Je recherche des documents sur les conditions de travail des employés du CC de La Part Dieu
Question d'origine :
Bonjour
où peut-on trouver des documents ou articles de presse sur les conditions de travail employés du centre commercial de La Part Dieu ( sécurité, ménage, vente) ?
Merci par avance
Réponse du Guichet
5 000 salariés travaillent au sein des 286 établissements du centre commercial de la Part-Dieu. Selon une étude de l'Insee de 2026, 58 % des salariés du centre commercial travaillent dans le secteur du commerce ; viennent ensuite ceux de la restauration et du transport. Les salariés sont en majorité des femmes, employées, très jeunes et assez fréquemment à temps partiel et peu rémunérées.
Les bases Europresse et Médiapart, accessibles avec un abonnement BmL, pointent vers quelques articles abordant la question des conditions de travail et d’emploi des salarié.e.s de ce centre commercial, l'un des plus grand d’Europe.
La revue Rue89Lyon, disponible depuis les postes de la BmL, propose également un dossier sur le sujet. La revue Miroir social a publié en 2008 un article mettant en exergue la singularité et la difficulté du dialogue social dans ce centre commercial, amenant la CGT a crée un syndicat de site que vous pourriez contacter : Le syndicat de site du Centre Commercial de la Part-Dieu (Lyon) : une structuration originale et rare à la CGT, et qui dure !
Bonjour,
Vous souhaitez trouver des documents ou articles de presse sur les conditions de travail des employé.e.s du centre commercial de La Part Dieu.
Dans un premier temps, nous avons cherché des articles de presse traitant de ce sujet, dans la base Europresse qui permet l'accès à une lecture intégrale (avec un abonnement BmL).
Le Progrès de Lyon a publié très recemment un compte-rendu des résultats d'une analyse de l'Insee sur l'activité économique du quartier de la Part-Dieu, qui pointe notamment une plus grande précarité des emplois du centre commercial, au regard du quartier dans son ensemble :
La célébration du 50e anniversaire de l’inauguration du centre commercial de la Part-Dieu, en septembre dernier, a amené l’Insee (l’Institut national de la statistique et des études économiques) Auvergne Rhône-Alpes à se pencher sur l’activité économique de ce pôle majeur, présenté comme « le plus grand centre commercial d’Europe continentale » mais aussi sur celle du quartier. [...]
Dans le détail des chiffres, le quartier de la Part-Dieu compte 44 000 salariés dont 5 000 au centre commercial (161 300 m2 de surface commerciale utile). Il accueille 2 340 établissements (286 pour le centre commercial) et englobe 25 700 habitants.
Qui sont les salariés ?
Si l’on se penche sur les visages des actifs, des disparités apparaissent. Dans le centre commercial, la prédominance des commerces et de la restauration « influence fortement le profil des salariés », note l’Insee AuRa.
Ils sont plus souvent employés, à 58 % ; ils sont aussi très jeunes avec 49 % de moins de 30 ans. Près d’un tiers d’entre eux est à temps partiel et peu rémunéré. Les femmes sont plus largement représentées. Le salaire net mensuel médian en équivalent temps plein se situe à 1 670 €. [...]
Dans le centre commercial, la prédominance des commerces et de la restauration « influence fortement le profil des salariés », note l’Insee AuRa.Ils sont plus souvent employés, à 58 % ; ils sont aussi très jeunes avec 49 % de moins de 30 ans. Près d’un tiers d’entre eux est à temps partiel et peu rémunéré. Les femmes sont plus largement représentées. Le salaire net mensuel médian en équivalent temps plein se situe à 1 670 €. [...]
« Dans le centre commercial, 42 % des salariés résident à Lyon (surtout dans les 3e , 7e , 8e et 6e arrondissements)? Les actifs travaillant dans le quartier y habitent moins souvent (35 %) », développe l’Insee AuRa.
Source : Quartier de la Part-Dieu : qui sont ceux qui y vivent et y travaillent ? (Le Progrès, Lyon, jeudi 07 mai 2026)
Comme l'annonce en introduction l'article sus-cité, l'Insee (L’Institut national de la statistique et des études économiques) a publié récemment une étude intitulée QUARTIER DE LA PART-DIEU À LYON. Des activités plus variées et des salariés plus qualifiés que dans le centre commercial (Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes • n° 210 • Mai 2026) dont la version imprimable peut être téléchargée en format PDF. Voici quelques extraits :
Au cœur de ce quartier, 5 000 salariés travaillent au sein des 286 établissements du centre commercial. Avec 161 300 m² de surface commerciale utile (auxquels s’ajoutent 28 800 m² de bureaux de la tour Oxygène englobée dans la zone d’étude), il est l’un des plus grands centres commerciaux d’Europe.
