Quel est cet orphelinat situé vers Fourvière qui existait au début du XXe siècle ?
Question d'origine :
Bonjour,
Je réalise mon arbre généalogique et je rechetche des informations sur les anciens orphelinats situés vers Fourvière.
Ma grand-mère maternelle y est rentrée probablement en 1909 peu de temps après le décès de sa mère (dcd le 23 juin 1909) et y est restée jusqu'à sa majorité (21 ans à l'époque). Elle a été placée par les dames patronesses de La Mulatière avec sa soeur . Je sais que cet orphelinat était gérée par des religieuses mais je ne connais pas l'adresse ni le nom.
Ma grand-mère : Thomassie ROCCA née à La Mulatière le 23 février 1905 et sa soeur Virginie ROCCA née le 23 août 1899 née aussi à La Mulatière. Leurs parents étaient italiens.
J'aurais voulu trouver des informations sur cet orphelinat et peut-etre consulter des archives...Je vous remercie par avance pour l'aide que vous pourriez m'apporter.
Bien cordialment.
Laure C
et y est restée
Ma grand-mère
Réponse du Guichet
Plusieurs établissements religieux de la colline de Fourvière pourraient avoir accueilli votre grand-mère et sa sœur après 1909, notamment l’orphelinat Notre-Dame de Fourvière, Bethléem ou le refuge de la Compassion. Les plans parcellaires et les annuaires diocésains permettent de localiser ces établissements mais les sources restent lacunaires et nous ne sommes pas en mesure de déterminer qui les a accueillies. Nous vous conseillons donc de poursuivre vos recherches auprès des Archives départementales du Rhône et du diocèse de Lyon, qui sont les plus susceptibles de conserver des registres d’admission ou de recensement.
Bonjour,
Vous recherchez des informations sur l'orphelinat où votre grand-mère maternelle, Thomassie Rocca (née à La Mulatière le 23 février 1905), a été placée avec sa sœur Virginie Rocca (née le 23 août 1899) peu après le décès de leur mère le 23 juin 1909.
La consultation des plans parcellaires de la ville de Lyon offre un beau panorama des institutions religieuses qui garnissaient les flancs de la colline de Fourvière à la fin du XIXème siècle et au début du XXème. Sur un secteur assez restreint (en l'occurence ici le secteur 181 des PP), s'offrent à voir plusieurs communautés de la "colline qui prie" et certains foyers d'accueil potentiels d'une jeune fille orpheline de la région lyonnaise.

Source : Plan parcellaire de la ville de Lyon (1890, secteur 181)
Sachez que l'orphelinat est encore bien visible sur la carte de 1920.
C'est donc un outil intéressant si vous souhaitez situer dans l'espace toutes ces communautés qui essaimaient Fourvière. Pour plus d'exhaustivité en revanche, privilégiez l'annuaire ecclésiastique du diocèse de Lyon même si les annuaires des années 1910 (à consulter sur place à la BmL) ne listent pas les orphelinats, uniquement les communautés de femmes du diocèse. Elles sont classées par ordre alphabétique et associées à une adresse pour les localiser dans la ville (à partir de la p.96 et après pour l'édition 1910). Mais attention il est fréquent que les noms des rues aient été modifiés depuis. Pour connaître le nouveau nom des anciennes dénominations, vous devrez vous référer au Fichier historique des voies de la ville de Lyon, téléchargeable sur le site des Archives municipales.
L'orphelinat que vous recherchez pourrait-être l'Orphelinat Notre-Dame de Fourvière, fondé en 1845 sur la colline de Fourvière. L'Abbé Jean-Bapstite Martin, dans son Histoire des églises et chapelles de Lyon (parue en 1909, numérisée et diffusée sur Wikisource) relate les circonstances qui ont présidé à sa création en 1845 par Mme Laubreaux-Charrasson. On le remarque sur le plan ci-dessus aux abords de la rue du juge de Paix en 1890 (actuelle rue Roger Radisson).
