Où se trouvait cette porte de la montée Saint Barthélémy à Lyon ?
Question d'origine :
Bonjour, où se trouvait cette porte de la montée Saint Barthélémy dessinée par Balthazar Jean Baron et Paul Saint Olive en 1866, et quand a-t-elle été démolie ?
Merci.
Réponse du Guichet
L’ancien passage voûté de la montée Saint-Barthélémy, détruit au 19ème siècle, aurait relié les bâtiments du monastère des Chazeaux à d’autres propriétés voisines. Mais les sources hésitent entre deux localisations : le numéro 42, près de l’actuelle maison Jaricot (ancienne demeure Lorette), ou le 15 bis, correspondant à l’ancienne propriété de "la Pollade". La première hypothèse reste sûrement la plus probable, en attente de confirmation par l’Association Renaissance Vieux-Lyon.
Bonjour,
Cet ancien passage voûté de la montée Saint-Barthélémy aurait été détruit au XIXème siècle. Si les croquis et dessins de Paul Saint-Olive et Balthazar Jean Baron nous permettent de nous représenter la disposition des lieux avant sa destruction, plusieurs ouvrages d'époque nous aident également à affiner nos estimations quant à sa localisation précise sur la montée.
Dans le Lyon de nos Pères d'Emmanuel Vingtrinnier, p. 264, numérisé sur Numelyo, vous appercevrez un autre dessin du passage réalisé "d'après un croquis de Paul Saint-Olive fait en 1866" accompagné d'une légende :
L'ancien passage voûté du monastère de Chazaux, montée Saint-Barthélémy. D'après un croquis de Paul-Saint Olive fait en 1866.
Les bâtiments de l'abbaye royale de Chazaux transformés en hôpital militaire pendant le siège de Lyon, furent affectés, quelques années plus tard, au dépôt de mendicité. Depuis la création en 1860 de l'établissement d'Albigny, la maison de Chazaux a été réunie à l'hospice de l'Antiquaille, dont elle forme une dépendance. Le grand corps de bâtiment date du XVIIIème siècle.
Source : Vingtrinier, Emmanuel, 1850-1931. Le Lyon de nos pères (1901) - Numelyo.
Cette arche qui traversait la montée Saint Barthélémy se trouvait soit au numéro 15bis soit au numéro 42. La localisation que vous pointez sur la carte est proche du numéro 42. On voit clairement l'ecalier du Tire-Cul, ancienne dénomination de la montée des Chazeaux, croiser Saint Barthélémy juste un peu plus bas.
La théorie du numéro 42 nous est venue de notre lecture de ce passage de l'ouvrage Notre vieux Lyon : promenades historiques et artistiques dans les quartiers de la rive droite de la Saône d'Achille Raverat (1881, numérisé sur Google Livres), où il est écrit :
Du monastère des Chazeaux, un corps de bâtiment enjambant la montée Saint-Barthélémy, comme un pont, communiquait dans les clos Jaricot et Roc-cofort. Cette voûte a disparu depuis la réfection de la montée, mais elle est reproduite dans un petit dessin de Paul Saint-Olive.
L'escalier des Chazeaux longe la muraille septentrionnale de l'ancien hôtel de Mandelot et par deux cent trente degrés descend dans la rue du Boeuf.
La raideur de cet escalier lui avait valu le nom caractéristique de Tire-cul qui s'est conservé officiellement jusqu'à une époque assez rapprochée de la notre.
Source : Notre vieux Lyon : promenades historiques et artistiques dans les quartiers de la rive droite de la Saône d'Achille Raverat (1881, numérisé sur Google Livres) (p. 74)
La description ci-dessus laisse à penser que ce bâtiment se trouvait à proximité immédiate de l'escalier du Tire-Cul, comme la marque sur votre plan le laisse à suggérer. Le clos Jaricot tel qu'il est mentionné, (un clos est "terrain cultivé et fermé par des haies, des murs, des fossés") fait allusion aux jardins de la propriété de Pauline Jaricot, ancienne maison Bréda rachetée en 1832 par cette laïque catholique, evangélisatrice et bienfaitrice, célèbre pour ses actions en faveur des plus démunis. La maison Jaricot existe encore de nos jours, elle a été rebaptisée demeure Lorette en hommage à la Vierge et est classée aux Monuments historiques de France. Elle est indiquée au numéro 42 de la montée Saint-Barthélémy, un peu plus haut sur la gauche en remontant après la montée des Chazeaux.
Mais une seconde option s'offre à nous. C'est à nouveau Emmanuel Vingtrinier dans Le Lyon de nos pères (1901) qui décrit avec précision une autre propriété que l'on nommait au XVIème siècle "la Pollade", et qui se situait au 15bis de la montée Saint-Barthélémy. Une voûte est aussi indiquée traverser la rue, jusqu'à faire communiquer les bâtiments avec la rue Soufflot en contrebas :
A la suite de l'hôtel de Gadagne, se trouve une propriété (no 8, rue de Gadagne, et 15 bis, montée Saint-Barthélemy) que l’on appelait, à la fin du xvie siècle, la Pollade ; elle appartint à la belle Sibille Cadière, veuve de Catherin Stuart, à sa fille Jacqueline, femme de George Grolier, trésorier de Crémone, et, en dernier lien, à Anne de Bonvoisin, veuve de Pompone de la Fay, seigneur de l’Aubespin. Des escaliers conduisent, sous un passage voûté, à la cour en terrasse, où l’on voit une élégante niche renaissance (v. dessins p. 235-237), et plus haut, à des jardins. Une voûte, qui traverse la rue, communique à la partie orientale de habitation (emplacement de la rue Soufflot). C'est de ce côté que le Piémontais Barthélemy Naris, le réorganisateur, avec Etienne Turquet, de la fabrique des étoffes d’or, d’argent et de soie, était venu, en 1528, occuper deux arcs de boutique.
Source : Vingtrinier, Emmanuel, 1850-1931. Le Lyon de nos pères (1901) - Wikisource (p. 244)
Si notre regard contemporain rend la communication entre la montée Saint-Barthélémy et la rue Soufflot assez improbable au regard de leurs dispositions sur Google Maps, rappellons nous que le quartier fut victime en 1930 d'un terrible glissement de terrain qui coûta la vie à 40 personnes juste au niveau des emplacements que nous étudions. Le plan parcellaire de l'année 1920 (secteur 150) montre bien un espace dense en habitations entre la montée Saint Barthélémy et la rue Soufflot.
Bien que nous options davantage pour la première hypothèse, nous avons décidé de nous en remettre à l'Association Renaissance Vieux-Lyon pour trancher. Leur expertise devrait nous aider à démêler le vrai du faux, les textes de Vingtrinier pouvant parfois s'avérer imprécis.
Nous reviendrons vers vous dès qu'une réponse nous sera revenue.
Bonne journée.
Lug, pionnier lyonnais des super-héros