Fin 2019, 58 % des salariés du centre commercial travaillent dans le secteur du commerce, une part à l’image de la répartition des équipements. Viennent ensuite ceux de la restauration (12 %) et du transport (11 %). La part significative de ce dernier secteur est lié à la prise en compte, au sein du centre commercial, de la Tour Oxygène qui comprend une surface importante de bureaux de la SNCF.
Dans le centre commercial, cette prédominance du commerce et de la restauration influence fortement le profil des salariés. Ils sont nettement plus souvent employés (59 %) que dans le quartier, tandis que les cadres (27 %) et les professions intermédiaires (11 %) y sont moins représentés figure 3. Ils sont très jeunes (la moitié a moins de 30 ans) figure 4, plus souvent des femmes (57 %), assez fréquemment à temps partiel (30 %) et peu rémunérés (le salaire net mensuel médian est de 1 670 euros. [...]
Plus spécifiquement sur les conditions de travail, nous trouvons :
- un article de Aujourd'hui en France du dimanche 8 septembre 2013, intitulé "Le ras-le-bol des employés d'un centre commercial lyonnais". Voici des extraits :
En ce samedi de rentrée, le centre commercial de la Part-Dieu à Lyon (Rhône), l'un des plus grands d'Europe avec ses 140000 m2, reçoit quelque 200000 visiteurs. C'est ce jour de forte affluence qu'ont choisi les syndicats pour entraîner les salariés dans une opération de débrayage et dénoncer au public des conditions de travail particulièrement difficiles. « On voudrait montrer l'envers du décor, explique Jennifer Sanna, employée chez Carrefour et délégué FO. Ce centre commercial est féerique de l'intérieur, mais quand on passe dans les coulisses, c'est autre chose. »
Les salariés demandent en premier lieu de pouvoir stationner gratuitement. Sur les 3800 salariés du centre, seuls les cadres dirigeants ont accès gratuitement aux parkings. « Pour nous, c'est 98 € d'abonnement mensuel, soit 10% du salaire de nombre d'entre nous qui sommes rémunérés au smic, ou des contraventions puisque tout le quartier de la Part-Dieu est en zone payante », dénonce encore Jennifer. Une situation d'autant plus difficile à accepter que de nombreuses enseignes offrent la gratuité de stationnement à leur clientèle.
Autre revendication : une restauration collective. La plupart des enseignes ne disposent même pas d'une salle de repos. « On mange dans les réserves, assis sur un carton, entre le balai et la serpillère, au milieu des rats et des cafards », explique Marie-Hélène Thomet, salariée de la Fnac et déléguée CGT.
L'effectif de la Part-Dieu, à 75% féminin, est aussi confronté aux problèmes de garde d'enfants et réclame l'ouverture d'une crèche d'entreprise, les horaires décalés ne leur permettant pas de placer leur progéniture dans une crèche classique ou chez une assistante maternelle. « Vos enfants ont des manèges et des espaces de jeux à leur disposition, les nôtres n'ont même pas de crèche! » explique le tract diffusé aux visiteurs qui entrent en grappes dans l'édifice.
Les travaux de rénovation du centre commercial engagés pour 150 M€ pourraient être l'occasion d'accéder à leur demande, mais la direction est restée jusqu'à présent sourde aux revendications. Celle-ci « renvoie chaque employeur à ses responsabilités ».
« Elle devrait pourtant comprendre que nos demandes ne sont pas nuisibles au commerce, bien au contraire », considèrent les manifestants.
- un article de l'Humanité Social-Eco du lundi 9 septembre 2013, intitulé "À la Part-Dieu, « marre de manger sur des cartons ! » ;
- un article de Le Progrès - Lyon du dimanche 25 décembre 2011, intitulé "Des salariés de la Part-Dieu manifestent pour de meilleures conditions de travail."
Dans un second temps, nous avons effectué des recherches dans la base de Médiapart accessible également dans notre offre numérique via un abonnement. Nous avons trouvé un article d'entretien publié le 31 janvier 2015 et intitulé : "Dans les centres commerciaux, «le travail devient moins intéressant et plus répétitif». Le sociologue Julien Choquet s’est penché sur les conditions de travail dans l’un des plus grands centres commerciaux d’Europe : Lyon Part-Dieu. Entretien". Voici des extraits :
Julien Choquet a consacré en 2011 sa thèse de sociologie aux conditions de travail et d’emploi des salariés des commerces et des services dans les centres commerciaux, en s’immergeant deux ans durant dans l’un des plus grands d’Europe : Lyon Part-Dieu. Il abrite plus de 250 points de vente et plus de 2 500 salariés, accueille plus de 30 millions de visiteurs et génère plus de 700 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. Fait remarquable : il a été traversé par un mouvement social inédit le 24 décembre 2011, une grève des salariés de différentes enseignes pour dénoncer les conditions de travail dans ce temple de la consommation. Il en a résulté une expérience de syndicalisme de site toujours en cours initiée par la CGT. Au menu des revendications : des places de parking gratuites, la création d'une garderie ou encore d'un espace de restauration collective. [...]
