Je cherche des chiffres sur le personnel administratif et soignant dans les hôpitaux.
Question d'origine :
Bonjour,
Des syndicats médicaux disent que les pourcentages d'administratifs dans les hôpitaux français par rapport au personnel soignant sont trop élevés par rapport au personnel soignant. Quel est le pourcentage d'administratifs par rapport au personnel soignant dans les hôpitaux en France ? Quel est le pourcentage d'administratifs par rapport au personnel soignant dans les cliniques en France ? Quels sont les effectifs des administratifs par catégories dans les hôpitaux français.
Quels sont les pourcentages d'administratifs dans les hôpitaux par rapport au personnel soignant dans les hôpitaux dans les pays européens ?
Une loi ou un arrêté a limité le coût quotidien d'un soignant recruté en intérim dans les hôpitaux et services de santé en France. Est-ce qu'il y a des chiffres sur les nombres de soignants recrutés en intérim dans les hôpitaux français sur les années avant l'arrêté et après? Est-ce qu'il y a des informations sur les coûts quotidiens des personnels recrutés en intérim ? Quels sont les valeurs limites prescrites par les arrêtés ?
D'avance merci.
Bien cordialement
Réponse du Guichet
Voici les chiffres que nous avons pu trouver à propos du personnel administratif dans les hôpitaux publics et privés, en France, dans les pays européens et sur l'intérim médical.
Bonjour,
Pourcentage d'administratifs par rapport au personnel soignant dans les hôpitaux en France et pourcentage d'administratifs par rapport au personnel soignant dans les cliniques en France
Les données les plus récentes de la DREES montrent qu'en 2024 les personnels administratifs représentent environ 11 % de l'ensemble des effectifs hospitaliers, public et privé confondus.
... les personnels administratifs interviennent en appui transversal aux autres métiers, en occupant à la fois des emplois de cadres de direction et de gestion administrative, mais également des postes variés tels que secrétaires médicales, assistants de régulation médicale, agents d’accueil ou de facturation des séjours hospitaliers. Leur effectif est en légère progression, mais leur part reste contenue à 11 %.
Source : Les effectifs salariés du secteur hospitalier de 2004 à 2024 : nouvelles données disponibles, Drees, 27/05/2026
Pour les hôpitaux publics, le rapport du Sénat n° 587 déposé le 29 mars 2022, Hôpital : sortir des urgences, fondé sur les données de la DREES indique 10 % de personnel administratif. Pour les établissements privés (cliniques), le même rapport indique 15 % de personnel administratif.
La proportion élevée de personnel non soignant ne s'explique pas majoritairement par le personnel administratif. En effet, le personnel administratif salarié ne représente que 10 % des effectifs de l'hôpital public , catégorie qui inclut pour une part importante les secrétaires médicales et les assistants médico-administratifs, dont les tâches viennent en support de l'activité de soins. Il faut relever que la part du personnel administratif est plus faible dans le secteur public que dans le secteur privé, où elle atteint 15 %.
Source : Commission d'enquête sur l'hôpital, d'après les chiffres de la Drees
Source : Hôpital : sortir des urgences, rapport du Sénat n° 587 déposé le 29 mars 2022
Pourcentages d'administratifs dans les hôpitaux par rapport au personnel soignant dans les hôpitaux dans les pays européens
Le Panorama de la santé 2025, Indicateurs de l'OCDE met en garde sur les chiffres car tous les pays ne fournissent pas obligatoirement leurs données et les statistiques internationales comparables distinguent généralement les personnels cliniques (médecins, infirmiers, aides-soignants, etc.) des personnels non cliniques qui regroupent des agents de l'administratif mais aussi des services techniques, logistiques, informatiques, restauration, entretien, etc. De plus, la distinction entre le personnel clinique et non clinique peut ne pas toujours être claire pour certaines catégories de travailleurs (comme les assistants médico-administratifs), ce qui limite la comparabilité des données entre les pays.
Précisions faites, l'OCDE indique que les personnels non cliniques représentent en France, plus de 30 % ; en Suisse, plus de 30 % ; en Islande, plus de 30 % ; en Turquie, plus de 30 %. Moyenne OCDE, environ 25 %.
Le rapport du Sénat donne des chiffres pour d'autres pays :
Il est régulièrement souligné dans le débat public qu'au regard des autres pays européens, les hôpitaux français compteraient un nombre particulièrement élevé de personnels non soignants , et en particulier du personnel administratif.
Cette hypothèse semble à première vue confirmée par les données de l'OCDE. Selon l'OCDE, la part du personnel non soignant dans les hôpitaux français, s'élèverait en effet à 33,6 % des effectifs, soit la proportion la plus haute parmi les pays européens, à l'exception de la Belgique, où elle est de 35,7 %.
