Saint-Ouen est-elle parvenue à diminuer son taux de délinquance et le trafic de drogue ?
Question d'origine :
Bonjour,
Le maire de Saint Ouen en Seine Saint Denis a affirmé sur France Inter qu'il avait fait diminuer la délinquance et le trafic de drogue dans sa commune. Est-ce qu'il y a des enquêtes ou des études qui confirment cette affirmation ? Quels sont les moyens utilisés pour arriver à ce résultat ?
Merci d'avance.
Bonne journée
Réponse du Guichet
La méthode Saint-Ouen pour éradiquer la délinquance et le trafic de drogue dans cette banlieue parisienne a consisté à mettre en place une politique de prévention en direction des jeunes, une campagne de sensibilisation auprès des enfants et des politiques publiques concrètes qui donnent des perspectives à [la] nouvelle génération : emploi, offres de stages, embellissement et végétalisation de la ville, accès à la culture, santé et prévention. De plus, il y a aussi eu une augmentation des effectifs de la police municipale et des caméras de surveillance, une présence policière quasiment harcelante sur le terrain, 7 870 amendes forfaitaires délictuelles - pour usage de stupéfiants - prononcées et 140 arrêtés d'interdiction de paraître en 2025, l'entrée en vigueur de la loi narcotrafic du 13 juin 2025 et un couvre-feu instauré le 16 juillet 2025. En 2023, le Rapport fait au nom de la commission d’enquête sur l’impact du narcotrafic en France et les mesures à prendre pour y remédier a qualifié cette dite méthode d'exemple emblématique d'une stratégie globale réussie reposant sur une action coordonnée et partenariale, la réappropriation de l'espace public, un volet pédagogique et un suivi rigoureux « après » le démantèlement.
Outre des analyses journalistiques, des reportages et ce rapport, il ne semble pas que des enquêtes, des études, des recherches académiques indépendantes qui évalueraient de façon méthodique l’efficacité de la méthode Saint-Ouen entre 2020 et 2025 aient été publiées.
Bonjour,
Le 13 avril 2026 à Saint-Ouen-sur-Seine, commune située au nord de Paris en Seine-Saint-Denis, bien connue pour son célèbre marché aux puces, 14 interpellés soupçonnés d'organiser et de diriger un important trafic de cannabis et de cocaïne ont été mis en examen suite à un coup de filet à la cité Charles-Schmidt, dernier grand point de deal de la ville, lors d'une opération d'envergure menée sous le contrôle du parquet de Bobigny. Véritable plaque tournante de la drogue, dans la cité se succédaient quotidiennement entre 10 et 30 acheteurs par heure et, fait inquiétant, des lycéens étaient utilisés comme « petites mains » rapporte l'article Seine-Saint-Denis : le dernier grand point de deal de Saint-Ouen démantelé, 14 personnes mises en examen, Le Parisien, mercredi 22 avril 2026 :
Des lycéens comme « petites mains »
L'un des aspects les plus préoccupants révélés par l'enquête est le recrutement de lycéens pour assurer les tâches subalternes du réseau. Une organisation très structurée s'est dessinée au fil des investigations, avec une répartition précise des rôles : direction du trafic, approvisionnement des points de vente, surveillance, rabattage de clients et blanchiment de l'argent issu du trafic.
Lors des perquisitions menées en parallèle des arrestations, les enquêteurs ont mis la main sur des quantités de cannabis et de cocaïne, des biens de luxe, de nombreux téléphones portables ainsi que plus de 40 000 euros en liquide.
Le même jour, dans son Communiqué de presse qui s’adressait aux audonien·nes, Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen depuis 2020, annonçait la fin du narcotrafic dans la ville après le démantèlement du dernier point de deal grâce à la méthode Saint-Ouen qu'il qualifiait de concrète et ayant fait ses preuves. Cette méthode a consisté à mettre en place une politique de prévention en direction des jeunes, une campagne de sensibilisation auprès des enfants et des politiques publiques concrètes qui donnent des perspectives à [la] nouvelle génération : emploi, offres de stages, embellissement et végétalisation de la ville, accès à la culture, santé et prévention.
