sont guère considérés que comme des domestiques, que l'on renvoie à volonté et qui sont obligés de se conformer en tout aux caprices de leurs seigneurs. »
Voici d'ailleurs, à titre documentaire, la copie d'un contrat réglant tous ces détails de métayage et fixant les
redevances et conditions du métayer vis-à-vis de son seigneur. Passé le 31 août 1779, il n'est que la reproduction et la confirmation d'un acte semblable du 14 mai 1514, dont un extrait relatant les principales clauses est joint audit contrat :
Pardevant le nore Royal des sénéchaussées de Brive et Sarlat soussigné, présens les témoins bas nommés, dans le lieu de La Fauconnie, paroisse de Chavagnac en Périgord, l'an mil sept cent soixante dix neuf et le trente unième jour du mois d'aout après midy Régnant Louis 16e fut présent Pierre Captus journailler habt du village d'Aschier paroisse de St-Sernin de Larche en Limousin, lequel de gré et volonté a reconnu et confessé tenir et posséder maiterie perpetuelle à moitié fruits quelconque, ses auteurs avoir tenu de tout temps et ancienneté de haut et puissant seigr messire Henry François de Larochefoucault Cousages seigr Comte de Cousages Chavagnac Lacassaignac Clavilier et autres places, Lieutenant, général des armées navales, Commandeur de l'ordre royal et militaire de St-Louis habt ordinairement à Paris Rue. Cassete faux bourg St-Germain, d'ici absent mais haute et puissante ; Dame Louise Françoise de Rochechoir Comtesse de Larochefoucauld Cousages son épouse ; étant, à présent aud. lieu de la Fauconnie ici présente et pour led. seigr Comte de Larochefoucauld Cousages acceptante en vertu de sa procuration du trente un juillet dernier passée devant Mes Le Couturier et Pernet nores à Evreux, que lad. Dame nous a remis annexée au contrat qu'elle a passé cejourd'huy devant le nore soussigné avec Antoine Deschier et autres, qui néanmoins sera expédiée avec ces présentes Savoir en les fonds qui s'ensuivent. Premièrement une maison, grange, jardin, étables, sol, eysines, entrées, issues, prés, terres labourables, vignes, borgnes, paturages et autres héritages situés aud. village d'Aschier ou appces dicelui confrontant avec led. village, celui de Rantassac, Ruisseau de Couze et appartenances du village de Fournet et ses autres confrontations, plus une autre vigne située aud. village d'Aschier contenant trois journaux ou environ qui confronte avec vigne du nommé Franchesou et dud. seigr de Cousages, laquelle maiterie avec ses appces et déppces led .Captus reconnaît suivant les qualités, conditions et Reservations qui sensuivent, le tout sans déroger aux causes portées par les anciennes bailletes et reconnaissances : 1° que led. Captus et les siens seront tenus de bailler annuellement la moitié des fruits et revenus qui pouront provenir dans lad. maiterie...[...]Lorsque le culte fut rétabli par le concordat, la commune se trouvait donc sans presbytère et ses ressources furent épuisées par les réparations de l'église. Il fallait cependant fournir un logement au desservant. Au lieu de créer des impôts, on fit des parts d'un 45eme, d'un 90eme et d'un 180eme et l'on acheta un petit bien, situé au bourg de St-Cernin et composé d'une maison et d'une grange avec cour, eysine, terre, vigne et pré, d'une contenance de 147 ares, d'un raysse de 31 ares 1 /2 et d'un autre raysse, pour le prix de 4,500 francs.
Origine : ayzine est une variante d'aysine nom bearnais d'origine basque, désignant la maison en avant, nom d'habitation qui s'est appliqué au proprietaire.
Ayzine . - Je trouve dans un contrat de 1825 (acte de partage) la phrase suivante : « Une chambre prenant jour au levant, grenier au-dessus, bâtie partie en pierre, et le surplus en pan de bois, couverte de tuiles à canal, avec ses ayzines au levant. » Que signifie le mot ayzine ? Je ne le vois dans aucun de mes recueils lexicographiques, pas même dans le Dictionnaire de Trévoux, si riche en indications philologiques.UN VIEUX CHERCHEUR.
