Connaissez-vous des planisphères en projection de Mercator centrés sur les pôles ?
Question d'origine :
Connaissez vous des planisphère en projection de Mercator centré sur le pole Nord et le pole Sud ????
Merci de votre réponse
Barbe
Réponse du Guichet
Créer un planisphère n'est pas une mince affaire car plus que de la géométrie, l'opération qui permet de passer de la sphère au plan, la projection, peut avoir des conséquences sur les relations entre les États. En effet aucune projection n'est exempte de déformations. Ainsi les distorsions géographiques de la projection de Mercator, unique en son genre notamment pour la navigation maritime, ont augmenté de manière disproportionnée les régions situées loin de l'équateur, diminué les régions équatoriales sans pouvoir couvrir les pôles en raison de problèmes mathématiques complexes mais aussi en faveur d'une vision du globe choisie. Heureusement, il existe d'autres projections et il faudra en changer pour en avoir une centrée sur les pôles Nord et Sud. Une projection de Mercator classique ne peut pas centrer les deux pôles car ils y sont rejetés à l'infini.
Bonjour,
La projection cartographique est la reproduction d'une sphère sur un plan grâce à un procédé mathématique par laquelle on reporte des points de la surface d’une sphère à la surface d'un plan, et notamment de la Terre sur une carte (source : Projection, Géoconfluences - DGESCO, ENS de Lyon, 6 mai 2026). Il existe plusieurs types de projections :
- Aphylactique : projection cartographique qui n’est ni conforme, ni équivalente, mais qui cherche à faire un compromis acceptable entre les inévitables déformations des surfaces, des distances et des angles sur une carte.
- Azimutale : projection cartographique de la surface terrestre sur un plan tangent ou sécant. Utile notamment pour la cartographie des pôles, mais aussi pour les cartes à l’échelle d’un continent ou d’une région.
- Conforme : projection qui respecte les angles de route, c’est-à-dire où les méridiens et parallèles se coupent à angle droit et où les lignes de rhumb apparaissent comme des droites sur la carte. Les surfaces et les distances sont cependant déformées.
- Conique : projection dont la surface développable est un cône, tangent ou sécant à la surface terrestre. Utile notamment pour la représentation des latitudes moyennes (ex : projection conique de Lambert, utilisée par l’IGN).
- Cylindrique : projection dont la surface développable est un cylindre, tangent ou sécant à la surface terrestre. Principe très utilisé (Mercator, Gall, Peters, UTM). La projection de Mercator, établie à la fin du XVIe siècle, est la plus utilisée par les navigateurs car elle permet de reporter facilement sa route sur un canevas de méridiens et de parallèles orthogonaux, les parallèles étant positionnés à intervalles croissants à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur. Elle a la propriété de figurer les routes catorloxodromiques par des droites qui coupent les méridiens à angles constants : un pilote n’a ainsi d’autres règles à suivre pour garder sa route que de maintenir un angle constant entre la direction du méridien, déterminée par l’aiguille aimantée (boussole) corrigée de la déclinaison, et le cap fixé au départ. La projection de Mercator entraîne une très importante déformation des surfaces : le Groenland apparaît aussi grand que l’Afrique, qui est pourtant 15 fois plus vaste. Elle est déconseillée pour tout autre usage que la navigation. La projection de Peters est célèbre pour avoir tenté, dans les années 1970, de donner une image différente des pays du Tiers-Monde que celle véhiculée par la projection de Mercator, qui réduit leur surface. On la reconnaît au fait que les régions intertropicales semblent plus vastes, tandis que les régions polaires sont réduites (à l'exact opposé de Mercator). Les projections de Robinson et de Mollweide, très souvent utilisées dans les manuels scolaires, sont d’autres types de projections cylindriques.
- Équidistante : projection qui indique les distances réelles à partir du centre de la projection ou bien le long de lignes particulières ; mais surfaces et angles sont déformés.
- Équivalente : projection qui respecte la surface réelle des territoires, mais au prix d’une déformation des distances et des angles de route sur la carte.
- Gnomonique : projection dont le point focal se situe au centre de la terre.
- Orthographique : projection dont le point focal théorique se situe à l’infini, si bien que les lignes de projection sont parallèles entre elles.
- Stéréographique : projection dont le point focal se situe aux antipodes du point projeté, c’est-à-dire à l’opposé sur la surface terrestre.
Voyez également plus de 70 projections cartographiques prises en charge sur Esri, plateforme géospatiale pionnière des logiciels de systèmes d'information géographique (SIG) depuis 1969, de l'intelligence géospatiale et de la cartographie.