Ajoutons à cela l'augmentation des effectifs de la police municipale et des caméras de surveillance, une présence policière quasiment harcelante sur le terrain, 7 870 amendes forfaitaires délictuelles - pour usage de stupéfiants - prononcées et 140 arrêtés d'interdiction de paraître en 2025, l'entrée en vigueur de la loi narcotrafic du 13 juin 2025 et un couvre-feu instauré le 16 juillet 2025 :
Au total, six points de deal sur sept ont été démantelés dans la commune, assure le maire (PS) Karim Bouamrane. Pour y parvenir, la police nationale a travaillé conjointement avec la police municipale, dont les effectifs ont fortement augmenté depuis 2020. « Ils étaient cinq. Aujourd'hui, ils sont une quarantaine », précise l'élu. Le nombre de caméras de surveillance a aussi connu une forte hausse passant de 150 à plus de 1 000.
« Depuis que l'école maternelle a fermé, des policiers venaient tous les jours au quartier », a observé Maria. Quid d'un retour des élèves maintenant que la situation semble sous contrôle ? « Les parents d'élèves prendront une décision », répond l'élu socialiste qui rappelle que l'école continue de proposer des activités socioculturelles et se mue en centre de loisirs le mercredi après-midi. Une réponse aux critiques de l'opposition, notamment du député Éric Coquerel (LFI), élu du département, qui avait estimé que la fermeture de l'école revenait à « laisser place nette au trafic ».
[...]
Saint-Ouen illustre plus largement la lutte engagée contre le trafic de stupéfiants à l'échelle de la Seine-Saint-Denis. Selon les chiffres de la préfecture, les infractions liées au trafic ont reculé de 1,1 % en 2025. « 5,07 tonnes de drogue ont été saisies sur le territoire. Cela représente la moitié de ce qui a été saisi dans toute l'agglomération parisienne », souligne le préfet Julien Charles. Dans le département, 7 870 amendes forfaitaires délictuelles - pour usage de stupéfiants - ont été prononcées cette année, soit une hausse de 39 % depuis 2023. La réponse judiciaire s'est aussi durcie. En 2025, 140 arrêtés d'interdiction de paraître ont été signés par le préfet.
Ces actions coïncident avec l'entrée en vigueur de la loi narcotrafic du 13 juin 2025, permettant « plus de moyens de lutter sur le terrain », assure Bernard Bobrowska, directeur territorial de la sécurité de proximité dans le département. « C'est grâce à une présence policière forte, quasiment du harcèlement sur le terrain, mais aussi grâce à des enquêtes menées sur le long cours qu'on va pouvoir obtenir des peines plus importantes », corrobore le procureur de la République de Bobigny, Éric Mathais.
Source : La cité Arago libérée du trafic de drogue ? dans sa version papier ou Lutte contre le narcotrafic : comment les forces de l’ordre ont anéanti l’un des derniers points de deal de Saint-Ouen dans sa version en ligne, Le Parisien, vendredi 6 février 2026, dont la lecture complète est possible via Europresse avec un abonnement à la BmL.
La rentrée des classes a déjà sonné mais le couvre-feu instauré le 16 juillet par la municipalité de Saint-Ouen - une première dans le département pour une ville de cette taille - restera en vigueur jusqu'au 31 octobre. Les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés n'ont ainsi toujours pas le droit de traîner dehors entre 23h30 et 6h30.
L'arrêté municipal motivait cette mesure par « l'augmentation de la délinquance des mineurs sur le territoire de Saint-Ouen de 8 % entre 2024 et 2025 », par « la mobilité des groupes délinquants d'un quartier à l'autre » et par le fait que ville « présente un taux de délits violents de 19 pour 1 000 habitants contre 6 pour 1 000 au niveau national en 2024 ».
« Ce couvre-feu a apporté un soutien actif aux parents pendant les vacances, au côté des animations estivales, mais l'idée était qu'il ne se limite pas à cette période, qu'il perdure jusqu'à la fin de l'été, et même un peu au-delà, toujours pour aider les familles », rappelle cette semaine la municipalité, qui persiste à réfuter tout aspect répressif de la mesure.
Source : Zéro interpellation, zéro PV mais une population toujours divisée : premier bilan du couvre-feu à Saint-Ouen, Le Parisien, 5 septembre 2025 (même conditions d'accès que plus haut).
Sur le couvre-feu, vous pourriez lire aussi Couvre-feu pour lutter contre le narcotrafic : « On gèle la situation, mais on ne la règle pas », estime Jérôme Durain, Public Sénat, 22/07/2025.