Ayzine ( XVIII , 513). - Ce mot signifiait, suivant le cas et la localité, plusieurs choses, souvent très différentes, par exemple : - Une petite porte pour faciliter le service. - Un couloir. - Un petit balcon. Endroit où l'on dépose les objets dont on n'a pas besoin souvent. - Une mansarde. - Une lucarne donnant sur les tuiles . - Un grenier. - En un mot, ayzine voulait dire : Endroit commodeIl existe dans certains endroits de la Charente une expression qui en dérive, les gens de la campagne disent : J'ai mes ayzinences dans cette chambre (pour j'ai mes aises) . Cette maison est ayzinable (pour commode).Dans le même département et suivant les localités, le mot ayzine, qui désignait tout ce qui était commode, a été abandonné et remplacé par les mots : grenier, servitudes, petite cour, pradelle, souillarde, airaux, ouche, renfermé, clos, etc., etc. Tous désignent un endroit commode, utile ou agréable, qui est indiqué par son nom spécial.UN IGNORANT.Dans le Grand Vocabulaire français, par une société de gens de lettres (Champfort, La Chesnaye-Desbois,Guyot, Dumoulin, etc.), 30 volumes, Paris, Panckoucke, et hôtel de Thou, 1764-1774, on trouve le mot aysine (ainsi orthographié) avec cette définition incomplète : « Vieux mot qui s'est dit, autrefois, d'un instrument quelconque. Heureusement, le Glossaire de Ducange est plus explicite : AYSINA, supellex quævis (instrument quelconque) ; et il ajoute : Præsertim vero apud massilienses, AYSINES sunt ustensilia quælibet ad cellam vinariam pertinentia, ut dolia, cupæ, ceteraque vasa vinaria*. D'où il est permis de conclure que, dans l'exemple cité par le Vieux chercheur, ayzines signifie le cellier, qui se trouve, du reste, très bien placé au levant de l'habitation.FR. F.Ayzine, qui s'écrit également Aisine et Eisine, est un terme très usité dans l'ancienne province de Guienne pour désigner des terrains vacants ou du moins communs entre des propriétaires voisins, bordant leurs immeubles et servant à des dépôts momentanés de récoltes, d'instruments de culture, charrettes, etc. , etc.Quelle est l'étymologie de ce mot ? AISE probablement.UN VIEIL AVOUÉ.
Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, Volume 8 / Société historique et archéologique du Périgord, 1881 :
Le fort est déjà bien petit pour contenir les cinq bâtiments que je viens deciter. Mais, entre les joints, ou sur le devant de ces demeures féodales, de manière à leur faire palissade, pullulaient quantité de maisonnettes. Il y avait, par exemple, une petite maison avec son inévitable eyrial au coin ouest du jardin La Peyre, au lieu dit de La Peyre. On y en voit des vestiges encore; en outre, la maison de Jehan de Peyralade, de Pierre Valade, de Jehan Porrel, etc., et je ne sais combien d'orts et d'eyrials. Qu'on en juge par la liste suivante de confrontations attribuées à un lopin de terre dont il a été question plus haut. En 1617, ai-je dit, Bernard et Guiron Delbos vendent à Armand de Salignac un petit espace sur le devant du château : « scavoir est, un petit jardin et son eyrial, avec une petite padène de jardin, qui est joignant ledit eyrial, le tout joignant ensemble..., confrontant avec le mur de dessous la fontaine de la Balme, et au jardin des hoirs de feu noble François de La Peyre, muraille entre deux, et avec la cabane de Jean Castanet, vanelle entre deux, et avec l'eyrial qui est contre le quapial de la maison des susdits vendeurs, et avec la maison et eyrial de Jeandy Lacoscot, teyssier, et avec l'eyrial de Pierre Pappon, et avec le jardin d'Anthoine Lesvignes, maître chirurgien, et au mur appelé de Marsillac... et à ses autres confrontations... » Voilà donc un espace de trois ou quatre ares à peine, d'après toutes les vraisemblances, qui est contigu à la fois à une maison, à une cabane, à deux jardins, à deux grands murs et à trois cours; en tout, neuf confrontations, et on finit en ajoutant qu'il y en a d'autres! Vraiment, on opérait là le miracle de la multiplication des terrains. J'ignore le charme ou, pour mieux dire, l'agrément de commodité que pouvait bien avoir ce singulier séjour; mais, pour le voyageur, quel pittoresque entassement de créneaux, de treilles et de pignons! Quel artistique morcellement du