Comment appelait on les petits fascicules de BD dans les années 60 ?
Question d'origine :
Bonjour
Dans les années 60, nous lisions avec gourmandise ce que les étasuniens appellent comics : des fascicules BD petit format dont les héros étaient : Akim, Tarzan, Buffalo Bill, Kit Carson, Zembla, Kiwi, Ivanhoé, Mandrake, Buck John, etc.
Celui qui allait devenir le mari de notre soeur aînée nous séduisait en nous approvisionnant largement avec ce que nous appelions, nous appelions ... - pas des comics, justement - peut-être des "illustrés" ?
Comment appelait on ces petits fascicules ?
Merci
PS : nos parents déploraient ce type de lecture, à quoi ils préféraient de "vrais livres", hihi
Réponse du Guichet
Dans les années 1960 en France, on pouvait tout à fait désigner par le terme "illustré" ces nouveaux petits magazines consacrés à la bande dessinée édités pour la jeunesse.
Bonjour,
Vos souvenirs sont probablement justes, bravo. Un "illustré" est bien le terme qui ressort le plus de nos recherches. Il servait à désigner un temps les premiers magazines BD à destination de la jeunesse.
Le petit glossaire de la BD de Pierre-Marc de Biasi et Luc Vigier (2016, sur Open Edition) contient bien une entrée "illustré" qui correspond parfaitement à votre définition :
Illustré : Abréviation de « journal illustré » (sous entendu : pour la jeunesse). Terme longtemps appliqué en France, faute de mieux, aux magazines de bandes dessinées.
En note de bas de page numéro 5 de l'article Hebdomadaires de bandes dessinées et imaginaires médiatiques dans les années 1950–1960 d'Alexis Lévrier dans Comicalités, Comics Magazines in France: Cultural and Media Perspectives (mars 2025), nous retrouvons une allusion à ces petits magazines, dont le terme servait à nommer dans l'après guerre des petites revues à bulles comme par exemple Le journal de Mickey. Leurs tirages étaient alors conséquents :
Rappelons notamment, à la suite de Sylvain Lesage, que d’autres « illustrés » ont connu une diffusion massive au cours des décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. En 1949, Vaillant est par exemple tiré à 200 000 exemplaires, un chiffre bien supérieur aux tirages de Spirou et Tintin, qui passeront respectivement la barre des 100 000 exemplaires en 1953 et en 1954. Rappelons en outre que dès sa relance en 1952, Le Journal de Mickey atteint rapidement des chiffres encore supérieurs à ses ventes d’avant-guerre : il dépasse même les 600 000 exemplaires dès 1954 (voir Lesage 2018, 412)
Le terme est à nouveau repris dans cette présentation du Centre Pompidou de son exposition sur la BD dans les années 1960 : La décennie où la bande dessinée s'est réinventée.
Bon week-end !
L’écho des savantes