Comment les shows de Buffalo Bill en 1889 ont façonné l’image des Amérindiens en France ?
Question d'origine :
Bonjour, Je me permets de vous contacter car je suis actuellement à la recherche de sources primaires conservées en France sur le spectacle du Buffalo Bill Show (aussi appelé le Wild West Show), lors de sa venue en France en 1889, afin de comprendre comment le public français percevait les Amérindiens lors de cet évènement. Plus précisément, je recherche : des articles de presse, archives ou témoignages relatant du spectacle du Buffalo Bill Show et la perception des Amérindiens par le public/média français. Tout document iconographique (dessins, gravures, affiches) représentant les performers autochtones serait également très apprécié. Les documents relatifs à cet événement me seraient extrêmement précieux pour l’avancée de mes recherches. Je vous remercie par avance pour l’attention portée à ma demande et reste à votre disposition pour toute information complémentaire.
Réponse du Guichet
Les archives de presse de l'année 1889 (consultables en ligne sur RetroNews et Gallica) et les témoignages contemporains décrivent le Wild West Show comme une mise en scène spectaculaire où les Amérindiens, "fascinants", "exotiques" et "sauvages", sont souvent réduits à des stéréotypes. Articles, récits de spectateurs et iconographie (affiches des spectacles, photos) insistent sur leur altérité et leur supposée disparition prochaine. Ces sources, éclairées par les analyses de Dominique Kalifa et Alexandre Derthe, montrent que le spectacle confirme et diffuse largement en France une vision biaisée des peuples amérindiens tout en insistant sur l'antériorité de ces représentations, construites dès le milieu du 19ème siècle !
Bonjour,
Le Wild West Show de Buffalo Bill arrive en France en 1889, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris, après avoir déjà parcouru les États-Unis et l’Europe. Pensé comme un grand spectacle populaire, il met en scène une vision romancée de la conquête de l’Ouest américain : attaques de diligences, chasses au bison, démonstrations équestres, tout ça inséré dans tableaux "historiques"où l'on représente, par exemple, l'abdication de Géronimo ou la bataille de Little Big Horn.
La troupe est impressionnante : plusieurs centaines de participants, dont des cow-boys, des soldats et surtout des Amérindiens (notamment des Pawnees ou des Sioux), qui attirent tous les regards lors des tournées européennes. Ils sont accompagnés de chevaux, mais aussi de bisons, du jamais vu en Europe. Tout ceci implique une logistique considérable, largement relatée dans la presse de l'époque. Le succès est plus qu'au rendez-vous, avec des millions de spectateurs en Europe dont plus de deux millions à Paris ! La troupe de Willam F. Cody (dit "Buffalo Bill") reviendra même en France en 1905 pour une seconde tournée de plusieurs mois à la capitale, faisant d'ailleurs de nombreux arrêts en région dont un passage remarqué à Lyon, au parc de Bonneterre du 4 au 13 août.
Ce spectacle contribua fortement à fixer dans les représentations une image stéréotypée des Amérindiens, perçus à la fois comme des peuples guerriers, inférieurs et exotiques, car voués à disparaître. Ces spectacles s'inscrivent dans une histoire des représentations des Amérindiens en France, que le Wild West Show vient autant renouveler que réactiver.
Cet article du journal Le Parisien raconte, à travers le récit d'un spectateur de l'époque, l'aspect irréel de la venue de ces personnes en Europe, ainsi que la mobilisation immense suscitée par ces représentations qui rassemblaient parfois plusieurs dizaines de milliers de personnes, du simple badaud au président de la République :
Je ne pus en croire mes yeux, quand j'aperçus pour la première fois ces cow-boys, avec leur allure de forbans dégingandés [...]. Les Indiens, si barriolément beaux, m'apparurent penchés aux portières des wagons de seconde classe, avec leurs joues peintes et leurs tiares de plumes. » Comme Henri Lavedan, reporteur à « la Revue illustrée », les Parisiens accourent en ce mois d'avril 1889, voir le « grand cirque d'Amérique ». Deux trains chargés à bloc qui s'arrêtent à la gare de marchandises des Batignolles. Il faut d'abord faire sortir les bêtes : des chevaux, des vaches, des cerfs et même une quinzaine de bisons, inconnus de ce côté-ci de l'Atlantique. Les tonnes de caisses de matériel sont déchargées sous l'oeil médusé des badauds.
