Quel est l'auteur de cette peinture située dans l'immeuble du 4 place Le Viste ?
Question d'origine :
bonjour,
je vous ai posé une question sur la peinture de l'allée du 2 place Le Viste, je dois m'excuser car la peinture n'est pas au 2 mais au 4 place Le Viste. je suis allez vérifiez sur place. En discutant avec des collegues de l'association, un renseignement qui pourra peut etre vous aider, il s'agirait du peintre Daniel SARRABAT, cette peinture n'est pas signé et c'est vrai qu'il etait a Lyon de 1695 a 1748.
encore toutes mes excuses pour cette erreur de numéro.
cordialement
jeanpauldelyon
Réponse du Guichet
Tant il a laissé derrière lui une oeuvre considérable, il ne peut être exclu qu'il s'agisse d’une peinture de Daniel Sarrabat (1666-1748). D'autant que de nombreuses peintures murales peintes par l'artiste sont bien référencées dans des hôtels aux alentours de la place Bellecour. Cependant, les spécialistes ne font pas figurer ce plafond de leurs inventaires (non exhaustifs de leurs propres aveux). Sans confirmation à ce stade, même en nous déplaçant sur place, nous avons contacté l’entreprise Omea qui travaille au 4 place Le Viste pour obtenir les coordonnées du Syndic de copropriété qui saura forcément nous renseigner. Nous attendons leur retour.
Bonjour,
Votre question fait suite à nos premières recherches effectuées au sujet de 2 peintures murales exposées dans un immeuble privé place Le Viste à Lyon : Quelle est cette peinture exposée dans un immeuble lyonnais ?
Vous placiez ces oeuvres dans le hall du numéro 2 or, vous avez raison, celles-ci se trouvent en réalité au numéro 4 de la place.
Le plan de datation des immeubles de Lyon indique que cet édifice aurait été construit en 1684. La fin du XVIIème siècle et le début du XVIIIème concordent avec les années lyonnaises du peintre Daniel Sarrabat (1666-1748). On sait qu'il se serait installé à Lyon à partir de 1695, de retour d'un voyage d'Italie, lorsqu'il fit halte chez un confrère, le peintre Gilles de Hainaut, dont il finira par épouser la fille :
Au cours de son voyage de retour d'Italie, il fit étape à Lyon, une halte traditionnelle sur la route ou au retour de Rome. L'étape fut décisive pour Sarrabat et pour des raisons étrangères à la peinture. Logé chez un confrère, le peintre Gilles de Hainaut, il épousa sa fille Jeanne en 1695. Malgré les sollicitations des amis qui le réclamaient à Paris ou à Rome, il ne quittera plus la ville où il demeura jusqu'à sa mort. Travailleur infatigable, Sarrabat acquit très vite une grande notoriété.
Source : L'art baroque à Lyon - actes du colloque (Lyon les 27 28 et 29 septembre 1972), Les tableaux de Daniel Sarrabat de Lise Florenne.
La temporalité de la datation de la construction de l'immeuble et l'arrivée du peintre à Lyon s'accordent très bien. On sait également que Daniel Sarrabat a décoré de ses oeuvres de nombreux immeubles appartenant à des notables lyonnais. Or, nous ne trouvons pas mention de ce plafond dans l'inventaire dressé par Lise Florenne à la page 291 de l'ouvrage de restitution du colloque de 1972. Tout près de là pourtant, aux abords de la place Bellecour dans l'Hôtel de l'Europe (anciennement Hôtel de Sénozan au 1 rue du colonel-Chambonnet) elle crédite Sarrabat de deux plafonds d'inspiration mythologique, dont l'un s'intitule notamment Hercule reçu dans l'Olympe. Un autre, Psyché éveillant l'amour endormi, lui est également attribué de l'autre côté de la place, au 8 rue Boissac, dans l'hôtel du président de Fleurieu. Aucune peinture listée n'évoque en revanche Le char de Mercure. D'ailleurs pour L. Florenne se sont surtout les peintures sur chevalet de Sarrabat qui nous manquent et qui ont aujourd'hui disparu.
Bien qu'oublié aujourd'hui, l'artiste jouit d'une petite réputation chez les connaisseurs d'art lyonnais. Mais son oeuvre, considérable même si parfois réputée inégale, pourrait échapper à toute logique d'inventaire tant la force de travail de l'artiste, louée par les spécialistes, est régulièrement rapportée par les personnes qui l'ont étudié :
De l’immense production de Sarrabat, un certain nombre d’œuvres se dégagent : celles qui appartiennent, selon l’expression de l'Abbé Pernetti, au « temps de la perfection de son art », qu’il faut situer dans les dernières années du xvième siècle et à l'aube du xviième. C’est alors qu’il décora l’Hôtel que Claude Chana avait fait construire vers le milieu du siècle au n° 8 de la rue Boissac tout récemment percée. Cet hôtel fut celui du Président de Fleurieu ancien Prévôt des Marchands, Secrétaire Perpétuel de l’Académie des Sciences et Belles Lettres de Lyon, grand amateur d'art et collectionneur. Sarrabat orna les dessus de portes du vestibule de camaieux, peignit l’escalier et son plafond et fit de nombreux tableaux de chevalet. « Le tout peut être compté entre les meilleures choses qu’ai faites Sarrabat dans la vigueur de son âge ». (Rivière de Brinais : Description de la mile de Lyon avec des Recherches sur les hommes célèbres quelle a produits, Lyon 1741).