sol et du roc ![...]Ceci, quoique très-vraisemblable, est purement conjectural. En revanche, il est certain qu'un espace à peine plus grand à l'est était découpé en trois cartures bien distinctes, dont le nom générique était Las Costas. Las Ribas devait être aussi un nom générique, car la Maynie n'en est qu'une subdivision, et il y avait vraisemblablement d'autres subdivisions analogues. Un eyrial même (un eyrial !) y avait un nom spécial: « l'eyrial appelé de la Galabrunie, » comme on disait, dans le fort, l'ort de Marsilhac ou de la Peyre, ou le mur de la Balme, aussi sérieusement que nous disons la rue de Rivoli, le palais du Louvre ou la place de la Madeleine. La Maynie! la Galabrunie! noms charmants où je crois sentir un parfum féminin et plein de mystère. Qu'est-ce que c'était donc, que cette Galabrunie, beauté fameuse peut-être et fatale, dont le souvenir s'attachait aux pierres même de son étroite cour et les pénétrait d'un reste de sa douceur passée ? Où dort-elle, à présent? Dans quelle tombe? Mais passons et remontons à las Costas. Ici encore je vois une carrière de la Brunie, la seule rue de Laroque dont le nom soit resté. Toujours des noms de femmes et des désinences mélodieuses! Las Costas, dans le sens le plus large, rarement employé, s'étendaient du rocher à la rue de la Chapelle à la Frégère, et de la maison du Bouscot à la moitié supérieure des remparts de l'est. Mais ce quadrilatère se subdivisait en trois portions : 1o Las Costas proprement dites en étaient la partie la plus haute allant du rocher à la rue de la porte du Bouscot à la porte de Las Costas; 2o Le Thoron remplissait l'angle aigu formé par la rue de la porte du Bouscot à la Chapelle ; 3o Le Besson était borné en haut par la rue de la porte du Bouscot à la Chapelle, et en bas par la rue de la Chapelle à la Frégère. Plan incliné très exigu, où cependant nous comptons sept maisons relevant des La Peyre.
Suite à ces recherches nous avons cherché eyrial de maison sur internet ce qui nous a conduit sur la piste du mot airial référencé dans le Dictionnaire des régionalismes de France dont voici la définition :
AIRIAL n. m.
〈Landes (nord), Gironde (sud)〉 usuel, ethnologie "vaste terrain herbeux ombragé de chênes, sur lequel sont disposés les bâtiments des habitations rurales landaises". Sur l’airial de la métairie (Chr. de Rivoyre, Racontez-moi les flamboyants, 1996 [1995], 85). Vaste airial de 3 hectares [à Noaillan, Gironde] (Sud-Ouest, éd. Sud-Gironde, 12 juin 2000).
Mais c'est le commentaire qui a retenu notre attention :
◆◆ commentaire. De même que son référent, airial est aujourd’hui typique et emblématique de la région des Landes. Attesté en français dep. 1668 (« la metterie appelée au Cassoa, concistant en maison, parcq, eyrial, jardin, vigne, champs, predz, landes et generallement touttes les terres deppendentes » Arroy, notaire du Houga [Gers], dans J.-L. Fossat, MélGuilbert 1979, 106). Il s’agit d’un emprunt au gascon, de même sens, non attesté à date ancienne (mais cf. ca 1187-1236 airal en Quercy "terrain voisin ou à l’entour d’une maison" et 1455 ayral en Rouergue "id.", tous les deux dans FEW ; la forme gasconne en ‑ial s’explique, selon Corominas, par area + ‑iv(us) + alis, v. FEW). Absent de Littré, GLLF et TLF, le terme est enregistré dans Rob 1985, qui le donne comme « régional. En Provence » [sic, avec un exemple de Chr. de Rivoyre !].
Le Dictionnaire culturel en langue française / sous la dir. de Alain Rey ; éd. sous la dir. de Danièle Morvan donne également la définition et l'origine de AIRIAL :
AIRIAL [ɛRjal] n.m. 〈1455 eyral ; empr. à l'anc. gascon airal (v. 1187), du lat. arealis, de area 🠖 aire〉
Région. (Landes, Gironde). Espace libre autour d'une maison ; cour de ferme.
A propos de l'airial, vous pouvez lire l'article Dans les archives : qu'est-ce que l'airial, cet élément majeur du patrimoine des Landes ? de Pierre Tillinac, publié dans le journal Sud-Ouest en juin 2020, consultable dans sa totalité via Europresse avec un abonnement à la BmL et dont voici des extraits :
Il était planté de chênes, de pins parasols et d'arbres fruitiers. La ferme et ses dépendances se déployaient sur ce terrain qui ignorait les murs et les clôtures.