Le campement prend forme sur l'immense terrain loué à l'armée, le long du boulevard de la Révolte, qui marque la frontière entre Paris et Neuilly-sur-Seine : l'enclos des bisons, le coin des cow-boys, celui des « Peaux-Rouges » comme on dit alors. Et entre les deux, la bicoque de Mister Cody, alias Buffalo Bill. La légende du Far West rêve de conquérir... l'Ouest parisien. Qui pourrait l'arrêter ?
Source : Le Parisien, Far West à Neuilly (2017)
La seconde venue du Wild West Show en 1905 survient alors que le terme « Apaches » était encore omniprésent dans les esprits parisiens. Depuis plusieurs années, des bandes criminelles rivales (ainsi désignées par la presse et la population, et allant jusqu’à revendiquer elles-mêmes cette appellation) s’affrontaient et multipliaient les délits dans les rues de la capitale, semant l’effroi au sein de la bourgeoisie de la Belle Époque. Informés de cet usage détourné, il s’en fallut de peu, selon le journal Le Supplément, pour que les "Apaches" de William F. Cody ne s’en prennent à ces individus usurpant un nom qu’ils considéraient comme sacré.
Dans son étude, Alexandre Derthe souligne ainsi que les Amérindiens durent composer, dès leur arrivée, avec un imaginaire déjà façonné par les faits de criminalité en leurs noms survenus à Paris et sa banlieue.
Les Apaches font encore parler d’eux : mais cette fois ce sont des apaches authentiques. Depuis que leur chef Taureau qui mugit a appris avec indignation que leur noble nom avait été volé par des visage pâles de la dernière sorte, les Apaches de Buffalo Bill n’ont plus qu’un désir, celui de se mettre sur le sentier de la guerre pour aller aux boulevards extérieurs enlever aux faux apaches un nombre respectable de scalps. Buffalo, dit-on, ne les retient qu’à grand peine !
Avec cet article, Potinier soutient finalement les stéréotypes qui entourent les Apaches en appuyant sur la violence supposée de ces derniers, qui apprenant l’existence de leurs homologues français, veulent en découdre. Il est fort probable que Potinier use d’une pointe de dérision sur un sujet qui le désole. Il semble néanmoins assurer que l’arrivée d’« Apaches authentiques » puisse démontrer aux Apaches des banlieues qu’ils ne sont finalement que de pâles copies d’un peuple véritablement digne et « noble ». De plus, dans un article intitulé « L’Apache »146, écrit sous forme de récit, Eugène Héros met en scène Raymond qui affirme connaître une Apache de Buffalo Bill. Les amis de ce dernier lui posent alors la question : « c’est un Apache des Batignolles ? » à laquelle il répond : « pas du tout, c’est un véritable enfant du Far-West ». Ce récit démontre donc bien la renommée dont disposent les Apaches des banlieues, et lorsque le nom d’Apache est mentionné, ce sont les premiers à venir à l’esprit des contemporains.
Dans la suite du récit, les amis de Raymond se rendant compte que l’« Apache de carton » en était bien un, ils l’invitèrent pour profiter « des douceurs de la vie parisienne ». L’Apache devient alors le centre de l’attention, Eugène Héros écrit : « on juge de la curiosité qu’il excita au café. Tout le monde le regardait ; les garçons, le patron même, se dérangèrent pour le venir contempler ». Dans ce récit, les Apaches authentiques ont donc réussi à détrôner leurs homologues français et deviennent le centre de l’attention des Parisiens. Cette idée se retrouve dans une caricature, dessinée de la main de Gil Baer, et qui met en scène un « Apache authentique » au bras d’une parisienne au premier plan, avec en arrière-plan deux hommes à l’air envieux. Gil Baer sous-titre sa caricature d’une phrase simple et évocatrice : « Les Apaches du quartier du Champ de Mars sont trompés par les Apaches de Buffalo Bill ». Les Indiens de Buffalo Bill deviennent, pour un temps du moins, le centre de l’attention.
