Qu'indique la loi française vis à vis des marchés de prédiction ?
Question d'origine :
Bonjour,
Je me demandais quelle était la loi française vis à vis des marchés de prédiction ?
Si j'en crois un article, en France, l’Autorité Nationale des Jeux a imposé un géoblocage sur ces plateformes, les considérant comme des jeux d’argent illégaux, malgré leur succès économique fulgurant à l’international, notamment les Etats Unis.
Que penser de cette maigre restriction vraisemblablement contourna par l'installation d'un VPN, de l'implication de Donald Trump Junior comme conseiller chez Kalshi et Polymarket et des délis d'initiés qui semblent avoir lieu assez facilement sur cette plateforme ?
Comment se protéger vis à vis de ce phénomène, en plus de ce que est proposé par John Oliver dans une de ces émission du Last Week Tonight ?
En vous remerciant,
Réponse du Guichet
Parier sur des plateformes de marchés de prédiction est effectivement illégal en France. L'Autorité nationale des jeux (ANJ), n'ayant pas donné d'agrément au marché des prédiction, a exigé le géoblocage de ces plateformes. Elle souligne le caractère addictif de ces paris et jeux d'argents pour lesquels aucun mécanisme de protection n'est mis en place. Elle cite en exemple les "dispositifs d'auto-exclusion, de plafonnement des mises, d'information sur les risques ou encore de détection des comportements problématiques". Elle appelle donc les utilisateurs à la prudence.
Bonjour,
Les marchés de prédiction permettent aux gens de parier sur l'issue d'événements tels que les compétitions sportives, les élections, la météo, ou encore l'actualité géopolitique.
Comme vous l'indiquez dans votre question, l'Autorité nationale des jeux n'a pas donné son agrément à ces plateformes qui sont illégales en France.
Les plateformes demeurent souvent consultables depuis la France, même si la prise de paris est censée être impossible. « Le site reste accessible, mais la prise de pari est bloquée », explique le responsable, reconnaissant que certains utilisateurs contournent les restrictions via des VPN. L'ANJ souligne que les marchés de prédiction sont « à la fois assimilables à des plateformes de paris et à des produits financiers spécialisés », un statut hybride qui complique leur encadrement à l'échelle internationale.
Paris sportifs
Ce flou contraste avec l'évolution du marché américain. Si les marchés politiques ont initialement propulsé ces plateformes sous les projecteurs, notamment lors de la présidentielle américaine de 2024, la croissance la plus rapide concerne désormais le sport.
Le phénomène a été particulièrement visible lors du Super Bowl, devenu une vitrine pour ces nouveaux formats de paris qui ont volé la vedette aux plateformes historiques. « Les paris sportifs prennent une place croissante sur ces plateformes. La Coupe du monde de football 2026 sera un test intéressant pour mesurer l'ampleur du phénomène », anticipe Guillaume Laborderie.
Si ces acteurs souhaitaient se mettre en conformité en France, ils pourraient théoriquement demander un agrément sur des segments autorisés, comme les paris sportifs ou hippiques. En revanche, les marchés politiques, qui ont fait leur notoriété, resteraient interdits. Pour l'heure, le phénomène reste limité par rapport à d'autres formes de jeux illégaux, selon le régulateur.
L'ANJ estime en comparaison à environ 3 millions le nombre de joueurs français sur des casinos en ligne non autorisés. Mais la vitesse de diffusion des marchés prédictifs attire l'attention. « Le phénomène n'est pas encore massif, mais la croissance est rapide et mérite d'être surveillée », souligne Guillaume Laborderie. D'autant que ces plateformes s'imposent progressivement comme de nouveaux thermomètres de l'actualité, à la frontière entre information, finance et paris en ligne.
Aucune mesure supplémentaire n'est envisagée tant que les plateformes maintiennent un géoblocage formel. « A partir du moment où le blocage est en place, il n'y a pas d'actions supplémentaires à mener », indique le régulateur.
source : Kalshi et Polymarket attirent quatre fois plus de visiteurs français malgré l'interdiction des marchés de prédiction / Samir Touzani - Les Echos (site web) - mercredi 25 février 2026
La France n'est pas le seul pays avoir bloqué ces plateformes. Plusieurs pays européens l'ont fait également : Allemagne, Belgique, Roumanie, Suisse, Pays-Bas, Pologne, Grèce, Chypre, Ukraine et Portugal.
