Peut-on consulter en ligne les exemplaires de l'Indicateur Henry ?
Question d'origine :
Bonjour,
Savez-vous si on peut consulter en ligne les exemplaires de l'Indicateur Henry, qui, je crois, répertoriait les commerces et habitants aux différentes adresses de Lyon entre environ 1880 et 1972.
J'ai tellement l'habitude de consulter en ligne les "50 000 adresses du Calvados" (car je suis originaire de Caen), que je me sens frustré de ne pas trouver l'équivalent à Lyon. Mais je cherche peut-être mal.
Par exemple, je sais que la famille de Marius Berliet a occupé une maison rue Viala, mais a été exproprié pour laisser la place à l'hôpital de Grange Blanche (Ed. Herriot). J'ai vu dans un recensement de 1911 cet occupation par la famille Berliet, mais tous les prénoms y sont différents de la réalité de cette famille. J'aurai bien aimé voir ce qu'en dit l'Indicateur Henry.
Merci d'avance pour votre aide.
Réponse du Guichet
Les indicateurs Henry et Fournier ne sont malheureusement pas numérisés, mais consultables en partie à la BmL et aux archives municipales et départementales. A la rue Claudia, ancêtre de la rue Viala renommée en décembre 1911, figure bien un "Berliet" constructeur automobile au n° 56. Si c'est bien le célèbre industriel Marius Berliet qui vous intéresse, celui-ci s’installe ensuite avenue Esquirol dans la villa qui porte son nom, aujourd’hui classée monument historique.
Bonjour,
Nous sommes au regret de vous annoncer que les nombreuses éditions des indicateurs Henry et Fournier ne sont pas numérisées et accessibles en ligne. Seuls quelques exemplaires sont consultables sur Google Livres ou Numelyo. La BmL possède une partie des annuaires Henry, même si plusieurs trous composent cette collection allant de 1896 à 1972, ils sont consultables sur demande, sur place, à la banque du Silo. D'autres exemplaires sont conservés aux archives municipales ainsi qu'aux archives départementales du Rhône.
L'indicateur Henry 1911 ne faisant malheureusement pas parti de nos collections, nous n'avons pas pu le consulter. Nous possédons en revanche les éditions des années 1910 et 1912, pour lesquelles nous avons cherché à la rue "Viala" et au nom "Berliet".
Le fichier des voies de Lyon sur le site des archives de la ville, nous informe que la vue Viala n'a été ainsi nommée qu'à compter d'une délibération du conseil municipal en date du 19 décembre 1911. Elle était précédemment dénommée rue Claudia de 1885 à 1911 expliquant pour nous l'absence de rue Viala dans les indicateurs de 1910 et 1912 (imprimés avant la nouvelle année).
Nous avons donc fouillé ces annuaires à la rue Claudia, puis à la rue Viala selon l'époque, aux années 1906, 1910, 1912, 1917, 1918, 1926, 1928 et 1930. Mais seule l'année 1912, indique le nom Berliet, au numéro 56 de la rue Claudia (qui allait devenir rue Viala) : "56. Berliet, voit. autom [H.E]"
En recherchant au nom "Berliet" dans cette même édition, nous ne trouvons aucune mention d'un habitant de la rue Claudia, le seul Berliet (M.), qui pourrait correspondre à Marius, est lui aussi référencé pour travailler dans l'automobile : "Berliet (M.), voit. automob. av. Berthelot 239 et chem. Quatre-Maisons". Étonnamment la rue Viala et l'avenue Berthelot sont assez proches l'une de l'autre. Le chemin des quatre-maisons est l'actuelle rue Audibert et Lavirotte dans le 8ème arrondissement, elle croise l'avenue Berthelot, le numéro 239 se situant quasiment à leur intersection.
Comme vous le savez très certainement, la famille Berliet était une célèbre famille lyonnaise d'industriels de l'automobile. On note à la page Wikipédia de Marius Berliet : "En 1902, il achète l'usine automobile Audibert et Lavirotte[7] dans le quartier de Monplaisir, 250 personnes et 5 000 m2 couverts." Concernant l'évolution de la famille et de leur cadre de vie, nous pouvons lire :
En 1912, le couple et ses deux enfants, Jean (1908-1981) et Simone (1910-1912) s'installent 39, rue Esquirol dans la villa dont la construction débute au printemps 1911 sur les plans de l'architecte lyonnais Paul Bruyas[11]. Entourée d'un jardin de 8 000 m2, elle est située à l'est de Lyon, dans le quartier de Montchat en voie d'urbanisation, à mi-distance de l'usine de Monplaisir et du futur complexe industriel intégré à Vénissieux dont l'industriel nourrit le projet. Trois filles et trois garçons naissent dans cette demeure décorée dans le style Art nouveau par Louis Majorelle et Jacques Gruber[12] : Odette (1913-2013), Yvonne (1914-2021), Henri (1915-2012), Maurice (1915-2008), Paul (1918-2012), Jacqueline née en 1923.
Source : Marius Berliet - Wikipédia.
Ce qui explique probablement le départ à compter de 1912 de M. Berliet, des pages de la rue Viala pour l'annuaire Henry. Cette nouvelle villa Berliet est depuis 1993 classée aux monuments historiques de France.
L'hôpital Édouard Herriot, anciennement nommé hôpital Grange Blanche, a bien été construit entre 1913 et 1933, entrainant de lourdes conséquences urbanistiques sur le quartier. Une double vérification grâce aux plans parcellaires de la ville de Lyon, en ligne sur le site des archives municipales serait la bienvenue afin de se représenter visuellement l'évolution du quartier, connaître les noms des propriétaires de la rue Viala et éventuellement, percevoir l'évolution de l'entreprise automobile Berliet dans le quartier, mais nous ne parvenons pas à accéder à leur contenu...
Si l'accès est disponible depuis chez vous, c'est dans cette direction que nous vous encourageons à poursuivre les recherches !
Bonne journée.
Lug, pionnier lyonnais des super-héros