Qu'est devenue la bibliothèque S. Reinach qui se trouvait dans la faculté des lettres ?
Question d'origine :
Bonjour,
Où a été transférrée la bibliothèque Salomon REINACH qui se trouvait dans la faculté des Lettres quai Claude Bernard à LYON dans les années 60 ?
Est il possible d' en consulter le catalogue en ligne ? Je me souviens particulièrement de livres sur les mythologies d Amérique et d Asie dont plusieurs ouvrages de contes indochinois illustrés.
Merci.
Cordialement.
Pierre T.
Réponse du Guichet
À la mort de l'archéologue français Salomon Reinach en 1932, les sections préhistorique et gallo-romaine de sa très riche bibliothèque sont allées au MAN de Saint-Germain-en-Laye. Cependant, il restait un ensemble considérable de documents relatifs à l'antiquité classique qui fut donné à la Faculté des Lettres de Lyon pour l’Institut d’Archéologie classique, installée au 15 quai Claude-Bernard.
Lors du regroupement physique des bibliothèques d’instituts de Lyon au sein de la Maison d'Orient et de la Méditerranée, inaugurée en 1975, la bibliothèque Salomon-Reinach de l'Institut d'archéologie classique de l'Université de Lyon rejoint donc la MOM installée 7 rue Raulin à Lyon 7e. Ce fonds Salomon-Reinach est maintenant intégré au catalogue de la bibliothèque de la MOM, qui mène par ailleurs un projet de numérisation des documents patrimoniaux de fonds.
Bonjour,
Salomon Reinach (1858-1932), grand érudit de la charnière XIXe-XXe siècle, a écrit plus de sept mille articles et une centaine d'ouvrages, dans les domaines les plus variés. Au début de sa carrière, commencée à l’École normale supérieure et à l’École française d'Athènes, puis en Afrique du Nord, il s'initie à la pratique des fouilles archéologiques en Asie Mineure, dans les îles grecques puis en Tunisie. Professeur à l’école du Louvre, archéologue, historien des religions, philologue, il fut également membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et co-directeur de la Revue Archéologique.
Sa biographie complète se trouve sur le site de l'INHA. Vous pouvez voir l'inventaire de ses œuvres sur le site Data de la BnF, dont certaines ont été numérisées dans la bibliothèque numérique de la BnF, Gallica.
À la mort de l'archéologue français en 1932, les sections préhistorique et gallo-romaine de sa très riche bibliothèque sont allées au MAN (Musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye), comme le confirme le site de la Bibliothèque du MAN présentant le fonds Salomon-Reinach, comme un fonds important venu accroître ses collections. Cependant, il restait un ensemble considérable de documents relatifs à l'antiquité classique qui fut donné à la Faculté des Lettres de Lyon pour l’Institut d’Archéologie classique, installée au 15 quai Claude-Bernard. On trouve un extrait de l'acte de donation dans ce document : De la donation Reinach à la rue Salomon Reinach.
Le site de l'Académie des Sciences Belles Lettres et Arts de Lyon en retrace l'historique :
L’un [des principaux titres de Charles Dugas] à la reconnaissance du monde de la recherche est la création à l’université de Lyon, où existait déjà un musée de moulages permettant l’étude de la sculpture antique, d’un Institut d’archéologie classique que les circonstances vont lui permettre de compléter par une bibliothèque de premier ordre.
À la mort de Salomon Reinach en 1932, les sections préhistorique et gallo-romaine de sa très riche bibliothèque sont allées, selon la volonté du défunt, au Musée d’archéologie nationale (MAN) de Saint-Germain-en-Laye ; il restait un ensemble considérable, environ 16 000 volumes, concernant l’archéologie grecque.
La famille avait fait savoir que l’un des soucis de S. Reinach avait été d’aider les bibliothèques des universités françaises, l’accès aux bibliothèques parisiennes étant alors difficile et coûteux pour les étudiants et chercheurs de province (sans parler des bibliothèques et des musées étrangers). Charles Dugas saisit cette occasion pour convaincre les héritiers de faire profiter de cet ensemble l’Université de Lyon, dotée d’un Institut archéologique assez important et dynamique pour être capable d’exploiter et d’entretenir ce capital intellectuel. La bibliothèque est donnée à la Faculté des Lettres de Lyon pour l’Institut d’Archéologie classique ; installée dans ses locaux (15 quai Claude-Bernard).