Avec la coupe du monde de football, les maires de Toulouse et Clermond-Ferrand ont instauré un couvre-feu nocturne pour les mineurs de moins de 16 ans. Banalisé depuis une décennie par les élus de droite en réponse à des violences urbaines ou au narcotrafic, cet outil avait été validé pour la première fois par le Conseil d'État à la suite d'une décision du maire d'Orléans Serge Grouard, en 2001 (source : Ces maires qui misent tout sur la défense (version papier) ou Un couvre-feu “démagogique” : de Clermont-Ferrand à Toulouse, ces maires qui misent tout sur la défense pour le Mondial (version en ligne - même conditions d'accès que plus haut), La République du Centre, jeudi 11 juin 2026.). Cette mesure est-elle efficace ? C'est une mesure complètement démagogique [...] une efficacité très limitée [...] le couvre-feu des mineurs n'a jamais fait ses preuves peut-on lire dans Un couvre-feu “démagogique” :
Depuis, ils sont nombreux à s'y être essayé de Béziers à Nice en passant par Nîmes ou Saint-Ouen avec des résultats plus ou moins probants. Plutôt moins. « C'est une mesure complètement démagogique », soupire au téléphone l'ex-maire LR de Limoges Émile Roger Lombertie. L'homme sait de quoi il parle, il l'a lui-même instaurée au début de l'été 2025, sans que cela n'empêche sa ville de connaître des violences inédites treize jours plus tard. « À partir du moment où les moyens de police ne suivent pas, ça ne sert à rien, écarte l'ancien élu défait en mars. On ne peut pas l'appliquer sans que le reste de la chaîne ne soit renforcé, je me suis retrouvé sans solution parce qu'il n'y a pas eu de renforts. »
[...]
Une efficacité très limitée
En s'inscrivant dans un événement aussi populaire et festif qu'une Coupe du monde de football, la décision clermontoise et toulousaine interpelle. « C'est une mesure de dernier recours, s'étonne le sociologue du CNRS Sebastian Roché, auteur de La police contre la rue (Grasset). Il est curieux de se dire qu'il devrait y avoir des événements festifs sans désordre. C'est un peu paradoxal. »
D'autant que le couvre-feu des mineurs n'a jamais fait ses preuves.
« Parce qu'il est rarement respecté par les jeunes à l'origine des violences et il est souvent contourné », grince un magistrat. Le ministère de l'Intérieur ne s'étant pas penché sur le bien-fondé de cet outil, il faut regarder aux États-Unis où, selon les études menées sur le sujet, la mesure peine à montrer de réels effets. « Prendre un arrêté ne suffit pas, il faut l'appliquer et donc avoir des effectifs pour mettre en oeuvre une tactique de police. Et les maires ne les ont pas », relève Sebastian Roché.
Privation de liberté ?
Le chercheur pointe « une police qui n'arrive pas à gérer les événements sportifs et opte pour le clash, montre les muscles, va au rapport de force. On a des techniques de gestion des foules qui sont créatrices de désordre. La police peut apaiser ou dégrader les situations, mais elle choisit la confrontation. Alors pour régler le problème, on limite la liberté. »
Une privation contre laquelle l'avocate de la Ligue des Droits de l'Homme Sophie Mazas lutte, notamment à Béziers où le couvre-feu des « gosses pauvres pour accueillir les touristes » est devenu la norme, selon la juriste.
Les enfants « ne sont pas nos ennemis »
« C'est une mesure exceptionnelle à la base, mise en place pour des émeutes incontrôlables avec des caractéristiques précises pour limiter les déplacements, détaille Sophie Mazas. Il y a des limites de légalité qui ont été posées. On a un vrai problème parce que ces arrêtés ne sont pas encadrés par la loi. Toute privation de liberté doit l'être. Tant que c'était exceptionnel dans le cadre d'émeutes, pourquoi pas, mais là ça ne l'est plus. C'est devenu un mode de gestion de la sécurité publique. Le message envoyé, c'est que notre seul moyen de gestion est d'enfermer les enfants, mais ce ne sont pas nos ennemis. »
En 2023, une commission d’enquête sénatoriale sur le narcotrafic se serait penchée sur la méthode Saint-Ouen. Le compte rendu en ligne croisent les perspectives sanitaires, sécuritaires et financières pour dresser un panorama alarmant de l'expansion des trafics de stupéfiants en France mais n'aborde pas la méthode Saint-Ouen. En revanche, le rapport n°588 de 629 pages, remis au Sénat le 7 mai 2024, Rapport fait au nom de la commission d’enquête sur l’impact du narcotrafic en France et les mesures à prendre pour y remédier, consacre une section entière au démantèlement du point de deal du 8-Mai-1945 à Saint-Ouen, qu'il qualifie d'exemple emblématique d'une stratégie globale réussie car elle ne se limite pas à la seule répression. Cette approche, détaillée comme un modèle de mobilisation coordonnée, repose sur plusieurs piliers et précise que l'éradication d'un seul point de deal sur les milliers que compte le territoire nécessite des moyens tels qu'ils ne sont pas reproductibles partout de manière systématique :
Le succès de cette opération repose sur la coordination de la police nationale, du parquet, du service territorial et de la préfecture mais aussi sur l’implication de l’ensemble des acteurs publics et privés affectés par ce point de deal. En parallèle de l’enquête, la ville a engagé une réappropriation de l’espace public, qui s’est notamment traduite par la réfection des trottoirs, la végétalisation du point de deal, l’installation de commerces au rez-de-chaussée des immeubles et la facilitation de la circulation. Tout au long de ces opérations, les parties prenantes se sont attachées à conduire un travail de pédagogie auprès de la population, notamment pour justifier de la durée des travaux.
