Je cherche le nom du propriétaire au début du 20ème siècle du vallon de la Sarra
Question d'origine :
Est-il possible de retrouver le nom du propriétaire au début du 20ème siècle du vallon de la Sarra, devenu piste de ski dans les années 60 ?
Merci
Réponse du Guichet
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le vaste terrain de la Sarra nommé à l'époque "le clos de la Sarra", dont la piste de ski fut partie intégrante dans les années 60, était la propriété de l'Œuvre de Jeanne Garnier, fondatrice de l’Œuvre des Dames du Calvaire en 1842 et pionnière dans l'art de soigner les malades en fin de vie.
En juillet 1852, l'Œuvre cherche un lieu plus grand sur les hauteurs de Lyon pour installer les malades incurables et les veuves délaissées. Elles fait alors l'acquisition d'une immense propriété d'un seul tenant sur la colline de Fourvière, le Clos de la Sarra. En 1853, l'Œuvre s'installe ainsi sur l'actuel emplacement de l'hôpital de Fourvière.
L'ouvrage Les veuves et la charité : l'oeuvre du calvaire et sa fondatrice de Pierre Chaffanjon 1872, date l'acquisition de cette propriété au 2 juillet 1853. La recherche de la copie de l'acte de vente peut s'effectuer auprès des Archives Départementales du Rhône et de la Métropole de Lyon. Plusieurs références issues de Gallica, des AML, des AMDL et de la BML vous sont proposées pour approfondir votre recherche.
Bonjour,
Vous souhaitez retrouver le nom du propriétaire au début du XXe siècle du vallon de la Sarra, devenu piste de ski dans les années 60 (Source : "la piste de la Sarra" sur Patrimoine-lyon.org).
Le vallon de la Sarra, qui s’étend du plateau de Fourvière au chemin de Montauban, fut effectivement exploité dans les années 60, sous l'impulsion de Tony Bertrand pendant la mandature de Louis Pradel, pour créer une piste de ski urbaine artificielle (voir sa maquette sur la base Photographes en Rhône-Alpes), inaugurée en 1964 mais fermée en 1975 pour sa dangerosité :
Le revêtement plastique s’est révélé très abrasif pour les semelles des skis : il fallait les refaire après trois descentes ! La pratique du ski sur cette piste a de plus engendré de nombreuses blessures ou brûlures a tel point que, en 1975, la Ville a pris la décision de fermer la piste en attendant que se présentent sur le marché de nouveaux matériaux n’ayant pas ces inconvénients. Faute d’arriver à trouver ces matériaux, la Ville prit en 1991 la décision de démonter le télésiège et de mettre fin à cette expérience de ski urbain.
En 2003 et 2004, le site eut une renaissance éphémère : l’opération "Station Lyon Neige" fut organisée par la société Skimania et le Comité de ski Lyonnais, avec la Ville : 3000 m3 de neige ont été acheminés depuis les Alpes et une compétition de slalom y a été organisée.
Source : "la piste de la Sarra" sur Patrimoine-lyon.org.
Mais à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le vaste terrain du domaine de la Sarra - dont la piste de ski fut partie intégrante dans les années 60 - était la propriété de l'Œuvre de Jeanne Garnier, fondatrice de l’Œuvre des Dames du Calvaire en 1842 et pionnière dans l'art de soigner les malades en fin de vie.
En juillet 1852, l'Œuvre des Dames du Calvaire cherche un lieu plus grand sur les hauteurs de Lyon pour installer les malades incurables et les veuves délaissées. Elles fait alors l'acquisition d'une immense propriété d'un seul tenant sur la colline de Fourvière, le Clos de la Sarra. En 1853, l'Œuvre s'installe donc sur l'actuel emplacement de l'hôpital de Fourvière, comme en témoigne le site Internet de l'Hôpital de Fourvière :
L'Hôpital de Fourvière, Centre de Gérontologie, est né le 1er janvier 1990 de la fusion de 2 hôpitaux, l'un, Ste Croix, créé par Mesdemoiselles Faurite en 1882 et l'autre, l'Œuvre des Dames du Calvaire fondée en 1842 par Madame Jeanne Garnier.