Source : Le Supplément du 29 avril 1905, p. 3, cité par Alexandre Derthe dans Le passage de Buffalo Bill en France. L’histoire française d’un spectacle américain (2024) (p. 41-42)
Mais toutes ces représentations ont déjà des antériorités. La perception qu'ont les Français des Apaches dès la fin du 19ème siècle est racontée et illustrée de beaucoup d'exemples par Dominique Kalifa dans un article intitulé Archéologie de l’Apachisme. Les représentations des Peaux-Rouges dans la France du XIXe siècle (Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière », 4 | 2002). Jusque dans les cercles intellectuels, les Apaches étaient présentés comme une tribu violente et insalubre, accusée de tous les maux, y compris d’anthropophagie. Voici un extrait de son texte que nous vous engageons à poursuivre de votre propre lecture, très instructif sur l'histoire des représentations des Amérindiens en France :
Une dernière série d’événements contribue enfin, dans les années 1880, à diffuser l’image de ces sauvages hostiles. De 1883 à 1886, se déroulent en effet les dernières guerres indiennes, précisément menées contre les tribus apaches de Geronimo, et l’événement est largement évoqué par les journaux et les périodiques du pays. Trois ans plus tard, en 1889, le Wild West Show de Buffalo Bill s’installe près de la porte Maillot et consacre l’une de ses attractions à la reddition du chef apache. La culture indienne, relève un ethnographe, fait alors à tel point partie du savoir ordinaire des Français « qu’il est difficile d’en parler sans tomber dans des redites et des lieux communs ».49 Les Apaches sont au cœur de ces représentations. Dans Sapho d’Alphonse Daudet (1888), l’on voit l’un des artistes invités à un bal masqué se déguiser en chef apache. Les textes de Ferry et d’Aimard sont régulièrement réédités ou démarqués dans des collections à grand tirage,50 et les Apaches abondent encore dans les romans ou les périodiques d’aventures comme le Journal des voyages.51
En 1885, l’ethnologue Élie Reclus, frère aîné du célèbre géographe anarchiste, fixe pour la science les traits de la nation apache.52 « C’est une belle bête féroce que l’Apache », écrit l’auteur en ouverture53 d’un portrait-charge qu’il convient de citer un peu plus longuement tant il préfigure par sa construction, ses motifs ou ses conclusions, le discours sans nuance qu’on tiendra quelques années plus tard sur les jeunes délinquants parisiens. Un physique difficile, d’abord, et aisément identifiable : « Masque impassible, traits ridés et flétris ; figure large, nez aplati, pommettes saillantes, bouche trop fendue, lèvres minces […] yeux légèrement obliques et dont l’éclat vitré rappelle ceux du coyote. »54 Un état d’indicible sauvagerie, ensuite, que révèlent la saleté de ce peuple ou ses pratiques alimentaires : « Se jetant sur leurs proies, ils les dévorent encore vivantes : les uns coupent et taillent, les autres arrachent les membres et les déchiquettent, à force de bras, sans plus de souci des souffrances de la victime que le civilisé qui gobe une huître arrosée d’un filet de citron. Aussi les Apaches sont accusés d’anthropophagie. Le fait n’est pas prouvé. »55 Leur état social, très primitif, est dicté par la seule force brute. Dénués de toute moralité, ils maîtrisent à peine le langage et s’expriment plutôt par gestes. Ils « ne vivent guère que de rapines, leurs maraudages se compliquent de rapts et de meurtres ; leurs combats sont moins des luttes que des assassinats. Rapines, meurtres et massacres, ils en tirent gloire ».56 Lâches, sournois, cruels, ils n’attaquent que sûrs de tuer et « se délectent à faire subir aux prisonniers d’abominables supplices ». « Race errante, affamée, altérée, race traquée et poursuivie, race endurante, rusée et passionnée, indomptable à la fatigue et à la souffrance, l’Apache, peuple loup, aura le sort du loup », conclut le savant.57 Faut-il s’étonner, dans ces conditions, que ce texte ait été réédité en 1903 ?