Une fois le point de deal démantelé, un dispositif spécifique a été mis en place pour gérer « l’après » : installation de caméras de vidéoprotection, recueil et transmission immédiate des signalements de la population (voitures suspectes, tentatives de revenir dans les bâtiments). Ce sont 2 300 effectifs qui ont été déployés en renfort pendant trois mois environ, avec l’objectif de conduire une politique de « tolérance zéro », en lien étroit avec le parquet du tribunal judiciaire de Bobigny. Les patrouilles pédestres ont augmenté d’environ 10 % et la sous-direction des réseaux parisiens de transport a renforcé sa présence dans les stations de métro de la ligne 13. La commission d’enquête ne peut que saluer cette stratégie globale, qui a porté ses fruits avec une stabilisation du secteur. Néanmoins, elle illustre aussi l’ampleur des moyens qu’il convient de déployer pour n’éradiquer ne serait-ce qu’un point de deal, alors que la France en compte des milliers. Les effectifs mobilisés sur ces opérations ne peuvent par définition pas l’être sur d’autres missions, qui peuvent être tout aussi prioritaires. Cette question d’allocation des moyens et de son efficience est d’ailleurs celle soulevée par les opérations « place nette ».
Ville-data.com indique que les forces de Police et de Gendarmerie de Saint-Ouen ont enregistré 5 559 crimes et délits en 2025 contre 5 912 en 2024, soit une baisse de 6 % en un an dans Délinquance à Saint-Ouen, Recul de 6 % des actes enregistrés par les forces de l'ordre.
Le billet de Soigne ta gauche du 14 décembre 2025, Sécurité : méthode St-Ouen, relève que le bilan de mandat ne fait mention d’aucun chiffre sur la question de la sécurité, aborde ironiquement les moyens alloués à cette politique, indique 5700 crimes et délits à Saint-Ouen en 2024 contre 3800 à Clichy et conclue que la « méthode Saint Ouen » c’est beaucoup d’esbroufe et des résultats plus que médiocres pour beaucoup d’argent gaspillé en outils technologiques inutiles.
Outre des analyses journalistiques, des reportages et ce rapport, il ne semble pas que des enquêtes, des études, des recherches académiques indépendantes qui évalueraient de façon méthodique l’efficacité de la méthode Saint-Ouen entre 2020 et 2025 aient été publiées.
AUTRES SOURCES SUR LE NARCOTRAFIC À SAINT-OUEN
Saint-Ouen : Triste victoire du trafic de stupéfiants contre l’école, ActuPolice, 4 avril 2025
Saint-Ouen - Premier bilan de l’action menée contre les trafics de stupéfiants, Ministère de l'Intérieur, 6 novembre 2015
OUVRAGES SUR LE NARCOTRAFIC présents dans les collections de la BmL
Bronner, L. (2025). Le miroir : retour dans les banlieues françaises. Seuil.
Que sont devenues les banlieues françaises ? Quinze ans après La Loi du ghetto, Luc Bronner raconte la place prise par la drogue et les narcotrafiquants qui a transformé des quartiers entiers, emportés par la promesse de l'argent facile et meurtris par la violence. En donnant la parole à des éducateurs, policiers, maires ou militants associatifs, l'auteur fait le bilan d'un gâchis terrible et d'une défaite culturelle des modérés et des partisans du compromis. Depuis les émeutes de l'automne 2005 jusqu'à celles de l'été 2023 après la mort de Nahel à Nanterre, la France n'a en fait jamais réussi à déboucler la spirale sans fin des violences, voire l'a alimentée à coups de lois toujours plus répressives et de prisons remplies, sans que jamais, en réalité, cela ne soit efficace.