« Aux États-Unis, Polymarket a été autorisé par la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) à proposer des paris auprès des résidents américains en novembre 2025 », mais « le Nevada Gaming Control Board vient d'assigner en justice Polymarket, estimant que ses marchés de prédiction constituent des jeux d'argent illégaux devant faire l'objet de mesures de blocage », a signalé l'autorité française.
En Australie, le régulateur local a placé Polymarket sur liste noire le 14 août 2025. En Colombie, le régulateur a, en septembre dernier, demandé aux fournisseurs d'accès de bloquer Polymarket.
source : Jeux en ligne : le régulateur s'inquiète des plateformes de paris sur les événements / La Croix (site web) avec AFP - mardi 24 février 2026
Il semble pourtant bien aisé de contourner cette interdiction comme le souligne cet article du journal Libération :
Officiellement, la plateforme est interdite en France : elle est considérée comme un site de jeux d’argent illégal car elle ne dispose d’aucun agrément (et non pas parce qu’un utilisateur français a fait fortune en pariant sur la victoire de Trump , comme le prétendent de nombreux internautes). Mais ce que beaucoup de gens ignorent, c’est qu’elle l’était encore très récemment aussi outre-Atlantique. Les Etats-Unis figurent d’ailleurs – et toujours – dans la liste des pays officiellement bloqués par Polymarket. Une application dédiée est en cours de déploiement pour les utilisateurs états-uniens, sur liste d’attente pour le moment. Outre-atlantique, Polymarket a en effet réussi à devenir un service financier agréé (et non un site de paris), comme le détaillait les Echos. Mais cela n’a pas empêché les Américains d’utiliser massivement la plateforme bien avant, lors d’élections ou de conflits récents.
Le site cherche d’ailleurs à s’étendre à l’international : Polymarket a tout récemment signé un accord de sponsoring avec le célèbre club de foot de la Lazio de Rome… alors que l’Italie fait partie des pays où Polymarket est toujours officiellement bloqué (le temps que les régulateurs se prononcent de façon définitive sur sa légalité).
En attendant, malgré le blocage en France, la plateforme reste accessible moyennant une manipulation assez simple, comme CheckNews a pu le vérifier : il suffit de disposer d’un VPN, même gratuit, qui pointe vers un pays où Polymarket est accessible, et d’un portefeuille de cryptomonnaies, pour l’utiliser en quelques secondes.
Il semble en revanche plus compliqué de retirer d’éventuels gains, par exemple d’un compte bancaire, car il faut en théorie justifier la provenance des fonds. Sur le réseau social X, plusieurs Français proposent cependant de contourner le problème… en ne déclarant rien. Il suffirait, selon eux, de conserver en crypto leurs profits, et de les dépenser directement sous cette forme (en toute illégalité). Un certain nombre de sites permettent en effet de payer directement en cryptomonnaies pour des biens ou services, ou de disposer d’une carte bancaire liée à leur portefeuille de crypto.
Ainsi, malgré ce géoblocage, le nombre de visites sur le site explose. " Longtemps cantonnées à une niche de passionnés de cryptomonnaies, ces plateformes ont fait une percée dans le grand public. Elles se positionnent comme une alternative aux sondages et paris sportifs traditionnels, nouant désormais des partenariats avec de grands médias américains (CNN, CNBC, Wall Street Journal). Toutefois, cette visibilité s’est accompagnée de soupçons de tentatives de manipulations et de délits d’initiés, régulièrement rapportés par la presse ces derniers mois. "
Les délits d'initiés semblent se multiplier aux Etat-unis. Un soldat américain ayant participé à l'organisation de l'arrestation du président vénézuélien Maduro a été arrêté et condamné après avoir prédit l'évènement sur Polymarket et gagné 404 000 dollars.
