Question d'origine :
on dit "fainéant" pour "paresseux". Quelle est l'origine du mot "fainéant"? D'autre part, il est courant et peut-être incorrect de dire "feignant" au lieu de "fainéant". Quelle est l'origine de cette expression, et de cette transformation?
Réponse du Guichet
"Feignant" vient du verbe feindre et désignait à l’origine quelqu’un qui faisait semblant de travailler. "Fainéant", formé de fait et néant, signifie littéralement "qui ne fait rien", et l’aurait peu à peu remplacé pour mieux exprimer l’idée de paresse. On confond aujourd'hui les deux orthographes qui expriment au fond la même chose, car nous prononçons maladroitement "fainéant".
Bonjour,
Sur le site de l'Académie française, l'explication donnée est très claire à propos de ces deux orthographes. "Feignant" aurait précédé "fainéant'. Le premier étant à l'origine le participe présent du verbe "feindre" qui signifie faire semblant, tandis que le second se serait construit par l'association des mots "fait" (de faire) et "néant", dans le sens de ne rien faire :
Fainéant est un bel exemple de réfection étymologique visant à donner un sens plus clair à un mot. Cet adjectif et nom s’est d’abord écrit feignant, parce que l’on accusait celui qu’on appelait ainsi de faire semblant, de feindre de travailler. Par la suite, on a jugé fainéant, non plus celui qui feignait de travailler, mais celui qui ne faisait rien : on a donc créé un nouveau mot à l’aide de fait, 3e personne du singulier de l’indicatif présent du verbe faire, et du nom néant. On rappellera donc que, de même que l’on ne prononce pas néant, « gnan » ni anéantir, « agnantir », on ne prononcera pas fainéant, fai-gnan. Les formes faignant et feignant sont considérées comme appartenant à un niveau de langue populaire.
Source : « Fainéant » prononcé « fai-gnan »
A ce titre, l'Académie française rappelle que nous nous trompons le plus souvent dans la prononciation du mot "fainéant", pour lequel nous omettons d'appuyer le "é", qui conduit à confondre phonétiquement les deux mots.
Le CNRTL confirme néanmoins que si "feignant", est bien le participe passer du verbe "feindre", l'usage populaire lui vaut fonction de synonyme de "fainéant" et antonyme de "travailleur" : "[Forme pop. de fainéant] Synon. de cossard (pop.), paresseux; anton. bûcheur (fam.), travailleur" . On dérive ainsi vers le mot "feignasse" (Attendez minute, feignasses ! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 220).
Le CNRTL pour "fainéant" confirme ce qui est susmentionné : "Étymol. et Hist. 1306 Loïs Faineant (G. Guiart, Royaux Lignages, I, 7770 ds T.-L.). Altération pop. d'apr. la forme verbale fait (faire*) et néant*, de feignant part. prés. adj. de feindre* au sens de « se dérober, rester inactif »
Le projet Voltaire rapporte la même histoire et la même règle orthographique. Idem, lors de notre consultation du Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d'Alain Rey (Le Robert, 2000).
Bonne journée.
Le boom des retraductions