« Sarrabat peignit encore plusieurs cabinets et plafonds (dont le Réveil d’Apollon) dans la maison de Monsieur Nicolau, Receveur de la ville, rue Saint-Dominique. Il participa aux grands travaux d’embellissement du Château de la Duchère.
Melchior Philibert, le célèbre négociant, le fit travailler dans sa maison de Charly et Thomas de Boze, Trésorier de France, l’appella à Albigny. Tous ces travaux ont, à peu près sûrement été exécutés avant 1720.
Daniel Sarrabat n’a pas été qu’un peintre d’Histoire. Il fut aussi peintre religieux et contribua aux campagnes de restauration entreprises dans plusieurs églises de la ville. On y voit ses tableaux aux côtés de ceux de Thomas Blanchet, de Jacques Stella, de Claude Vignon... Dès son retour de Rome, il peint deux tableaux pour la Chapelle des Pénitents de la Miséricorde : la Délivrance de Saint-Pierre et la Délivrance de Daniel ; à l’Eglise des Carmes, la Résurrection ; pour le réfectoire des Recollets : la Multiplication des Pains et des figures en grisaille de Saints franciscains. Dans la magnifique chapelle des Tireurs d’Or, à côté du Saint Eloy de Jacques Stella figure Moïse et le Veau d’Or, peut-être le plus beau tableau de Sarrabat. Il fournit à Perrache le dessin de son Assomption et peint, sous le groupe de marbre, les Apôtres en grisaille. L’église Saint-Vincent lui commande pour le maître-autel le Martyre de saint Vincent. Enfin, à l’église de la Charité, Sarrabat peindra la Pompe funèbre du Maréchal de Villeroy.
Il ne s'agit pas là, bien sûr, d'un catalogue complet des oeuvres de Daniel Sarrabat, oeuvres très nombreuses, fresques, peintures à l’huile, tableaux, dessins (car il dessinait beaucoup), œuvres d'inégale valeur et parfois faciles. Je n'ai fait que mentionner celles que ses biographes considèrent comme exprimant le mieux sa personnalité et ses dons.
Ainsi, pendant près de cinquante ans Sarrabat ne cessa pas de peindre. Que reste-t-il aujourd’hui de cette activité infatigable, de ce travail passionné ? Toutes les œuvres de peinture religieuse ont apparemment disparu. La plupart étaient des peintures murales qui ont été détruites avec les églises précieuses qui les contenaient. Quant aux tableaux de chevalet, je n’ai pu en retrouver aucune trace.
Source : Un peintre lyonnais oublié : Daniel Sarrabat (1666-1748) de Lise Florenne (sur Persée).
Cette scène céleste peinte aux plafonds de l'immeuble du 4 place Le Viste serait-elle un oubli ? Il est aussi tout à fait probable que Daniel Sarrabat ne soit pas l'auteur de cette oeuvre. Il serait étonnant qu'une telle production ait échappé à l'inventaire de la chercheuse ou bien qu'il soit absent des registres patrimoniaux contemporains, surtout lorsque l'on sait que certains plafonds de l'artiste, comme les trois peintures monumentales qui composent Le Cycle de Minerve, à l'Hôtel de l'Europe justement, sont aujourd'hui parfaitement renseignées dans la base du Patrimoine en Auvergne Rhône-Alpes.
Pour en avoir le coeur net, nous nous sommes donc rendus sur place pour observer de nous même ce plafond et sa peinture céleste. Voici une (mauvaise) photo de l'état actuel de l'oeuvre. Première remarque, la peinture est aujourd'hui beaucoup plus sombre que sur votre précédente photo tout comme les plafonds, qui nous sont apparus très nettement moins blancs. Deuxièmement, la partie détérioriée visible en bas à droite de l'oeuvre sur votre photo semble avoir été restaurée. Enfin, aucune signature n'apparait et aucun indice sur son auteur ne se dégage de sa contemplation. Nous avons donc tenté notre chance en interrogeant des personnes au hasard dans le hall, mais celles-ci nous ont indiqué ne pas savoir, arguant simplement travailler dans l'immeuble et non y résider. Nous avons donc sonné à plusieurs portes espérant y trouver des habitants mais nous avons malheureusement rencontré porte close....

L'idée nous est donc venue de contacter le syndic de copropriété. Ce fut encore une fois compliqué puisque celui-ci est absent de l'annuaire des copropriétés qui permet d'obtenir leur contact. La copropriété du 4 place Le Viste est pourtant bien référencée sur le site gouvernemental de l'annuaire des entreprises. Nous avons donc appelé l'entreprise Omea dont les bureaux se trouvent dans l'immeuble dans l'espoir d'obtenir leurs coordonnées mais personne ne nous répond non plus... Décidement. Nous leur avons donc écrit un mail en leur expliquant l'information que nous cherchons et notre volonté d'être mis en relation avec quelqu'un du Syndic. Nous vous tiendrons au courant de la suite. Mais si nous n'obtenons pas de réponse,voilà la marche à suivre : contacter l'entreprise ou quelqu'un de l'immeuble afin d'obtenir le numéro du Syndic qui saura très certainement apporter une réponse à vos questions pour enfin percer ce mystère.
Trêve d'hypothèses, nous revenons vers vous si une réponse des équipes d'Omea nous parvient et que nous obtenons un contact au sein du syndic de copropriété.
Bonne journée.
Lug, pionnier lyonnais des super-héros