Toujours selon ce même article, aucune projection ne permet la représentation d’une sphère sur un plan sans déformation. En effet, la sphère comme l’ellipsoïde ne sont pas des surfaces développables (forme géométrique simple capable d’être aplatie, c’est-à-dire découpée puis développée, sans déformation), contrairement à d'autres formes géométriques simples (cylindre, cône, cube, pyramide, géode...). Dans tous les cas, toute projection provoque une déformation, comme le montre l’exemple d’une peau d’orange qu'on tenterait de représenter à plat, écrit Jean-Benoît Bouron dans « Les projections : de la sphère au planisphère, plus que de la géométrie, de la géopolitique » sur le même site, Géoconfluences, en mai 2026.

Jean-Benoît Bouron, Géoconfluences, 2026.
D'autres sources confirment ces informations :
Les méthodes mathématiques sont nombreuses et variées, et chacune aboutit à des déformations plus ou moins prononcées selon le point de vue adopté. La personne qui cartographie – ou celle qui commande la carte – peut choisir une projection plutôt qu’une autre pour utiliser les déformations afin de mettre en avant une partie du monde.
Source : Le pouvoir des cartes pour représenter le monde, IGN
... la représentation « exacte » des données géographiques sur un plan n’est guère aisée pour des raisons de pure géométrie...
[...]
L’idéal serait de pouvoir représenter sur une surface plane (la carte), une surface courbe (sphère terrestre) c’est-à-dire de conserver à la fois les surfaces et les angles. En pratique, on ne peut pas obtenir ces deux caractéristiques sur la même carte, car la sphère ne peut être reproduite sur un plan sans altérer soit les angles soit les surfaces, soit parfois même les deux à la fois…
Source : Louchet, A. (2014). Étude 5. Projections cartographiques et navigation. La planète océane : Précis de géographie maritime (2e éd., p. 77-95). Armand Colin.
On n’utilise pas n’importe quel planisphère, il est justement essentiel qu’il soit habituel ou, mieux, qu’il soit reconnaissable avec un léger décalage. Il existe de très nombreuses façons de représenter la surface du globe terrestre en deux dimensions (ce que signifie littéralement plani-sphère). On les appelle les projections : exercices mathématiques complexes de mise en relation d’une surface sphérique (ou presque) et d’une autre plane. La plupart des planisphères, même si les projections polaires ont acquis, depuis une vingtaine d’années, droit de cité dans les manuels et la presse, restent marqués par trois habitudes de lecture : une projection largement « conforme », l’orientation au Nord et la coupure dans le Pacifique.
Les planisphères qui respectent les formes mais pas les tailles (selon des projections appelées « conformes ») donnent, on en a pris conscience depuis longtemps, une image rétrécie des régions proches de l’équateur. La projection la plus célèbre, celle de Mercator, du nom du grand cartographe flamand du XVIe siècle à qui l’on doit aussi le mot « atlas » pour désigner un recueil de cartes, est justement totalement conforme ; tous les méridiens et tous les parallèles se coupent à angle droit, comme sur le géoïde terrestre. C’est une carte de marins, où les angles sont justes, mais qui a pour effet d’exagérer les surfaces des hautes latitudes, puisque les pôles sont projetés à l’infini, et, réciproquement, de minimiser la région intertropicale, par ailleurs la zone la plus pauvre. Ainsi l’Australie, qui est dans la réalité quatre fois plus grande que le Groenland, y est représentée beaucoup plus petite. On a donc inventé des compensations, quelquefois jusqu’à la caricature, comme la carte de Peters très à la mode dans les années 1980 au point de servir alors de fond d’écran aux journaux d’Antenne 2. Ainsi, quand on veut donner une image décalée du Monde, on reprend souvent cette projection familière, en changeant juste un paramètre. Une carte, réalisée il y a une vingtaine d’année en Australie, a connu une grande notoriété : elle mettait tout simplement l’Île-continent au centre et en haut, là où est habituellement l’Europe. Le Sud était donc en haut et la coupure dans l’Atlantique, non dans le Pacifique. Mais c’était une Mercator tout à fait classique.
Source : Grataloup, C. (2012). Le planisphère, figure ambiguë du monde. Dans P. Norel et L. Testot Une histoire du monde global (p. 313-316). Éditions Sciences Humaines. Cet article est également publié sur le blog de l'auteur, Le planisphère, figure ambiguë du Monde.