Qu’est-ce que travailler en centre commercial ?
C’est tout d’abord travailler au contact quasi permanent du public. La foule de consommateurs est omniprésente et il est très malaisé de s’abriter des regards, de conserver des espaces d’intimité. Nombre de points de vente, surtout les petites surfaces, n’ont pas de salle de pause ou de restauration. Il implique également de se conformer à des plannings horaires atypiques (samedis, dimanches et jours fériés) et des plages de travail courtes (parfois trois heures) et morcelées. Il est ainsi fréquent que des employés travaillent sur la même journée quelques heures le midi et le soir entrecoupées d’une plage non rémunérée l’après-midi.
Travailler en centre commercial, c’est aussi occuper des postes soumis à d’importantes contraintes organisationnelles comme le montre la grande enquête SUMER de la Dares sur la mesure des risques professionnels : travail en présence de la clientèle, flexibilité, manque d’autonomie et de moyens, etc. Cette même enquête rappelle aussi que ces métiers ne sont pas exempts de contraintes physiques : manutention manuelle de charges, contraintes posturales et articulaires, station debout prolongée, gestes répétitifs à cadence élevée, etc. [...]
Autre effet perceptible, l’intensification du travail qui rend plus complexe l’adoption par les salariés de manières « saines » de réaliser leurs tâches. Dans l’urgence, il est en effet difficile de se tenir à l’écoute de son corps pour éviter de le brutaliser. Il est également peu aisé de garder son calme face à un client méprisant ou la pression des files d’attente. La plupart des salariés rencontrés se disent fréquemment en situation de débordement. C’est également l’usure physique (profonde fatigue, douleurs dorsales et articulaires, etc.) et psychique (énervement, irascibilité envers les proches, etc.) qui s’invite à la fin de nombre de leurs journées de travail. [...]
On remarque enfin une tendance à la centralisation du pouvoir avec des ordres et des objectifs concentrés au sein des maisons mères qui dirigent à distance – par des objectifs chiffrés et des systèmes d’échange de données informatisées – leurs points de vente sans laisser réellement de latitudes au management local pour ajuster la politique d’entreprise. Ces évolutions permettent des économies substantielles sur la masse salariale. Elles ont également d’importantes répercussions du point de vue des salariés. Le travail est moins intéressant et plus répétitif. Les plannings de travail sont très morcelés, acycliques et irréguliers. Les objectifs imposés par les maisons mères pour contenir les frais d’exploitation tout en accroissant les chiffres d’affaires sont de plus en plus difficiles à atteindre.
Et le journal d'investigation de s'intéresser à la question syndicale :
Dans ces environnements cloisonnés où tout est pensé, organisé pour isoler les salariés, le dialogue social est impossible, du fait notamment de l’organisation des centres en réseau qui rend ineffectif tout droit à la représentation des salariés, car la plupart des boutiques comptent moins de onze salariés...
Il y a deux niveaux à prendre en considération en termes d’activité syndicale dans les centres commerciaux. Tout d’abord, il y a le niveau de l’entreprise qui emploie les salariés. La plupart des problématiques dont peuvent se saisir les syndicats se jouent à cette échelle. Il est délicat de porter des dossiers au niveau d’un seul point de vente. Les négociations se déroulent la plupart du temps pour l’ensemble des points de vente du réseau d’enseignes. Comme vous le soulignez, l’affaire est complexe pour les salariés des petites boutiques. Elle l’est également pour les points de vente aux effectifs plus importants du fait de l’éparpillement des salariés du réseau d’enseignes qui les emploie sur le territoire national, voire international.
Le second niveau de complexité réside dans le fait que ces employés travaillent aussi dans un centre commercial. Or celui-ci peut créer des nuisances dans l’exercice du travail des salariés de ces magasins. Par exemple, certains endroits de la galerie marchande où j’ai réalisé mes recherches sont très mal climatisés, ce qui expose les salariés y travaillant à des variations de température excessives. Il y a une réelle nécessité à instaurer un dialogue social entre les propriétaires des centres commerciaux – la plupart du temps des géants de l’immobilier commercial comme Unibail-Rodamco – et les salariés qui y travaillent.
Les travailleurs syndiqués que j’ai pu rencontrer ont, entre autres, essayé de faire entendre aux propriétaires du centre la nécessité d’instaurer une crèche dans le centre commercial. Cela constituerait une avancée sociale majeure pour toutes ces mères de familles qui se retrouvent souvent démunies pour faire garder leurs enfants du fait de leurs horaires difficilement conciliables. Appuyés par des élus locaux, ils ont essuyé une fin de non-recevoir, les propriétaires du centre préférant visiblement valoriser leurs mètres carrés par de la location commerciale.