Source : Notice biographique de Charles Dugas (1885-1957), écrite par Marguerite Yon-Calvet pour le Dictionnaire historique des académiciens de Lyon.
Cette bibliothèque Salomon-Reinach de l'Institut d'archéologie classique de l'Université de Lyon fut par la suite transférée à la Maison de l’Orient et de la Méditerranée (MOM) installée 7 rue Raulin, à Lyon 7e. Cet important fonds d'étude sur l'antiquité classique a donc été intégré au catalogue de la bibliothèque de la MOM, comme le confirme le portail 1000 et un tirés-à-part Salomon Reinach, qui porte le projet de numérisation des tirés-à-part issus du don de la Bibliothèque Salomon-Reinach :
Le don de Madame Reinach à l’Université de Lyon (1937) a doté la Bibliothèque de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée d’un important fonds d’étude sur l’antiquité classique comprenant de nombreux ouvrages (intégrés au catalogue de la bibliothèque de la MOM) et de volumes reliés de tirés-à-part, actuellement en cours de numérisation. [...]
Ce projet, porté par le service « Bibliothèque » et la plateforme « Banque d’images et données textuelles », a pour objet la dématérialisation (gestion, numérisation, documentation et mise en ligne) de documents patrimoniaux issus du don de la Bibliothèque Salomon Reinach, libres de droits, localisés à la bibliothèque de la MOM. Ces documents sont constitués d’extraits et de tirés-à-part de revues scientifiques internationales, de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, reliés dans des volumes appelés du terme générique « tirés-à-part ».
Le fonds des tirés-à-part de la bibliothèque S. Reinach (637 volumes reliés, soit plus de 6500 articles) présente une grande diversité quant au contenu. Ces publications internationales, écrites par des archéologues, des historiens, des épigraphistes et autres savants du XIXème siècle, adressées à Salomon Reinach, traitaient principalement d’archéologie et d’histoire ancienne mais aussi de littérature, d’éducation, de médecine, de droit législatif ou encore de politique. L’hétérogénéité de ce fonds témoigne d’une époque où la culture encyclopédique (scientifique, littéraire et politique) était encore la règle. Ces tirés-à-part, sélectionnés et reliés par l’archéologue, sont également le reflet des relations personnelles qu’entretenait Salomon Reinach avec des savants du monde entier. Ils constituent, par ailleurs, une documentation très utile aujourd’hui pour qui travaillerait sur des problématiques liées à l’Antiquité classique car issue de revues internationales difficiles d’accès, dispersées voire oubliées. Cette documentation intéressera aussi ceux qui étudient l’histoire des sciences humaines, l’histoire des mentalités…
Source : 1000 et un tirés-à-part Salomon Reinach
Le catalogue en ligne de la bibliothèque de la MOM fait partie du réseau FRANTIQ (Fédération et Ressources sur l'Antiquité) et permet d’interroger soit par catalogue sélectionné, soit sur l’ensemble des catalogues du réseau : trouvez ici les résultats trouvés dans le catalogue de la bibliothèque de la MOM concernant le fonds Salomon Reinach.
Le transfert de la bibliothèque Salomon-Reinach vers la MOM semble s’être fait à la fin des années 70, lors du regroupement physique des bibliothèques d’instituts au sein de la MOM, inaugurée en 1975. Ce regroupement fut initié par J. Pouilloux, professeur à la faculté des lettres de Lyon :
L'histoire commence en 1969 J. Pouilloux, professeur à la faculté des lettres de Lyon depuis dix ans, [...], constate en le déplorant le « gaspillage » provoqué par la dispersion aux quatre coins de plusieurs facultés, dans un rayon de moins de 500 mètres [...] de diverses institutions universitaires lyonnaises travaillant sur l'Antiquité. L'Institut Fernand-Courby, installé dans les locaux de la faculté des lettres, se consacre aux recherches de littérature, de linguistique, de philosophie, d'épigraphie et d'archéologie grecques, sous la direction de J. Pouilloux. La bibliothèque Salomon-Reinach, voisine du musée des moulages et vouée à l'archéologie classique, est dirigée par Henri Metzger et se trouve hébergée par la faculté de droit [...]