La projection situant l'Australie au centre, évoquée par Grataloup, est celle de McArthur. On peut également citer la projection de Hao Xiaoguang créée en 2013 qui place la Chine au centre du monde, avec les deux pôles nord et sud, voire avec un troisième pôle au niveau de l’Himalaya, placés sur l’axe central de la carte. L’Amérique est scindée en deux et rejetée vers l’extérieur de la carte, tout comme l’Europe. Cette représentation du monde est devenue la carte officielle de la République populaire de Chine en 2013 (source : Le pouvoir des cartes pour représenter le monde, IGN).

D'après Béguin, M. et Pumain, D. (2017) dans Chapitre 1. Les principes de la cartographie. La représentation des données géographiques : Statistique et cartographie (4e éd., p. 13-42). Armand Colin :
C’est l’usage final de la carte qui va déterminer l’apparence et le contenu de ce document : son support (écran ou papier par exemple), son format (grande planche d’Atlas ou simple feuillet A4), les caractéristiques du fond de carte (projection, échelle, généralisation), le type de traitement de l’information et son mode de représentation…
Nous vous laissons apprécier les modes de représentation du monde que l'Europe et la Chine ont projetés avec leur projection cartographique respective grâce à :
- Pourquoi les cartes géographiques sont forcément (un peu) mensongères, Les Décodeurs, Le Monde, 19 octobre 2015
- Projection Mercator : le monde, carte sur table, France culture, 5 septembre 2025
- Il faut corriger la carte du monde : voici pourquoi, L'Humanité, 5 septembre 2025
- Olga V. Alexeeva et Frédéric Lasserre, « Le concept de troisième pôle : cartes et représentations polaires de la Chine », Géoconfluences, octobre 2022
- Le monde vu de Chine : que nous disent les cartes ?, France culture, 30 mars 2023.
Comme on le constate, sur la projection de Hao Xiaoguang, apparaissent les deux pôles nord et Sud. Est-ce cela que vous cherchez ?
Voyons de plus près ce que sont la projection de Mercator et la projection de Hao Xiaoguang. L'une (Mercator) est une projection cylindrique, où le cylindre est tangent à l’équateur et l'autre (Hao Xiaoguang) est une projection transverse cylindrique centrale (Le concept de troisième pôle : cartes et représentations polaires de la Chine et Olga V. Alexeeva et Frédéric Lasserre, Le pouvoir des cartes pour représenter le monde, IGN).
PROJECTION DE MERCATOR
Description
La projection de Mercator est une projection cartographique cylindrique conforme créée à l’origine afin d’afficher des relèvements au compas précis pour la navigation maritime. Dans cette projection, toutes les formes locales sont exactes et correctement définies vrais à une échelle infinitésimale.
Elle a été présentée par Gerardus Mercator en 1569. La variante Web Mercator de la projection est la norme de fait adoptée pour les cartes Web et les services en ligne.
Propriétés de la projection
Les sous-sections ci-dessous décrivent les propriétés de la projection de Mercator.
Graticule
La projection de Mercator est une projection cylindrique. Les méridiens sont des lignes verticales, parallèles entre elles et équidistantes qui s’étendent vers l’infini à l’approche des pôles. Les lignes de latitude sont des lignes droites horizontales, perpendiculaires aux méridiens et de même longueur que l’Équateur, mais qui s’éloignent vers les pôles. Les pôles sont projetés vers l’infini et ne peuvent pas être affichés sur la carte. Le graticule est symétrique par rapport à l’équateur et au méridien central.
Distorsion
La projection de Mercator est une projection cartographique conforme. Les directions, les angles et les formes sont conservés à une échelle infinitésimale.
Toute ligne droite dessinée sur cette projection représente un relèvement au compas réel. Ces lignes à direction exactes sont des loxodromies et ne décrivent généralement pas la distance la plus courte entre les points.
Les distances sont vraies le long de l’Équateur ou le long des latitudes sécantes (parallèles de référence).
La surface est de plus en plus déformée vers les régions polaires. Par exemple, bien que le Groenland ne représente qu’un huitième de la surface de l’Amérique du Sud, il semble plus grand que cette dernière dans la projection de Mercator. Les valeurs de distorsion sont les mêmes le long d’un parallèle particulier et sont symétriques par rapport à l’Équateur et au méridien central.
Utilisation
Cette projection convient pour la cartographie à grande échelle des zones proches de l’équateur, telles que l’Indonésie et certaines régions de l’océan Pacifique. En raison de sa propriété relative aux loxodromies droites, cette projection est conseillée pour les cartes de navigation maritime standard. Sa variante, la projection Web Mercator, est la norme adoptée pour les cartes Web et les services en ligne. Cette projection est souvent mal employée pour les cartes du monde, les affiches murales et la cartographie thématique sur les cartes Web.