Le sergent-chef Gannon Ken Van Dyke, vétéran aguerri des forces spéciales, vient d'être inculpé par les autorités fédérales pour avoir orchestré une manipulation sophistiquée d'informations militaires secrètes, lui rapportant la somme vertigineuse de 400 000 dollars sur Polymarket. Cette arrestation constitue un tournant décisif dans la régulation des plateformes de paris cryptographiques et soulève des interrogations fondamentales sur l'intégrité du renseignement militaire.
L'enquête du Département de la Justice dévoile un stratagème d'une audace remarquable : Van Dyke, participant actif à l'opération "Absolute Resolve" ayant mené à la capture spectaculaire du président vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier 2026, avait minutieusement préparé son coup. Le militaire de 38 ans s'était inscrit sur Polymarket dès le 26 décembre 2025, soit précisément une semaine avant l'intervention clandestine qu'il contribuait lui-même à planifier.
Une plateforme de prédiction transformée en instrument de spéculation illégale
Polymarket, cette plateforme décentralisée révolutionnaire permettant de miser sur l'avenir via des cryptomonnaies, connaît une ascension fulgurante depuis 2024. Chaque semaine, plusieurs milliards de dollars y transitent, alimentant des paris sur des résultats électoraux, des bouleversements géopolitiques ou des performances sportives. Néanmoins, l'affaire Van Dyke démasque les zones d'ombre inquiétantes de cette économie parallèle florissante.
Le stratagème du sergent-chef révèle une sophistication troublante : il avait investi 32 537 dollars sur le contrat "Maduro out", pariant que le dirigeant vénézuélien serait renversé avant le 31 janvier 2026. Cette position, perçue comme extraordinairement périlleuse par les autres utilisateurs, lui a procuré un rendement phénoménal de 1 242%, soit plus de 404 000 dollars de bénéfices. Les investigations révèlent que Van Dyke avait effectué treize transactions entre le 27 décembre et le 2 janvier, quelques heures seulement avant le déclenchement de l'opération qu'il connaissait dans ses moindres détails. [...]
L'affaire Van Dyke n'est malheureusement pas un cas isolé dans ce paysage troublant. Les enquêteurs ont identifié d'autres comptes suspects ayant réalisé des gains substantiels en anticipant des événements géopolitiques sensibles : des paris de 550 000 dollars sur d'éventuelles frappes américaines contre l'Iran, des spéculations sur la destitution de l'Ayatollah Ali Khamenei, ou encore des positions anticipant un cessez-le-feu avec l'Iran le 7 avril.Ces révélations ont contraint la Maison Blanche à émettre, simultanément à la publication du rapport de l'Associated Press, une directive stricte interdisant au personnel gouvernemental d'exploiter des informations privilégiées sur les marchés de prédiction. Le président Trump lui-même a exprimé son inquiétude, déplorant que "le monde entier soit malheureusement devenu une sorte de casino géant où les enjeux dépassent le simple divertissement".
Mike Selig, président de la CFTC, a souligné avec gravité que "le défendant, dépositaire d'informations confidentielles sur les opérations américaines, a pris des mesures qui compromettaient dangereusement la sécurité nationale et mettaient en péril la vie de nos militaires". Cette déclaration illustre combien les implications sécuritaires transcendent les simples considérations financières.
Polymarket confrontée à ses responsabilités réglementaires
Face à cette tempête, Polymarket a tenté de limiter les dégâts par une déclaration sur X : "Dès que nous avons identifié un utilisateur exploitant des informations gouvernementales classifiées, nous avons immédiatement signalé l'affaire au Département de la Justice et coopéré pleinement à leur enquête. Le délit d'initié constitue une violation inacceptable de nos principes fondamentaux".
La plateforme avait pourtant renforcé ses règles en mars 2024, proscrivant explicitement trois catégories de délits d'initiés. Ces mesures s'avèrent manifestement insuffisantes face à l'ingéniosité des contrevenants. Kalshi, concurrent direct de Polymarket, a récemment sanctionné trois candidats au Congrès pour avoir parié sur leurs propres élections, témoignant de la généralisation inquiétante de ces pratiques.