L'une des explications pourrait provenir du nombre plus élevé d'hôpitaux en France, avec beaucoup d'hôpitaux de petite taille dans lesquelles les fonctions support pèsent proportionnellement davantage que celles liées à l'activité de soins et les économies d'échelle sont moins réalisables en ce qui concerne le personnel technique.
Part du personnel non soignant travaillant dans les hôpitaux parmi l'ensemble du personnel des hôpitaux en 2019 (ou année la plus proche) dans plusieurs pays européens
Source : Commission d'enquête sur l'hôpital, d'après les chiffres de l'OCDE
Source : Hôpital : sortir des urgences, rapport du Sénat n° 587 déposé le 29 mars 2022
Effectifs des administratifs par catégories dans les hôpitaux français
Comme nous l'avons vu précédemment, les personnels non cliniques regroupent des agents de l'administratif mais aussi des services techniques, logistiques, informatiques, restauration, entretien, etc. Le Panorama de la santé 2025, Indicateurs de l'OCDE donne aussi ces précisions :
La collecte de données de l'OCDE ne porte pas sur les différentes catégories de personnel non clinique, mais celles-ci peuvent comprendre au moins trois catégories : le personnel administratif, le personnel logistique (comme le personnel de nettoyage et de restauration) et le personnel informatique et autres personnels de soutien technique.
Les catégories correspondent aux corps administratifs définis le décret n°90-839 du 21 septembre 1990 portant statuts particuliers des personnels administratifs de la fonction publique hospitalière sont : les chefs de bureau, les adjoints des cadres hospitaliers, les adjoints administratifs hospitaliers, les agents administratifs, les secrétaires médicaux (devenues assistants médico-administratifs), les permanenciers auxiliaires de régulation médicale, les standardistes. Il ne semble pas y avoir de statistiques nationales d'effectifs publiées aujourd'hui par la DREES ou la Cour des comptes qui ne ventilent généralement plus les personnels administratifs selon ces anciens corps statutaires. Beaucoup ont d'ailleurs été réformés, fusionnés ou remplacés depuis 1990.
Il n’existe pas de définition normée du personnel non soignant. La Cour a fait le choix de prendre en compte les trois catégories suivantes : le personnel administratif, dans lequel figurent les agents des secrétariats médicaux chargés de l’accueil du patient, le personnel logistique, dont les agents des services hospitaliers qualifiés qui assurent le bionettoyage ou la distribution de repas dans les services de soins, et le personnel technique (électricité, plomberie, sécurité informatique, etc.). La Cour n’a pas retenu dans sa définition le personnel médico-technique, les éducateurs et les assistantes sociales , compte tenu de leur proximité avec l’activité de soins.p.3 du pdf[...]Les fonctions non soignantes recouvrent des métiers et des secteurs d’activité très différents. Le personnel logistique est chargé des prestations hôtelières (bionettoyage224, restauration, blanchisserie) et des approvisionnements pour la prise en charge des patients225. Le personnel administratif comprend les agents réalisant des missions concourant directement au parcours du patient (accueil, admission, secrétariat médical) et des agents nécessaires à la gestion de l’hôpital (gestion de la paie, comptabilité, etc.). Le personnel technique et ouvrier assure l’entretien et la maintenance des locaux, garantissant leur continuité d’activité la journée comme la nuit, tous les jours de la semaine, y compris les week-ends.p.6 du pdfEffectif en équivalent temps plein dans les hôpitaux publics en 2023
Chiffres sur les nombres de soignants recrutés quotidiennement en intérim dans les hôpitaux français avant et après la loi Rist
Nous pensons que vous faites référence à la loi Rist :
Loi Rist et intérim médical en 2026 : plafonds, salaires et ce qui s’applique vraiment, Euromed France, avril 13, 2026 :
objectif principal de la loi Rist pour l'intérim médical
La loi Rist, adoptée en 2021, vise à réguler l'intérim médical hospitalier en poursuivant deux objectifs : maîtriser les dérives budgétaires des hôpitaux publics et garantir une équité de rémunération entre praticiens titulaires et remplaçants. En instaurant un cadre strict, le législateur encourage les professionnels à se tourner vers des postes permanents, stabilisant ainsi les équipes soignantes.
Voir aussi Encadrement de l’intérim médical : comprendre le dispositif mis en place depuis le 3 avril 2023, santé.gouv.fr et MAJ du 04/04/2023 Mise en œuvre du plafonnement de l'intérim médical au 3 avril 2023 : communication d'une instruction interministérielle et de plusieurs fiches, FHF
La difficulté est que la loi Rist (adoptée en 2021 mais effectivement appliquée à partir du 3 avril 2023) visait principalement les médecins intérimaires. Il n'y a donc pas statistiques nationales portant sur l'ensemble des soignants intérimaires (infirmiers, aides-soignants, etc.). Lire Encadrement de la rémunération des médecins intérimaires : la loi Rist est entrée en vigueur le 3 avril, Lexis veille, 3 avril 2023. Cela a changé depuis l'Arrêté du 5 septembre 2025 fixant le montant du plafond des dépenses engagées par un établissement public de santé et par un établissement ou service social et médico-social au titre d'une mission de travail temporaire et le périmètre des qualifications concernées mais c'est évidemment trop récent pour avoir des chiffres.
