Quelle est l'histoire du toponyme "la Glomière" près de Châtellerault ?
Question d'origine :
Je travaille sur les microtoponymes autour de Châtellerault et je bute sur la Glomière (La Glaumière, 1650 (seign. des Closures), La Glaumerie, (Cassini) ou La Glomerie (LLa Gleaumerie (1755) ; La Glomière (1770) ; pourriez vous m'aider
Réponse du Guichet
Nous n'avons pas trouvé son origine précise dans les ouvrages que nous avons consultés mais pouvons émettre une hypothèse : il pourrait peut-être s'agir du patronyme Glaume (provenant de Guillaume) auquel on aurait ajouté le suffixe -aria devenu -ière ou -erie (signifiant étendue, espace et désignant un nom de domaine).
Bonjour,
On retrouve effectivement ces toponymes sur les communes de Leugny et Antran, situées au nord de Châtellerault :
Glomière (La), m. r. cne de Leugny. — La Gleaumerie, 1755 (terrier de la Groye, p. 740). — La Glomière, 1770 (cure de Leugny)
Glomière (La), m. r. cne d’Antran. — La Glaumière, 1650 (seign. des Closures). — La Glaumerie (Cassini).
[L'abréviation m. r. désigne une maison rurale.]
source : Dictionnaire topographique de la France [Livre] : comprenant les noms de lieux anciens et modernes. 86,. Vienne / L. Rédet (Vue 240, page 194)
Nous retrouvons le lieu-dit "glaumerie" sur la carte de Joulain, Renault, La Briffe Ponsan, Joseph-Dominique Seguin, établie sous la direction de César-François Cassini de Thury (1760-1765) :

source : IGN et Carte générale de la France. 066, [Richelieu - Saumur]. N°66.
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Malgré nos recherches dans les documents suivants, nous n'avons pas trouvé l'origine de ce toponyme :
- Noms de lieux en France [Livre] : origine et signification / Stéphane Gendron
- Trésor du terroir [Livre] : les noms de lieux de la France / Roger Brunet
- Toponymie générale de la France [Livre]. 1,. Formations préceltiques, celtiques, romanes / Ernest Nègre
- Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France [Livre] / A. Dauzat, Ch. Rostaing
Il est cependant possible d'émettre quelques hypothèses :
- Glaumerie pourrait provenir d'un patronyme. Une ancienne exploitation agricole ou un ancien fief aurait appartenu originellement à un homme nommé Glaume (Guillaume).
Voici ce qu'indique le site Geneanet à propos de ce nom de famille :
Glaume : Variante de Guillaume portée dans le Centre, jusqu'à la Sarthe. Diminutifs : Glaumé, ainsi que Glaumaud (23, 36) et Glaumot.
Les noms se terminant en -aie,-ie,-erie,-ière se sont principalement formés au Moyen Age pour désigner des noms de domaine. Le suffixe –ière vient du latin –aria. En poitevin :-ère.
Ernest Nègre dans Toponymie générale de la France parle des noms de personnes suffixés et présente quatre séries de formations du modèle "nom de famille + suffixe" :
- les noms en -ais tels que la Maraudais , la Chalotais, la Barbinais qui régnent en Haute-Bretagne2 ;
- les noms en -ie qui se rassemblent dans le centre de la France, en Auvergne, dans le Quercy, le Périgord et le Nord du Languedoc, avec ces bien typiques la Ricardie, la Guillermie ou la Giraudie ;
- enfin les noms en -ière et en - erie , qui présentent une densité exceptionnelle dans les campagnes bocagères de l’Ouest, et dont la diffusion s’étend en fait à toute la France d’oïl.[...]
Mais les applications de ce modèle toponymique à des paroisses rurales sont en fait peu nombreuses, car, en ces XIIe et XIIIe s, le tissu paroissial était déjà presque partout constitué. Aussi le terrain d’élection des formations en -ière et en -erie fut-il la microtonymie : elles furent largement employées à la désignation de ces innombrables tenures paysannes qui peuplent les pays de bocage et lui donnent cet aspect que nous connaissons. Leur diffusion semble liée au processus d’occupation du sol qui fut proposé, il y a quelque quarante ans, par le professeur Lucien Musset dans une étude au titre quelque peu hermétique, Contribution toponymique à l’étude de l’habitat dispersé en Normandie ; il y estime que, jusqu’au début du premier millénaire, l’habitat dans cette partie de la France était groupé en gros villages, correspondant aux actuels centres paroissiaux, mais qu’à la faveur de l’expansion démographique les espaces entre ces villages se seraient progressivement peuplés de petites exploitations dispersées, dès lors désignées le plus souvent du nom des familles qui s’y établissaient.
source : Beaurepaire François de. Les noms de lieux habités en Basse-Normandie en -ière et en -erie. In: Onomastique et histoire - Onomastique littéraire. Actes du Colloque d’onomastique d’Aix-en-Provence (octobre 1994) Paris : Société française d'onomastique, 1998. pp. 33-40. (Actes des colloques de la Société française d'onomastique, 8)
- Ce toponyme vient-il du latin glomus/glomeris signifiant "peloton, pelote, boule" ; ou bien serait-il une déformation de "glano-", signifiant "clair, pur, limpide", terme fréquent pour désigner des rivières ? (source : Noms de lieux en France [Livre] : origine et signification / Stéphane Gendro).
Glomière serait-il lié à une caractéristique du terrain : un terrain marécageux, une terre humique, glaiseuse ou broussailleuse... ?
Nous vous conseillons d'interroger les archives départementales de la Vienne pour en savoir plus.
Bonne journée.
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