Paradoxalement, l'administration Trump avait autorisé Polymarket à proposer ses services aux clients américains en 2025, bien que la version entièrement opérationnelle ne soit pas encore déployée. Les transactions liées à l'affaire Maduro ont été effectuées sur le site international, techniquement hors de portée de la réglementation américaine mais aisément accessible via des réseaux privés virtuels.
Perspectives économiques et juridiques d'une industrie sous surveillance
Cette affaire pourrait fondamentalement redéfinir l'encadrement des marchés de prédiction aux États-Unis. Plus d'une douzaine de projets de loi bipartites ont été introduits au Congrès cette année pour renforcer drastiquement la réglementation de ces plateformes, prévoyant des sanctions exemplaires pour les fonctionnaires impliqués dans de telles malversations. Ces développements font écho aux préoccupations exprimées par l'Autorité Nationale des Jeux concernant les risques d'addiction et les pertes financières liés aux marchés de prédiction illégaux
L'impact économique transcende largement le cas individuel de Van Dyke. Les marchés de prédiction représentent désormais un secteur de plusieurs milliards de dollars, attirant investisseurs institutionnels et particuliers dans une course effrénée aux profits. Cette croissance exponentielle s'accompagne de risques systémiques que les régulateurs peinent encore à circonscrire, comme l'a récemment illustré l'engouement spéculatif autour de la capture de Nicolas Maduro
L'arrestation de Van Dyke établit un précédent historique, marquant la première poursuite du Département de la Justice pour délit d'initié sur un marché de prédiction. Elle pourrait catalyser une vague de réformes réglementaires et redéfinir les contours de cette industrie naissante, située à la confluence explosive entre finance traditionnelle et économie décentralisée.
source : Un soldat américain arrêté pour des paris sur Polymarket / Paolo Garoscio - Economie Matin (site web) - vendredi 24 avril 2026
Même en France, les parieurs de Polymarket font la pluie et le beau temps. Météo France a été amenée à déposer plainte pour l’altération du fonctionnement d’une de ses sondes de mesure de températures. Des parieurs de la plateforme Polymarket seraient à l'origine de ce sabotage, dans le but de fausser les mesures et ainsi générer des profits.
Voir ces articles :
Vu de l’étranger. Les parieurs de Polymarket font-ils la pluie et le beau temps ? / Shania Mintchev - Courrier international - 24/04/2026
Triche Paris en ligne sur la température à Paris : une sonde de Météo-France a-t-elle été sabotée ? / Libération - AFP - 23/04/2026
Quelle est l'implication de la famille Trump ?
Selon Bloomberg, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a lancé une enquête autour de deux séries de transactions suspectes effectuées sur les contrats à terme sur pétrole juste avant de récents revirements du président concernant la guerre en Iran.
La Commodity Futures Trading Commission (CFTC), principal organisme de régulation sur les produits dérivés aux Etats-Unis, a lancé une enquête autour de transactions suspectes effectuées sur les contrats à terme sur pétrole juste avant de récents revirements du président Donald Trump concernant la guerre en Iran, selon des sources citées par Bloomberg.
Le régulateur étudierait plus particulièrement deux séries de transactions spécifiques sur des contrats à terme sur pétrole réalisées sur les plateformes spécialisées de CME Group (Nymex) et d'Intercontinental Exchange (ICE), où les volumes de transactions ont fortement augmenté peu avant des annonces importantes.
Inquiétudes ciblées
Ces pics de volumes laissent craindre l'utilisation abusive d'informations privilégiées liées à l'évolution de la position de Donald Trump. La perturbation historique des flux pétroliers au Moyen-Orient a fait flamber les prix du pétrole au début du conflit, et multiplié les épisodes de forte volatilité alimentée par les spéculations quant à la date de reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
Alors que d'autres protagonistes - également contactés par L'Agefi - ont décliné tout commentaire, «rien n'est plus important que l'intégrité des marchés, réagit le CME dans un courriel envoyé aux rédactions. Chez CME Group, nous surveillons rigoureusement nos marchés et collaborons étroitement avec la CFTC pour superviser les activités de négociation. Il est essentiel que toute analyse du comportement du marché prenne en compte toutes les plateformes, y compris les marchés de prédiction comme Polymarket et Kalshi qui proposent des produits connexes peu ou pas visibles.» Et une surveillance encore incertaine malgré les propos se voulant rassurants de leur direction.
source : Le régulateur américain cible les transactions suspectes sur le pétrole autour des annonces de Donald Trump / Fabrice Anselmi - AGEFI - 16/04/2026
Les fils de Donald Trump se sont empressés d'investir dans une entreprise de drones peu avant le lancement des hostilités en Iran. Voir cet article du Nouvel Obs : Aux Etats-Unis, les gains très lucratifs des profiteurs des guerres de Trump.