Il est certain que les syndicats ont à s’adapter à certaines configurations originales face auxquelles ils se trouvent démunis. Il convient aussi que le politique et le législateur se saisissent de ces problématiques pour que soient respectées les libertés fondamentales que l’on a accordées aux travailleurs.
Vous pouvez également, accéder depuis les postes informatiques de la Bibliothèque municipale de Lyon, à la revue Rue89Lyon, qui a publié en 2024 un dossier intitulé Au centre commercial la Part-Dieu, des conditions de travail soldées, comportant deux articles :
- Rats, cafards… Les coulisses sombres du centre commercial Lyon Part-Dieu, publié le 15 juillet 2024 :
[1/2] Le centre commercial Westfield Lyon Part-Dieu, un des plus grands d’Europe, a attiré plus de 29 millions de visiteurs en 2023. Mais, derrière ces belles statistiques, se cache une réalité beaucoup moins rose pour des salariés, confrontés aux rats, cafards et à des conditions de travail difficiles. À l’heure des soldes, on a fait les comptes.
- Lyon Part-Dieu : face au géant Westfield, le dialogue social sacrifié, publié le 17 juillet 2024 :
[2/2] Au sein du centre commercial Lyon Part-Dieu, syndicats et salariés se plaignent de leurs conditions de travail depuis des années, sans grands changements. Pour eux, la direction priorise la rentabilité et se refuse à tout dialogue social, quitte à passer par ce qu’ils appellent « une politique de lutte anti-syndicale ». Deuxième volet de notre enquête sur les coulisses d’un des plus grand mall de France.
La revue en ligne Miroir social a publié en 2008 un article intitulé Dialogue social territorial : l’exemple du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon, qui met en exergue la singularité et la difficulté du dialogue social en centre commercial, ce qui a amené la CGT a crée un syndicat de site : Le syndicat de site du Centre Commercial de la Part-Dieu (Lyon) : une structuration originale et rare à la CGT, et qui dure ! publié le jeudi 19 mars 2026.
Un centre commercial concentre une grande diversité d’enseignes par la taille, par les produits vendus, les modes d’organisation et le statut juridique. Pour autant, il existe une réelle communauté d’intérêts économiques (l’attractivité du centre commercial est l’affaire de tous) et des problématiques sociales communes aux salariés qui y travaillent. Or, dans la plupart des enseignes, il n’y a pas de représentation des salariés tout simplement parce qu’elles comptent généralement moins de 11 salariés, seuil de mise en place des délégués du personnel, première instance représentative du personnel (pour un comité d’entreprise, le seuil est de 50 salariés, ne l'oublions pas).
Si on prend l’exemple du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon, sur 260 enseignes, moins d’une dizaine seulement ont un effectif supérieur à 50 salariés et disposent de ce fait d’un comité d’entreprise et/ou d’un comité d’hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT). La moitié d’entre eux environ ayant un CHSCT propre à leur établissement, les autres étant rattachés à un CHSCT au niveau national. D’autres enseignes de taille plus modeste disposent certainement de délégués du personnel mais il n’y a pas d’état des lieux exhaustif mis à la disposition des partenaires sociaux, ce qui est, en soi, un frein à toute démarche de dialogue social à l’échelle du centre. Bien que leur nombre soit restreint, ces instances constituent des lieux de dialogue social à part entière sachant, cependant, qu’elles n’ont pas pour vocation de traiter des problèmes du centre commercial, problèmes qui sont juridiquement considérés comme « externes » à l’entreprise.
La CGT a pris l’initiative d’y créer, il y a quelques années, avec ses syndicats présents dans différentes enseignes, un syndicat de site. Le « nouveau » syndicat a réalisé avec l’appui financier du conseil régional et le concours d’un cabinet d’ergonomie un diagnostic sur les conditions de travail. [...]
Voyez aussi sur le site change.org, une pétition citoyenne en soutien aux salarié·es du centre commercial Part-Dieu que la CGT Part-Dieu a lancée il y a 3 mois, à l'approche des élections municipales.
Pour continuer la réflexion, nous vous conseillons la lecture de :
• Bessière S., Trevien C., « Le commerce de centre-ville : une vitalité souvent limitée aux grandes villes et aux zones touristiques », Insee Références, novembre 2016.
• Choquet J., « Métiers à vendre : Rationalisations du travail et désillusions professionnelles dans les grands réseaux d’enseignes du commerce et des services d’un centre commercial », Thèse de doctorat de sociologie, soutenue en 2011.
Bien à vous
Lug, pionnier lyonnais des super-héros