J. Pouilloux conçoit donc le projet de regrouper toutes ces activités dans un seul lieu, une seule « maison », selon le terme qu'il emploie spontanément [...] La Maison de l'Orient méditerranéen ancien est inaugurée le 27 octobre 1975, en présence de Bernard Grégory, directeur général du CNRS3. [...] La répartition des locaux de 3000 m2 sur six niveaux est en 1979 la suivante : [...] au rez-de-chaussée, le logement du gardien, les locaux de l'Institut d'égyptologie, avec la bibliothèque Victor-Loret, ceux du Centre du monde musulman et ceux de l'ERA* 525 (Recherches d'archéologie médiévale), avec la bibliothèque Antoine-Bon ; au premier étage, le Laboratoire de céramologie (URA*3) et le laboratoire photographique ; au deuxième étage, outre des bureaux d'enseignants et une salle de séminaire, la bibliothèque Jean-Deshayes (archéologie orientale) et le premier niveau de la bibliothèque Salomon-Reinach (archéologie classique), ainsi que des salles de lecture [...]
Une autre étape importante fut la signature en 1994 d'une convention avec le service commun de documentation de l'université de Lyon II conférant à la bibliothèque de la MOM le statut de bibliothèque associée. Autrefois dispersé, confidentiel et conservé dans des conditions précaires – on songe aux ouvrages anciens des fonds Salomon-Reinach et Victor-Loret qu'une vigoureuse campagne de restauration et de reliure, entreprise notamment avec l'aide de l'AAMO*, permit de sauver – l’ensemble des fonds regroupés est, depuis 1995, à la disposition d'usagers plus nombreux accueillis désormais dans des conditions décentes.
Source : Olivier Aurenche, « La Maison de l’Orient méditerranéen : récit d’un témoin », La revue pour l’histoire du CNRS [En ligne], 6 | 2002, mis en ligne le 05 juillet 2007, consulté le 20 mars 2026.
Dans sa revue Mensuel des Archives (juillet 2021, #6), la bibliothèque de la Maison de l'Orient et de la Méditerranée présente le fonds Salomon Reinach, qu'elle estime emblématique et notamment ses archives privées. Voici quelques extraits :
Les archives conservées à la MOM retracent le parcours de ce grand savant à travers ses manuscrits et épreuves, ses notes relatives aux fouilles archéologiques et aux voyages qu’il a entrepris (dessins, croquis, photographies). Elles informent aussi sur l’homme, depuis sa formation scolaire (notes de cours, notes de lecture et devoirs) jusqu’à sa correspondance privée. Sa correspondance scientifique est, elle, conservée par la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence tandis que les documents relatifs au musée de Saint-Germain-en-Laye sont conservés par ce dernier. [...]
Les archives du fonds Salomon Reinach sont particulièrement intéressantes car elles montrent non seulement le travail de terrain effectué par ce grand homme mais aussi le déroulé et les démarches nécessaires pour une telle opération dans les années 1880.
Autres sources sur le fonds Salomon Reinach
- Fiche sur le portail Persée
- Benthien, Rafael, 2017. « Archives concernant le rapport entre Reinach et l’anthropologie », Encyclopédie Bérose des histoires de l'anthropologie.
La bibliothèque de Salomon Reinach a fait l’objet d’un don de sa famille à l’université de Lyon. On y retrouve de nombreux volumes concernant l’anthropologie, avec des notes et des dédicaces. [....]
La bibliothèque Méjanes à Aix-en-Provence conserve dans le fonds Salomon Reinach la correspondance passive de l’auteur. Une partie de celle qui concerne l’article « Sous le signe d’Orphée : vie et œuvre de Salomon Reinach » (Rafael Benthien, 2017, Bérose) a été déjà publiée [1]). Nous signalons pourtant l’existence de lettres reçues de James Frazer (41 au total, dans la boîte 67), de Henri Hubert (377 au total, dans les boîtes 82, 84 et 85), et de Marcel Mauss (16 au total, dans la boîte 105). L’inventaire complet est en ligne [...]
Les dossiers de correspondances du musée d’Archéologie nationale et du Domaine de Saint-Germain-en-Laye possèdent plusieurs correspondances reçues par S. Reinach, de même que toute une partie des archives Henri Hubert concernant leurs relations (voir notamment, dans les archives Hubert, la correspondance active de Reinach, boîte 20160012014)
Belle journée à vous
Lug, pionnier lyonnais des super-héros