Je cherche des sources sur la séparation de Craponne de la commune de Grézieu-la-Varenne
Question d'origine :
De quelles sources dispose-t-on pour connaître précisément les raisons et les modalités de la séparation de Craponne de la commune de Grézieu-la-Varenne, dont elle faisait partie jusqu'en 1836 ?
Réponse du Guichet
Les archives départementales du Rhône et de la métropole de Lyon conservent l'ordonnance du 15 février 1836 prononçant l'érection de Craponne en commune mais également les dossiers administratifs ayant précédé l'ordonnance : pétitions, délibérations du conseil général, rapports du préfet, et correspondances entre les habitants des deux sections. C'est la source la plus riche pour comprendre les raisons (tensions fiscales et religieuses, logique d'urbanisation le long de la route royale, etc.) et modalités concrètes du processus.
La consultation des publications du GREHC, source locale érudite de Craponne, vous permettra également d'accéder à une synthèse narrative des faits historiques, religieux et politiques, ayant conduit à l'indépendance de la commune en 1836. Des copies des actes administratifs relatifs à ce processus, sont reproduites dans ces publications, listées ci-dessous.
Bonjour,
En 1836, la commune de Grézieu-la-Varenne cède effectivement une partie de son territoire qui donne naissance à la commune de Craponne. La séparation s'inscrit dans un processus, dont les raisons furent selon le site Geneawiki, religieuses, démographiques mais également politiques :
Avant 1775, le hameau de Craponne réclamait la présence d'un prêtre à la chapelle privée de la famille Godard. En 1775, la chapelle fut érigée en chapelle vicariale dépendant de Grézieu. Les deux sections avait été divisées par l'Archevêque de Lyon. Après la révolution seule l'église de Grézieu avait été pourvue d'un desservant. Après de nouvelles plaintes, un vicaire desservant fut nommé en 1828, Craponne devenant ainsi sur succursale.
Grace au tracé de la route de Bordeaux qui évitait Grézieu, quelques industries et de nombreuses maisons s'installèrent le long de la nouvelle route. En 1830, la population du faubourg (Tupinier et Grand Buisson) était devenue plus importante que celle du bourg (917 pour seulement 764 au village). En 1809, le bourg comptait 460 habitants contre seulement 380 pour Craponne. La représentation au sein du conseil municipal reflétant la répartition de population. En 1831, le suffrage passant à un suffrage censitaire (droit de vote réservé aux seuls gros imposés), entraînât une rupture de proportionnalité. Les conseillers de Craponne proposèrent de faire établir deux sections électorales. La "richesse" étant surtout concentré au bourg, Craponne réclamait 50% des élus alors que Grézieu en voulait les 2/3. Aucun accord ne pouvant être obtenu, les habitants demandèrent une administration séparée et une pétition adressée au roi.
Une ordonnance royale du 17 février 1836 prononce la distraction de la section de Craponne et son érection en commune. C'est la division spirituelle de 1775 qui serait appliquée pour la délimitation des deux communes.
Source : Geneawiki
La commune de Craponne naît ainsi en février 1836 en se séparant de la commune mère de Grézieu-la-Varenne :
La commune de Craponne naît le 15 février 1836 en se séparant de la commune mère de Grézieu-la-Varenne. Un premier maire, M. François Boirivent est nommé le 8 mai 1837. Une mairie et une école sont ouvertes.
D'après un premier recensement de 1833 effectué spécialement pour préparer la séparation, Craponne n'a alors que 874 habitants. Sur le premier plan établi lors de cette séparation, on constate que les constructions sont clairsemées, moins de 150 maisons ou fermes sont construites sur l'ensemble des 464 hectares de la commune.
Cinquante ans plus tard, en 1886, la population de Craponne a doublé avec près de 1900 habitants. Cette augmentation s'explique par l'essor de la blanchisserie, la proximité de Lyon, l'accroissement du trafic depuis la construction en 1756 de la route Royale (avenue Édouard-Millaud aujourd'hui), et surtout depuis l'ouverture en 1886 du chemin de fer reliant Lyon St-Just à Vaugneray et traversant Craponne, appelé le train de Vaugneray.
Source : Wikipédia
Il faut noter une incohérence entre ces deux sources : la date exacte de l'ordonnance oscille entre le 15, et le 17 février 1836. Consultons donc les sources primaires d'archives.
Les Archives départementales du Rhône et de la métropole de Lyon (ADRML) ont publié un répertoire numérique relatif aux archives de l'Administration générale du Département (1793-1944), concernant les cotes 1M 1-1M386.
À la page 10 de cet instrument de recherche, sont référencées les archives relatives aux modifications de limites communales, par ordre alphabétique des communes : cote 1M80-1M103.
La cote 1M84 CO-E (1832-1902) contient notamment le dossier d'archives relatives à l'érection de Craponne aux dépens de Grézieu-la-Varenne. Vous y trouverez de nombreux documents vous permettant de connaître précisément les raisons et les modalités de cette séparation :
- l'ordonnance royale du 15 février 1836 ;
- des archives de Réclamation relative aux limites (1832-1837) ;
- des pièces justificatives envoyées par les habitants de Craponne : requête à l’archevêque de Lyon pour l’érection d’une annexe à Craponne, avec un procès-verbal d’état des lieux de la chapelle Saint-Fortunat (1771) ; rôle d’imposition pour la construction de l’église (1776).