Toutefois en mars 2024, dans Ces contrats qui « risquent de déréguler » le statut des médecins à l’hôpital », Le Monde écrivait, Impossible, à ce stade, de dresser un bilan du plafonnement de l’intérim. Les autorités de santé ne communiquent pas de chiffres au niveau national, ni sur les économies qui auraient été ainsi réalisées par l’hôpital, ni sur le devenir de cette population qui était estimée entre 5 000 et 10 000 praticiens selon les sources.
Coût de l'intérim médical à l'hôpital public
Voici la réponse de l'Assemblée Nationale, Coût du recours à l'intérim pour l'hôpital public et pour les Ehpad, publiée le 12 décembre 2023 :
L'intérim médical revêt plusieurs formes. Il peut s'effectuer dans le cadre de contrats de mise à disposition de praticiens conclus entre l'établissement de santé et une entreprise de travail temporaire, ou de contrats de gré à gré conclus directement entre l'établissement de santé et un praticien ou par le biais d'une entreprise de placement. Outre son impact financier majeur sur les budgets des établissements de santé, un recours dérégulé à l'intérim médical, hors du cadre réglementaire, engendre une déstabilisation des services hospitaliers et des équipes médicales et soignantes susceptible de nuire aux collectifs de travail et à la qualité des soins. La fragilité de la démographie médicale dans certains territoires génère ainsi une tension sur le marché de l'emploi médical et une forte concurrence entre établissements pour l'accès aux ressources humaines médicales rares, favorisant ces pratiques dérégulées. Les dépenses relatives à l'intérim médical au sens strict figurent au compte 62113 de la M21, base de données comptables des établissements publics de santé. Leurs montants s'élèvent à 172 millions en 2021 et 159 millions en 2022. Par ailleurs, les dépenses des contrats de gré à gré figurent dans d'autres comptes de la M21 relatif aux contrats à durée déterminée. Il est impossible de définir précisément le volume de ces dépenses liées à des missions de très courte durée. Dans le secteur médico-social, les dépenses de l'intérim médical et paramédical s'élèvent à 69 millions en 2021 et 100 millions en 2022 (compte 62113 de la M22).
Valeurs limites prescrites par les arrêtés
« Art. 2.-Le montant plafond mentionné aux articles R. 6146-27 et R. 6146-28 du code de la santé publique et aux articles R. 313-30-9 et R. 313-30-10 du code de l'action sociale et des familles est fixé, hors taxe sur la valeur ajoutée, pour une journée de vingt-quatre heures de travail effectif, à 2 681 € pour un médecin, odontologiste ou pharmacien.
« Le montant plafond mentionné aux articles R. 6146-27 et R. 6146-28 du code de la santé et publique et aux articles R. 313-30-9 et R. 313-30-10 du code de l'action sociale et des familles est fixé, hors taxe sur la valeur ajoutée, pour une heure de travail effectif à :
«-54 € pour un infirmier diplômé d'Etat ;
«-73 € pour un infirmier de bloc opératoire diplômé d'Etat ;
«-73 € pour un infirmier anesthésiste diplômé d'Etat ;
«-56 € pour un manipulateur en électroradiologie médicale ;
«-56 € pour un préparateur en pharmacie hospitalière ;
«-62 € pour un masseur kinésithérapeute ;
«-78 € pour une sage-femme.
« Art. 2 bis.-Par dérogation au précédent article, le montant plafond mentionné aux articles R. 6146-27 et R. 6146-28 du code de la santé publique et R. 313-30-9 et R. 313-30-10 du code de l'action sociale et des familles est fixé, hors taxe sur la valeur ajoutée, de la façon suivante en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Mayotte, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon :
«-à 3 752 € pour un médecin, odontologiste ou pharmacien pour une journée de vingt-quatre heures de travail effectif ;
«-à 75 € pour un infirmier diplômé d'Etat pour une heure de travail effectif ;
«-à 102 € pour un infirmier de bloc opératoire diplômé d'Etat pour une heure de travail effectif ;
«-à 102 € pour un infirmier anesthésiste diplômé d'Etat pour une heure de travail effectif ;
«-à 78 € pour un manipulateur en électroradiologie médicale pour une heure de travail effectif ;
«-à 78 € pour un préparateur en pharmacie hospitalière pour une heure de travail effectif ;
«-à 86 € pour un masseur kinésithérapeute pour une heure de travail effectif ;
«-à 109 € pour une sage-femme pour une heure de travail effectif. »
[...]
« Art. 3.-Les montants indiqués aux articles 2 et 2 bis du présent arrêté sont majorés de 50 % sur la période du 1 er juillet au 30 septembre 2025. »
Bonne journée



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