Comme l'indique John Oliver dans sa vidéo, Donald Trump Jr. est conseiller pour Polymarket et Kalshi, les deux principales entreprises du secteur américain des marchés de prédiction. Ce qui soulève des questions éthiques et éveille des soupçons de conflit d’intérêts. Lire l'article de Challenges à ce sujet : Une implication « problématique » : aux Etats-Unis, les liens du fils de Trump avec les plateformes de paris Kalshi et Polymarket interrogent.
Comment s'en protéger ?
L'Autorité nationale des jeux (ANJ) a mis en garde contre le caractère addictif des plateformes de marchés de prédiction et a appelé les utilisateurs à la prudence car ces sites de prédiction présentent plusieurs caractéristiques addictives similaires à celles constatées pour les jeux d'argent en ligne, mais amplifiées du fait de l'absence des mécanismes de protection existant sur le marché légal des jeux d'argent.
En effet, derrière l'apparente modernité technologique se cache une mécanique bien connue des spécialistes de l'addiction. Les marchés de prédiction permettent d'acheter des « parts » sur la probabilité qu'un événement se produise. Concrètement, l'utilisateur engage de l'argent – souvent en cryptomonnaie – sur une issue donnée, avec l'espoir de revendre plus cher si la probabilité perçue évolue en sa faveur.
Certaines plateformes, comme Polymarket, se présentent comme des outils d'anticipation collective. Pourtant, en France, ces sites ne disposent d'aucune licence. « En France, ces sites ne sont pas autorisés et sont considérés comme des sites de jeux d'argent illégaux », rappelle l'ANJ dans son communiqué. Face à la montée en puissance du phénomène, le régulateur insiste sur la nature du risque. « Parce que ces sites de prédiction présentent plusieurs caractéristiques addictives similaires à celles constatées pour les jeux d'argent en ligne, mais amplifiées du fait de l'absence des mécanismes de protection existant sur le marché légal des jeux d'argent, l'ANJ appelle les utilisateurs à la prudence ».
Le terme « amplifiées » n'est pas anodin. Dans le cadre légal français, les opérateurs de pari doivent proposer des dispositifs d'auto-exclusion, de plafonnement des mises, d'information sur les risques ou encore de détection des comportements problématiques. Or, sur ces plateformes étrangères, rien de tel. L'utilisateur est seul face à son écran.
Santé : des risques d'addiction aggravés par l'absence de protection
L'inquiétude de l'ANJ ne repose pas sur une simple posture réglementaire. Elle s'inscrit dans une logique de santé publique. Les jeux d'argent constituent déjà un facteur majeur d'addiction en France. Les marchés de prédiction en reprennent les ressorts psychologiques les plus puissants : incertitude permanente, récompense aléatoire, actualisation continue des cotes, pression des communautés en ligne. À cela s'ajoute un facteur nouveau : l'utilisation de cryptomonnaies. Le fait de miser via des actifs numériques peut altérer la perception réelle des pertes. Le joueur ne voit plus des euros s'envoler, mais des unités abstraites. Cette distance symbolique peut réduire l'alerte interne face au risque financier.
source : Addiction, pertes financières : alerte sur les marchés de prédiction illégaux / Paolo Garoscio - Economie matin - 25 février 2026
Le plus simple reste donc de s'en tenir éloigné. Comme l'indique John Oliver, vos chances de remporter le pactole sont faibles, vous allez statistiquement perdre de l'argent... à moins de connaître personnellement la famille Trump !
Bonne journée.
Le passé ne s’invente pas