Les banlieues sont ainsi un laboratoire de l'idéologie sécuritaire, mais aussi un de ces miroirs dans lesquels la société française peut constater combien elle semble avoir changé de visage et de nature, prête à basculer dans le camp des démocraties illibérales, ces sociétés d'ordre, où les citoyens choisissent démocratiquement de réduire les libertés et les droits des plus fragiles. © 4e de couverture
Poyet, S. (2022). Défense d'entrer ?: Enquête au coeur des quartiers prioritaires de nos villes. Editions du Rocher
Les quartiers « sensibles » font en permanence la Une des médias : trafics de drogue, règlements de compte, rixes entre bandes. Dans quelle mesure sont-ils réellement des « zones de non-droit » ? Comment y vit-on ? Quelles en sont les règles et les valeurs ? Quel est leur avenir ?
Le journaliste Stanislas Poyet est allé rencontrer les habitants de ces quartiers compliqués, marqués par la violence, la drogue, la pauvreté. Une vision « à hauteur d'homme et de femme » de leur quotidien, de Roubaix à Marseille, en passant par Toulouse, Rennes ou Venissieux... Il donne la parole aux habitants, ceux qu'on entend peu : les mères de familles, les jeunes, les gardiens de résidence, les dealers, mais aussi à ceux qui façonnent ces quartiers : policiers, bailleurs HLM, travailleurs sociaux...
À travers cette immersion là où, nous dit-on, l'État n'a plus le droit d'entrer, Stanislas Poyet nous dévoile une France méconnue. © 4e de couverture
- Saint-Ouen Plaque Tournante: Description de Saint-Ouen comme une plaque tournante du trafic de drogue, soulignant les montants faramineux de ventes des points de deal appelés « fours ».
- Non-Droit et Dealers: Explication du surnom d'une résidence de Saint-Ouen, « Garibagdad », en lien avec une zone de non-droit revendiquée par les dealers et le trafic de stupéfiants.
Fansten, E. (2021). Trafics d'État-Enquête sur les dérives de la lutte antidrogue. Robert Laffont
« Ces dernières années, on a vu de magnifiques photos, des saisies de drogue gigantesques. Les ministres successifs nous assuraient que de grands coups étaient portés aux trafics. Et on découvre aujourd'hui que l'Office des stups et son premier responsable sont allés chercher en Espagne le plus gros trafiquant français. Cet homme, on l'a enrichi. En utilisant ses réseaux, en protégeant ses livraisons, on lui a permis de transporter au moins vingt tonnes par mois. Ça signifie que, pendant des années, le premier importateur de drogue dans ce pays était l'État français. »
Ce livre est le fruit de la rencontre du journaliste Emmanuel Fansten et d'Hubert Avoine, ancien informateur de l'Office des stups. Levant le voile sur les méthodes troubles de la lutte antidrogue, le témoignage de ce dernier a provoqué un séisme au sein de la police et entraîné l'ouverture d'une information judiciaire. Ces révélations ont aussi servi de point de départ à une enquête au long cours entre la France et l'Espagne, au fil de laquelle l'auteur a découvert des documents accablants et rencontré les témoins clés d'un système qui, au motif de lutter contre le trafic, a favorisé pendant des années l'importation massive de drogue. Un scandale policier d'une ampleur inédite, dont les ramifications remontent jusqu'au sommet de l'État. © 4e de couverture
- Déplacement des Trafics: Mention que les trafics de stupéfiants se déplacent dans le département en fonction des opérations de police, suivant les lignes de métro et du RER.
- Scandale Policier Antidrogue: Présentation d'une enquête sur les pratiques policières dans la lutte contre le trafic de drogue qui, par des méthodes douteuses, a favorisé l'importation massive de stupéfiants et a des ramifications jusqu'au sommet de l'État.