Source : Archéologie de l’Apachisme. Les représentations des Peaux-Rouges dans la France du XIXe siècle de Dominique Kalifa (Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière », 4 | 2002)
Ces extraits montrent les prédispositions du public français à regarder ces étrangers avec un oeil bien particulier dès l'arrivée du Wild West Show en France en 1889. Mais le spectacle de Buffalo Bill, avec ces millions de spectateurs, poursuivra cette entreprise (bien que différemment), gravant dans le marbre certains clichés et représentations des Amérindiens dans l'esprit des Européens pour le siècle à venir. Les témoignages cités par A. Derthe, extraits d'archives de presse référencées en notes de bas de page, sont très éloquents. Il y a même quelques photos. Entre fascination, goûts pour "l'exotisme" et certitudes de se voir présenter les derniers spécimens d'une civilisation vouée à disparaitre. Pour A. Derthe ce sont les Européens qui étaient demandeurs d'une certaine représentation des Amérindiens que William F. Cody fut en mesure de leur offrir. Extraits :
Louise Guérin écrit à sa sœur Valérie Pasdeloup une carte postale qu’elle vient d’acheter après avoir assisté à l’une des représentations du Wild West Show à Paris. Elle écrit : « Aujourd’hui nous sommes allés à Paris […] et nous avons été voir les Indiens, tu peux juger de près ma carte comme ils sont beaux »211. Louise démontre par cette carte l’attrait que représentent les Indiens de la troupe pour les spectateurs.Certains affirment même que le seul intérêt du Wild West Show sont les Indiens qui le composent, le reste étant « plutôt monotone »212. Les Peaux-Rouges de la troupe leurs apparaissent donc comme exotiques et attrayants. L’exotisme qui est par essence incompatible avec la connaissance du sujet, se caractérise par une attirance pour certains aspects au détriment d’autres. Il se définit d’ailleurs suivant un axe d’opposition faisant la distinction entre la simplicité et la complexité, la nature et l’art, l’origine et le progrès, la sauvagerie et la socialité, la spontanéité et les Lumières, et finalement entre la civilisation et les primitifs. Néanmoins, l’exotisme peut exister symétriquement selon que l’on considère l’autre comme plus simple ou plus complexe que soimême. Mais de manière générale, l’exotisme est associé à une idée de primitivisme213.
Source : Le passage de Buffalo Bill en France. L’histoire française d’un spectacle américain (2024) (p.49-50)
Par ailleurs, à l’image des zoos humains qui l’ont précédé ou qui se déploient au même moment221, le show s’appuie sur la conception de l’Autre considéré comme exotique. Buffalo Bill se sert notamment de ce concept pour légitimer la « destinée manifeste » américaine, celle de la victoire de la civilisation sur la sauvagerie222. Le show prétend également être la dernière occasion pour le public de découvrir cette race sur le déclin dont le mode de vie était voué à disparaître. Il se développe donc en France un engouement particulier pour ce peuple. Saint André de Lignereux écrit :
Il est impossible à l’Européen dont l’esprit est tant soit peu sagace et cultivé, de voir, d’approcher et de fréquenter les Indiens, sans éprouver pour eux l’intérêt le plus sympathique et la curiosité la plus intense. Ils sont les derniers vestiges, comme langue, mœurs, idées, religion, de races humaines disparues.223
Source : Le passage de Buffalo Bill en France. L’histoire française d’un spectacle américain (2024) (p.51)
Et puis ce passage, qui regroupe certes des témoignages de la tournée 1905, mais qui est très parlant sur l'état d'esprit dans lequel se trouvaient le public et les journalistes au moment de ces représentations :
Griffin partage dans son livre cette photographie de quelques acteurs de la troupe qui ont sillonné la France en 1905. Elle démontre un fait marquant : ces Indiens déguisés dans des costumes sélectionnés et préparés par le show participent à la construction de stéréotypes qui « faisaient de l’Indien d’Amérique un être sauvage, indomptable et primitif »227. Cette vision des Indiens, diffusée par les spectacles et les mythes, correspond aux attentes du public occidental228. Dans sa carte, qu’elle envoie à Victor Dupland, Victorine écrit : « je viens de voir jouer des sauvages, on ne peut les qualifier autrement »229. Elle démontre que le public est à la recherche de confirmations qui justifient que les Peaux-Rouges sont bien ces sauvages longtemps décrits dans la littérature. Un journaliste insiste sur cet aspect sauvage en décrivant la mésaventure d’un jardinier qui a été fait prisonnier et presque scalpé parce que les Indiens le soupçonnaient d’être responsable de la pluie230. Il y a peu de doute quant à la véracité de cette affaire, mais elle démontre encore une fois la diffusion des clichés. Luther Ours Debout témoigne, à travers la tournée britannique, de ce jeu de curiosité sur lequel jouait Buffalo Bill. Alors qu’il arrivait en Angleterre :
Beaucoup d’entre eux [les Indiens] avaient la figure peinte et avaient des plumes dans les cheveux, ce tableau devait paraître bien curieux aux spectateurs.231
Les Indiens avaient donc, même en dehors du spectacle, le devoir de jouer ce rôle exotique et curieux auprès du public. Le costume joue pour cela un rôle essentiel, puisqu’il témoigne d’un exotisme dont les Européens sont particulièrement demandeurs. Par ailleurs, Ours Debout démontre cette nécessité pour lui de surjouer, ou d’exagérer son propre rôle à la demande de Buffalo Bill qui scripte à l’avance les moindres faits et gestes de ses acteurs232. Ainsi devant des personnalités de premier plan, comme le roi d’Angleterre, les acteurs doivent se montrer très convaincants. Ours Debout écrit :
Je brandis ma lance et dansai naturellement les plus beaux pas de danse que je savais. Le roi [Édouard VII] avait été plein de dignité et n’avait même pas souri. Mais quand j’en arrivai à mes pas de fantaisie et que je poussai quelques cris sioux, il sourit malgré lui.233
Source : Le passage de Buffalo Bill en France. L’histoire française d’un spectacle américain (2024) (p.52-53)
La tournée du Wild West Show en France et en particulier à Lyon, avait fait l'objet d'une précédente réponse du Guichet du Savoir publiée en 2017. Elle contient des anecdotes et des sources intéressantes pour votre sujet d'étude.