Voici le contenu complet de la cote 1M84 CO-E (1832-1902) :
Coise. Projet d’échange avec Larajasse (1838-1841).
- Cours. Projet d’érection de la section de Cergues, dépendant de Cours, et de parties des communes d’Arcinges, Cuinzier, Ecoches, Sevelinges (1853-1855). Érection en commune de la section de La Ville, loi du 17 mai 1865 (1840-1841, 1852-1865) (l’arrêté préfectoral du 26 février 1974 a réuni de nouveau Cours et La Ville).
- Craponne. Érection aux dépens de Grézieu-la-Varenne, ordonnance royale du 15 février 1836. Réclamation relative aux limites (1832-1837). Dans le dossier d’érection figurent des pièces justificatives envoyées par les habitants de Craponne : requête à l’archevêque de Lyon pour l’érection d’une annexe à Craponne, avec un procès-verbal d’état des lieux de la chapelle Saint-Fortunat (1771) ; rôle d’imposition pour la construction de l’église (1776).
- Dardilly. Projet d’érection de la section du Barriod (1870- 1875, 1901-1902).
- Écully. Contestation de limites avec la ville de Lyon (1882).
Source : l'Administration générale du Département (1793-1944), concernant les cotes 1M 1-1M386 (ADRML, Répertoire numérique établi par Georges CUER, Marc du POUGET et Philippe PAILLARD).
Ces archives des limites communales (1M80-1M104), référencées également dans le plan de classement en ligne, sont librement communicables sur place, comme l'indique le site des ADRML : voir les modalités d'accès et de consultation de la salle de lecture.
Les archives communales de Grézieu-la-Varenne (registres de délibérations, état civil antérieur à 1836) peuvent contenir des traces des tensions préalables.
Un article de l'édition Ouest Lyonnais du Progrès La commune obtenait son indépendance en 1836. Pour les Journées du Patrimoine, une évocation théâtrale permettra de revivre la séparation de Grézieu et Craponne (15 sep. 2016), nous apprend, par l'intermédiaire d'Henri Robert, président du GREHC (Groupe de recherche et d’étude de l’histoire de Craponne) que la troupe théâtrale de Thurins, a représenté sur scène en 2016 les discussions et les arguments qui ont entraîné la séparation des deux villages :
Autrefois Craponne n’était qu’un petit village et dépendait de Grézieu-la-Varenne. Le désir d’indépendance de ses habitants était réel depuis longtemps et, en 1775, la commune obtenait une première victoire : l’indépendance religieuse. « À l’époque, les habitants se plaignaient du trajet à faire pour se rendre à l’église, évoque Henri Robert, président du Grehc (Groupe de recherche et d’étude de l’histoire), environ quatre kilomètres, par des chemins boueux et souvent impraticables pour y parvenir. »
Reste une deuxième victoire à obtenir : l’indépendance territoriale. Ce fut chose faite en 1836 après maintes pétitions de la part des habitants. Craponne comptait alors 917 habitants et Grézieu seulement 764. Le premier maire élu fut François Boirivent. Le texte officiel a été établi et signé par le roi Louis-Philippe. Son premier projet a été de construire une nouvelle mairie en 1847, un bâtiment encore bien présent aujourd’hui.
« Avec l’aide de la troupe théâtrale de Thurins, nous allons jouer toutes ces discussions et ces arguments qui ont entraîné la séparation des deux villages », ajoute Henri Robert. Pour compléter l’évocation, une visite commentée des bâtiments communaux suivra.
Pour plus d'informations sur le contenu de cette représentation, nous vous invitons à contacter le président du GREHC, dont les coordonnées se trouvent sur le site de la mairie de Craponne :
Groupe de Recherche et d'Etude de l'Histoire de Craponne
Adresse : 104 avenue Pierre Dumont
Boîte aux lettres n°28 - 1 Place Charles de Gaulle
69290 CRAPONNE
Henri ROBERT
Tél. : 0478572337 / 0478571540
Le Groupe de Recherche et d'Étude de l'Histoire de Craponne (GREHC) est une source locale érudite de référence. Vous pourriez également les contacter pour consulter les numéros du petit journal Raconte-moi Craponne, explorant l'histoire patrimoniale de Craponne.
On trouve sur la page Facebook du GREHC, des extraits numérisés du numéro 11 du petit journal intitulé "Une paroisse longtemps désirée" (1775-1828) expliquant comment le 13 février 1828 l'ordonnance de Charles X prononce officiellement que Craponne devient Paroisse, avant d'obtenir son indépendance administrative en février 1836.
Des extraits du numéro 12 "Un divorce éclatant" sont également visibles :

Le numéro 13 "La mairie de Grézieux fait de la résistance" aborde la réaction du maire de Grézieux quand aux velléités d'indépendance des habitants de Craponne :

Les numéros 14 et 15 analysent le processus d'indépendance et le numéro 16 intitulé "Craponne existe enfin !" revient sur l'enquête du Préfet concernant la ligne de démarcation entre Grézieux et Craponne ordonnée en 1833, jusqu'à l'ordonnance de séparation du Roi le 15 février 1836.

Dans le numéro 17 "Craponne 1836-1837", vous trouverez une copie de l'ordonnance du roi et du registre des arrêtés du Préfet.
Vous trouverez également la copie de ces documents dans l'ouvrage en 2 tomes "Craponne. Histoires et annecdotes" publié par le GREHC et consultable aux Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon :
Craponne. Histoire et anecdotes. Tome 1 ;
Craponne. Histoire et anecdotes. Tome 2.
Nous vous invitons à lire aussi :
Craponne d'hier à aujourd'hui. Histoire des mutations, évolutions et transformations d'un village.
Bonnes lectures !
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