Ploquin, F. (2021). Les Narcos français brisent l'omerta : Restaurants, salons de massage, kebabs, banque, immobilier: l’argent sale est partout. Albin Michel
Une enquête sur le système financier des narcotrafiquants en France et leurs moyens de blanchir les milliards d'euros générés par le trafic de stupéfiants, la corruption gangrenant tous les secteurs de l'économie, y compris les banques. Le journaliste s'appuie sur les témoignages de hauts fonctionnaires, des forces de l'ordre, de trafiquants et de barons de la drogue. © Electre 2021
- Narcotrafic Seine-Saint-Denis: Présentation d'une analyse des activités de narcotrafic et de délinquance en Seine-Saint-Denis, allant de la petite et moyenne délinquance au crime organisé international, avec des exemples de trafics d'armes et de stupéfiants.
- Trafic de cannabis à Saint-Ouen: Description de la situation du trafic de cannabis à Saint-Ouen, y compris l'existence d'un marché important près du marché aux puces, et le sentiment de « guerre perdue » face à l'ampleur du phénomène dans le département.
ARTICLES
Raufer, X. (2024). Chronique sur l’illicite planétaire (2e semestre 2023. Sécurité globale, 40(4), 119-158.
- Narcotrafic à Saint-Ouen: Identification des deux tours de Saint-Ouen (93) appelées les Boute-en-train comme un important point de vente de drogues, générant environ 16 000 euros par jour et étant l'un des «supermarchés de la drogue» les plus importants en Île-de-France.
- Procès des trafiquants: Description des défenses invoquées par des complices lors du procès lié à ce trafic à Saint-Ouen, y compris la minimisation de leur rôle et des excuses comme «payer le loyer de maman» ou parce que «ma femme est enceinte».
Ajerar, M. (2019). La visibilité du trafic de cannabis: le cas de Saint-Ouen. Sécurité globale, 20(4), 127-142.
- Points de vente et population: Description du nombre impressionnant de points de vente de cannabis par rapport à la taille de la ville en 2011, soulignant la présence déconcertante du trafic.
- Médias et délinquance: Explication de la façon dont le trafic de drogues et la délinquance à Saint-Ouen sont régulièrement médiatisés et nourrissent la représentation d'une présence criminelle forte dans la vie quotidienne.
Besson, J. L. (2019). La criminalité sur les territoires du Grand Paris (2016-2017).
- Taux d'Infractions Stupéfiants: Présentation des taux d'infractions relatives à l'usage de stupéfiants, indiquant que la Seine-Saint-Denis, avec Paris, enregistre les taux les plus élevés, mais sans phénomène d'autocorrélation spatiale locale.
- Mention de Saint-Ouen: Identification de Saint-Ouen parmi les communes spécifiques mentionnées dans le cadre de l'analyse de la criminalité, notamment en Seine-Saint-Denis, qui présente des taux élevés de certaines formes de violence.
Benso, V. (2018). La prévention de l’engagement des jeunes dans les trafics, un nouveau champ du travail social ?. Psychotropes, 24(1), 9-14.
- Rémunération du trafic: Explication de la forte pyramide des gains du narcotrafic en France, où la rémunération de la plupart des acteurs est souvent équivalente ou inférieure au SMIC, malgré la perception d'argent facile chez les jeunes.
- Risques du narcotrafic: Mise en lumière des dommages insidieux et de la brutalité inhérente au marché illégal, y compris les risques de décrochage scolaire, troubles psychiques, désocialisation et incarcérations subis par les petites mains du trafic.
Desplanques, L. (2011). Processus d'inscription dans l'économie de la rue: quelles stratégies de prévention?: Enquête ethnographique dans le nord de Paris, à Stains, Saint-Ouen et en Seine-Saint-Denis. VST-Vie sociale et traitements, 111(3), 105-114.
- Économie de la Rue: Exploration des processus d'intégration dans l'économie de la rue, un sujet qui englobe le narcotrafic et la délinquance.
- Contexte de la Délinquance: Analyse du contexte familial et social des jeunes impliqués dans la délinquance, suggérant que l'environnement global est en souffrance.
Antoine, J. C. (2016). Le trafic d’armes en Seine-Saint-Denis: aspects géopolitiques et enjeux. Hérodote, 162(3), 73-84.
- Évolution de la criminalité: Présentation de l'évolution de la criminalité dans le département, où la prostitution, puis les vols à main armée et le trafic de drogues, sont devenus les activités criminelles dominantes nécessitant plus d'armes.
- Saint-Ouen et Narcotrafic: Description du rôle de Saint-Ouen et d'autres communes dans le trafic de drogue en Seine-Saint-Denis, avec des fusillades et des règlements de comptes qui s'y déroulent, ainsi que la valeur annuelle du marché de la drogue dans le 93.
Bonne journée
Le passé ne s’invente pas