Si vous recherchez des articles relatifs à la venue de Buffalo Bill en France, en 1889 comme en 1905, les commentaires dans la presse d'époque ne manquent pas. Qu'il s'agisse de Willam F. Cody, du matériel, les hommes et animaux que drainent ce spectacle immense, la publicité et les récits de ces spectacles, les archives numérisées de RetroNews vous offriront, à l'aide de quelques mots-clés bien choisis, un immense champ d'exploration. Si les témoignages de spectateurs se font plutôt rares, les stéréotypes sur les Amérindiens, ces "peaux rouges" (tels qu'ils sont mentionnés dans la presse), irradient les commentaires des journaux de l'époque.
La recherche "Buffalo Bill" et "Peaux-rouges" donne par exemple 79 résultats rien que pour l'année 1889.
Pour ce qui est de la présentation de la troupe et des comptes rendu des spectacles, pour ne citer que quelques exemples :
- L'Écho nogentais, 3 oct. 1889, p. 3/4.
- La Lanterne, 14 mai 1889, p. 2.
- L'Indépendant de la Charente-Inférieure, 1 oct. 1889, p. 3/4
- Journal de Seine-et-Marne, 22 sept. 1889, p. 3/4
D'autres informations surprenantes parcourent ces brèves de presse :
- La Croix, 5 juin 1889, p. 3/4 : L'un des Indiens du show est tué par un bison lors d'une répétition. L'animal lui a brisé la colonne vertébrale avec ses cornes.
- Gil Blas, 28 mars 1905, p. 1/4 : Réception à l'Elysée en l'honneur de William F. Cody, au moment de son retour en France en 1905. L'Américain est reçu en grande pompe en compagnie de l'ambassadeur et d'autres personnalités de prestige.
- Journal du Cher, 13 oct. 1889, p. 2/4 : On relaye les paroles d'un chef prénomé Yahmouta, interrogé sur son opinion des éléctions en France.
Appuyez-vous aussi sur la presse régionale ancienne qui est contenue dans Gallica afin de trouver des comptes rendus des passages du show en régions. Vous trouverez ici un lien vers la presse du Rhône. Vous devrez ensuite sélectionner le journal qui vous intéresse avant de vous lancer dans des recherches plein texte.
Pour tout document iconographique sur le Wild West Show, nous vous recommandons fortement de parcourir en ligne The William F. Cody Archives du Buffalo Bill Center of the West et de Université de Nebraska-Lincoln. Vous trouverez des dossiers entiers d'affiches numérisées, de photos, et même quelques courtes vidéos de la fin du 19ème siècle !
Un site spécialisé sur la mémoire des zoos humains a constitué un dossier iconographique rassemblant des photos et affiches des tournées de Buffalo Bill en France. Vous trouverez de nombreuses photos et documents en français illustrant ces tournées : Buffalo Bill's Wild West from a booklet for the Exposition Universelle de Paris 1889, sur Humanzoos.net.
Le récit L'Ouest sauvage de Buffalo Bill. Récits américains, description illustrée et aperçus de faits historiques, par Buffalo Bill, traduit dans son édition de 1889 est aussi numérisé sur Gallica. C'est une sorte de plaquette parue à l'occasion de sa première tournée en France. On y trouve le programme du spectacle, des écrits biographiques et des documents richement illustrés de dessins et phototypies.
A la bibliothèque, vous pourrez aussi emprunter les documents suivants pour approfondir ce sujet :
- Cent affiches de Buffalo Bill's wild west par Jack Rennert (1976)
- Buffalo Bill et le Wild West Show : légende et postérité de Jacques Portes (2016)
- Tristesse de la terre : une histoire de Buffalo Bill Cody : récit de Éric Vuillard (2014)
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