Jeanne Garnier est présentée comme une pionnière dans l'art de soigner les malades en fin de vie, elle est une initiatrice des soins palliatifs. Née en 1811 à Lyon, veuve à 24 ans, elle s'engage très tôt au service des pauvres et des malades sans espoir de guérison. Elle fonde en 1842 l'association des Dames du Calvaire. En 1849, l'Œuvre du Calvaire regroupe une maison des incurables, une maison pour veuves délaissées et une maison de retraite des veuves méritantes.En 1853, l'Œuvre s'installe au "Clos de la Sarra" actuel emplacement de l'hôpital.
Jeanne Garnier meurt en 1853 à 42 ans. La fondation lui survit et se développe. De la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle, les hospices de l'Œuvre du Calvaire se développent tant en France qu'à l'étranger orientés vers les soins palliatifs et/ou la gériatrie. Progressivement au cours du XXe siècle, on assiste à une raréfaction du bénévolat, l'Œuvre se médicalise et devient un hôpital.
Source : Notre histoire (Site Internet officiel de l'Hôpital de Fourvière).
Sur le site Internet de la Fédération des établissements Jeanne Garnier on trouve également à la date 1853 mention de l'acquisition d’un terrain à Fourvières (Lyon) par Jeanne Garnier :
Enfin, au mois de juillet 1853, Madame Garnier, avec les ressources qu’elle avait recueillies et l’appui que lui prêtèrent des personnes notables de Lyon, put acquérir, près de Fourvières, un vaste emplacement et y établir une installation définitive.
L'étude de Philippe Casanova L’humanisation de la fin de vie. Esprit, évolutions et pratiques à la Maison Jeanne Garnier (Institut d'études politiques de Lyon, année universitaire 2020-2021) précise que l'achat du terrain nommé le Clos de la Sarra, permet à Jeanne Garnier de construire un hospice qui se voulait moderne :
Aussi, de la maison louée dans le quartier Saint-Irénée de 1843 à 1848, le Calvaire passe à une deuxième maison aux Bains-Romains, qui ne suffit lui non plus à accueillir les malades, alors qu’on a acheté en 1950 un nouveau local rue Cléberg pour loger les veuves pensionnaires en sus.
Jeanne Garnier parvient en 1853 à acheter un large terrain près de Fourvière, nommé le Clos de la Sarra, pour y fonder une maison définitive capable d’installer plus que les cinquante malades alors accueillies au Calvaire44 et les veuves qui en prenaient soin. L’œuvre en prend possession le 2 juillet 1853, après avoir construit totalement un hospice qui se voulait le plus moderne et pratique possible pour contribuer au bien-être – ou « mieux-être » – des malades.
L'ouvrage À travers les rues de Lyon d'Adolphe Vachet, publié en 1902, mentionne explicitement que la colline et le domaine de la Sarra étaient alors occupés par ces religieuses. Vous pouvez consulter la page 439 numérisée dans Gallica :
Montée et place de la Sarra
La montée : du quai Pierre-Scize au chemin de Loyasse.
La place : du chemin de Loyasse à la place des Quatre-Vents.Nous sommes obligés de redire ici ce que nous avons dit déjà et ce que nous répèterons encore à propos des rue Montbernard, de la Bannière, Montauban, etc. Une propriété considérable de cette colline portait le nom de Sarra. La propriété de la Sarra donna naturellement son nom à la montée voisine. Mais d'où vient ce nom de Sarra ?
Cette propriété est occupée aujourd'hui par les dames du Calvaire.
L'ouvrage numérisé dans Gallica Carte archéologique de la Gaule. 69, Lyon / Anne-Catherine Le Mer et Claire Chomer de 2007, montre à la page 525 un plan des vestiges de l'hôpital du Calvaire.
Selon les références de Wikipédia qui cite "Deux cents ans d'histoire lyonnaise (1811-2011) : de Jeanne Garnier à l'Hôpital de Fourvière / Simone Wyss, Paul Grange", l’acte d'achat du domaine du clos de la Sarra par l’Œuvre des Dames du Calvaire aurait été signé en juillet 1852.