Source : Projection de Mercator, Esri
Esri ne nomme pas la projection de Hao Xiaoguang ainsi mais le modèle qui l'a inspiré semble être une projection cylindrique équivalente transverse (source : Le pouvoir des cartes pour représenter le monde, IGN). Nous en trouvons la description sur Esri :
PROJECTION CYLINDRIQUE ÉQUIVALENTE TRANSVERSE
Description
La projection équivalente cylindrique transverse est un aspect transverse de la projection équivalente cylindrique. Cette projection convient pour les cartes présentant une étendue prédominante du nord au sud le long d’un méridien spécifié.
La projection cylindrique équivalente transverse a été présentée par Johann H. Lambert en 1772. Les équations d’un ellipsoïde de révolution ont été développées par John P. Snyder en 1985. Elle est disponible dans ArcGIS Pro 1.3 et versions ultérieures et dans ArcGIS Desktop 10.4.1 et versions ultérieures.
Propriétés de la projection
Les sous-sections ci-après décrivent les propriétés de la projection cylindrique équivalente transverse.
Graticule
La projection cylindrique équivalente transverse est cylindrique et transversale. Les lignes du méridien central et de l’antiméridien sont présentées sous forme d’une ligne verticale au milieu de la projection.
Les régions nord des méridiens à 90° du méridien central sont projetées sous forme de ligne droite horizontale passant par le pôle nord. De même, les régions sud de ces méridiens sont projetées sous forme de ligne droite horizontale passant par le pôle sud. Les autres méridiens sont projetés sous forme de courbes complexes qui intersectent perpendiculairement l’équateur.
L’Équateur est fractionné en deux parties. La première, qui contient les méridiens à moins de 90° du méridien central, est projetée sous forme de ligne droite horizontale au milieu de la carte et divise ainsi la zone projetée en deux hémisphères (nord et sud). La seconde partie de l’Équateur est projetée sous la forme de deux lignes droites en haut et en bas de la carte.
Les autres parallèles sont des courbes complexes. Les deux pôles sont projetés sous forme de points, chacun représentant le centre de son hémisphère. Deux points de l’équateur, à exactement 90° du méridien central, sont projetés sous forme de lignes droites verticales, représentant les bords gauche et droit de la projection. Sur des ellipsoïdes de révolution, ces deux lignes sont courbes, convexes vers chaque pôle.
Distorsion
Il s’agit d’une projection équivalente. Les formes, sens, angles et distances sont distordus. L’échelle est respectée le long du méridien central et de l’antiméridien projetés. Les formes proches de 90° du méridien central sont extrêmement distordues et étirées verticalement. Si le facteur d’échelle est inférieur à 1, la ligne de l’échelle réelle se trouve quelque part entre le méridien central et le bord de la projection et la carte est moins étirée verticalement.
Utilisation
La projection cylindrique équivalente transverse convient pour les cartes à grande échelle avec des étendues prédominantes du nord au sud.
Source : Cylindrique équivalente transverse, Esri
Il existe aussi la projection quartique plane polaire de McBryde-Thomas :

The world on the McBryde-Thomas flat-pole quartic projection. 15° graticule.
Imagery is a derivative of NASA’s Blue Marble summer month composite with oceans lightened
to enhance legibility and contrast. Image created with the Geocart map projection software.
Daniel R. Strebe, Wikipédia, 4 février 2018
Description
La projection quartique plane polaire de McBryde-Thomas est une projection pseudo-cylindrique équivalente. Elle est basée sur la projection authalique quartique. Ses méridiens de limite sont bombés de manière excessive, ce qui entraîne une distorsion importante des formes près du contour de la carte.
Il s’agit de la quatrième projection de la série de projections de McBryde-Thomas et de la plus connue. F. Webster McBryde et Paul D. Thomas l’ont introduite en 1949 pour réaliser des cartes statistiques du monde. Elle est disponible dans ArcGIS Pro 1.0 et versions ultérieures et dans ArcGIS Desktop 8.0 et versions ultérieures.
Propriétés de la projection
Les sous-sections ci-dessous décrivent les propriétés de la projection quartique plane polaire de McBryde-Thomas.
