Vaut-il mieux commencer par les bonnes ou les mauvaises nouvelles ?
Question d'origine :
Vaut-il mieux commencer par les bonnes ou les mauvaises nouvelles ?
Réponse du Guichet
Ca dépend pour qui (l'annonceur ou la personne qui réceptionne la nouvelle) et des raisons de l'annonce.
Dans une série d'expériences, des psychologues ont constaté que les personnes qui reçoivent une mauvaise nouvelle souhaitent majoritairement l'apprendre en premier, tandis que celles qui l'annoncent préfèrent commencer par une bonne.
Si la mauvaise nouvelle est annoncée en dernier, cela peut motiver le destinataire à agir ou modifier son comportement. En revanche, l'inquiétude et le stress diminuent si l'on termine par un élément positif.
Bonjour,
Jérôme Barthélémy, professeur de stratégie et de management à l'ESSEC, répond à cette question dans une vidéo intitulée Commencer par les bonnes ou les mauvaises nouvelles : c'est contre-intuitif !. Il s'appuie sur des travaux scientifiques publiés dans cet article : Legg, A. M., & Sweeny, K. (2014). Do you want the good news or the bad news first? The nature and consequences of news order preferences. Personality and Social Psychology Bulletin, 40(3), 279-288.
Les psychologues Angela Legg et Kate Sweeny se sont effectivement penchées sur la question. Elles affirment que plus de 75% des personnes qui reçoivent les nouvelles, veulent qu’on leur annonce d’abord la mauvaise puis la bonne, alors que 70% des personnes qui annoncent les nouvelles préfèrent commencer par la bonne.
« L’affaire n’est donc pas tranchée. D’un côté, on a le messager qui n’a pas envie de blesser le destinataire et souhaite donc commencer par la bonne nouvelle, et de l’autre, le destinataire qui veut d’abord entendre la mauvaise nouvelle pour que la bonne puisse le consoler ensuite. Ces deux comportements sont extrêmement humains : personne n’aime annoncer les mauvaises nouvelles ; cependant, de nombreuses expériences montrent que nous nous souvenons mieux de la fin d’une nouvelle, c’est pourquoi nous préférons intuitivement entendre la mauvaise avant la bonne.
Mais les deux chercheuses ont fait une autre découverte : l’ordre peut influencer le comportement du destinataire. Commencer par la bonne nouvelle puis enchaîner par la mauvaise est la stratégie à adopter si vous voulez pousser la personne en face à l’action [...]. Elle ressort en effet de la discussion avec un sentiment mitigé, ce qui peut la motiver à opérer certains changements.
Si l'on souhaite pousser la personne à agir alors il faut annoncer la mauvaise nouvelle en dernier, mais si l'on désire préserver son moral et terminer sur une note positive en apportant des solutions, il convient d'annoncer la bonne nouvelle en dernier.
Pour certains psychologues, il vaudrait mieux annoncer la mauvaise nouvelle en premier. Il serait psychologiquement préférable de transmettre les informations négatives avant les bonnes nouvelles lors d'un échange. Cette approche s'appuie sur l'effet de primauté, qui garantit que l'interlocuteur saisit l'importance de la situation dès le début de la conversation. En affrontant les difficultés d'entrée de jeu, l'individu peut mobiliser sa résilience émotionnelle et mieux gérer son stress. Cette structure narrative permet également de conclure sur une note d'anticipation positive, offrant ainsi un sentiment d'espoir et de contrôle. Des études, notamment en milieu médical, confirment que cette méthode facilite l'acceptation des faits et améliore la qualité de la communication globale. Terminer par la bonne nouvelle laisse une impression de soulagement et réduit l'anxiété globale favorisée par l'effet de récence.
Lire cet article : Voici pourquoi il vaut mieux annoncer une mauvaise nouvelle avant une bonne nouvelle !
Ainsi, terminer par un élément positif peut être pertinent si votre but est de laisser une impression émotionnelle plus favorable, mais pas si votre intention est de maximiser la prise de conscience et l’action.
Bonne journée.
Le passé ne s’invente pas