[..]
Dans l'airial, la maison d'habitation est toujours accompagnée de dépendances : une bergerie, une grange, un potager clos, un poulailler perché pour protéger les poules des renards. L'espace n'étant pas compté, tous ces bâtiments sont distants les uns des autres et reliés entre eux par de petits chemins.
Il pouvait y avoir une seule ferme ou plusieurs, dans ce cas-là on parlait de « quartier ». « Il se voyait de loin. Dans ce paysage très horizontal, c'était un point de repère », rappelle Claire Cazarres, chargée de mission au Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement (CAUE) des Landes.
Il n'est pas fréquent de trouver un tel lien entre un territoire et son habitat. La maison de l'airial est devenue un style à part entière. « Airial » : le mot ne figure pas dans les dictionnaires, ce qui surprend toujours les gens d'ici, qui le connaissent bien même s'ils ne sont pas tous d'accord sur le pluriel - certains disent des « airials », mais il est recommandé de dire des « airiaux ». Ce mot serait une forme dérivée du latin « area », qui aurait désigné différents types de terrains au fil des siècles. Il a été labellisé par le ministère de l'Environnement en 1993.
Auvent en façade
Il est aujourd'hui un espace à protéger. Dans les Landes, l'airial constituait la cellule de base de l'exploitation familiale. « Il a été conçu et modelé par le système de production agropastoral qui a existé ici pendant plusieurs siècles et qui a fini par disparaître à partir du XIXe », note Claire Cazarres. Les quelques hectares de l'exploitation se trouvaient à proximité. On y cultivait du seigle et du millet, le maïs n'arrivera qu'à la fin du XIXe siècle.
Félix Arnaudin en a photographié des dizaines à la fin du XIXe et au début du XXe. On voit, sur ses documents, des femmes qui filent la laine devant la cheminée, des bergers sur échasses et des maisons qui ouvrent sur une pelouse d'herbe rase plantée d'arbres. On dirait parfois que rien n'a changé depuis un siècle. Les maisons sont facilement reconnaissables. Ce sont des constructions à ossature en bois. Les pans de bois sont fabriqués en torchis et parfois en pierraille ou en brique.
Les habitations sont toujours sans cave et généralement sans étage, avec un toit à deux, trois ou quatre versants couverts de tuiles canal. Ceux-ci débordent assez largement des murs pour rejeter l'eau de pluie le plus loin possible et donnent l'impression d'envelopper la maison. Lorsque le versant arrière, situé plein ouest, descend très bas pour protéger le bâti de la pluie, il est appelé « croupe » ou « queue de palombe ».
Mais le vrai signe caractéristique de la maison de l'airial est l'auvent aménagé sur la façade principale, celle-ci systématiquement orientée plein est. Dans la Grande Lande, il est appelé « eustantade ». C'est une pièce supplémentaire totalement ouverte sur l'extérieur où l'on s'installe pour travailler ou pour bavarder à l'abri. À l'extérieur, les murs sont passés à la chaux, y compris les colombages, qui sont en principe blancs, même si, aujourd'hui, on cherche au contraire à mettre en valeur leur couleur bois.
Voyez aussi la vidéo L'airial Landais une construction traditionnelle / Aquitaine première - 16.05.2001 - 05:58 sur le site de l'INA et le guide L'airial Landais / Boudey, Jean-Marie, CAUE, 2000
GARDE-PAILLE
Google livres nous délivre ce mot dans le Dictionnaire universel portatif de la langue française avec la prononciation figurée · Volume 2 / Claude-Marie Gattel, 1813, à l'entrée Paillasse :
PAILLASSE, subst. f. (Pa-glia-ce; mouillez les ll) Amas de paille renfermée, dans un sac de toile pour servir à un lit. - Ce sac de toile lui-même: Il faut remplir cette paillasse, y mettre de la paille. En ce sens, on dit proprement garde-paille. -Chez les Distillateurs d'eaux fortes, massif en briques sur le sol et sous le manteau de la cheminée, pour y élever des fourneaux.
Lundi prochain vingt-quatre octobre mil huit cent vingt-cinq, à neuf heures du matin, au domicile susindique, M. Rhenter, commissaire-priseur à Lyon, procédera à la vente, à l'enchère et au comptant, du mobilier dépendant de la succession de Anne-Marie Sarra, veuve de Pierre Jullien, qui était rentière au susdit domicile.