C'est ce que confirme en tout cas, l'ouvrage Les veuves et la charité : l'oeuvre du calvaire et sa fondatrice de Pierre Chaffanjon 1872, numérisé sur Numelyo, qui évoque au sixième chapitre (pp. 136-140) les circonstances de l'achat du clos de Sarra par Jeanne Garnier, officialisé le 2 juillet 1853. Voici quelques extraits :

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La recherche de la copie de l'acte de vente peut s'effectuer auprès des Archives Départementales du Rhône et de la Métropole de Lyon (ADRML), qui conservent les répertoires et minutes de notaires de plus de 75 ans du Rhône. Vous pouvez les contacter via ce formulaire.
Regardons dans les Archives de la Ville de Lyon (AML) les documents relatifs à l'histoire foncière de ce vaste terrain, situé sur les hauteurs de la colline de Fourvière. Vous trouverez, en zoomant sur le secteur 165 des plans parcellaires de la Ville de Lyon, la cartographie du domaine des Dames du Calvaire, à travers le temps, de 1870 à 1888.
Des archives d'autorisation d'urbanisme datant du début du XXe siècle, concernant l'hospice des Dames du Calvaire, sont également présentes aux AML : voir la cote 314W/302 et plus précisément le dossier 419 : Hospice du Calvaire 22 rue du Juge de Paix [ancien nom de la rue Roger Radisson, emplacement actuel de l'hôpital de Fourvière] (11 plans).
Dans les fonds iconographiques on trouve des photographies des hospices des dames du Calvaire, notamment celles-ci :
- 4FI/2550 : Hospices des Dames du Calvaire ;
- 4FI/2551 : Le perron de l'hospice des Dames du Calvaire (1910) ;
- 4FI/2549 : Vue d'ensemble de l'hospice du Calvaire (1910).
On trouve également une carte postale coté 4FI/3622 : Hospice des dames du Calvaire - Le chalet de la fondation (1874).
Des archives publiques, provenant du service de l'Assistance publique de Lyon, contiennent des documents et des correspondances relatives aux fonctionnements de l'Oeuvre des Dames du Calvaire à Lyon.
Dans le catalogue des revues savantes est référencé un article extrait de la Revue du Lyonnais (tome XXIV - Volume 2, 1846) intitulé Instituts de bienfaisance de Lyon : Œuvre des dames du Calvaire : femmes incurables, et consultable en salle de lecture des AML. Vous pourrez y consulter d'autres documents de la bibliothèque des AML susceptibles de vous intéresser :
- 1C/5424 : Les Dames du Calvaire / Jeanne Ancelet-Hustache (1935) ;
- 4C/129 : L'Œuvre des dames du Calvaire 1842-1914 : mémoire de maîtrise d'histoire, Université Jean Moulin Lyon 3, année universitaire 2000-2001, rédigé par Sonia Reymond, sous la direction d'Olivier Faure ;
- 1C/302129 vol.1-4 (1854-1889) : Œuvre des Dames du Calvaire pour les pauvres femmes incurables et délaissées, compte-rendus de l'assemblée ;
- 1C/8931 : Deux cents ans d'histoire lyonnaise (1811-2011), de Jeanne Garnier à l'Hôpital de Fourvière / Simone Wyss, Paul Grange, 2011 :
A l'occasion du bicentenaire de la naissance de Jeanne Garnier, l'Hôpital de Fourvière et l'Oeuvre des Dames du Calvaire ont demandé aux auteurs de retourner aux sources documentaires pour mieux révéler son histoire et celle des établissements qu'elle a inspirés.
- 1C/504164 : Jeanne Garnier, la vie jusqu'au bout / Yann le Goaec, Guy de Buttet, 2021 (en libre accès en salle de lecture, casier 232).
Les Archives départementales et métropolitaines de Lyon conservent également des archives concernant l'administration de l'Œuvre des Dames du Calvaire :
1M241 : Œuvre des Dames du Calvaire, 1862-1888 ;
6M2799 : Hospice des Dames du Calvairen 1890.
Pour finir, voici une sélection de documents issus de nos collections qui pourront compléter votre recherche :
Jeanne Garnier, des incurables aux soins palliatifs [Revue] : histoire / par Zoé Favre d'Anne et Malvina Barra (2019) ;
Sur la piste de la Sarra [Revue] : histoire / scénario Jacob Durand ; dessin et couleurs Laure Delor (2026) ;
Les Dames du Calvaire [Livre] / Jeanne Ancelet-Hustache, 1935.
Bien à vous.
Lug, pionnier lyonnais des super-héros