Le refuge de Notre-Dame de la Compassion, congrégation fondée en 1825 et installée au n°8 de la rue de l’Antiquaille (ou 6 selon l'annuaire du diocèse), pourrait aussi avoir recueilli vos parents. L'institution est réputée pour apporter de l'aide aux femmes défavorisées, isolées ou délinquantes. La célèbre sœur Elise Rivet aurait rejoint l'établissement en 1912. Selon l'abbé Martin, l'institution s'est d'abord démarquée par sa volonté de sauver les "malheureuses filles victimes de séduction", ce qui ne semble pas concorder avec l'histoire de votre mère et de votre tante. Il indique néanmoins qu'il existait en 1908 des "sections nécessaires à la Compassion" parmi lesquelles les "enfants enfermées" et les "enfants orphelines". (Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908 (vol. II, p. 131-136). (p. 98 de l'annuaire diocésain, 1910)
L'Orphelinat de Bethléem est aussi une piste à privilégier. Situé au 10 de la montée des Carmes Déchaussés, cet orphelinat était une branche de la congrégation de l'Espérance, fondée à Bordeaux. Ces sœurs de Bethléem s’occupaient "plus particulièrement d’enseignement et d’orphelinats. (...) il s’y trouve une trentaine d’orphelines auxquelles on apprend les choses les plus importantes de la vie pratique. La chapelle est modeste, un petit autel au milieu du chœur, avec, de chaque côté, des statues de la Sainte Vierge et de saint Joseph." (Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II. p. 347). (p.99 de l'annuaire diocésain 1910).
Même si c'est un candidat plus improbable, nous tenons à vous indiquer en dernière option le refuge des religieuses du Bon-Pasteur qui était situé au 169 du chemin Pont-d’Alaï, devenue rue Joliot-Curie en 1959 (Rues de Lyon à travers les siècles de Maurice Vanario, 2002). Fondé dans les années 1830, il s'était donné pour mission de donner asile aux jeunes filles abandonnées "qui se trouvent engagées sur la pente du vice" (L'abbé Adolphe Vachet dans son ouvrage "Les anciens couvents de Lyon" (Ed. Vittet, 1895) sur Gallica). Il n'est pas décrit comme un orphelinat classique mais comme un refuge, pour "jeunes filles abandonnées". Il semblerait que l'on soit plus ici sur œuvre de protection morale, qu'une œuvre charitable pour orphelines ayant perdu leur mère. (p.97 de l'annuaire diocésain 1910). Voir aussi ces précédentes réponses du GDS : Quelle est l'histoire de ce bâtiment situé dans le 5ème arrondissement à Lyon ? et Qu'est devenu l'établissement des religieuses du Bon-Pasteur d'Angers ?
Enfin, une ancienne réponse du Guichet du Savoir (2011) peut encore servir à répertorier d'autres établissements et organismes susceptibles de vous intéresser. A partir de l'annuaire Indicateur Henry 1915, nos collègues ont fait ressortir une liste des sociétés qui pourraient être des orphelinats, leurs missions et les adresses. Selon nous, seul le Refuge Saint-Michel, 69 rue des Macchabées pourrait à ce stade s'ajouter et intégrer notre liste. Il est néanmoins précisé "qu'il reçoit des jeunes filles qui manifestent des inclinaisons vicieuses et celles qui veulent sortir d’une mauvaise vie. Mme Sisley, supér."
Nous tenons a vous signaler que nous avons fouillé dans les registres des recensements de populations numérisés par les Archives départementales du Rhône aux adresses supposées des institutions, lors des récensements de 1911 et de 1921. Nous ignorons si les orphelinats étaient alors comptabilisés avec la même rigueur que le reste de la population mais les orphelines semblent absentes et aucune personne nommée "Rocca" n'apparait dans ces registres.
Sachez aussi que les Archives départementales du Rhône ont édité le répertoire suivant : Assistance à l’enfance dans le Rhône : enfants trouvés et abandonnés : 1797-1959. Vous pourriez tenter de vous renseigner auprès de leurs services.
Puisque ces orphelinats étaient gérés par des religieuses, les archives du diocèse de Lyon pourraient contenir des registres d'admission. Un formulaire de contact en ligne, un numéro de téléphone et des permanences sont à votre disposition pour faciliter vos échanges. Ils seront très certainement vos interlocuteurs les mieux renseignés, surtout si vous leur présenter les noms des établissements listés ci-dessus, des années précises et le nom de vos parents.
En vous souhaitant le meilleur dans vos recherches !
Algérie, sections armes spéciales