Lequel consiste en bois de lit, matelas, couvertures, garde-paille, table, garde-manger en bois de noyer, linge de table et de cuisine, draps de lit, chemises el hardes à l'usage de semme, poêle en fonte, ses tuyaux en tôle, chaudron, bassinoire en cuivre, une pompe à main aussi en cuivre, deux bancs en bois dur, chaises bois et paille, un tonneau plein de petit vin, bouteilles vides, arrosoirs de jardin et de chambre, pot à huile et rafraîchissoirs en fer-blanc, pot de fer pour jardin, vaisselle, batterie de cuisine, charbon de terre, bois à brûler et autres objets.
Cette vente aura lieu en vertu d'une ordonnance rendue par M. le Président du Tribunal civil de Lyon, dûment en forme.
Lundi prochain vingt-quatre octobre dix-huit cent vingt-cinq, à neuf heures du matin, et jours suivans, à la même heure, quai Peyrollerie, n° 156, au deuxième étage, il sera procédé par M. Rousset, commissaire-priseur, à la vente aux enchères du mobilier délaissé par dame Jeanne-Marie Barbant, veuve de Jean-Marie Duplanud, décédée couturière dans le domicile ci-dessus indiqué, lequel mobilier consiste en glace, armoire à deux portes, une autre à quatre portes, bois de lit, commode, table, dévidoir, garde-manger, garde-paille, matelas, traversins, oreillers, couvertures, draps de lit, linge de table et de corps, vêtemens à l'usage de femme, horloge, bassinoire en cuivre, chaises, parapluie, batterie de cuisine, bouteilles vides et autres objets.
Cette vente sera faite à la réquisition des cohéritiers bénéficiaires de ladite défunte, et en vertu d'une autorisation judiciaire.
- Mercredi prochain vingt six octobre mil huit cent vingt-cinq, à neuf heures du matin, et jours suivans, à la même heure, quai des Augustins, n° 81, au quatrième étage, il sera procédé par M. Roussel, commissaire-priseur, à la vente aux enchères d'un mobilier consistant en glaces, trumeaux, miroirs, pendule, gravures modernes en feuilles et encadrées, tableaux, cartes géographiques, un crucifix, un canapé et quatre fauteuils en noyer, recouverts en aubusson et en très bon état; trois coussins recouverts en soie, un autre canapé et six fauteuils aussi aubusson, six chaises en crin noir, chaises et fauteuils en bois et paille, commodes, secrétaire, chiffonnière, tables à manger, de jeu, de nuit, de trictrac, table à déjeûner, à toilette, garde-manger, bois de lit, armoire à deux portes, le tout en noyer; un écran en acajou, pied-doré, métier à broder, plateaux en tôle et cabarets en porcelaine, garde-paille, matelas, traversin, oreillers, couvertures, linges et vêtemens d'homme et de femme, épées, sabré, lampes astiales et autres, chenets, pèles, pincettes, cuivrerie, fer, fonte, étain, verrerie, faïence, porcelaine, batterie de cuisine, cages, volières, poêle en fonte, plusieurs grands livres neufs pour le commerce, serrures, bouteilles vides, vin blane de St-Péray en bouteilles, et autres objets.
Cluixde pallie(¹), cinq cents, cу. 500
Huille de liz , cinquante livres pour les artiffices à feu, cy 50 livres .
Boits (2) pour le magasin, six cents charges de mullet, cy 600 charges .
Pour ongans et linges pour les blessés .
Bacs (3) de chausses pour les soldats, cinquante pères, cy 50 pères.
Souliers, cinquante pères, cу 50
Chalix de bois blanc, trante , cy . 30
Garde pallie (4) , trante, cy 30
Couvertes de lict, cinquante, cy 50
Linseuls ( 5) , cinquante, cy 50
Matelas pour celui quy commande à la place et autres officiers , six 6
Traversiers de plume, six , cу . 6
Ung poix (6) à balance, ung, cy I
Caisses à tenir farine, quatre de teneur d'environs vingt charges la pièce, cy 4
(1) Cluix de paille, botte de paille entière et non brisée. Ce mot existe encore en patois. Cette paille était destinée aux lits de la garnison.
(2) Lisez : bois .
(3) Lisez : bas de chausses ; ce sont des bas.
(4) Garde paille, paillasse.
( 5) Linseuls , draps de lit.
( 6) Lisez : poids.
Bonne journée
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