Graticule
La projection quartique plane polaire de McBryde-Thomas est une projection pseudo-cylindrique. L’Équateur et le méridien central sont projetés sous forme de lignes droites, le méridien central projeté étant 0,45 fois plus long que l’Équateur. Les autres méridiens sont représentés par des courbes algébriques de quatrième ordre, bombées à mesure que l’on s’éloigne du méridien central et équidistantes. Les parallèles sont des droites non équidistantes, perpendiculaires au méridien central. Les pôles sont également des lignes droites, égales au tiers de la longueur de l’Équateur. Le graticule est symétrique par rapport à l’équateur et au méridien central.
Distorsion
La projection quartique plane polaire de McBryde-Thomas est une projection équivalente. Les formes, les directions, les angles et les distances sont généralement déformés. Les points situés à 33°45’ au nord et au sud au niveau du méridien central ne sont pas déformés. L’échelle est correcte le long des parallèles 33°45’ nord et sud, et constante le long de chaque parallèle. Les méridiens renflés génèrent une distorsion considérable vers le bord de la projection. Les valeurs de distorsion sont symétriques le long de l’équateur et du méridien central.
Utilisation
Cette projection convient aux cartes du monde thématiques, mais son utilisation est déconseillée.
Source : Projection quartique plane polaire de McBryde-Thomas, Esri
Si comme vous l'écrivez vous cherchez une projection de Mercator centrée sur les pôles Nord et Sud, vous comprenez maintenant pourquoi cela est impossible. Une projection de Mercator classique ne peut pas centrer les deux pôles car ils y sont rejetés à l'infini. L'une de ces projections vous convient-elle ? Si vous cherchez une carte centrée sur l'un des pôle, il faut aussi changer de type de projection. Pour une carte centrée sur l'un des pôle, la projection stéréographique peut vous intéresser :
La projection stéréographique est une projection de perspective plane, vue du point du globe opposé au point de tangence. Elle projette des points sur un sphéroïde directement sur le plan. Il s’agit de l’unique projection conforme azimutale. Cette projection est le plus souvent utilisée sous des aspects polaires pour les cartes topographiques des régions polaires. Les cartes de la projection stéréographique polaire universelle (UPS) les plus connues représentent des surfaces au nord du parallèle 84° Nord et au sud du parallèle 80° Sud qui ne sont pas comprises dans le système de coordonnées UTM (Universal Transverse Mercator).
Source : Projection stéréographique, Esri
Pour représenter le pôle Nord ou le pôle Sud au centre d'une carte, on utilise généralement ce qu'on appelle une projection polaire ou projection azimutale polaire. Voyez par exemple le planisphère muet pour fond de carte vierge, projection polaire centrée sur l'Arctique, Géoconfluences. Cette projection équidistante azimutale est aussi nommée projection de Postel. C'est est une projection cartographique azimutale polaire équidistante pour les méridiens (Projection de Postel, Wikipédia). Elle est connue car c'est elle qui est représentée sur le drapeau de l'ONU.
Quelques livres conservés dans les collections de la BmL
- La planète océane : précis de géographie maritime / André Louchet, 2009
- La représentation des données géographiques : statistique et cartographie / Michèle Béguin, Denise Pumain, 2010
- Une histoire du monde global / sous la direction de Philippe Norel et Laurent Testot, 2012
- Les nouveaux visages du monde : les explorations géographiques de Ch. Colomb à A. Humboldt / Jean-Jacques Bavoux, 2024
- La cartographie à travers les âges / Max Prado, 2005
- Cartes d'exception : 3.500 ans de représentation de monde / Jerry Brotton ; [traduction Georges Phalente et Victor Fichelson], 2015
- Les défricheurs du monde : ces géographes qui ont dessiné la Terre / Laurent Maréchaux, 2020
- L'atlas des atlas / Philip Parker ; traduit de l'anglais par Olivier Philipponnat, 2023
- Cartographia : comment les géographes (re)dessinent le Monde / Françoise Bahoken, Nicolas Lambert, 2025
- Couleurs de la Terre : Des mappemondes médiévales aux images satellitales ; sous la dir. de Monique Pelletier, 1998
- Artistes de la carte : de la Renaissance au XXIe siècle / Hélène Blais, Lucile Haguet, Isabelle Laboulais-Lesage et al. ; sous la direction de Catherine Hofmann ; préface de Sylvain Tesson, 2012
- Finis terrae : imaginaires et imaginations cartographiques / Gilles A. Tiberghien, 2020
- Cartes imaginaires : inventer des mondes / sous la direction de Julie Garel-Grislin et Cristina Ion, 2026
Bonne journée
Algérie, sections armes spéciales